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17/07/2022

RANKY : RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES DE FRANÇOIS RANKY

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec  MAXENCE VAN DER MEERSCH, écrivain

par Ranky

 

BIO EXPRESS

image.jpegL'écrivain Maxence Van der Meersch est né à Roubaix le 4 mai 1907 et est décédé le 14 janvier 1951 au Touquet-Paris-Plage. Il exerce très peu son métier d’avocat et décide de vivre de sa plume, en consacrant son oeuvre à la description de la vie des gens du Nord.

Élève au lycée Gambetta de Tourcoing, il se distingue par un talent d'écriture remarquable.

image-1.jpegEn 1934 il épouse une ouvrière après cinq années de concubinage, Thérèze Denis, qui sera l’unique amour de sa vie et la clef de la compréhension de son oeuvre. De cette union naît une fille qu'ils prénomment Sarah en souvenir de la soeur décédée de Maxence, alors que celui-ci n'avait que quatorze ans.

Prix Goncourt en 1936 pour son livre “L’empreinte du Dieu” et prix de l’Académie française en 1943, il est l’auteur de 15 romans dont “Corps et âme “qui sera traduit en 13 langues.
Cet auteur connaît un énorme succès de son vivant. Il est aujourd’hui injustement oublié.
Son roman intitulé "La maison dans la dune" fut porté au cinéma en 1988 par Michel Mees.

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Un buste en bronze d'après un plâtre de Robert André Missant (peintre et sculpteur) a été inauguré en hommage à Maxence Van Der Meersch en 1989 dans le square de la commune de Wasquehal (Pas-de-Calais)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 MA RENCONTRE

Tout jeune adolescent, dans une pâtisserie, je suis mis en présence de l’écrivain Maxence Van der Meersch qui se soigne à Berck. Cette rencontre est auréolée de mystère. En effet, l’immense écrivain, accompagné de son épouse et de sa fille Sarah, sont attablés dans les salons de “l’Impératrice” quand je pénètre dans les lieux, porteur d’un mot destiné à la fille des patrons de la célèbre pâtisserie berckoise. Sans un mot, je me dirige vers Maxence Van der Meersch que je ne connais pas. Je ne l’avais jamais vu auparavant et n’avais jamais entendu parler de cet homme pourtant célèbre. Je me plante devant la table, comme tétanisé, l’enveloppe à la main. Sans un mot non plus, Van der Meersch, qui ne me connaît pas plus, me prend l’enveloppe des mains, au moment même où la fille de la maison apparaît au fond du salon, et la lui remet sans prononcer une seule parole. Je tourne alors les talons et quitte la pâtisserie.

La missive est passée de main en main sans qu’une seule parole soit prononcée de part et d’autre. Peut-être s'agit-il d’un phénomène de divination ou de télépathie. Mystère !
Une autre fois, jeune apprenti horloger, je livre les montres réparées en atelier à la boutique de la rue de la mer. Maxence Van der Meersch est présent, impérial, tenant un discours devant mon patron horloger subjugué. Je me souviens encore de cet homme maigre, nerveux, avec un visage ressemblant au Christ qui nous parlait de sa méfiance envers la médecine et faisait l'éloge du régime végétarien qui le tenait "en bonne forme physique et mentale" et enchaînait avec brio sur son rejet de la société littéraire de la capitale, privilégiant avec une conviction époustouflante la vie admirable des gens du nord de la France. Puis, soudain, il se tait, me regarde pendant de longues secondes. Je pense qu'il se souvient de notre rencontre dans "la pâtisserie de l'Impératrice". Mon patron me présente alors comme son apprenti.

J’ouvre le coffret et renverse son contenu, une quinzaine de montres desquelles j’en extrait deux que je fait glisser sur le comptoir en direction de monsieur Van der Meersch. Chaque montre portant un numéro, il était impossible, sans le cahier correspondant, d’en connaître le propriétaire. Et pourtant, ce sont les deux montres que je venais de poser devant leur propriétaire !
Après le départ de Maxence Van der Meersch, j’étonnerai encore mon patron en lui annonçant : je ne connais pas le nom de ce monsieur, c’est trop compliqué. Mais si je ferme les yeux, je le vois en train d’écrire. Il écrit tout le temps. C’est un écrivain.
Après la mort de cet auteur, je verrai passer entre mes mains plusieurs autres montres qu’il avait laissées à l’horlogerie "Marc Duplessis" pour que nous les réparions.

BIBLIOGRAPHIE

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La Maison dans la dune Éditions Albin Michel 1932

Car ils ne savent ce qu'ils font 1933

Quand les sirènes se taisent 1933

La Fille pauvre roman autobiographique en trois volumes.

Tome I : Le péché du monde 1934 - Tome II : Le Cœur pur, 1948

th-1.jpegTome III : La Compagne (publication posthume en 1955).

 L'Empreinte du dieu (prix Goncourt 1936)

 Invasion 14   1935.

 Maria, fille de Flandre Éditions du Nord

 L’Élu Éditions du Nord

 Pêcheurs d'hommes 1940.

51SZBQ44J6L._AC_US218_.jpgCorps et Âmes roman sur le monde de la médecine, Grand Prix de l'Académie française  en 1943

Autres publications

Masque de chair, roman sur l'homosexualité masculine, paru en 1958 après sa mort

Vie du Curé d'Ars, hagiographie, 1936.

412KRATWBRL._AC_US218_.jpgLa Petite Sainte Thérèse, éditions Albin Michel 1943.

Femmes à l'encan, essai contre la prostitution, éditions Albin Michel.1945

Pourquoi j'ai écrit Corps et âmes, éditions Albin Michel.1956

Filmographie

Son premier roman La Maison dans la dune a été adapté au cinéma à trois reprises.

La_Maison_dans_la_dune.pngPremière version réalisée par Pierre Billon  (1934)

Deuxième version réalisée par Georges Lampin (1952)

Troisième version réalisée par Michel Mees  (1988)

 

 

Ma rencontre avec GROCK, clown

par Ranky

 BIO EXPRESS

th.jpgGrock, clown musical est né le 10 Janvier 1880 en Suisse. Il décède le 14 Juillet 1959 en Italie. Tour à tour professeur de français, ouvrier dans une fabrique d’instruments de musique, caissier dans un cirque, accordeur de piano, il fait ses débuts d’artiste avec le clown Brick. Leur duo se nomme tout naturellement “Brick et Brock”. Mais pour ne pas tomber dans la facilité, il change le nom Brock en Grock. Grock obtient le succès avec tout ce qu’il touche. Ses numéros connaissent le triomphe. En 1914, “L’Olympia” est au bord de la faillite. Il est engagé, le succès est immédiat, “L’Olympia” est sauvé. Le musicien Léon Silbermann souhaite une association commerciale et artistique avec Grock. Affaire conclue : une maison d’édition “L. Silbermann and Grock” est fondée pour laquelle Grock écrira 2 500 chansons. Grock participe à des tournées mondiales. Partout son extraordinaire talent est reconnu : Grande-Bretagne, Italie, France, Allemagne, Hollande, Russie, Amérique... Il parlait couramment six langues, jouait de 24 instruments. Il était également sourcier-radiesthésiste et aussi inventeur. Il a fait construire une scène de cirque tournante de 9 mètres de diamètre qu’il installait dans son chapiteau à quatre mâts de 4 500 places et qui permettait de voir les attractions de tous les côtés à la fois.

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Grock est l’inventeur de numéros célèbres comme le “saut de la chaise” qui consistait à se tenir debout dans une chaise percée et, par un saut, il se retrouvait instantanément assis sur le dossier, le pied droit sur le bord de cette chaise et la jambe gauche sur le genou droit, tout en jouant d’un minuscule accordéon. On lui doit aussi le fameux gag, repris par de nombreux humoristes, du pianiste se mettant à son instrument et s’apercevant que ses bras sont trop courts pour accéder au clavier, le siège étant éloigné de l’instrument, tente de pousser le piano vers le siège au lieu de rapprocher le siège vers le piano.

th-7.jpgIl a eu l’idée de l’accordéon à touches-piano construit par la société Hohner et mis au point une machine à mélanger les cartes à jouer, ainsi que bien d’autres inventions, toutes à l’image d’un homme de génie.  

MA RENCONTRE

Grock, en tournée à Berck, vint à la boutique où je travaillais porter ses montres à réparer. Touché par mon dynamisme et l’admiration que je lui portais, l'homme m’avoua qu’avant de devenir artiste de cirque, il avait failli devenir horloger ! Je n’étais pas peu fier lorsque qu’il demanda à mon patron, Marc Duplessis qui tenait boutique au numéro 50 de la rue Carnot à Berck-Plage, de confier le travail à l’apprenti que j’étais ! "Avant que votre excellent jeune ouvrier n’abandonne l’horlogerie pour devenir artiste !", lança Grock, la bouche fendue jusqu’aux oreilles (Grock était-il aussi un visionnaire ?). Mais quelle émotion lorsque cet immense clown, me fixant droit dans les yeux, m’octroie, rien que pour moi, son extraordinaire et célèbre :”sans bla-a-a-gue” avec cette voix grave et profonde qui faisait trembler tous les chapiteaux.

BIBLIOGRAPHIE

Sans blague! Ma carrière de clown Editions Flammarion 1948.

th-8.jpgMa vie de clown - Sans bla-a-a-gue ! Editions Pierre Horay 1954.

Grock raconté par Grock Editions Victor Attinger 1931

Grock raconté par Grock, Editions du Pré-Carré, Porrentruy (Suisse) 1980

Max Van Embden, J'étais l'ombre d'un clown - L'Album de Grock, Les Cahiers du cirque, Éditions de la Gardine, Sorvilier (Suisse), 1996 (ISBN 2882000138)

Plusieurs disques de ses chansons sont produits par la Société ODEON.

th-4.jpgGrock est acteur dans une dizaine de films et notamment  dans : AU REVOIR MONSIEUR GROCK (1950) du réalisateur Pierre Billon, avec une très belle distribution des rôles, notamment Suzy Prim, Maurice Régamey, Georges Chamarat de la comédie française, une musique de Henri Sauguet et… Grock. On reconnaît, dans la multitude de figurants jouant le rôle de spectateurs assistant au numéro final de Grock, des comédiens devenus ensuite célèbres tels Gil Delamare et Louis de Funès.

  •  1954 - Ma rencontre avec Gérard SÉTY, comédien, parodiste, transformiste,

    par Ranky

    BIO -EXPRESS

    Gérard Séty (photo DR)

    v_1578.jpgGérard Séty, comédien parodiste, de son vrai nom Gérard Plouviez, est né le 13 décembre 1922 à Paris et décédé le 1er février 1998 à Maisons-Laffite. Il débuta très jeune dans les cabarets parisiens. Créateur d’un numéro de transformisme qu’il donna dans le monde entier pendant cinquante ans, et qu’il ne cessa jamais de peaufiner, il fut surnommé « L’homme qui zappe avec ses fringues ». En se servant de ses propres éléments vestimentaires : cravates, chaussures, chapeaux, il créait des personnages et des animaux. Reconnus unanimement par les plus grands artistes et tous les publics, ses spectacles touchaient souvent au génie.

     


    Il fut aussi comédien de théâtre et tourna dans 30 films pour le cinéma et la télévision : "Le Rouge et le Noir", "Les Espions" de Henri-Georges Clouzot, "Van Gogh" de Maurice Pialat, "Les Visiteurs" de Jean-Marie Poiré...

    Son fils Frédéric Séty a créé un site à la mémoire de son père : www.gerard-sety.com

    Vous pouvez aussi voir l'un de ses numéros en tapant : gerard sety:the act-youtube

    MA RENCONTRE
    1954. Le spectacle itinérant de Radio-Luxembourg affiche son programme pour la saison d’été des plages. Encore tout gamin à l’époque, pour rien au monde je n’aurais manqué ce rendez-vous, moi qui travaillais mes projets magiques pour devenir artiste.
    La troupe avait investi le quartier de la gare routière de Berck, ma ville de naissance. Des camions encerclaient la place et faisaient un écrin au véhicule-podium central qui allait bientôt accueillir les artistes. Les hauts-parleurs diffusaient des musiques joyeuses, des annonces vantant les talents des artistes et les projecteurs magnifiaient les lieux.
    Gérard Séty jockey. (Photo DR).

    gerard-sety-jockey-cheval.jpg

    La foule remplissait rapidement la place, mais j’étais déjà au premier rang depuis au moins deux heures. J’avais même réussi à me poster près du passage par où les comédiens regagneraient leur loge après leur prestation.
    21 heures, l’heure magique. Le podium s’illumine, un accordéoniste chamarré emballe la foule dans une houle sonore éblouissante. Je suis enchanté : chanteurs, mimes, raconteurs d’histoires défilent à tour de rôle dans le programme entrecoupé de gags et de jeux.
    Et puis, soudain, une révélation. Un bonhomme singulier débarque sur la scène. Un pitre-poète ! Pierrot, Arlequin, Guignol, conteur, raconteur, il est tout en même temps. L’homme se déshabille, s’accoutre, enfile un tee-shirt comme un pantalon, se fait un chapeau d’une cravate. De ses propres habits attachés, pliés, froissés, roulés en boule, transformés, naissent des personnages : un ouvrier, un avocat, Don Camillo,  un coureur cycliste, un toréador.

    Le toréador (Photo Alamy DR)

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    L’artiste commente ses créations dans l’autodérision. C’est irrésistible, inénarrable, tout simplement génial. Je suis ébahi, transporté, subjugué, émerveillé par une pureté magique.
    « L’homme qui zappe avec ses fringues » termine transformé en jockey... avec son cheval de chiffon... et quitte la scène sous des applaudissements infinis. Il va passer devant le gamin ébloui qui ne doute de rien et l’interpelle :
    - Monsieur, monsieur, le jockey ?
    Et le jockey se plante devant moi. Je parviens à articuler quelques mots qu’il avale, les yeux tout ronds, peut-être surpris par le culot du gamin.
    - J’apprends à être artiste. Je recommence beaucoup mes tours de magie. Est-ce que c’est comme ça qu’il faut faire ?

    - Oui c’est comme ça qu’il faut faire : travailler. Et un jour, quand je serai vieux, c’est moi qui viendrai t'applaudir.
    Et il s’éloigna en mettant son cheval de chiffon au galop.
    Je ne revis plus jamais Gérard Séty, sauf au cinéma et à la télévision, jusqu’au jour où le père Jean Barthélemy, aumônier du centre médical de Forcilles qui organisait des spectacles pour les pensionnaires, m’appela afin de donner mon récital de magie.
    - Il y aura Gérard Séty, en convalescence, m’annonce-t-il tout joyeux.
    Ces mots réveillent en moi instantanément mes souvenirs d’enfance. Incroyable ! Depuis la tournée RTL de passage à Berck-Plage, Gérard Séty avait bourlingué à travers le monde, ma femme et moi également. Nous avions tous connu les lieux de spectacle depuis le plus petit village de France jusqu’au plus grand théâtre d’Italie, du Maroc ou des États-Unis... pour nous retrouver dans un centre hospitalier perdu en pleine nature du Val-de-Marne.

    15 heures, l’heure magique. La salle est bondée et bourdonne de la rumeur impatiente des spectateurs. Les guéridons chargés des accessoires magiques donnent à la scène tendue de rideaux rouges un côté mystérieux et je sais que Gérard Séty, installé dans la rangée
    de droite, soupçonne la présence de l’oeil de l’artiste épiant le public, comme nous le faisons tous, par le trou secret pratiqué dans le rideau. L’homme attend les trois coups, apparemment heureux.
    La particularité de notre spectacle est qu’il s’agit d’un récital, c’est-à-dire du passage en revue d’une multitude de techniques illusionnistes : cartes, boules, cordes, liquides, fleurs, soieries, phénomènes extrasensoriels, etc., et non pas d’un simple numéro de prestidigitation.
    En tout cas, cette formule semble plaire à Gérard Séty qui vient, au final, nous féliciter et nous dire sa joie.
    - C’est incroyable, un tel nombre d’effets, mais comment faites-vous ? Je n’ai jamais vu ça ! C’est magnifique !
    - Je tiens le secret, lui répondis-je, d’un très grand artiste, que j’ai croisé à Berck-Plage au cours d’une tournée des plages du podium RTL et qui m’avait dit, déguisé en jockey, son cheval de chiffon étant témoin : "Il faut travailler, travailler, travailler". J’ai simplement retenu le message.

    Le sourire de Gérard Séty s’élargit encore un peu. Puis il s’éloigna après nous avoir encore applaudis, tout seul, et disparut par la petite porte du fond en nous gratifiant d’un dernier signe de la main.

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    Ma rencontre avec Jacques BREL, chanteur compositeur

    par Ranky

     BIO EXPRESS

    1878840123.jpegJacques BREL, compositeur, poète, chanteur, acteur, est né à Schaerbeek, commune bruxelloise, le 8 avril 1929. Dès l'enfance il se passionne pour la langue française et compose des poèmes alors qu'il n'a pas encore 15 ans. A16 ans il écrit plusieurs pièces de théâtre qu'il interprète avec des camarades. Son père, propriétaire d'une cartonnerie, l'engage dans le service commercial  car il s'inquiète de l'esprit "révasseur" de son gamin. Jacques s'ennuie. Pas plus qu'il ne s'était intéressé aux études scolaires, il ne s'intéresse à ce travail. Il songe quelque temps à devenir éleveur de poules ou pourquoi pas cordonnier et peut-être même chanteur, ce qui lui plairait bien aussi.

    Ne connaissant rien à la musique et sans jamais avoir apprit le solfège il se met à composer des mélodies sur le piano de ses parents et à écrire des textes de chansons qu'il interprète  lors de repas familiaux au grand désespoir de son père qui veut à toute fin voir son rejeton abandonner le projet de devenir artiste. Mais Jacques persiste et réussi à se faire engager de temps à autres dans quelques cabarets.

    En 1953 il se met en tête de réaliser un disque qu'il envoie à Jacques Canetti, homme d'affaire et producteur de musique connu pour avoir aidé de nombreux artistes à se lancer : Charles Aznavour, Edith Piaf, Charles Trenet, Georges Brassens, Jacques Higelin, Jeanne Moreau, Serge Reggiani... C'est donc Jacques Canetti qui lance Jacques BREL en 1954 en lui faisant enregistrer son premier album et en le faisant passer dans le cabaret qu'il dirige, "Les trois Baudet".

    Le public ignore combien Jacques BREL à "galéré" pendant des années et des années avant d'être propulsé sur les plus prestigieuses scènes. Une  notoriété incroyable submerge le monde. Elle est due à sa force de travail. Il enchainera des tournées épuisantes, assurant quelquefois près de 400 récitals certaines années qui, tout le monde le sait, comportent 365 jours !!

    Jacques BREL meurt d'une embolie pulmonaire le 9 octobre 1978 (il y a donc exactement 40 ans !) à l'hôpital Avicenne de Bobigny. Il n'avait que 49 ans. Il repose au cimetière d'Atuona aux îles Marquises, non loin de la tombe de Paul Gauguin.

     

    MA RENCONTRE
    Base aérienne de Cambrai-Épinoy. Je termine mon régiment que j’agrémente chaque fois que possible, quand je ne suis pas à l’ombre des cachots militaires, par une permission.
    Ce vendredi est pluvieux, glacé, et je progresse en faisant de l’auto-stop sur la route déserte qui mène d’Épinoy à Cambrai où je dois prendre le train.
    Enfin, une voiture s’arrête dans un bruit de ferraille, une 2 CV au bord de la retraite. Indifférent à la pluie qui redouble, un homme dégingandé sort du véhicule pour ouvrir la portière côté passager.
    Monte, mon gars.
    La voiture redémarre. Le moteur ronronne depuis dix minutes lorsque la voiture tousse deux ou trois fois et s’arrête.
    C’est rien, fait le conducteur. C’est le carbu.

    Il ouvre le capot, bidouille dessous et on repart. La pluie cesse subitement de tomber. Alors, le conducteur entame la conversation.
    Alors, comme ça, tu es aviateur ? Tu pilotes ?
    Mais, volubile, le conducteur n’attend pas les réponses et enchaîne :
    Moi, j’aimerais bien piloter un avion, mais j’ai pas les moyens, plus tard peut-être, quand je serai riche. L’armée, tu vas en faire ton métier, non sans doute ? Moi je voudrais faire des chansons, mais avec la gueule que j’ai c’est pas facile d'en faire un métier. En ce moment, je suis représentant, et en fin de semaine des amis m’emploient comme barman, enfin je fais un peu de tout. Et toi que vas-tu faire ?
    Je n’ai pas le temps de répondre que boum-boum ploc-ploc-ploc.
    On a crevé, dit en riant le conducteur.
    Je riais aussi tout en me demandant si nous allions arriver à Paris avant la fin de la permission. Changement de roue dans un calme impressionnant et une bonne humeur sous-jacente, témoin le sourire fendu jusqu’aux oreilles du mécano improvisé.
    Oui, alors, que vas-tu faire, après le service militaire ?
    — Je fais le magicien, j’aimerais devenir professionnel.
    — T’as raison. Toi tu peux. Je le sais. Je le vois. Tu verras. Moi, chanter, je ne pourrais pas. En plus, avec mon nom, c’est râpé, grillé, carbonisé : je m’appelle « Brel » et dans le Nord-Pas-de-Calais, tu le sais, on dit « Con comme une brêle » Ha ! Ha ! Ha ! Pour l’heure, la représentation, ça marche. Ça m’emmerde, mais ça marche ! Je vends du carton. Je vais peut-être élever des poules. J’aime bien les poules. Ah ! si, je chante, un peu, à Montmartre, mais les gens s’en foutent, ils bouffent.
    Aux portes de Paris, nous primes deux cafés, puis nous séparèrent sur une chaleureuse poignée de main.
    Le grand bavard d’automobiliste avait pour nom Jacques Brel. À l’époque, il donnait un coup de main dans un cabaret de Montmartre.
    Le petit aviateur deviendra Ranky.

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    BIBLIOGRAPHIE

    L'oeuvre de Jacques Brel est considérable et il est pratiquement impossible de citer la totalité de ses créations. J'invite mes lecteurs à se rendre sur ses biographies, Wikipédia par exemple....

    1962-Ma rencontre avec Jean Borotra,

    champion de tennis

    BIO-EXPRESS

    Photo DR

    200px-Bundesarchiv_Bild_102-10990,_Jean_Borotra.jpgJean Borotra, né le 13 août 1898 à Biarritz  est un tennisman exceptionnel et homme politique français. Surnommé «le Basque bondissant», il est l'un des «Quatre mousquetaires»

    René Lacoste dit "le crocodile" 1904-1996Jean Borotra,dit « le Basque bondissant » (1898-1994)Henri Cochet, dit «le Magicien » (1901-1987)Jacques Brugnon, dit« Toto » (1895-1978) qui ont enmené la France en Coupe Davis dans les années 1920 et 1930

    Jean Borotra a été président du Tennis club de Paris de 1930 à 1941, président d'honneur de la Fédération française de tennis et vice-président de la Fédération internationale de tennis.

    Il détient environ 85 titres internationaux. Il a été 59 fois champion de France, 20 fois champion d'Angleterre, trois fois champion du monde et deux fois champion d'Amérique.

    En Coupe Davis (de 1922 à 1947 il joue 54 matchs et remporte 36 victoires en 1927-28-29-30-31-32-

    Il est médaille de bronze en double aux Jeux olympiques de Paris.Au Championnat international des vétérans, il  remporte le simple en 1959 et le double en 1960 et 1964. Il joue son dernier match de compétition en double mixte vétéran de Wimbledon à 87 ans.Il décède le 17 juillet 1994 à Arbonne.

    Ma rencontre

    Quelques rencontres extra-ordinaires sont quelquefois dues à ce que les esprits cartésiens nomment coïncidences. Mais quelquefois aussi, ces coïncidences sont tellement nombreuses que cela en devient mystérieux. Ma rencontre avec Jean Borotra  en est un exemple incroyable.

    HONIGSBERG 1.jpgAprès un long séjour dans la jungle Congolaise, de retour en France, je suis soudainement pris d'épisodes de diarrhées accompagnés de malaises indéfinissables.  Et un matin je me réveille avec une sorte de kyste gros comme un oeuf d'oiseau  qui a poussé en une nuit derrière le pavillon de mon oreille gauche. Surpris et inquiet par la rapidité de cette éclosion je consulte mon médecin, le docteur Honigsberg qui m'envoie illico à l'hôpital Lariboisière où je subis divers examens qui n'apportent aucun diagnostic précis sur la cause de ces problèmes mais révèle la poussée d'autres nombreux ganglions sous l'aisselle gauche. Le lendemain l'aisselle droite était enflammée et les entre-doigts de la main droite aussi.

    Jean BOROTRA 1.jpgSans doute prévenu par l'hôpital, rentré chez moi, je reçois un coup de téléphone de la part d'un médecin en place à l'Institut Pasteur. Il souhaite vivement me recevoir confidentiellement en consultation dans le service qu'il dirige. J'accepte d'emblée son invitation d'autant plus facilement qu'il m'annonce avoir une idée sur les problèmes de santé qui m'assaillent et qu'il aimerait beaucoup tenter de les résoudre au seul titre de la recherche et sans que cela me coûte un centime. Nous convenons donc d'un rendez-vous pour le  début mai 1962.

    Je rencontre donc le docteur Paul Giroud qui me présente un homme à la stature impressionnante. J'estime sa taille à au moins 1 mètre 90 si ce n'est plus.

    -François, je vous présente Jean, de son nom de famille Borotra

    - Comme le champion de tennis ? ne puis-je m'empêcher de répondre.

    - Mais c'est monsieur Borotra. Et comme vous, Jean a accepté de se soumettre à des tests. En effet vous avez tous les deux les symptomes identiques d'une pathologie un peu mystérieuse.

    Je m'adresse alors à monsieur Borotra et notre conversation va nous plonger dans un abîme d'énigmes.  Certes, les points de la maladie pourraient se situer en divers endroits de  nos corps respectifs  mais ce n'était pas le cas.

    Je me souviens très bien avoir demandé à Jean Borotra comment les choses avaient débuté.

    -Comme je l'ai dit au docteur Giroud ça a commencé par des Diarrhées et des malaises inexplicables. Puis un matin j'ai découvert une sorte de kyste gros comme une bille.

    -Où ça ?

    -Derrière l'oreille.

    -Ah! Laquelle ?

    -L'oreille gauche.

    J'étais étonné, ce qui m'incita à poursuivre :

    -Et vous avez découvert d'autres ganglions ?

    -Oh! oui, une multitude de ganglions.

    -Où ça ?

    -Sous l'aisselle.

    - Ah! Laquelle ?

    -L'aisselle gauche. Et le lendemain j'avais de la peine à bouger mon épaule droite tellement cette aisselle était enflammée. Et regardez ma main droite.  Entre les doigts on dirait que je suis brulé.

    Jean BOROTRA 2.jpgC'était incroyable ! Que l'on ait les mêmes symptomes d'une maladie semble tout à fait normal mais le mystère, dans notre cas, résidait dans le fait que les endroits touchés étaient strictement les mêmes, au millimètre près. Le docteur Giroud était époustouflé, abasourdi, et n'a jamais pu nous donner une explication sur ces similitudes. Ces incroyables circonstances nous avaient, Jean Borotra et moi même, encore plus motivés pour servir de sujets de recherche médicale. Et comme il fallait passer à l'action le docteur Giroud nous fit relever les manches de nos bras gauches. Je ne sais pas si c'est l'émotion où une faiblesse passagère qui ne me permit pas de voir les quatre ou plus nombreuses injections prévues mais je me suis évanoui.

    A ma reprise de conscience, la première personne que je vis, ce fût cet énorme gaillard de près de deux mètres, cet athlète fantastique, allongé sur une sorte de canapé, entrain de récupérer, lui aussi, d'un évanouissement.

    Jean Borotra et moi reçumes chacun une lettre que nous avons tous les deux égarée, de la part du docteur Paul Giroud, nous félicitant et nous remerciant de notre apport dans la recherche scientifique. Nous ne sûment jamais ce que nous avions contracté mais le résultat est que tous nos symptômes disparurent, et encore incroyablement, la semaine suivante.

    Paul_Giroud.jpgPaul Giroud (1898-1989)

    Médecin et biologiste français né à Munet, commune de Trévol (Allier, France), le 06/06/1898. Son père est avocat à Moulins. Il a un frère aîné, Antoine (devenu professeur d'embryologie et d'histologie à la faculté de médecine de Paris).
    1923 Suit le cours dit "des internes", à l'Institut Pasteur, sous la direction de A. Pettit.
    1926 Soutient sa thèse de doctorat en médecine sur : "Le rhume des foins, étude clinique expérimentale et thérapeutique" (travail préparé sous la direction de L. Pasteur Vallery-Radot, à l'Hôpital de la Pitié, à Paris).
    1926-1930 Entre comme assistant à l'Institut Pasteur, Paris.
    1930-1938 Chef de laboratoire à l'Institut Pasteur, Paris.
    1932-1936 Assistant de Ch. Nicolle à la chaire de médecine du Collège de France.
    1932-1935 Effectue plusieurs missions en Tunisie : recherches sur les maladies inapparentes au cours des épidémies de typhus historique ; recherche du virus murin dans les foyers de typhus épidémique du bled.
    1934-1935 Chef de laboratoire à l'Institut Pasteur de Tunis.
    1936 Devient membre de la Société de pathologie exotique (SPE).
    1937 Participe à une mission scientifique en URSS. Il rencontre notamment Barykine qui a mis au point une méthode de culture de l'agent du typhus pour la préparation d'un vaccin.
    1937-1939 Elu secrétaire des séances de la Société de pathologie exotique.
    1938-1940 Chef de service adjoint à l'Institut Pasteur, Paris.
    1939 Décoré chevalier de la Légion d'honneur.
    1940 Met au point, avec P. Durand, un vaccin contre le typhus exanthématique, fondé sur la culture des rickettsies dans les poumons des rongeurs infectés par voie respiratoire. Nommé chef de service à l'Institut Pasteur, Paris.
    1940-1941 En collaboration avec P. Durand et H. Sparrow, mène des essais de vaccination contre la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses au moyen de rickettsies tuées par le formol.
    1941 Participe à une mission en Espagne : recherches sur l'immunisation dans le typhus et étude d'un test clinique pour le diagnostic rétrospectif du typhus. Mise au point d'un test de microagglutination des rickettsies, permettant la différenciation des diverses rickettsioses.
    1942 Lauréat du prix Montyon de l'Académie des sciences. Autres prix obtenus dans cette même académie : Bréant, 1951 ; Fondation Jaffé, 1966.
    1949-1950 Mission d'études sur les rickettsioses au Moyen-Congo, Oubangui, Ruanda-Urundi, Katanga : mise en évidence pour la première fois en Afrique Equatoriale de certaines rickettsioses, en particulier, la fièvre "Q" ; démonstration du rôle des toxoplasmes qui provoquent chez l'homme une affection simulant une fièvre exanthématique.
    1951-1952 Mission d'études sur les rickettsioses en Oubangui-Chari, Ruanda, Kenya, Ethiopie : mise en évidence de l'importance des rickettsioses dans la genèse des affections pulmonaires et des syndromes à type méningo-encéphalite.
    1952 Promu officier de la Légion d'honneur.
    1954-1956 Mission d'études sur les rickettsioses au Congo Belge : mise en évidence d'éléments à la limite inférieure des rickettsies, à côté du groupe des psittacoses que P. Giroud nomme néorickettsies.
    1955 Décoré de la médaille d'or des épidémies.
    1956-1962 Mène, en collaboration avec son équipe, des travaux sur le trachome : études morphologiques et sérologiques faites chez des enfants atteints de trachome ; culture de son agent, Chlamydia trachomatis, sur divers rongeurs ; mise en évidence d'anticorps locaux au niveau de la conjonctive infectée ; étude de l'action de divers antibiotiques.
    1956 Elu membre de l'Académie nationale de médecine dans la section science biologique.
    1971 Promu commandeur de la Légion d'honneur.
    21/01/1989 Décès. L. Le Minor prononce son éloge à l'Académie nationale de médecine.

    Archives de l'Institut Pasteur.

     BIBLIOGRAPHIE

    Ouvrage co-écrit par Jean-Loup Rouyer- Jean-Marie Conty- Jean Borotra

    Éditions d'Organisation 1968

     

    1962- Ma rencontre avec Guy Decomble, comédien. en cours d'écriture

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1970 - Ma rencontre avec Claude Stavisky  illusionniste.

BIO EXPRESS

Claude Stavisky est né le 28 juillet 1926 à Paris et décédé le 27 septembre 2006 à Bonneuil-sur-Marne.                     

STAVISKY CLAUDE 1.jpg Claude Stavisky, personnage hors du commun, savant dosage d’énigmatisme et de sympathie, était une figure du milieu de l’illusionnisme. Pendant de longues années il a été membre de la Fédération Française des Artistes prestidigitateurs (FFAP) et du Cercle Français  de l’Illusion Jules Dhôtel.
Il était membre, très actif, du Comité Illusionniste d’Expertise et d’Expérimentation des Phénomènes Paranormaux (CIEEPP) et avait, à ce titre, participé à de nombreux tests de sujets Psi, notamment à des expériences de télépathie, de voyance ou encore de psychocinèse ( Jean-Pierre Girard, entre autres )
Sa vie durant, il a exercé sa grande passion : la prestidigitation.

Mais les clients des restaurants savaient-ils que l’illusionniste qui se produisait de table en table était le fils d’Alexandre Stavisky, héros d’une célèbre affaire qui provoqua en 1934 des émeutes et fit vaciller la République ?
proxy.jpgAlexandre Stavisky, aventurier-illusionniste de la finance, avait bâti une fortune colossale sur la corruption de la classe politique de son époque. Stavisky, “l’homme aux 32 non-lieux”, l’Arsène Lupin de la IIIème République” qui muselait avocats, policiers, journalistes, députés et ministres en leur distribuant des enveloppes bien garnies. Stavisky, l’homme qui en savait trop et qui, au moment d'une inculpation inévitable allait faire tomber de nombreuses têtes est “suicidé d'une balle dans la tête tirée à 3 mètres de distance !) titre LE CANARD ENCHAINÉ".

affaire-stavisky-daladier-2405201-jpg_2069092_660x281.JPGL’affaire Stavisky” eut de nombreuses conséquences : suicides de plusieurs personnages, notamment d’un conseiller à la Cour d’appel, chute de deux gouvernements, et violentes émeutes fascistes de février 1934 (15 morts et 1400 blessés) qui ont bien failli faire tomber la République. Le procès qui s'en suivra ne comptera pas moins de 250 témoins, 20 inculpés, 50 avocats et durera 2 mois et demi.

Arlette Stavisky entourée de ses deux enfants, Claude à sa gauche et Michelle à sa droite.

Collection Privée
STAVISKY MICHELLE ARLETTE CLAUDE.jpgMais dans la vie, tout n’est pas qu’illusion : témoin l’internement  de Claude enfant, par sa propre mère, dans un hôpital psychiatrique - Claude disait “chez les fous!”- par un coup de baguette magique manipulée par on ne sait trop quel sorcier ! Allez-donc savoir ! Près de quatorze ans d’enfermement dans un asile où il découvre la prestidigitation, le goût des mises en scène magiques et des mystifications théâtrales. Il demande à sa mère, exilée en Amérique, de supprimer les gâteries habituelles de ses quelques colis annuels et de les remplacer par de l’argent, “pour acheter des livres de magie et des tours !

  Vers les années 1950, des tourneurs en cinéma se produisent de commune en commune et l’un d’eux cherche un assistant. La direction de l’asile lui confiera Claude. Vers 23 ans commence pour lui une existence de nomade. Mais l’aide-projectionniste continue ses exercices de dextérité entre le documentaire et le film, car son rêve ne le quitte pas : il sera magicien ! C’est son patron, qui le présentera en audition devant la grande famille du cirque Bauer qui l’engagera pour la saison 1955. Claude restera chez les Bauer jusqu’en 1958.

405340835.jpgPendant quatre années il présentera sous le pseudonyme de Fougestas, puis Vitiskas, ensuite sous celui de Prince Frankestas et enfin Prince Stavisky, le poste de radio éclipsé, le bonneteau aux liquides, le cadre de Bacchus et une version personnelle 1056200515.2.jpgdu panier indien dans lequel il enfermait sa partenaire, la transperçait d’épées comme une pelote d’épingles et d’où elle ressortait souriante et indemne sous les applaudissements du public.

 

 

images-3.jpgCe qui l’intéressait le plus, ainsi qu’il l’explique dans son livre “Stavisky était mon père” (Éditions N°1 - 1995). c’était d’inventer ses propres tours, de créer quelque chose de nouveau, d’absolument original. Il ne voulait pas copier et imiter bêtement ce qui était dit dans un livre. Il voulait devenir un artiste, un vrai. Aucune difficulté ne le rebutait, au contraire. Il choisissait un exemple dans un livre, puis l’analysait à fond, le disséquait comme une souris de laboratoire, lui ouvrait les entrailles pour voir exactement de quoi il était fait. Ensuite il déclinait toutes les variations possibles du même tour. Il a toujours pratiqué ainsi : lorsqu’il s’attaquait à un tour, il l’épuisait entièrement, l’exploitait jusque dans ses moindres détails. Il se disait maniaque et perfectionniste de la prestidigitation. C’était vrai.
3238766781-1.jpgEt comme le travail finit presque toujours par payer, il connut quelques engagements prestigieux comme au cirque Médrano par exemple. Il connut, à diverses reprises, les honneurs de la télévision. Puis, plus tard, il donna des spectacles de close-up, c’est-à-dire de “magie de près”, chez les particuliers et dans les restaurants. Il avait pris goût à cette forme de prestidigitation plus confidentielle permettant de réaliser des tours au nez et à la barbe des spectateurs.

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Philippe Bouvard interviewe Claude Stavisky au cours de l' émission "Samedi soir". J'ai été invité à cette fameuse émission afin de tenter une expérience de régression sous hypnose dans le but de faire ressurgir de la mémoire de Claude des épisodes de sa terrible vie. C'était la première prestation télévisée de ma carrière professionnelle débutante de magicien. Étaient présents à cette émission : Roger Carel - Pierre Dac- Francis Blanche - Jean-Pierre Cassel - Jean-Luc Bideau - Gilbert Dasse-  Roger Delaporte - Claude Stavisky -et moi-même François Ranky.

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Claude interviewé par Laurent CABROL pour l'émission "La nuit des héros".

Samedi 23 mai 1992

Claude n’était jamais aussi heureux que lorsqu’il nous accompagnait dans nos spectacles de discothèque ou nos tournées de théâtre, surtout lorsque nous produisions notre show complet, avec toute notre petite troupe composée de cinq ou six artistes. Il était sûr alors d’avoir intégré  “sa famille.” Toujours prêt à se rendre utile, il nous est resté fidèle pendant près de quarante ans. 
C’est la prestidigitation qui permit à Claude, sa vie durant, de supporter son nom si lourd à porter, car ce n’est pas facile d’être le fils de “l’escroc”.
Jusqu’à son dernier souffle, Claude, illusionniste de père en fils, aura voulu illusionner son public et par là-même, quelque part, s’illusionner aussi lui-même.

MA RENCONTRE 

Claude, le fils de l'escroc le plus sympathique du siècle a payé, sa vie durant, et très cher, son nom trop célèbre. Claude un homme tranquille dont je fais la connaissance lors de mon adhésion au Cercle Français de l'illusion Jules Dhotel. Rapidement, alors que Claude apparaît comme un homme plutôt solitaire, nous faisons connaissance et entreprenons de monter des petites saynètes magiques.  J'apprends son parcours effarant et dramatique et une amitié solide s'établit entre nous. Je propose alors à Claude de l'aider à écrire un livre, son livre, qui pourrait, j'en suis persuadé, l'aider à exorciser le terrible destin qui s'est abattu sur lui à cause d'un nom devenu trop lourd à porter. Il accepte avec enthousiasme et pendant plusieurs semaines nous mettrons sur papier les péripéties d'une vie incroyable.

Cependant je serai contraint d'abandonner ce projet d'écriture, mon métier naissant d'illusionniste professionnel me prenant de plus en plus de temps : finaliser l'ouvrage m'aurait demandé des mois et des mois. Claude, très déterminé, fera la connaissance d'un écrivain de grand talent acceptant de prendre en main le projet, en la personne d'Edouard BRASEY.

Edouard Brasey procèdera en interviewant Claude à l'aide d'un magnétophone et en travaillant sur ces interview une fois rentré chez lui. Cela donne un récit passionnant qui sera édité par les "EDITIONS N° 1". J'ai donc demandé à Edouard Brasey l'autorisation de publier des extraits du dernier chapitre du livre de Claude : "Stavisky était mon père", chapitre qui décrit avec une extraordinaire précision quelques anecdotes croustillantes que je me suis amusé à créer et mettre en scène.

Il faut savoir qu'un bon nombre de titres de prestations magiques interprétées par Claude Stavisky ainsi que des  dédicaces et textes, repris par la presse, la radio et la télé, comme par xemple, "À l'homme de ma vie, Alexandre Stavisky, mon papa"-ou "Stavisky, illusionnistes de père en fils" sont des trouvailles de François Ranky.

images-3.jpgCela commence le matin du... quand nous constatons que tout Paris est couvert d'affiches sur lesquelles un nom se détache en lettres géantes : STAVISKY. En dessous on pouvait lire : "Un film d'Alain Resnais, avec Jean-Paul Belmondo". “STAVISKY” avec Jean-Paul Belmondo, Annie Duperey, Michel Lonsdale, Charles Boyer, Claude Rich, François Périer, est un film d'Alain Resnais sur un scénario de Jorge Semprun. 1974.

C'est donc Claude, par la plume d'Edouard Brasey, qui nous narre ces péripéties abracadabrantes.

STAVISKY ETAIT MON PERE.jpg" Un film sur papa, quarante ans après sa mort ! Je n'en croyais pas mes yeux. Le long purgatoire avait-il pris fin, et la mémoire de mon père allait-elle enfin être réhabilitée? ou au contraire les injures et la persécution reprendraient-elle de plus belle ?

Dès sa sortie, je m'engouffrai dans l'une des salles des Champs-Elysées pour observer la façon dont ce film rendait compte de la vie de papa.

Au début, tout alla bien. Je retrouvais l'atmosphère feutrée du Claridge, l'Hispano de ma mère qui lui avait valu le premier prix du concours d'élégance automobile de Biarritz. Anny Duperey était presque aussi belle qu'Arlette-pas tout à fait, cependant.

Belmondo, en revanche, en faisait des tonnes et affichait une vulgarité de parvenu dont papa était totalement dépourvu. Dans le rôle j'aurais préféré l'élégance d'un Georges Descrières, qui à cette époque incarnait avec beaucoup d'humour le personnage d'Arsène Lupin dans un feuilleton télévisé ".

EN FORME D'ALBUM DE FAMILLE

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1) De gauche à droite : Le mari de Michelle Wade,  soeur de Claude Stavisky

2) Claude Stavisky.

3) Blondine.

4) Ranky

Photo prise par Michelle Wade chez Ranky et Blondine.

 

 

 

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La case numéro 105 au cimetière de Bonneuil.

 

 

 

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L'AFFAIRE STAVISKY

pz-404-05-002.jpg__240x369_q85_autocrop_crop-smart_subsampling-2_upscale.jpgAlexandre Stavisky, le père de Claude, serait né le 20 mars 1886 à... Kiev d'un père juif polonais émigré en France en 1920. Ce père exerçait la profession de dentiste et à cette époque la majorité des prothèses dentaires étaient en or. Belle occasion pour Alexandre, à peine sorti de l'enfance, de se mettre à chaparder ce métal précieux afin de le revendre. Beau parleur, il finit même dans ses premières armes d'arnaqueur, par entraîner son grand-père dans diverses entourloupes ce qui ne l'empêchera pas d'obtenir la nationalité française en 1910.

Quatre années plus tard, il est condamné à 6 mois de prison pour fraude. C'est à cette époque qu'il se met à pratiquer, au coup par coup, des escroqueries d'une originalité stupéfiante : il invente le "matriscope", une machine médicale destinée à détecter les femmes enceintes et laquelle, bien évidemment, ne sera jamais construite mais qui se vend bien. Il fournit à l'armée italienne des munitions et principalement des obus qu'il ne paiera pas aux fournisseurs. Il crée des entreprises : "La société Phébor" qui vend des machines à laver,...

Alexandre Stavisky, nanti d'une ingéniosité machiavélique, escroque les naïfs, les gogos, tripatouille dans l'épargne, "lave" des chèques, technique qui permet d'obtenir des chèques d'un montant très faible et de remplacer ce montant par un autre nettement supérieur.  Tout ce qu'il entreprend dans le domaine de la carambouille fonctionne et arrive à terme sans qu'il soit jamais inquiété par la police. À cela il n'y a rien d'étonnant. Stavisky a su se créer des complices parmi des maires, des parlementaires, des sénateurs, des députés, des ministres.

En 1920 il fait la connaissance de la chanteuse Jeanne d'Arcy, lui soutire de l'argent avec lequel il ouvre une salle de jeu clandestin. Mais la chanteuse porte plainte et notre homme écope d'un an de prison. Subitement Jeanne d'Arcy retire sa plainte et Stavisky est libéré.

Sous le nom de Monsieur Alexandre,  il achète un grand music-hall : L"Empire", dont il désigne l'un de ses complices,  Henry Hayotte, directeur artistique mais qui se révèle incapable de gérer ce poste et accumule des fours spectaculaires. Mais peu importe, Stavisky joue les mécènes et sauve cette salle prestigieuse à plusieurs reprises. Stavisky achète aussi un journal.

220px-Arlette_Stavisky_-_Police_magazine_-_14_janvier_1934.png1925 est la date de sa rencontre avec Arlette Simon, mannequin vedette chez Chanel et dès l'année suivante il se spécialise dans les affaires "plus sérieuses" : bons du trésor falsifiés, titres de bourse volés. Emmené dans le bureau d'un juge d'instruction il s'évade. Arrêté à nouveau, il est libéré pour raison de santé. Il faut dire qu'il a pour amis, entre autres, des avocats plutôt expérimentés quand ce n'est de fieffés coquins, et cela lui donne le sentiment d'être intouchable. Et c'est ainsi qu'il multiplie encore ses créations d'entreprises fantômes. Et puis il vient de s'associer avec ce Mayotte, qui plus est fils de bijoutier. Ils concoctent une arnaque imparable avec la complicité de commissaires aux crédits municipaux consistant à mettre en gage des bijoux le plus souvent volés et surestimés. Les clients du crédit municipal de Bayonne déposaient des bijoux, pierres précieuses (diamants, émeraudes etc) qui étaient copiés à l'identique et que l'on rendait aux propriétaires qui venaient les reprendre ne sachant pas, évidemment, qu'il s'agissait de faux.

 Stavisky connaîtra une fin de parcours tragique avec ce qui demeure sa plus belle arnaque : "L'affaire des bons de Bayonne" qui s'étale dans tous les journaux et qui déclenche un nombre époustouflant de plaintes au parquet de justice.

 

Ma rencontre  avec Michel SIMON, comédien par Ranky

BIO EXPRESS

MICHEL SIMON (Photo DR)

702899126.jpgMichel Simon est né le 9 avril 1895 à Genève. Il décède le 30 mai 1975 à Bry-sur-Marne. Très jeune il abandonne ses études et “monte” à Paris où il loue une chambre à l’hôtel Renaissance, rue Saint-Martin dans le 10ème arrondissement.

Il exerce de nombreux métiers pour subsister : professeur de boxe, vendeur de briquets à la sauvette, assistant d’un magicien, clown, photographe etc.

Il s’instruit en lisant un nombre phénoménal de livres et deviendra ainsi une encyclopédie vivante de Courteline.
Appelé à l’armée, il passe le plus clair de son temps en prison militaire pour le motif : indiscipline chronique !

En 1915, assistant à une pièce de Georges Pitoëff, il décide sur le champ qu’il sera comédien, ce qu’il deviendra en débutant en 1920 chez... Pitoëff, qu’il quitte au bout d’un an pour se lancer dans le théâtre de Boulevard.
À l’époque du cinéma muet, sa "laideur" fait merveille et il joue de son corps avec une géniale virtuosité. L’avènement du cinéma parlant sera une autre révélation : son timbre de voix et son élocution rajoutent encore à son physique et à son jeu d’acteur incroyables.

MA RENCONTRE

3334902752.jpgDe tous les artistes, Michel Simon est indéniablement celui à qui je voue la plus grande admiration. Manquant assez souvent d’argent pour m’offrir une place de cinéma, alors âgé de treize ou quatorze ans, je réussis à me faire engager les samedis et dimanches comme placier au cinéma Rex de Berck-Plage, à seule fin d’admirer mon idole.

Lorsqu’après le régiment, je “monte” à Paris où je loue un deux pièces minuscule au 17 faubourg Saint-Denis, je suis loin d’imaginer que je rencontrerai l’idole de mon adolescence.
Michel Simon loue une chambre de “dépannage” passage du Prado, exactement en face de chez moi. Une rencontre semble donc fort possible et pas extraordinaire en soi. C’est la suite des événements qui l’est.
Faisant mes courses auprès des innombrables marchands de quatre saisons de la porte Saint-Denis, je reste soudainement tétanisé devant un personnage imposant, habillé d’un long manteau et tenant un sac à provisions bien fatigué. L’homme est parfaitement immobile, comme statufié, et me semble sur le moment mesurer pas loin de deux mètres. C’est Michel Simon.
L’acteur doit ressentir mon émoi et c’est là que l’inexplicable se produit. Pourquoi m’adresse t-il la parole alors qu’il ne me connaît pas ? Pourquoi m’invite-t-il à le suivre jusqu’à un bistrot situé de l’autre côté de la porte Saint-Denis, l’Ecrevisse, où nous nous rendrons ensuite assez souvent ? Pourquoi s’est-il mis en tête de me présenter ses copines prostituées, de me raconter comment il a “fait” le clown à ses débuts ou servi de compère à un prestidigitateur, de me parler de sa collection de montres, de ses séjours en prisons militaires ("comme vous", me disait-il) ? Incroyable ! Il ne savait rien de moi et me parlait des passions qui m’habitent : les clowns, la prestidigitation, la boxe, la lecture, l’horlogerie, les femmes.
Le mystère demeure total.

Mystère encore plus total, voici un des épisodes incroyables qui m'a marqué à vie !

À l'époque, le Front de Libération Nationale (FLN) est un mouvement politique créé en 1954 et revendiquant, par des actes violents, l'indépendance de l'Algérie vis-à-vis de la  France. Adoptant un rôle plus politique le FLN, devenu le parti algérien au pouvoir avec Ben Bella élu Président de la République algérienne, signe en 1962 les accords d'Evian qui mettent fin à la guerre.

Le FLN appelle les Algériens de France à organiser des manifestations contre les mesures édictées par Maurice Papon, préfet de police de Paris. Entre autres mesures, il fait interdire aux Algériens de sortir la nuit. Malgré cette interdiction, une manifestation débute un peu avant 21 heures, se voulant non-violente. La police, soutenue par le Président Charles de Gaulle, la réprime avec une hargne incroyable. Des manifestants sont amenés dans les commissariats et roués de coups. Certains seront jetés dans la Seine et plus de deux cents personnes disparaitront à jamais.

Bref, tout cela pour expliquer l’ambiance particulière qui règne dans notre si beau pays. Michel Simon est révolté par ce débordement de haine et de violence. Et je suis présent lorsqu’il répond à une interview d’un journaliste de radio qui l’écoute parler de la guerre, de son anti-militarisme, du statut d’objecteur de conscience dont nous avions déjà parlé tous les deux, la veille. Cela se passe à l’Ecrevisse, tout au fond de la salle remplie des clients habituels et « des femmes de petite vertu » installées près de notre table. Parmi celles-ci se tient la copine préférée de Michel Simon, une magnifique femme brune, très belle, toute vêtue de noir. Une star, une étoile, une femme lumineuse et dont aujourd’hui, j’ai beau chercher, je suis incapable de me rappeler le prénom. Je me rappelle seulement que pendant quelques secondes, je l’ai vue morte, allongée dans le caniveau, près de la porte du bar l’Ecrevisse. J’ai fait part à Michel Simon de cette image terrible et lui ai simplement dit qu’il ne fallait pas laisser cette dame toute seule, qu'il serait souhaitable que quelqu'un la raccompagne chez elle. Et puis, je suis rentré chez moi.

Deux jours plus tard, dans le journal France Soir, j'ai découvert un article avec une photo montrant une dame, supposée avoir des accointances avec la politique du moment, une dame vêtue de noir, très belle, allongée dans le caniveau, près de la porte du bar l'Ecrevisse,  assassinée !

FILMOGRAPHIE
 69197324_af.jpgMichel Simon tourna dans 118 films. La télévision lui consacra 11 documentaires. Il fut à l’affiche de 31 pièces de théâtre.

 

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Ma rencontre avec MYSTAG, illusionniste

BIO EXPRESS

1769.jpg.78f74ec7288f2e674bc1366d3acd274d.jpgRobert François, alias Mystag, est né le 17 septembre 1919 à la Rochelle et décédé le 22 août 1988 au Puy-du-Lac en Charente Maritime. Mystag devient vite une des grandes figures de l'anarchisme. Il fait partie des précurseurs de la  zététique qui a pour but la dénonciation du charlatanisme et du spiritisme.
 Dès l'adolescence  Mystag adhère au mouvement libertaire et à 18 ans, il se fait stériliser (affaire Bartosek).  A cette époque il devient apprenti coiffeur. À la Libération, il crée des contacts avec les noyaux anarchistes de sa région et organise des conférences à "L’Oratoire", soutenant la Fédération anarchiste (FA), et la "Libre Pensée". 

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Puis il s'installe à Paris  et devient un membre influant de la Fédération anarchiste. Il abandonne très vite son métier de coiffeur pour exercer celui de prestidigitateur. Il adopte alors le pseudonyme de Mystag. Il est reconnu illusionniste de talent et ses connaissances dans ce domaine lui permettent de dénoncer les impostures des voyants, hypnotiseurs,  mages, fakirs, guérisseurs, soi-disants investis de dons surnaturels.

En fin d'année 1952, Mystag devient membre avec Pierre-Valentin Berthier, entre autres, de  l'association de recherches "philosociales" qui organise chaque samedi des débats en son siège "des sociétés savantes pour la défense de l’homme"

Il collabore au "Libertaire", à "L'Entente anarchiste" et participe à la reconstruction de la FA avec Maurice Joyeux après la scission de 1953. Il est à l'origine de l’organisation de galas et meetings pour diverses organisations libertaires et au profit de journaux  comme "Liberté" de Louis Lecoin. Suite à l’exclusion  de Maurice Laisant  de  la "Fédération anarchiste"  Mystag  est nommé secrétaire aux relations extérieures de "l’Union des anarchistes" au cours de son congrès de fondation les 17-18 novembre 1979.

arton4626-d20b4.jpgMystag inspire l'écrivain Patrick Pecherot qui en fait le personnage nommé Corback un croque-mort fakir, dans son roman Belleville-Barcelone,  et Agnès Varda l'emploie dans le film Dagerréotypes. Mystag  était aussi membre de "La Libre Pensée", de "l’Union rationaliste", de "l’Union pacifiste", des Amis de Han Ryner et du Mouvement d’autogestion distributive.

 

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MA RENCONTRE

Le mercredi 25 mai 1977 une conférence suivie d'un débat public à lieu à l'Université PARIS VII  sous la présidence d'Yves GALIFRET  professeur  de psychophysiologie à l'Université "Pierre et Marie Curie".

Du docteur Jacqueline RENAUD, maître de conférences agrégée à la faculté de médecine.

D' Alain LEDOUX rédacteur scientifique à la revue "SCIENCE ET VIE".

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De MYSTAG  qui fera des démonstrations de suggestion, magnétisme, hypnotisme, de phénomène d'incombustibilité, de lévitation, avec la participation de son épouse Danielle François et de 8f9415640c281d20779fcbedcba91cf4.jpgmoi même, dans différentes présentations d'opérations chirurgicales à mains nues des guérisseurs philippins.

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Agnès VARDA ( photo DR)

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 Mystag dans le film de Agnès VARDA (photo DR)

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J'éprouvais beaucoup d'estime pour Mystag et pas seulement parce qu'il était décrié par une certaine catégorie de magiciens aigris et jaloux qui apparemment n'ont pas encore compris aujourd'hui que la  notoriété qu'il avait acquise l'avait été à force de courage et de travail. Bien sûr c'est beaucoup plus facile de se mettre à l'abri du besoin en pratiquant un métier alimentaire, si je puis dire, et de faire le magicien des dimanches et des jours de fête en cassant les prix pour se faire engager sans se soucier du préjudice causé aux artistes professionnels.

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Mystag était coiffeur de métier et plutôt que d'acheter un salon de coiffure il avait préféré  investir dans du matériel de scène  et organiser un circuit de travail dans le domaine de la prestidigitation, quitte à forcément gagner moins d'argent mais au moins à satisfaire son goût pour l'art magique. Pour avoir connu moi-même les difficultés à vaincre afin de devenir un saltimbanque respectable  mon respect envers cet homme demeure indéfectible.

proxy.jpgMystag, qui luttait contre les charlatans de la voyance et des phénomènes paranormaux en général avait créé un comité de défense de l'illusionnisme, et moi qui cherchait plutôt à démêler le vrai du faux dans ce domaine et n'ayant toujours pas compris de qui et de quoi il voulait défendre l'illusionnisme, nous étions respectueux des idées de chacun. Jamais notre amitié n'eut à pâtir de divergence d'opinion.

Lui aussi a construit sa vie avec son épouse, Danielle François une très belle femme, heureuse de partager toute son existence avec son artiste de mari.

QUELQUES PHOTOS INÉDITES DE MYSTAG.

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Je ne résiste pas à vous raconter les circonstances extraordinaires de son décès qui ne sont peut-être que des coïncidences, mais qui n'en demeurent cependant pas moins troublantes.

Par une fin d'après midi printanière, je reçois un coup de téléphone de Mystag.

- "Mon cher ami, pourriez-vous me rendre un service. Je suis très contrarié car je dois assurer un spectacle en province demain, avec le numéro du couteau à travers le bras. C'est sur le contrat et j'ai cassé mon couteau. Je pourrais le ressouder mais, je ne sais pas pour quelle raison, il m'est impossible de supporter la flamme du chalumeau. Ce n'est pas un éblouissement mais une sorte de malaise qui me gagne dès que je l'allume. Je ne comprends pas. Pouvez-vous faire cette réparation ?"

- "Aucun problème Mystag, venez demain après-midi".

2689981154.jpgEt comme convenu, le lendemain, notre ami est à la maison.

Le travail n'est pas compliqué et j'ai toujours en mémoire la scène où j'installe son matériel sur le rebord en béton d'une jardinière. Je présente une allumette près du bec du chalumeau, la flamme jaillit et s'éteint instantanément dans un claquement sec. Je m'aperçois que notre ami Mystag a détourné la tête avec une petite grimace à l'apparition de la flamme.

Je lui pose cette question :

- " Mais que vous arrive t-il ?".

- "Je ne sais pas, je ne supporte plus le feu. Ça fait plusieurs jours que c'est ainsi".

Effectivement pendant toute la durée de la réparation, Mystag n'a pas pu, malgré ses tentatives, supporter la vue du feu.

Mystag dans un numéro de feu. (Photo Ranky)

MYSTAG 18.jpg- "Je ressens une sorte de mal-être, au point que je m'interroge si je vais être capable d'assurer demain mon numéro de mangeur de feu. Bon, faudra bien, je fermerai les yeux s'il le faut".

Le lendemain, Mystag et son épouse  sont sur une route de Charente Maritime en vue de rejoindre la salle de spectacle où ils doivent donner leur récital de magie. Arrêtés au stop d'une départementale, le destin les attend. La voiture s'engage prudemment sur la nationale quand un camion-citerne déboule à toute allure et percute violemment la voiture. Sous le choc d'une violence inouïe, le camion s'enflamme instantanément, la citerne explose littéralement et la voiture s'embrase. Par un miracle extraordinaire, Danielle François est épargnée. Mystag est carbonisé. Ses malaises à la vue du feu étaient-ils la matérialisation d'une prémonition ? Personne ne peut apporter de réponse à cette question.

Et comme pour confirmer cette hypothèse, Mystag a été incinéré et repose au columbarium du Père Lachaise (case 5464) à Paris.

BIBLIOGRAPHIE

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1982 - Ma rencontre avec Bernard LOISEAU, cuisinier, par Ranky

BIO EXPRESS

Bernard Loiseau (Photo DR)

PHOTO Marie-Claire.jpgBernard Loiseau est né le 13 janvier 1951. Génie de la gastronomie, travailleur infatigable et doté d'une ambition sans limite il n'a eu cesse de réaliser son rêve : devenir un grand chef de cuisine, sinon le plus grand. D'abord engagé par le chef Claude Berger à Paris, celui-ci, devant les qualités étonnantes de son employé en fait le gérant d'un restaurant "La côte d'Or qu'il vient d'acheter à Saulieu en Bourgogne. Bernard Loiseau après sept années de gérance,contracte de lourdes dettes pour acheter ce restaurant et en faire un haut lieu de la gastronomie mondiale. En 1991 il reçoit 3 étoiles au guide Michelin. Il devient l'un des chefs les plus médiatisés au monde. En 1995 il ouvre une boutique près du restaurant où on trouve des produits du terroir, des vins prestigieux, des livres de cuisine.Des plats cuisinés Bernard Loiseau sont proposés dans les grands magasins et il gère deux autres restaurant à Paris "Tante Louise" et "Tante Marguerite". En 1998 il fonde la société Bernard Loiseau et sera le premier chef à être côté en bourse. Il se suicide d’un coup de fusil de chasse le 24 Février 2003. 

MA RENCONTRE

(Photo DR) 

   BERNARD LOISEAU 5.jpgSaulieu, Bourgogne, il est midi. Je stationne notre caravane sur la place   et me mets en quête de glaçons pour regarnir notre garde-manger. Tous les commerces alentours sont fermés sauf “l’Hôtel de la Côte d’Or” dont la porte est ouverte, comme une invitation. Gravissant les quelques marches, je frappe au carreau. Derrière un comptoir en boiserie rustique, un homme, visage glabre, cheveux rares me lance dans un sourire avenant : - Que puis-je pour vous ? - Beaucoup, monsieur, je suis à la recherche de glace, pour conserver beurre, charcuterie .. .et prendre l’apéro. - Ca fait trois bonnes raisons de chercher, me dit-il. Je vais vous arranger çà. Mais ici, je n’ai plus rien. On casse tout. De passage à Saulieu ? -
-Oui, oui c’est notre caravane que vous voyez. Nous allons à Autun où nous devons donner un spectacle.
- Ah ! vous êtes artiste ?                                                                                       
- Oui, magicien.
- Oh là, là ! quelle merveille ! expliquez-moi, vous allez pouvoir m’aider.
- Avec plaisir, si je peux.
- J’attends vos conseils. Figurez-vous que je viens de signer l’achat de cette maison pour en faire un restaurant à moi. Je collectionne les critiques. Il parait que je vais me planter en changeant la façon d’exploiter les lieux. Qu’en pensez-vous ?
Il s’ensuivit une description détaillée des travaux à accomplir : "Là, on casse la salle, on refait tout, l’accueil aussi, les cuisines seront enfin fonctionnelles. Dans un deuxième temps, je vois une piscine, peut-être un hammam, et le plus beau jardin de la région...".
L’homme semblait évoluer dans un état second. Il s’était levé de son siège et me tenait, d’une voix étonnamment claire et ponctuée, un discours rempli de rêves, de projets, de certitudes. Je me posais intérieurement quelques questions car il était extraordinairement sympathique mais me semblait quelque peu illuminé. Toutefois, je n’avais pas trop de place pour la réflexion car il me noyait dans un flot de paroles entrecoupées de la même interrogation : "Qu’en pensez-vous ?".
- Mais monsieur, je ne suis pas spécialiste, je suis magicien.
- Justement, les magiciens ne sont pas des hommes comme les autres. Vous avez une sensibilité particulière. Vous “savez” les choses. Dites-moi ? Le bonhomme n’était pas, lui non plus comme les autres. Loin s’en fallait. Décidément, il était attachant et plutôt poète, avec le même grain de folie qui m’avait permis de lâcher les trente six métiers “aléatoires” que j’avais déjà pratiqués pour un métier “pas sérieux”: le métier de magicien. J’ai subitement été persuadé que cet homme réussirait, que çà ne pouvait pas être autrement, qu’il deviendrait célèbre et son restaurant aussi, et qu’il serait fréquenté par des artistes.
- Et je donnerai des dîners-spectacles ?
- Non, jamais, surtout pas, et pour une seule et bonne raison. Parce que, ici, l’artiste c’est vous. Ces paroles prononcées en toute franchise semblèrent provoquer un effet quasi-miraculeux. Il porta la main à son visage et me fixa, pensif, intensément
- Je vous confie ma maison trois minutes, me dit-il en descendant les marches du perron. Quand il réapparut il me tendit un sac en plastique rempli de glaçons qu’il avait récupéré je ne sais où. Il me dit sa joie, m’affirma que mes paroles étaient vraiment magiques car il était “regonflé à bloc” et que lorsque nous repasserions par là, nous n’aurions qu’à demander Bernard Loiseau pour que la porte nous soit ouverte toute grande.
Depuis cette époque, avec Blondine, mon épouse et partenaire sur scène, nous stationnions notre camping-car trois ou quatre fois par an devant le restaurant Bernard Loiseau, mais plus jamais nous n’avons cogné à sa porte.  
 
BIBLIOGRAPHIE
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Livre de Dominique LOISEAU, son épouse.

 

 

 

 

 

 

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.


Ma rencontre avec Billy Bridge, chanteur et compositeur

par Ranky

 BIO EXPRESS

BILLY BRIDGE.jpgBilly Bridge, de son vrai nom Jean-Marc Brige, est né à Cherbourg le 17 décembre 1945. C'est le chanteur qui importe en France le madison, une danse américaine, ce qui lui apporte un gros succès avec des titres comme le "Grand M", "Madison flirt" et qui lui vaut le surnom de "Petit prince du madison" et un passage à l'Olympia Bruno Coquatrix en 1962. Malgré son grand talent, il connaît  plusieurs passages à vide qu'il tente de combler en s'essayant sous divers pseudonymes : Michel Sorel, Black Swan sous lequel il vendra plus d'un million d'exemplaires d'un disque intitulé "Echoes and rainbows".

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Pendant ses traversées du désert, il écrit des chansons pour d'autres chanteurs : Dick Rivers, Stone, Karen Chéryl, Cliff Richard, Philippe Lavil...

 

 

 

 

 

 

 

En partant du haut de la photo SALUT LES COPAINS, Billy Bridge se trouve à l'extrémité droite du 3ème rang (Photo Jean-Marie Périer)

 MA RENCONTRE

Dans les années 1980-90, notre spectacle "Fantastic-Horror-Show" était demandé partout, en  France, en Suisse et en Italie. L'engouement pour ce spectacle d'horreur était incroyable et les discothèques faisaient salle comble. Notre programme multipliait par deux, et souvent plus, les entrées de ces établissements de nuit.

Avec Blondine, mon épouse et partenaire sur scène, nous avions pris l'habitude, après chacune de nos prestations, de nous rendre au bar. Le public adorait cette façon de nous rencontrer, en toute convivialité afin de parler, bien sûr, de notre show mais aussi de tout et de rien. La plupart des autres artistes étaient intouchables. Leur passage en scène terminé, ils disparaissaient. Notre contact amical avec le public nous apportait beaucoup de plaisir et, de plus, les directions de discothèques appréciaient cette façon de satisfaire encore plus leur clientèle. Le chiffre d'affaires du bar augmentait et tout le monde était heureux.

 Depuis de nombreux mois, une situation étrange apparaissait à chaque représentation, dans pratiquement toutes les "boîtes" de la région parisienne où nous travaillions. Dès le début de chacune de nos prestations, un homme à l'allure jeune s'installait en bout de bar faisant face à la scène (ou si le bar était trop éloigné, se tenait debout, seul, parmi les spectateurs assis), approximativement toujours à une même distance, semblant lui permettre une observation confortable de notre show.

Notre spectacle terminé, le mystérieux jeune homme s'arrangeait toujours pour se retrouver près de nous. Au début, il était muré dans un silence que je considérais dû à une timidité. Et puis, un soir, il me demande de l'appeler par son prénom : Jean-Marc. J'apprends, par des clients, qu'il s'agit de Billy Bridge. Alors, je lui donne le mien : François. Il semble très content et me souffle d'une voix presque imperceptible :

- À la semaine prochaine au "Tango".

- Non, non, lui dis-je, pas au "Tango".

Je ne connais pas la raison pour laquelle j'avais prononcé cette phrase. Une fois de plus, j'avais été poussé, ainsi que cela m'arrive souvent, à donner une réponse sans rapport avec la conversation. Et ma phrase incongrue se révéla être une sorte de prédiction. Comme prévu, je donnais bien mon spectacle au "Tango" et Jean-Marc était absent !

Pour la bonne compréhension de cette rencontre Extra-Ordinaire, je me dois d'expliquer à mes lecteurs cette faculté particulière que d'aucuns appellent "paranormale" et qui m'est donnée, depuis ma plus tendre enfance, de lancer des phrases spontanément, hors contexte, déjantées, toujours incompréhensibles sur le moment, mais qui s'avèrent chaque fois d'une prodigieuse exactitude quant à leur ressemblance avec un don de voyance. De cette faculté est née ma prédilection pour l'étude du "paranormal". Je ne sais pas comment cela fonctionne. Je n'utilise aucune des techniques habituellement en vogue parmi les voyants : tarot, marc de café, travail sur photo, écriture automatique, etc... Je ne pose jamais aucune question. Simplement, comme une obligation, je lance des affirmations ressemblant quelquefois à des imbécillités, telles qu'elles pourraient me faire ranger dans la catégorie des pathologies psychiatriques... Et ça fonctionne ! Des centaines de personnes pourraient en témoigner.

Billy Bridge s'était aperçu de cette faculté. Et moi, je m'étais aperçu que les questions de Billy Bridge, qui me semblaient anodines, étaient très importantes pour lui, car sans que je le sache, elles contenaient toujours la réponse exacte de ce qu'il voulait savoir. D'où sa fidélité à assister à mes divers shows. Alors, une belle amitié avait fini par s'installer entre nous. Jean-Marc m'attribuait des pouvoirs que j'avais du mal à admettre, mais dont j'étais obligé de reconnaitre la réalité. Il me confiait ses problèmes les plus intimes, ses doutes sur la continuité de son intrusion dans le monde de la musique, ses crises d'angoisse.

Une nostalgie le poussait à donner des soirées-chansons en milieu très restreint, c'est-dire devant quelques spectateurs seulement, sans bande-son qui aurait pu mettre en valeur sa notoriété passée, simplement avec une guitare sèche dont il extrayait quelques accords, sans plus. Il sombrait doucement dans une dépression terrible. Un problème physique était venu augmenter ses angoisses. Il s'était mis à perdre ses cheveux par plaques. Une fois de plus, il m'avait demandé la solution pour enrayer cette catastrophe. Et, une fois de plus, je lui avais répondu n'importe quoi. Sachant qu'il n'existe que quelques médicaments et un grand nombre d'astuces, plus ou moins sérieuses, pour soigner l'alopécie, astuces que Jean-Marc avait d'ailleurs essayées sans aucun succès. Je me rappelle avoir alors prononcé cette phrase, en éclatant de rire : "Les cheveux c'est comme les poireaux, il n'y a pas d'autre solution que de les repiquer pour que ça pousse bien". Et mon n'importe quoi, après divers essais infructueux proposés par des médecins, s'était mis à fonctionner. Il retrouvait doucement ses cheveux grâce à des implants. Il me téléphonait tous les jours pour me remercier. C'est Jean-Marc qui me raconta, un soir, que ma blague des "poireaux" lui avait donné l'idée des implants capillaires qu'aucun médecin ne lui avait jamais proposés !

Je ne me souviens plus de la date exacte de ma dernière rencontre avec cet artiste, tellement sensible que je l'avais classé dans ma tête comme maudit, à l'instar des poètes Rimbaud, Verlaine, des peintres Modigliani, Van Gogh, des chanteurs Léo Ferré, Édith Piaf...

Elle a eu lieu dans un club privé, à Versailles. Devant une quarantaine de spectateurs, ma femme et moi devions passer en ouverture de programme et Billy Bridge ensuite, en tant que vedette. Mais il m'était arrivé une chose incompréhensible : j'avais oublié chez-moi un élément indispensable à la réalisation de notre show. Billy Bridge m'avait alors proposé spontanément de faire une première partie de façon à ce que je puisse récupérer cet élément. J'avais donc fait le parcours, de nuit, Versailles-Bonneuil-sur-Marne, aller et retour, soit environ 70 kilomètres, à une vitesse folle.
J'ai donc pu assurer ma prestation et Billy Bridge est revenu ensuite faire une deuxième partie, en vedette comme prévu. Le succès de cette soirée mémorable est inoubliable, toute empreinte d'une amitié qui avait envahi notre coeur et, comme par une sorte de contagion, celui de tous les spectateurs.

Je n'ai plus jamais revu Jean-Marc. Il ne m'a plus jamais téléphoné. J'ai moi-même appelé son numéro privé. Une dame très douce, très gentille, (sa compagne ? sa femme ? ) m'a appris son décès...

Jean-Marc Brige, alias Billy Bridge, est décédé le 21 novembre 1994 (la cause est incertaine : crise cardiaque ? maladie ?) alors qu'il allait avoir 49 ans seulement. Il repose au cimetière de Bagneux dans la 53ème division.

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RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.


Ma rencontre avec Marc Schweizer, écrivain, nègre, libraire et éditeur par Ranky

 BIO EXPRESS

 Pierre+Gene%CC%80ve+.jpegMarc Schweizer est né le 22 novembre 1931 à Monaco de parents Suisses-Allemands demeurant à Nice. Son père, Emil Benz, douanier, est originaire de Leibstadt (Argovie) et sa mère, Elfried Höhener, de Thal Saint Gall. Il nous a quittés le 3 août 2017 à l'âge de 85 ans.

Sa famille regagne la Suisse en 1936 et s'installe à Genthod dans la banlieue de Genève. Le gamin dénommé Kurt-Emile Höhener (d'après l'acte de naissance de l'état civil de Monte Carlo) porte dorénavant le patronyme de son père : Benz, afin de respecter la coutume helvétique.

Benz est inscrit à l'école primaire de Genthod où son maître est Henri Baumard qui est aussi un  très célèbre animateur de radio Suisse Romande pour ses émissions destinées aux enfants, sous le pseudonyme de "Oncle Henri".

Oncle Henri" au cours d'une émission.

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MARC SCHWEIZER ET SES RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Ses parents se séparent et Marc est alors bourlingué de pension en pension où il aura pour condisciples, Luc Godard, futur cinéaste, le frère de ce dernier, futur médecin renommé, Philippe Zeller, futur colonel de l'armée suisse, Roland Dufour, futur psychiatre, Christophe Baroni, futur philosophe et écrivain, et encore bien d'autres personnages devenus célèbres.
En 1950 Marc Schweizer quitte subitement le collège Calvin et se met en tête de monter à Paris, à vélo. Arrivé après plusieurs jours de voyage, il parvient à vivre plusieurs mois au quartier Latin, d'amour, peut-être aussi d'eau fraîche, mais surtout de vin rouge et de poésie. Il fait la connaissance de Jacques Arnal, Isidore Isou, Galtier Boissière, Blaise Cendrars, Jacques Yonnet, avec lesquels il refait le monde.
Subitement, à nouveau, sac à dos, il se remet à bourlinguer à travers la France, la Belgique, la Hollande, en auto-stop quand ce n'est pas en moto-stop puis de retour encore une fois à Paris, il envisage après quelques jours de regagner Genève, sans le moindre sou en poche, au point de ne même pas pouvoir reprendre son vélo, déposé à la gare de Lyon lors de sa première escapade dans la capitale.
En Suisse, il se met à travailler et c'est ainsi qu'il devient employé successivement chez Coca Cola, dans les usines de scooter Vespa ou aux éditions littéraires "Connaître". Dans chaque établissement, il reçoit des propositions d'avancement, des plans de carrière mais il reprend, sac à dos, ses pérégrinations, cette fois-ci, à travers le monde où il travaillera ici ou là.
UNE PLUME ALIMENTAIRE
En 1959 Marc Schweizer rencontre Jean Bruce qui lui conseille d'écrire des romans policiers et d'espionnage. Principalement sous le pseudonyme de Pierre Genève, il en écrira plus de cinquante, ce qui ne l'empêche pas de publier parallèlement d'autres  livres de commande, policiers et érotiques, sous près de trente pseudonymes différents !
Marc dirige pendant dix années la Société Euredif dont il deviendra le principal actionnaire en 1977. Puis il vend toutes ses parts et se trouvant ainsi un peu fortuné, il reprend sa vie de bohème.
IL SE REMET A FAIRE CE QU'IL A ENVIE DE FAIRE ET RIEN D'AUTRE
Il est marchand de journaux et libraire à Montparnasse de 1981 à 1987. L'enseigne de sa boutique est "Les Muses de Parnasse".

Il revendique sa qualité de "nègre" et se fait rémunérer pour écrire à leur place les livres de gens connus. Et il y a beaucoup de travail car, en France, 60% des livres publiés sont écrits par des "nègres".

Marc Schweizer, alias Pierre Genève, est aussi rédacteur en chef de nombreuses publications, directeur de collections chez de grands éditeurs comme les Presses de la Cité.

1990, le paranormal est à la mode. La télévision traite abondamment et sans beaucoup de discernement, des sciences occultes, des sectes, des médecines parallèles. Alors  Marc crée une revue : "Science et Magie" qui connaîtra son prolongement sur Internet : www.science-et-magie.com

Plus de 200 ouvrages de Marc Schweizer sont publiés sous environ trente pseudonymes différents dont voici quelques-uns : Marc Schweizer - Pierre Genève - Marino Zermac - Hugo Prince - Perry Blackton - Serge Laurac - Rejeb ben Sahli...

MA RENCONTRE

Il existe des personnages dont le contact me rend subitement plus intelligent, je veux dire moins bête, des personnages qui déclenchent chez-moi des phénomènes incontrôlables, inexpliqués. Marc Schweitzer, ce grand bonhomme pour qui j’éprouve une amitié admirative sans limite, fait partie de ceux-là.

J'ai eu la chance de rencontrer Marc Schweizer lors d’une réunion "déjeunatoire", organisée en juin 2007 au domicile parisien de Marc par Jacques Mandorla, qui l'avait connu dans les années 1990 grâce au magnétiseur Jacques Montagner.

Marc est écrivain, poète, encyclopédie vivante, artiste universel mais, pour l’heure, il s’affaire près de ses fourneaux où il se révèle une fois encore d’une inspiration que ne renieraient pas les plus grands chefs. C’est qu’il a à coeur de combler ses quatre invités : le médium-voyant Pascal Mahious, la médium Dominique Vallée, Jacques Mandorla et moi-même. L’ambiance est des plus cordiales. La bonne humeur est au rendez-vous, subtilement émaillée des bons mots, anecdotes piquantes de notre hôte, décidément éblouissant. Cette bonne humeur non feinte ne l’empêche nullement de glisser subrepticement à chacun de ses invités quelques questions sur leurs activités, leurs passions, leurs projets. Marc possède un cerveau d’une curiosité insatiable et d’une organisation implacable. Pendant qu’il me lance une question sur les activités du Comité d’expertise parapsychologique que je dirige (CIEEPP), je ressens une sorte de “vide” corporel, comme un vertige, et une image s’impose à moi sans aucune raison apparente.

Le magicien Henri Kassagi.

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th.jpegJe “vois” un magicien debout au milieu de notre petit groupe. Il est vêtu d’une veste sombre ornée de guipures, d’un pantalon moulant noir et de bottes montantes à talons hauts. C’est Henri Kassagi, un collègue récemment disparu. De crainte de passer pour un hurluberlu, je ne raconte pas ma “vision” mais j’annonce péremptoirement à tous : 

- Kassagi est déjà venu ici.

- Oui, répond Marc Schweizer, Kassagi est mon magicien préféré et il venait souvent chez-moi.

Alors j'annonce : - La pièce où nous nous trouvons actuellement était sa pièce de prédilection. 

- Exact, répond Schweizer, et il enchaîne : - Il avait aussi un siège préféré. François, dis-moi lequel ?

Il se passe alors quelque chose de complètement insensé : l’image de Kassagi disparaît du groupe et je le vois maintenant assis sur une simple chaise, contre le mur qui fait face à la fenêtre donnant sur la place des Ternes. Cette pièce de l’appartement ne comporte pas moins d’une dizaine de sièges en tous genre : chaises, fauteuils, canapé et je crains de présenter quelque problème psychiatrique car l’image de Kassagi assis est bien là, sur cette petite chaise. Alors je me lance, traverse la pièce et m’assieds en annonçant : - Voilà la place d’Henri Kassagi !

- Exact !, confirme Marc Schweizer.

S’agit-il d’une voyance, d’un hasard, d’une coïncidence ? J’affirme que c’était la première fois que je rencontrai Marc Schweizer et j’étais loin d’imaginer qu’il ait pu connaître Kassagi avec lequel, par contre, j’étais très lié. Est-ce ma qualité d’illusionniste qui a fait qu’aucun des participants à cette réunion n’a trouvé cette “divination” plutôt surprenante, ni jamais fait aucun commentaire, comme s’ils considéraient le résultat né de quelque secret trucage ? Quelle est donc la clé de ce mystère ?

La vie de Marc Schweizer est d'une richesse incroyable. Je vous invite à visiter le site qui lui est consacré : http://marcschweizer.blogspot.fr/2016/12/le-monde-dhier-1930-1950.html

 

 Quelques-uns des livres écrits par Marc Schweizer

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 RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.


Ma rencontre avec Jeanne Moreau, actrice par Ranky

 

BIO EXPRESS

jeanne-moreau-destin-d-actrice.jpgJeanne Moreau est née le 23 janvier 1928. Elle est décédée le 31 juillet 2017 à l'âge de 89 ans. Actrice, elle a joué dans 135 films parmi lesquels : Les amants, Ascenseur pour l’échafaud, Modérato cantabile, Jules et Jim, Le journal d’une femme de chambre, Viva Maria avec Brigitte Bardot, La mariée était en noir… sous la direction des réalisateurs les plus prestigieux comme Joseph Losey, Luis Bunuel, François Truffaut, Bertrand Blier, Louis Malle, Wim Wenders, Fassbinder, Antonioni, Orson Welles….

Détentrice de nombreuses récompenses, elle est nommée César de la meilleure actrice pour le film La vieille qui marchait dans la mer qui sera suivi de deux autres César d’honneur en 1995 et en 2008, puis elle sera élue à l’Académie des beaux arts de l’Institut de France en 2000. l'Académie américaine des arts et des sciences du cinéma lui décerne un Oscar d'honneur en 1998.

 

MA RENCONTRE

Le tintamarre du métro était perturbant, presque insoutenable, et la chaleur moite pas du tout propices aux échanges verbaux, à l’introspection et encore moins à la rêverie. L’extrémité du wagon ressemblait à une petite alcôve, un endroit plus intimiste que la rame, pourtant seulement occupée de voyageurs clairsemés.

Je m’assis en face de la seule occupante de cet espace semblant privilégié, en face d’une dame un peu âgée, très belle, très peu maquillée, se tenant droite, parfaitement immobile, les deux mains sur un sac noir posé sur ses genoux.

Je la reconnus immédiatement et elle perçut cette évidence à la même seconde, me remerciant d’un regard du respect de ne pas l’importuner comme le font la plupart des gens en quémandant un autographe ou en l’abreuvant de banalité dérisoires et malvenues.

J’étais fasciné, non pas par son statut de star mondiale du cinéma, je n’ai d’ailleurs vu que fort peu d’œuvres où elle s’est produite, mais fasciné littéralement par la femme que j’avais devant moi, la puissance de sa personnalité et cette sorte d’abandon que je ressentis quand elle plongea son regard dans le mien. Elle me rendait heureux ! J’aurais pu m’interroger sur les raisons pour lesquelles elle m’attachait autant d’importance, moi qui suis petit, pas très beau, somme toute assez banal, mais non, j’étais heureux ! J’ai cru discerner qu’elle l’était aussi. Mais quand même, Jeanne Moreau ?!

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Nous avons dû faire ce joli voyage durant quatre ou cinq stations, nos regards plongés l’un dans l’autre. Et puis j’émergeais soudain. Je devais descendre à Maisons-Alfort-École vétérinaire, reprendre ma voiture pour rentrer chez moi.

Je me levais, me rapprochant un peu d’elle, en signe d’au revoir. Elle eut un mouvement des lèvres en continuant de me fixer dans les yeux, comme si elle me donnait un baiser.  Je me détachais de ce lien ineffable qui nous unissait et, une fois sur le quai, regardais le métro s’enfoncer sous le tunnel et disparaître à jamais. C'était quelques mois avant son décès.

Souvenir impérissable, Jeanne et moi, juste un petit quart d’heure, sans prononcer un mot, nous avons parlé d’Amour et d’Éternité.

                                                                                                         

BIBLIOGRAPHIE

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Destin d’actrice Stéphane Loisy et Jean-Luc Béjo. Éditions Carpentier.

 

 

 

 

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Jeanne Moreau l’insoumise Jean-Claude Moireau. Éditions Flammarion.

 

 

 

Éternelle Guy Deloeuvre. Éditions format Kindle.

 

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Jeanne Moreau chanteuse. DVD et Vinyls sur Amazon.

 

 

 

 

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Jacques Benveniste, médecin, inventeur de la mémoire de l'eau par Ranky

 

BIO EXPRESS

th.jpgJacques Benveniste est né le 12 mars 1935. Il est décédé le 3 octobre 2004, à l'âge de 69 ans. Ancien interne des hôpitaux de Paris, puis chef de clinique, cet homme faisait de la réanimation à une époque où cette spécialité balbutiait encore : comme quoi Jacques Benveniste a toujours été un novateur. C'est la recherche qui l'intéresse et qu'il pratique aux États-Unis au sein de la Scripp Clinic and Research Fondation où il découvre une nouvelle molécule. Cette découverte d'un facteur activateur des plaquettes sanguines le rend célèbre.

En 1973 il fait son entrée à l'INSERM et dirige des unités de recherche. Le ministre de la recherche Jean-Pierre Chevènement l'engage en tant que conseiller. Jacques Benveniste s'intéresse à l'allergie, sujet peu étudié et qui touche pourtant près de quinze millions d'individus. Il s'aperçoit alors, avec son équipe, que l'eau peut reproduire l'activité de molécules et ses écrits font hurler la communauté des biologistes.

En effet, ayant obtenu un produit déclenchant l'allergie, ce produit dilué ne devait plus,"normalement" générer un seul phénomène allergique. Extraordinaire découverte ! Alors que le produit tellement dilué a disparu de l'éprouvette, il continue à produire un effet. On peut donc observer une activité dans l'eau qui ne contient plus de molécule, comme si le liquide se souvenait  avoir vu cette molécule, d'où l'expression "la mémoire de l'eau". En fait, l'eau est moins importante que le message qu'y laissent les molécules.. C'est cela le terrain d'investigation de Jacques Benveniste.

Jusqu'à cette découverte violemment contestée, il était l'un des scientifiques français les plus écoutés. Il était devenu nobélisable.

À cause de ses recherches "bizaroïdes", Benveniste est relégué au rang de marginal. Du coup, ses budgets sont réduits, de même que ses locaux. Notre "illuminé" se retrouve dans une baraque préfabriquée où il pourra attendre sa retraite, en abandonnant la méthode expérimentale et sans perturber les fonctionnaires de la recherche par des découvertes "fumeuses".

JACQUES BENVENISTE, UN EMPÊCHEUR DE PENSER EN ROND.

Mais avec une équipe, elle aussi réduite, Jacques Benveniste continue ses recherches et découvre que l'activité de molécules complexes peut être effacée à l'aide d'un champ magnétique, exactement comme on peut effacer un son sur une bande magnétophone ou une image sur un DVD. De là à pouvoir transférer ces informations magnétiques d'une éprouvette à l'autre à l'aide d'un fil, il n'y a qu'un pas. Celui-ci est franchi et l'équipe Benveniste réussit à enregistrer cette activité sur un ordinateur, car ces molécules ou leur "mémoire", communiquent si elles possèdent la même vibration. Voici donc, peut-être, un médicament anti-allergique qui pourra être administré à partir d'une carte à puce, par téléphone ou par tout autre moyen sonore. Cette invention pourrait bien ouvrir la porte à une médication numérique.

MA RENCONTRE

Moi,  simple illusionniste, je n'ai pas à juger de la réalité ou non de ces découvertes.  Je n'en ai pas la capacité, n'ayant aucune formation scientifique. Mais cet homme ne méritait pas d'être mis au banc des accusés, vilipendé, rabroué, insulté : tout cela a sans doute contribué à précipiter son décès. Certains scientifiques sont souvent aptes à préserver la vie, mais ils sont aussi capables de provoquer la mort, même sans l'intention de la donner. C'est mon opinion.

Jacques Benveniste dessiné par Patrice Serres.

JACQUES BENVENISTE 1935-2005.jpgJ'ai rencontré Jacques Benveniste, pour la première fois, grâce à Jean-Yves Casgha qui nous avait invités à son mariage, en compagnie de nombreux journalistes dont Eric Bony, Fabien et Fabienne Bleuze, Mireille Dumas et diverses personnalités.

Il y avait beaucoup de monde dans les jardins de la maison de Jean-Yves et je me souviens très bien qu'un groupe d'une dizaine de personnes s'était formé autour de moi car Jacques Benveniste m'avait demandé de lui faire un tour de magie. J'avais alors sorti de ma poche un cadenas à code secret à quatre chiffres et ayant accroché à celui-ci deux bagues prêtées par des spectateurs, j'avais brouillé la combinaison en annonçant que subitement j'étais très ennuyé car je ne me souvenais plus de cette combinaison. Ces deux bijoux risquaient donc de ne plus jamais sortir du cadenas ! Tout le monde était dépité et déçu que je rate ainsi ma prestation de magicien, pourtant de bonne notoriété.

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- "À moins, dis-je, que l'on ne force le hasard".

Je confiai donc le cadenas à Jacques Benveniste, à charge pour lui de composer quatre chiffres sortant de son imagination et de tenter d'ouvrir ce maudit cadenas. Ce qu'il fit consciencieusement, mais le cadenas resta fermé.

- "On va tenter autre chose, Jacques : demandez à quatre personnes de vous donner chacune un chiffre, que vous composerez à chaque fois. Mais franchement ça m'étonnerait que ça marche !"

Quatre personnes ont alors donné chacune un chiffre au hasard et, une fois le code rentré, Jacques tira sur l'anse du cadenas qui s'ouvrit "miraculeusement" sous les applaudissements de la "foule" ! Et Jacques Benveniste, avec un regard d'enfant, s'exclama : "C'est plus fort que la mémoire de l'eau !"

Quel joli souvenir. Je m'en souviens encore comme si c'était hier. J'ai rencontré ensuite Jacques Benveniste à différentes reprises et, sous son air parfois taciturne et même un peu bourru à moins que ce ne soit timide, il cachait une sensibilité incroyable. Tous ses amis le savaient, qui lui ont d'ailleurs rendu un hommage émouvant dans le numéro 102 du magazine "Science-Frontières" de décembre 2004 qui lui est entièrement consacré et dans lequel on retrouve la retranscription d'une interview pour la télévision, réalisée par Claude Rauber avec des entretiens de Cathy Nivez où il concluait par une phrase qui ne cesse de m'interpeller : "L'homme est ce qu'il fait, il n'est ni ce qu'il dit, ni ce qu'il croit... Il est ce qu'il fait..."

 BIBLIOGRAPHIE

514ENH7998L._AC_US218_.jpgMa vérité sur "La mémoire de l'eau", Jacques Benveniste. Éditions Albin Michel, 1994. Préface de Brian David Josephson, prix Nobel de physique.

Un cas de censure dans la Science : l’affaire de la mémoire de l’eau. Michel Schiff. Éditions Albin Michel, 1994.

Savants maudits, Chercheurs exclus, tome 2. Pierre Lance. Éditions Guy Trédaniel, 2005.

L'âme des molécules : une histoire de la "mémoire de l'eau" Francis Beauvais. Éditions Lulu Press, 2007.

 

2017-Ma rencontre avec Micheline Beauhaire, créatrice de l'école de danse de Bourg La Reine. en cours d'écriture

BIO EXPRESS

Le 2 janvier dernier, Madame Beauhaire nous quittait.En 1954, elle avait fondé l'Académie de danse Micheline Beauhaire au 75 de l'avenue du Général-Leclerc et devint ainsi au fil des années une figure importante de notre ville. Cette école exceptionnelle fut en effet animée pendant cinquante ans par sa passion pour la danse classique et la musique. Les vies de ses élèves et de leurs parents ont été marquées à jamais par sa tendresse et sa générosité.«Madame Beauhaire, comme nous l'avons toujours appelée, nous a transmis son amour de la danse, avec la discipline et la rigueur nécessaires à cet art, mais égale-ment avec toute la créativité et le romantisme dont elle savait faire preuve» se souvient l’une de ses élèves. «(...) Elle nous a fait partager infiniment plus que la danse et la musique. Sa joie de vivre, sa combativité, son enthousiasme, sa sensibi-lité se sont intégrés à nos vies.»Plus qu’une école de danse, Micheline Beauhaire, grâce à son exceptionnelle per-sonnalité, son sourire, ses yeux bleus pétillants, a laissé une véritable école de la vie. Merci, chère Madame Beauhaire!

Source : Bourg-la-Reine Magazine N°417 Février 2017

 

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