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17/11/2018

MA RENCONTRE AVEC BELLINE

MA RENCONTRE EXTRA-ORDINAIRE AVEC BELLINE, VOYANT, par Jacques Mandorla

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BIO EXPRESS

Marcel Forget est né en 1924. Il d'abord exercé le métier de brocanteur. En 1955, il ouvre sous le pseudonyme de « Belline » un cabinet de consultation au 45 de la rue Fontaine dans le 9e arrondissement de Paris, tout près de la place Blanche. Il a cessé ses activités de voyant à la fin des années 1980. On ignore précisément quand il est décédé (1994 ? 2004 ?) et où il est enterré.

Si des lecteurs possèdent des informations à ce sujet, merci d'avoir la gentillesse de nous les communiquer à : paranormal@orange.fr



MA RENCONTRE

Belline, considéré comme l'un des meilleurs voyants du monde, m'a reçu un jour d'avril 1984 dans son cabinet. Depuis plus de 2 ans, il refusait de rencontrer des journalistes. Exceptionnellement, pour le magazine « Confidences » dans lequel j'avais une rubrique intitulée « Pour le plaisir de mieux-vivre », il avait accepté mon interview. J'avais trouvé face à moi un homme de 60 ans, fatigué (comme le montre bien la photo de lui que j'ai prise le jour de notre rencontre), mais extrêmement chaleureux, et qui avait conservé une très grande lucidité par rapport aux événements qui bouleversèrent la planète.

 

Monsieur Belline, vous êtes certainement le voyant français le plus célèbre de notre époque. Vous avez été consulté par les plus grands de ce monde et le philosophe Gabriel Marcel vous a même surnommé le« Prince des Voyants ». Or, je vous sens triste, amer, désabusé.

Triste oui, amer non. Triste parce que le 5 août 1969 j'ai perdu mon fils unique Michel dans un accident de la route. Depuis ce jour, ma vie n'a plus le même sens. Ensuite parce que les gens que je reçois sont de plus en plus angoissés, inquiets de leur avenir. Or vous savez, sans doute, qu'un voyant « absorbe » beaucoup d'énergie venant de ses clients. On peut dire que j'endosse tous les problèmes, toutes les préoccupations, tous les désespoirs que je capte chez la personne qui me fait face.

À quel moment avez-vous pris conscience de votre capacité de voyance ?

Dans un sanatorium situé dans les Alpes, alors que j'étais soigné de la tuberculose ! Un matin, j'ai ressenti des douleurs dans le ventre. J'ai compris que ce n'était pas moi qui souffrait, mais mon voisin de chambre : j'ai pensé qu'il faisait une occlusion intestinale... ce que le médecin confirma ! La maladie qui me clouait encore au lit avait donc été l'épreuve nécessaire à la libération d'une faculté dont je ne soupçonnais pas la puissance avant d'entrer dans ce sanatorium.

Vous avez publié en 1972, chez Robert Laffont, un livre très émouvant dans lequel vous racontez votre expérience de contact avec votre fils Michel.

J'ai intitulé ce livre « La troisième oreille, à l'écoute de l'au-delà ». Deux heures avant le drame, en pleine nuit, je m'étais brusquement réveillé, pressentant le pire. Puis, en 1971, soit deux ans après la disparition de Michel, je l'entends me parler distinctement alors que mon épouse, à mes côtés, ne percevait aucun son. Ce « dialogue » durera près de deux ans.

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Quelle conclusion tirez-vous de cette expérience étonnante ?

Une double conclusion : d'une part, la communication avec un être cher est exceptionnelle mais angoissante et, d'autre part, cette relation prouve qu'une certaine vie existe après la mort.


Pourquoi avoir intitulé votre livre « La troisième oreille » ?

Cette expression est apparue lors d'un dialogue avec mon fils. Je lui ai demandé où il était. Il m'a répondu « C'est un tourbillon, comme dans un rêve. Une assemblée de sons, d'idées, de couleurs différentes. Une lumière qui jamais n'aveugle. Des sons sous forme de douces vibrations. La lumière produite la lumière et d'elle jaillissent des sons ». Je lui ai alors dit : « Lorsque je t'appelle, tu perçois des sons. Cela signifie-t-il donc que l'homme possède une troisième oreille ? ». Il m'a répondu « Oui, une oreille pour une autre dimension ».

Depuis la sortie de mon livre, j'ai reçu de très nombreux témoignages de gens qui ont vécu le même phénomène que le mien.

Vous avez réalisé des prédictions spectaculaires, toutes authentifiées. Je pense à l'annonce de la mort d'Eisenhower, publiée dans France-Soir 3 mois avant sa crise cardiaque fatale. Ou bien à la clairvoyance des barricades de Mai 68, relatée dans « Le Parisien Libéré» fin septembre 1966. Ou encore à la vision prémonitoire de l'accident tragique qui a coûté la vie à Claude François. Comment parvenez-vous à faire de type de prédictions ?

Dans le cas de Dwight Eisenhower et de Mai 68, j'ai vu des images mentales, des flashs fulgurants. À partir de ces chocs visuels, le clairvoyant doit ensuite interpréter ce qu'il a perçu. Ainsi pour Eisenhower, j'ai vu le président américain sur un terrain de golf se plier brusquement et porter la main à son cœur.

Pour Mai 68, j'ai vu des manifestants courir dans tous les sens, des rues barrées par des tas de pierres et le général de Gaulle... essayant de les enlever.

Pour Claude François, je suis bouleversé encore aujourd'hui. Car c'était un ami, qui venait me consulter régulièrement. Un jour, un cliché mental m'apparut : je vis Claude François dans une barque qui prenait l'eau. Et je m'entendis lui dire, par un phénomène de résonance intérieure, c'est-à-dire que les mots sortaient de ma bouche comme s'ils étaient dictés par un autre que moi : « Méfiez-vous des voyages en mer ou des baignades! ». Hélas, je n'avais pas réussi à interpréter correctement le fait que la barque tragique serait sa baignoire.

Vous avez créé un jeu de cartes divinatoires nommé « L'oracle Belline ». Pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

C'est une histoire étonnante où le hasard et la chance ont joué un grand rôle ! Un jour, l'une de mes clientes m'annonce qu'elle va déménager et qu'elle possède des documents sur la voyance qui pourraient m'intéresser. Je me rends chez elle et je découvre un manuscrit et un jeu de cartes. Je m'aperçois alors qu'il s'agit d'éléments ayant appartenu à un mage très connu au XIXe siècle et qui avait habité à cet endroit. Cette personne s'appelait Jules Charles Ernest Billaudot (1829-1881), mais consultait sous le pseudonyme de « Mage Edmond ». Mon « Oracle » est un hommage rendu à ce voyant.

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Le Mage Edmond

 

UN ÉTRANGE PHÉNOMÈNE SURVENU PENDANT L'INTERVIEW !

Avant de commencer l'interview, Belline que je remerciais sincèrement de m'avoir accordé la faveur d'un rendez-vous, tint à me mettre en garde : « Si vous enregistrez notre conversation, vous risquez de ne rien avoir sur votre bande magnétique. C'est déjà arrivé très souvent dans passé avec d'autres journalistes. J'ignore ce qu'il se produit exactement, mais le fait est réel ». J'ai alors cru à une boutade, d'autant plus que j'en étais à ma sixième interview consécutive, que j'utilise le même matériel chaque fois et qu'aucun problème technique ne s'est jamais posé jusqu'à présent. Pendant tout l'entretien, j'ai d'ailleurs vérifié à plusieurs reprises le déroulement de la bande. Tout fut normal. Après avoir pris congé de Belline, je suis rentré chez moi afin d'écouter l'enregistrement et de commencer la rédaction de mon article.

Surprise : il n'y avait qu'un souffle permanent sur la cassette-audio ! Aucun mot de notre dialogue n'avait été enregistré ! Heureusement, j'avais pris des notes écrites pendant l'entretien. J'ajoute que j'ai immédiatement essayé le magnétophone : il a enregistré parfaitement ma voix ! Me suis-je trouvé face à un phénomène paranormal, une sorte « d'effet Belline » ? Ou bien y avait-il, dans le cabinet, un appareil brouilleur d'ondes ?

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Cabinet de Belline, exposé au musée des Arts et Traditions Populaires (Mucem à Marseille).

 

Prochain article : ma rencontre avec Junie ASTOR, actrice, par Ranky

MA RENCONTRE AVEC COLUCHE

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Coluche, comique inclassable par Jacques Mandorla

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BIO EXPRESS

Michel Gérard Joseph Colucci est né le 28 octobre 1944 dans le 14e arrondissement de Paris. Son père est peintre en bâtiment et sa mère fleuriste. Il obtient son certificat d'études en 1958 mais niera toujours l'avoir obtenu... malgré les preuves fournies par sa mère ! Il sèche souvent l'école pour traîner avec une bande à Montrouge... et se fait même arrêter pour des bagarres et un vol de sac à main sur la voie publique !

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La photo anthropométrique de Michel Colucci figure dans les archives de la Police. Elle a été prise le 22 août 1953 : il n'a pas encore 9 ans !


Michel Colucci fait plein de petits boulots où il ne reste pas longtemps : télégraphiste, céramiste, garçon de café, livreur, apprenti-photographe, assistant-préparateur en pharmacie, aide-pompiste, assistant de marchand de fruits et légumes, fleuriste... En 1969, à 25 ans, sa destinée va changer : il rejoint la troupe de Romain Bouteille, qui vient de créer un café-théâtre nommé « Le Café de la Gare ». Mais Coluche n'y restera pas longtemps : il se fera virer l'année suivante pour son comportement trop agressif et trop individualiste.

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La troupe du « Café de la Gare » - De haut en bas et de gauche à droite : Coluche, Romain Bouteille, Rufus, Patrick Dewaere et Sotha (ex-compagne de Romain Bouteille, puis première épouse de Patrick Dewaere).


Fin 1971, Michel Colucci crée son propre café-théâtre : « Au vrai chic parisien ». En 1984, il obtient la consécration avec un César du meilleur acteur pour son rôle dans le film de Claude Berri « Tchao Pantin ». En 1985, il crée « Les Restos du coeur » justifiant sa démarche de la façon suivante : « Je ne suis pas un nouveau riche, je suis un ancien pauvre ». Le 19 juin 1986, au volant de sa moto, il percute un camion et meurt sur le coup à Opio (Alpes-Maritimes).

 

MA RENCONTRE

Depuis l'année 1968 et mon arrivée à Paris pour mon cursus à l'ESCP (École Supérieure de Commerce de Paris), je réside à la Cité internationale des étudiants dans le 14e arrondissement de Paris. Je fréquente assidument les cafés-théâtres de la capitale et cela me donne alors l'idée de créer une petite troupe (chanteurs, transformistes,...) qui passe dans différents pavillons de cette Cité universitaire. Dans cette troupe, je fais des numéros de mime.

Un jour de 1973, en fin d'après-midi, je me promène dans le quartier Montparnasse avec l'espoir de discuter avec des comédiens de café-théâtres et pour mieux connaître les ficelles du métier. C'est dans l'impasse d'Odessa (aujourd'hui elle n'existe plus : un parking a été construit à la place) que j'ai fait une rencontre extra-ordinaire. Au n°16 de l'impasse, j'avais vu les premières pièces de Romain Bouteille dans son « Café de la Gare ». Mais ce jour-là, surprise : le « Café de la Gare » a disparu, remplacé par une nouvelle salle, nommée « Au vrai chic parisien ». Une troupe inconnue présente un spectacle intitulé « Ginette Lacaze 1960 » et sous-titré « Chronique des moeurs chantée », une sorte d'hommage à la comédie musicale et aux yéyés. Je m'achète un billet... et je me retrouve avec une dizaine d'autres spectateurs seulement ! Maigre public alors que le spectacle était vraiment bien ficelé et très vivant. Sur scène, il y a des musiciens de qualité, dirigés par Xavier, le fils de l'acteur Jean-Marc Thibaud : ce groupe de musiciens sera célèbre, des années plus tard, sous le nom d'Orchestre du Splendid !


Un mec avec une salopette zébrée

Le lendemain, en fin d'après-midi, je retourne sur place pour tenter de discuter avec les comédiens. Quand j'arrive devant le café-théâtre, il n' y a qu'un seul acteur de la pièce, celui qui joue le rôle d'un rocker appelé Bobby : c'est lui qui, à mon avis, possède le talent comique le plus affirmé de toute la troupe. De son vrai nom Michel Colucci, il se fait appeler « Coluche » : il n'est pas habillé en rocker, comme dans le spectacle, mais il est engoncé dans une salopette zébrée verticalement et porte, sur le nez, de petites lunettes métalliques rondes. Il a créé et mis en scène la pièce, alors que Xavier Thibaud a écrit la musique.

On papote, on parle de nos origines italiennes communes. Je lui demande si la pièce « Ginette Lacaze 1960 » lui permet de bien vivre. Il me répond que c'est la galère, que 50% de la faible recette sont prises par la propriétaire de la salle et que les autres 50% sont donnés à part égale aux acteurs de la pièce. Pour me le prouver, il me montre un petit carnet dans lequel il tient lui-même les comptes au jour le jour !

De son côté, Michel me demande ce que je fais dans la vie : je lui dit que je suis publicitaire. « Ah, j'aimerais bien que tu me fasses faire de la publicité ! Ça rapporte du pognon, ça ! ». Je lui promets d'y penser. En attendant, je lui dit que je viendrai voir, à nouveau, sa pièce le lendemain soir. « Appelle-moi à l'entrée, je te ferai rentrer à l'oeil ! ».


Paul Lederman fait signer un contrat à Coluche

Le lendemain, je retourne « Au vrai chic parisien » avec une bonne amie, Anne-Marie Sargueil. Elle trouve le spectacle si génial qu'elle me dit qu'elle va en parler à l'un de ses amis qui est dans le « show-business ». Elle m'apprendra, quelques jours plus tard, qu'elle est venue avec cet ami, tous deux accompagnés par un producteur : Paul Lederman ! Celui-ci avait été, entre autres, le manager de Claude François, Mike Brant, Thierry le Luron et le sera, plus tard, du trio des Inconnus. Mon amie Anne-Marie me révélera aussi que Paul Lederman, qui est connu pour détecter les artistes ayant un très fort potentiel de réussite, s'est rendu dans les coulisses, le soir-même à la fin du spectacle, pour convaincre Coluche de signer un contrat avec lui ! Ce qui a été fait.

Coluche et la publicité Francorusse

Un jour de l'hiver 1973, après avoir été relancé plusieurs fois par Michel, j'ai enfin l'opportunité de lui proposer un « cachet » publicitaire. L'un de mes clients, la société d'entremets Francorusse (connue pour son célèbre slogan « Un entremets Francorusse au dessert, c'est un régal que l'on sert » ) lance un nouveau produit.

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Publicité (à l'époque on parlait de « réclame ») pour Francorusse, avec son célèbre slogan : « Un entremets Francorusse au dessert, c'est un régal que l'on sert ».


Il s'agit d'organiser une tournée de présentation du nouveau produit Francorusse auprès des directeurs de supermarchés et d'hypermarchés dans toute la France. J'ai une idée : je propose au responsable Marketing de Francorusse de remplacer l'habituelle conférence avec projection d'informations sur écran à l'aide de transparents (le logiciel PowerPoint n'existait pas encore à l'époque !) par une petite pièce de théâtre avec un maître d'école, vêtu d'une blouse grise, qui présenterait au tableau noir tous les éléments caractéristiques du nouveau dessert. Et pour le rôle d'instituteur, je propose Michel, encore très peu connu. Le responsable de Francorusse trouve l'idée intéressante et veut rencontrer le comédien. Michel est aux anges et la rémunération pour le rôle est très alléchante.

On organise donc une réunion dans mon agence de publicité, située rue des Francs-Bourgeois dans le Marais. Michel arrive en Solex : dans la cour de l'immeuble, je lui dis d'être relax et de ne pas faire de provocation devant le responsable de chez Francorusse qui est un « mec en costard-cravate », sérieux et fier de son nouveau produit. La rencontre se passe très bien : Michel joue à l'instituteur, argumente devant le tableau noir et fait rire l'auditoire. Jusqu'à la conclusion pour laquelle il s'enflamme et proclame : « À la fin, je propose de prendre tous les produits que j'ai présentés pour les balancer dans le groupe de commerçants : ce sera une véritable bataille de boules de neige ! On va se fendre la gueule ! ».

Je raccompagne Michel qui repart sur son Solex, après lui avoir dit : « Mais pourquoi as-tu déliré lors de la conclusion ? ». Il me répond : « Ils avaient l'air trop sérieux : j'ai voulu détendre l'atmosphère ! ». Puis je retourne dans la réunion. Mon client est outré : on a osé plaisanter avec son produit. Pire, le dévaloriser : c'est inadmissible ! On a donc fait la tournée de conférences avec la projection de transparents : classique et sans originalité.

Mais Michel ne m'en porte pas grief. La preuve, il me rappelle un jour pour me parler... de soucoupes volantes !


Coluche et les OVNI de Germigny-des-Prés

Un matin de septembre 1975, Michel m'appelle pour me demander : « Jacques, tu t'intéresses toujours à ces conneries de soucoupes volantes ? ». Je lui avais, en effet, évoqué un jour que j'étais enquêteur officiel pour un petit magazine, intitulé « Lumières dans la nuit » (la revue m'avait attribué le « matricule » d'enquêteur n°2338. À mon avis, ça devait plutôt être mon numéro d'abonné !) et que je cherchais des cas d'observations en France sur lesquels pouvoir faire une investigation journalistique. Je réponds donc à Michel : « Oui, je m'intéresse toujours au sujet ». Il me rétorque : « Alors, je vais te brancher sur un cas important. Ma prof de piano, France Olivia, a assisté cet été à de drôles de phénomènes dans le ciel. Appelle-la de ma part ».

À l'époque, on parlait de « soucoupes volantes » ou de MOC (« Mystérieux Objets Célestes ». L'appellation OVNI (« Objet Volant Non Identifié » interviendra plus tard, copiée sur l'expression anglo-saxonne UFO (« Unidentified Flying Object »).

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Michel me communique le numéro de téléphone de France Olivia, sa prof de piano : elle accepte gentiment de me rencontrer chez elle, courant janvier 1976. Au cours d'un sympathique entretien, elle m'apprend qu'elle a organisé en août 1975 des concerts de musique dans l'église de Germigny-des-Prés (l'une des plus anciennes églises de France, rare exemple du style architectural carolingien), un village du Loiret de 700 habitants situé à 27 km d'Orléans. France Olivia me précise : « Pendant 17 soirs d'affilée, on a vu deux objets à environ 500 mètres du sol : le premier objet de couleur rose se plaçait au-dessus du village de Saint-Martin d'Abbat et le second, de couleur jaune-blanc très lumineux, stationnait au-dessus de l'église de Germigny-des-Prés. Ils avaient tous les deux la forme d'un chapeau de curé avec un faisceau lumineux jaillissant du dessus » (voir ci-après les dessins que j'ai réalisés d'après son témoignage). Le mois suivant cet entretien, je me suis rendu sur place pendant 3 jours afin de rencontrer d'éventuels témoins du phénomène : j'ai pu en trouver 5 (dont le facteur du village) : tous m'ont décrit le même phénomène répétitif qui a duré 17 soirées.

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Coluche me pousse à faire du café-théâtre

En 1970, tout frais sorti diplômé de l'École Supérieure de Commerce de Paris, j'ai eu la chance et l'honneur d'être recruté par la célèbre agence de publicité Publicis, fondée par Marcel Bleustein-Blanchet et située tout en haut des Champs Élysées, au-dessus du Drugstore. C'est dans cette agence que je rencontre Marie-José Gélamur et Claude Moreau, deux amis passionnés de spectacle.

Michel me disait souvent : « Tu devrais te lancer dans le café-théâtre : c'est sympa ! ». Encore fallait-il trouver quoi faire sur scène et avec qui. La réponse viendra dans le courant de l'année 1976 : avec Marie-José Gélamur et Claude Moreau, on décide de monter un spectacle sur le concept de « Magie-Comédie », c'est-à-dire des sketches liés entre eux par des tours de magie. Claude était le magicien (il pratiquait cet art depuis des années, en très bon amateur), Marie-José jouait la partenaire du magicien et moi Groucho Marx ! J'avais trouvé un titre « Les tribulations d'un pékin à Paris », honteusement « inspiré » de celui d'un film de Philippe de Broca : « Les tribulations d'un Chinois en Chine », sorti en 1965 avec Jean-Paul Belmondo en vedette !

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Notre trio du café d'Edgar dans la pièce de « Magie-Comédie » intitulée « Les tribulations d'un pékin à Paris » : Marie-José Gélamur, Claude Moreau le magicien et moi en Groucho Marx !


Claude Moreau réussit à nous faire engager pour deux mois au Café d'Edgar, café-théâtre situé rue Edgar Quinet dans le XIVe arrondissement de Paris... non loin du "Vrai chic parisien" de Michel ! Nous avons été placés dans la plus petite des deux salles, la grande salle présentant un « one woman-show » de Dominique Lavanant, une vrai star à l'époque : elle y jouait le rôle d'une « aubergine » qui raconte sa pénible vie de contractuelle.

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Le « one-woman show », avec Dominique Lavanant en aubergine, faisait un véritable tabac au Café d'Edgar.

Notre contrat était clair : on devait impérativement jouer s'il y avait 5 spectateurs ou plus. Les débuts de semaine, quelques minutes avant le début de notre spectacle (22h30), on avait 2 ou 3 spectateurs. On s'apprêtait donc à rentrer chez nous. Puis, soudainement, notre salle de 50 places se remplissait... comme par miracle ! On a compris assez vite ce qui se passait : Dominique Lavanant faisant salle comble, une partie des personnes refoulées à l'entrée se disaient : « Où peut-on encore voir un spectacle à cette heure-ci ? ». Résultat : des gens entraient dans notre petite salle et assistaient à notre « Magie-Comédie » ! Notre orgueil en a pris un coup : les spectateurs ne venaient pas pour nous ! Par chance, quelques jours plus tard, Le Nouvel Obs et Le Figaro nous avaient sélectionnés dans les spectacles à voir, ce qui nous a rabattu du monde... et remonté le moral ! Une très belle expérience... mais heureusement que nous étions tous les trois salariés car il nous aurait été impossible de vivre professionnellement du spectacle !

Quand je pense à ma rencontre extra-ordinaire avec Michel, je me dis que, sans lui, je n'aurais peut-être jamais eu la formidable chance de monter sur la scène d'un café-théâtre !

 

Prochain article : Ma rencontre avec Jacques Brel, chanteur compositeur par Ranky

23/07/2018

MA RENCONTRE AVEC THIERRY PAULIN

Ma rencontre avec Thierry PAULIN, tueur de vieilles dames par Ranky

BIO EXPRESS

Dans le monde hétéroclite de la nuit, la majorité des noctambules ne veulent que s'amuser mais comme partout ailleurs quelques individus se distinguent : on découvre quelques détraqués, des inconscients et des mythomanes, témoin la terrible histoire de ce jeune Antillais. (photo ci-dessous DR)

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MA RENCONTRE

Comme il est traditionnel au cabaret Rocambole, les artistes, après leur prestation, se rendent au bar ou dans les salons discuter avec les clients.

Depuis quelques temps, Blondine est devenue l'interlocutrice préférée d'un garçon, métisse Antillais âgé d'une vingtaine d'années. Il fréquente d'ailleurs le club dès qu'il apprend que nous sommes programmés dans le spectacle. Très élégant, cheveux décolorés par périodes, portant un diamant à l'oreille, bien que revendiquant son homosexualité, il aime se montrer au bar de Livio en compagnie de mon épouse qui, à plusieurs reprises, s'ouvre à moi sur l'aspect inquiétant de ce jeune homme qui, cependant, sera toujours d'une correction parfaite, très gentleman, bref, respectueux des bonnes manières.

Il se disait producteur de spectacles, organisateur de soirées à thèmes, businessman, mais en réalité il avait juste réussi à se faire engager comme serveur au "Paradis Latin". Il s'était aussi produit quelquefois comme artiste transformiste amateur dans quelques clubs homosexuels et notamment à l'Opéra-Night et au Rocambole.

Il faut attendre huit meurtres de femmes âgées dans le 18ème arrondissement de Paris, entre le 5 et le 9 novembre 1984, pour que la police se mette à surveiller le quartier et que les hommes politiques commencent à s'inquiéter de faits qui terrorisent le public. Le mode opératoire est toujours le même. Les victimes sont toutes étouffées soit par un oreiller, un sac en plastique, un torchon, soit battues et torturées avant d'être étranglées, souvent pieds et poings attachés, et cela pour la somme dérisoire de 200 à 400 francs.

Moins de huit jours plus tard, on découvre deux autres cadavres dans la même journée ce qui rajoute à l'affolement des habitants. Les crimes cessent pendant près d'un an, les tueurs s'étant exilés à Toulouse, puis réapparaissent subitement le 20 décembre 1985 par la découverte d'une dame âgée de 91 ans, assassinée. Quinze jours plus tard, une autre personne subit le même sort et, après encore quinze jours, c'est au tour d'une autre encore. Quatre autres crimes allongent encore la liste, dont deux le 12 janvier 1986.

Thierry Paulin ((photo DR)

Scan10055.JPGDes empruntes digitales démontrent alors que le, ou les tueurs, ont opéré dans différents quartiers ce qui fait avancer l'enquête jusqu'à l'arrestation de Thierry Paulin qui avoue 21 crimes dont il sera convaincu pour au moins 19, mais il y en eu probablement plus, et son amant et complice Jean-Thierry Mathurin pour au moins 9. Jean-Thierry Mathurin sera condamné à la prison à perpétuité et libéré après 20 ans d'incarcération.

Thierry Paulin ne fut jamais jugé. Il est mort du sida, en prison, le 17 avril 1989.

Les artistes, les habitués du Rocambole et évidemment mon épouse Blondine, qui n'avait jamais réussi à accepter une sorte de harcèlement plutôt inquiétant bien que surveillé par toute notre équipe pendant des semaines, apprirent avec stupéfaction que le jeune homme Antillais, fêtard et flambeur dans les boîtes de nuit, artiste transformiste amateur à ses moments et imprésario raté, était aussi Thierry Paulin tueur en série de vieilles dames !

Prochain article : ma rencontre avec Coluche, comédien par Jacques Mandorla

10/06/2018

MA RENCONTRE AVEC LE PROFESSEUR CABROL

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec le professeur CABROL, cardiologue par Jacques Mandorla

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Souvenir de ma rencontre du 16 juin 2011 avec le professeur Cabrol.

 

BIO EXPRESS

Christian Cabrol est né dans l’Aisne, en 1925, dans une famille dans laquelle tout le monde était agriculteur. Sauf son grand-père qui, fils d’un berger des Cévennes, était médecin de campagne à Chézy-sur-Marne : il se déplaçait à domicile, réduisait les fractures, pratiquait des accouchements… C’est lui qui l’a incité à faire ses études de médecine à Paris, en lui disant : « Christian, ce n’est pas médecin que tu dois devenir, mais chirurgien ! ».

Le professeur Cabrol deviendra célèbre en réalisant, avec son équipe, la première greffe du coeur en Europe  le 28 avril 1968, soit 4 mois et demi seulement après la première mondiale du chirurgien sud-africain Barnard.

Il nous a quittés le 16 juin 2017.

MA RENCONTRE

J'ai pu rencontrer le professeur Christian Cabrol grâce à mon ami Michel Klein, le célèbre "vétérinaire de la tété" ! En effet, ils s'étaient connus lorsqu'ils faisaient leurs études médicales, l'un pour devenir cardiologue, l'autre pour devenir vétérinaire. Michel Klein avait 4 ans de plus que Christian Cabrol et, un jour, ils ont fini par se rencontrer... parce qu'ils sortaient avec la même fille !

Le professeur Cabrol avait gentiment accepté que je l’interviewe le 16 juin 2011 (soit 6 ans, jour pour jour, avant sa mort : étrange phénomène de synchronicité entre les deux dates anniversaires !) dans son bureau de la Pitié-Salpêtrière. Je garde de cette rencontre le souvenir d'un homme très sympathique, d'une grande modestie et plein d’humour !

Jacques Mandorla : Professeur, vous êtes devenu cardiologue. Était-ce une vocation ou bien souhaitiez-vous, au départ, faire un autre métier ?

Professeur Christian Cabrol : Il aurait été logique que je succède à mon père dans la ferme, mais je n’étais pas assez costaud. En voyant mon grand-père pratiquer son métier, je voulais absolument le remplacer plus tard, en devenant médecin dans notre village !

JM : En deuxième année d’internat, vous optez pour la chirurgie du cœur. Pourquoi ?

Pr. CC : Je dois mon orientation au professeur Gaston Cordier qui était chirurgien des hôpitaux de Paris et enseignait l’anatomie à la Faculté de médecine : sous sa conduite, j’ai consacré quatre années et rédigé deux livres sur le poumon, devenant agrégé d’anatomie. Puis, Gaston Cordier m’a fait rencontrer le professeur Jean-Claude Rudler, auprès duquel j’ai appris la chirurgie du poumon. Ce dernier m’envoie ensuite chez le professeur D’Allaines, le grand chirurgien cardiaque de l’époque en France, qui me pousse à aller aux États-Unis et m’obtient, pour cela, une bourse. Je suis donc parti en 1956 à Minneapolis pour un apprentissage d'un an dans le laboratoire expérimental de chirurgie cardiaque à cœur ouvert du docteur Walton Lillehei. Ce dernier était à peine plus âgé que trois de ses jeunes résidents… qui allaient, plus tard, faire parler d’eux : le sud-africain Christiaan Barnard, l’américain Norman Shumway et moi. Walton Lillehei nous encourageait en répétant souvent : « Tout ce que l’esprit humain peut imaginer, la main de l’homme peut le réaliser ». À mon retour en France, je voulais absolument participer au développement de la chirurgie cardiaque qui sauverait tant de gens.

JM : Quel chirurgien cardiaque vous a le plus impressionné ?

Pr. CC : Incontestablement Norman Shumway qui a disparu en 2006 à l’âge de 83 ans et auprès duquel Barnard et moi avions appris la technique de la greffe ! Dans son petit service à l’Université de Stanford en Californie, il a mis au point la greffe du cœur chez le chien, mais il n’osait pas franchir le pas chez l’être humain, car la mort cérébrale, qui aurait permis de prélever un cœur, n’était pas légale aux États-Unis.

JM : C’est finalement Christian Barnard qui est passé à la postérité.

Pr. CC : Oui, c’est lui qui a osé le premier ! Il réalise la première transplantation cardiaque au monde le 3 décembre 1967. Norman Shumway fait sa première transplantation aux États-Unis, un mois plus tard, le 6 janvier 1968. Puis, un jour, ce dernier me téléphone pour me dire : « Qu’est-ce que vous attendez pour faire une greffe du cœur en Europe ? ». Stimulé par son appel, je réalise avec mon équipe la première greffe européenne le 28 avril 1968.

JM : Quel était la principale difficulté que vous avez rencontrée ?

Pr. CC : Celle de prélever un coeur battant sur un cadavre en état de mort cérébrale, qu’il fallait maintenir artificiellement en vie. Sur le plan éthique, ce n’était pas évident. Jusqu’alors la définition de la mort reposait sur l'arrêt définitif du coeur et de la respiration, et non sur la mort cérébrale.

JM : Comment avez-vous fait en France ?

Pr. CC : Trois jours avant notre transplantation est paru un décret considérant la mort cérébrale comme signe de la fin de la vie ! En réalité, pour ces greffes, personne n’a parlé d’éthique. On nous disait : « Ce n’est pas un crime, c’est un miracle : continuez ! ». Savez-vous que, pour la seule année 1968, furent réalisées 102 greffes de cœur, car tous les services cardiaques du monde entier voulaient en faire ? Malheureusement, les patients vivaient peu de temps : 18 mois au maximum. Ainsi, sur ces 102 patients, un seul survécut très longtemps : Emmanuel Vitria, 48 ans, opéré le 27 novembre par l’équipe du Professeur Edmond Henry à Marseille et qui mourut 6 738 jours, soit plus de 18 ans, après l’opération !

JM : Pourquoi un tel taux d’échec ?

Pr. CC : Ce type d’opération ne sera maîtrisé que 12 ans plus tard, en 1980, quand la ciclosporine - un agent immuno-suppresseur qui combat le rejet des greffes - est découverte par le laboratoire Sandoz, devenu aujourd’hui Novartis. Norman Shumway sera le premier à utiliser la ciclosporine, puis je le ferai aussi : nous étions, en effet, l’une des rares équipes à continuer les greffes pendant ces douze années, malgré les échecs.

JM : Vous avez fondé l’Institut de cardiologie. Pourquoi ?

Pr. CC : L'Institut de cardiologie du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière est l'un des 5 pôles lourds de prise en charge des pathologies cardiovasculaires de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris. L'Institut est rattaché à l'Université Paris VI, comprend de nombreuses structures de recherche et collabore avec de nombreuses unités de recherches externes dans tous les domaines cardiovasculaires : thrombose, insuffisance cardiaque, génétique,...

JM : Comment vous est venue cette idée de l’Institut ?

Pr. CC : Elle remonte à fin août 1944, au moment où les chars du général Leclerc venaient de libérer Paris ! Je faisais ma première année de médecine. Cet événement m'a tellement marqué que, depuis, deux portraits du général me tiennent compagnie dans mon bureau. Il faut se souvenir qu'à cette époque les hôpitaux français étaient très en retard car, pendant l’occupation, les Allemands n’avaient rien fait pour la médecine. C’est le général de Gaulle qui modernisera les hôpitaux et en fera construire de nouveaux. J’ajoute qu’à leur arrivée sur notre territoire, les Américains nous apportaient de grandes nouveautés : pénicilline, anesthésie, réanimation, maîtrise de la transfusion sanguine… C’est cela qui a ensuite donné l’envie à toute une génération de « patrons » dynamiques, comme Jean Bernard, René Kuss ou Jean Hamburger, le père du chanteur Michel Berger, d’envoyer de jeunes médecins français aux États-Unis pour progresser.

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Le professeur Cabrol vouait un véritable culte au général Leclerc qui, en héros, avait délivré Paris fin août 1944.

JM : Pourquoi l’Institut de cardiologie a-t-il été ouvert bien plus tard ?

Pr. CC : Un premier service de chirurgie cardiaque à la Pitié-Salpêtrière fut créé par notre équipe en 1972. Puis, j’ai rencontré Francis Bouygues qui s’est proposé de construire un Institut à ses frais. J’ai ensuite eu un entretien très bref avec Edouard Balladur (« Je n’ai que 7 minutes à vous consacrer ! »), puis avec Jacques Chirac, alors Premier Ministre (« Ce projet me plaît, mais il faudrait que je sois Président de la République. En attendant, rejoignez le Conseil du RPR ! »). J’ai dû aussi rencontrer les responsables du Parti Communiste et de la CGT, Georges Marchais et Henri Krazucki, qui est devenu ensuite mon ami ! Finalement, en 2001, après 15 ans d'efforts, a été créé l'Institut de Cardiologie du Groupe Hospitalier Pitié Salpetrière à Paris. Dans cet Institut, tout a été réuni pour reconnaître, traiter et suivre au mieux les personnes atteintes de maladies du cœur et des vaisseaux. On a rassemblé le matériel pour le diagnostic, en particulier les appareils d'imagerie, ceux pour les blocs opératoires et de ranimation, les soins médicaux, les laboratoires de biologie, l’annexe de la banque de sang et la pharmacie hospitalière. Ainsi, en regroupant tout dans un même bâtiment, on peut être opérationnel 24h/24h, tous les jours de l'année !

JM : Vous avez aussi fondé l’association ADICARE. De quoi s’agit-il ?

Pr. CC : Lorsque la construction de l'Institut de cardiologie de la Pitié Salpêtrière fut confiée en 1991 à l’Assistance Publique, celle-ci, conformément à sa vocation, le conçut essentiellement comme un centre de soins. Comme rien n'y était donc prévu pour l'enseignement et la recherche, j’ai décidé de créer ADICARE avec quatre confrères de l'Assistance publique des Hôpitaux de Paris : les professeurs Jean-Pierre Bourdarias, Iradj Gandjbakhch, Claude Gibert et Yves Grosgogeat. ADICARE signifie « Association pour le développement et l’innovation en cardiologie, recherche et enseignement ». ADICARE a demandé à l’Assistance Publique, moyennant finances et selon une convention dûment établie, une surface dans l’Institut pour dispenser l’enseignement qui permet de transmettre le savoir et entreprendre la recherche qui permet d'améliorer les diagnostics et les traitements. Aujourd’hui ADICARE a la jouissance, pour 30 ans renouvelables, de locaux et d'un auditorium pour assurer l'enseignement, avec un système de vidéoconférences permettant de communiquer avec des centres français ou étrangers. Elle a également trois laboratoires de recherche qui poursuivent des projets, en particulier sur la coagulation sanguine, l'assistance circulatoire et les robots chirurgicaux. Depuis sa création, ADICARE œuvre pour la promotion du don d'organes, élue en 2009, « Cause nationale ». L’association réside au 56 boulevard Vincent Auriol 75013 Paris : elle est hébergée dans l’Institut de cardiologie et possède un site Internet : www.adicare.org

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En 2008, la Poste a édité un timbre célébrant le 40e anniversaire de la première greffe du coeur en Europe.

JM : Vous vous êtes engagé en politique. Qu’est-ce qui vous a motivé ?

Pr. CC : On a déjà évoqué le fait que suis entré au Conseil du RPR, à la demande de Jacques Chirac, alors Premier Ministre, en échange de la construction de l’Institut de cardiologie. Je dis souvent que, depuis, nous sommes quittes : à lui la Présidence de la République, à moi la réalisation de l’Institut ! J’ai été élu conseiller de Paris pour le 13e arrondissement en 1989 et réélu en 1995, ainsi que pour le 16e arrondissement en 2001. J’ai aussi siégé comme député au Parlement européen de 1994 à 1999.

JM : Quel bilan tirez-vous de cet engagement politique ?

Pr. CC : De mes deux carrières, médicale et politique, j’ai retenu une chose : en médecine, on essaye de former des jeunes et on est satisfait quand ils deviennent meilleurs que vous. En politique, cela n’arrive jamais ! En France, les politiques ont peur de former des gens qui pourraient prendre leur place !

JM : Quand avez-vous arrêté de pratiquer la chirurgie cardiaque ?

Pr. CC : En 1990, quand j’ai atteint la limite d’âge de 65 ans. Il faut reconnaître que, sur les dernières années, je me déplaçais beaucoup à l’étranger pour y donner des conférences et présenter nos résultats : un vrai « Cardiaque circus » ! Or, aujourd’hui, les techniques évoluent très vite et les jeunes sont plus au fait des innovations. Il fallait donc tout naturellement leur laisser la place.

JM : Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui voudrait se lancer dans la chirurgie du cœur ?

Pr. CC : Je lui dirai de tout mettre en oeuvre pour réussir le très difficile concours de fin de première année de médecine, en s’efforçant de bien assimiler toutes les connaissances de base qui lui sont données. Mais aussi de ne pas oublier que la vie est faite de rencontres, d’opportunités et d’ouvertures : il lui faudra donc être prêt à les saisir ! Je lui préconiserai aussi de prendre du plaisir à travailler en équipe, car on n’est rien sans les autres. Enfin, je conclurai en lui conseillant la devise du général Leclerc : « Croire, vouloir et continuer ! ».

BIBLIOGRAPHIE

Le don de soi – Hachette - 1995

De tout coeur : la nouvelle chirurgie cardiaque – Odile Jacob - 2006

Au coeur de la vie : itinéraire d'un chirurgien d'exception – Flammarion - 2012

Prochain article : Ma rencontre avec Thierry PAULIN, tueur de vieilles dames par Ranky

02/06/2018

MA RENCONTRE AVEC MICHEL SIMON

Ma rencontre  avec Michel SIMON, comédien par Ranky

BIO EXPRESS

MICHEL SIMON (Photo DR)

702899126.jpgMichel Simon est né le 9 avril 1895 à Genève. Il décède le 30 mai 1975 à Bry-sur-Marne. Très jeune il abandonne ses études et “monte” à Paris où il loue une chambre à l’hôtel Renaissance, rue Saint-Martin dans le 10ème arrondissement.

Il exerce de nombreux métiers pour subsister : professeur de boxe, vendeur de briquets à la sauvette, assistant d’un magicien, clown, photographe etc.

Il s’instruit en lisant un nombre phénoménal de livres et deviendra ainsi une encyclopédie vivante de Courteline.
Appelé à l’armée, il passe le plus clair de son temps en prison militaire pour le motif : indiscipline chronique !

En 1915, assistant à une pièce de Georges Pitoëff, il décide sur le champ qu’il sera comédien, ce qu’il deviendra en débutant en 1920 chez... Pitoëff, qu’il quitte au bout d’un an pour se lancer dans le théâtre de Boulevard.
À l’époque du cinéma muet, sa "laideur" fait merveille et il joue de son corps avec une géniale virtuosité. L’avènement du cinéma parlant sera une autre révélation : son timbre de voix et son élocution rajoutent encore à son physique et à son jeu d’acteur incroyables.

MA RENCONTRE

3334902752.jpgDe tous les artistes, Michel Simon est indéniablement celui à qui je voue la plus grande admiration. Manquant assez souvent d’argent pour m’offrir une place de cinéma, alors âgé de treize ou quatorze ans, je réussis à me faire engager les samedis et dimanches comme placier au cinéma Rex de Berck-Plage, à seule fin d’admirer mon idole.

Lorsqu’après le régiment, je “monte” à Paris où je loue un deux pièces minuscule au 17 faubourg Saint-Denis, je suis loin d’imaginer que je rencontrerai l’idole de mon adolescence.
Michel Simon loue une chambre de “dépannage” passage du Prado, exactement en face de chez moi. Une rencontre semble donc fort possible et pas extraordinaire en soi. C’est la suite des événements qui l’est.
Faisant mes courses auprès des innombrables marchands de quatre saisons de la porte Saint-Denis, je reste soudainement tétanisé devant un personnage imposant, habillé d’un long manteau et tenant un sac à provisions bien fatigué. L’homme est parfaitement immobile, comme statufié, et me semble sur le moment mesurer pas loin de deux mètres. C’est Michel Simon.
L’acteur doit ressentir mon émoi et c’est là que l’inexplicable se produit. Pourquoi m’adresse t-il la parole alors qu’il ne me connaît pas ? Pourquoi m’invite-t-il à le suivre jusqu’à un bistrot situé de l’autre côté de la porte Saint-Denis, l’Ecrevisse, où nous nous rendrons ensuite assez souvent ? Pourquoi s’est-il mis en tête de me présenter ses copines prostituées, de me raconter comment il a “fait” le clown à ses débuts ou servi de compère à un prestidigitateur, de me parler de sa collection de montres, de ses séjours en prisons militaires ("comme vous", me disait-il) ? Incroyable ! Il ne savait rien de moi et me parlait des passions qui m’habitent : les clowns, la prestidigitation, la boxe, la lecture, l’horlogerie, les femmes.
Le mystère demeure total.

Mystère encore plus total, voici un des épisodes incroyables qui m'a marqué à vie !

À l'époque, le Front de Libération Nationale (FLN) est un mouvement politique créé en 1954 et revendiquant, par des actes violents, l'indépendance de l'Algérie vis-à-vis de la  France. Adoptant un rôle plus politique le FLN, devenu le parti algérien au pouvoir avec Ben Bella élu Président de la République algérienne, signe en 1962 les accords d'Evian qui mettent fin à la guerre.

Le FLN appelle les Algériens de France à organiser des manifestations contre les mesures édictées par Maurice Papon, préfet de police de Paris. Entre autres mesures, il fait interdire aux Algériens de sortir la nuit. Malgré cette interdiction, une manifestation débute un peu avant 21 heures, se voulant non-violente. La police, soutenue par le Président Charles de Gaulle, la réprime avec une hargne incroyable. Des manifestants sont amenés dans les commissariats et roués de coups. Certains seront jetés dans la Seine et plus de deux cents personnes disparaitront à jamais.

Bref, tout cela pour expliquer l’ambiance particulière qui règne dans notre si beau pays. Michel Simon est révolté par ce débordement de haine et de violence. Et je suis présent lorsqu’il répond à une interview d’un journaliste de radio qui l’écoute parler de la guerre, de son anti-militarisme, du statut d’objecteur de conscience dont nous avions déjà parlé tous les deux, la veille. Cela se passe à l’Ecrevisse, tout au fond de la salle remplie des clients habituels et « des femmes de petite vertu » installées près de notre table. Parmi celles-ci se tient la copine préférée de Michel Simon, une magnifique femme brune, très belle, toute vêtue de noir. Une star, une étoile, une femme lumineuse et dont aujourd’hui, j’ai beau chercher, je suis incapable de me rappeler le prénom. Je me rappelle seulement que pendant quelques secondes, je l’ai vue morte, allongée dans le caniveau, près de la porte du bar l’Ecrevisse. J’ai fait part à Michel Simon de cette image terrible et lui ai simplement dit qu’il ne fallait pas laisser cette dame toute seule, qu'il serait souhaitable que quelqu'un la raccompagne chez elle. Et puis, je suis rentré chez moi.

Deux jours plus tard, dans le journal France Soir, j'ai découvert un article avec une photo montrant une dame, supposée avoir des accointances avec la politique du moment, une dame vêtue de noir, très belle, allongée dans le caniveau, près de la porte du bar l'Ecrevisse,  assassinée !

FILMOGRAPHIE
 69197324_af.jpgMichel Simon tourna dans 118 films. La télévision lui consacra 11 documentaires. Il fut à l’affiche de 31 pièces de théâtre.

 

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Prochain article : Ma rencontre avec le professeur Christian Cabrol, cardiologue par Jacques Mandorla

 

 

 

29/04/2018

MA RENCONTRE AVEC COLETTE SILVESTRE

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Colette Silvestre, tarologue  par Jacques Mandorla

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BIO-EXPRESS

Après une scolarité classique, Colette Silvestre entre, sur concours, dans l'administration. Trois ans plus tard, trouvant cette activité trop monotone, elle rejoint le groupe de presse Hersant. Le milieu journalistique, beaucoup plus vivant, convient davantage à son besoin de communiquer, d'écrire et d'échanger. Cette expérience, très riche et pleine d'enseignements, va durer dix ans et lui laisser un excellent souvenir. Mais, pour des raisons personnelles, elle est obligée d'abandonner cette activité et s'oriente alors vers le monde de l'édition d'ouvrages ésotériques.

Colette Silvestre réalise alors que sa voie est dans la tarologie, une science fondée sur l'étude des cartes du tarot. C'est son talent dans la lecture de l'agencement de ces cartes, lecture plus longue que les cartes à jouer ordinaires et comportant des figures différentes, qui lui a permis d'exercer dans un domaine qui la passionne depuis son plus jeune âge.

MA RENCONTRE

J'ai rencontré Colette Silvestre en 1988 lors d'un dîner organisé par notre éditeur commun Michel Grancher, qui avait eu l'excellente idée de réunir les auteurs des ouvrages de son incontournable collection "ABC" : ce soir-là, en tant qu'auteur de "ABC du magnétisme", j'ai fait la connaissance entre autres de Colette Silvestre ("ABC des tarots") et de Jean-Daniel Fermier ("ABC de la numérologie"), avec lesquels j'ai gardé des liens amicaux encore jusqu'à aujourd'hui.

Pour cette rubrique RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES, j'ai voulu en savoir plus sur cette discipline qu'est la tarologie, en interviewant Colette Silvestre.

Jacques Mandorla : Comment vous présentez-vous aux gens : tarologue, cartomancienne ou bien tireuse de cartes ?

Colette Silvestre : « Tireuse de cartes » ou « cartomancienne » sont des termes tout à fait exacts, mais qui ne correspondent plus à notre époque actuelle. Dans l'esprit de certaines personnes, ils sont même un peu péjoratifs. De nombreuses expressions changent avec le temps et avec la mode. De même qu'un sourd devient un malentendant, un aveugle un malvoyant ou une concierge une gardienne d'immeuble, les termes de « tireuse de cartes » et de « cartomancienne » sont aujourd'hui remplacés par ceux de « tarologue » ou même parfois de « conseillère en relations humaines » ! Il ne faut pas oublier que, dans le passé, on lisait l'avenir en utilisant un simple jeu de belote de 32 cartes, et c'est ce qui a donné le mot « cartomancie ». Aujourd'hui le tarot (dont le jeu présente 22 arcanes majeurs essentiels aux interprétations, plus 56 arcanes mineurs complémentaires destinés à affiner ou à compléter ces interprétations) est devenu le support principal des consultations. La récente appellation de « tarologue » semble plaire davantage que « tireuse de cartes », devenue à tort synonyme de charlatanisme.

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Le terme "tarologue" remplace aujourd'hui ceux de "cartomancienne" et de "tireuse de cartes".

 

JM : Comment est née cette passion chez vous ?

CS : Plutôt que de parler de passion, je préfère évoquer un intérêt fondé sur la curiosité. Attirée, dès l'âge de vingt ans, par le mystère qui entourait les cartes, je pris plaisir à consulter cartomanciennes et tarologues. J'étais surprise de voir qu'une simple lecture d'images permet de faire des prédictions qui, avec le temps, s'avéraient exactes. La curiosité m'a donc poussée à vouloir en savoir plus, à comprendre comment les cartes pouvaient répondre à nos questions et cette démarche est devenue une véritable passion au fil du temps.

JM : Comment définiriez-vous votre rôle ?

CS : C'est une activité de conseil, destinée à soulager les plaies et les bosses de l'âme et qui demande patience, compréhension et amour des autres. Si l'interprétation du tarot réclame de l'intuition, il ne faut pas négliger la logique et la psychologie pour aider à résoudre certaines préoccupations des consultants.

JM : Que représente, pour vous, un jeu de tarot ?

CS : Au départ, le tarot a été pour moi un objet de collection. Les couleurs, les formes, les graphismes des lames m'avaient incitée à collectionner différents jeux. On ne peut pas rester insensible aux véritables œuvres d'art que sont les tarots de Visconti, de Scapini, de Charles VI ou, plus récemment, celui de Dali. Par la suite, compte tenu de l'intérêt que je portais à l'interprétation de ces lames, j'ai compris que le tarot était un traité de psychologie en images, un livre de sagesse et de connaissance, un chemin initiatique riche d'enseignements. Si le tarot éveille notre imagination par ses images colorées et artistiques, il permet aussi de méditer et de dialoguer avec soi-même et d'avancer sur la voie du chemin intérieur.

JM : Quel est votre jeu de tarot préféré ?

CS : Je reste fidèle aux 22 arcanes majeurs du tarot, ce qui ne signifie pas qu'il s'agit du tarot de Marseille ! Je travaille toujours avec des jeux dont les images me plaisent et me parlent, mais il m'arrive souvent d'en changer. J'ai une préférence pour les Tarots italiens et actuellement j'utilise un tarot de Scapini, sur un thème de Roméo et Juliette. Bien entendu, je n'oublie pas l'Oracle de Venise, un jeu de ma propre création !

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L'Oracle de Venise : un jeu (cartes + livret) créé par Colette Silvestre et qui se présente dans un élégant coffret (éditions Grancher).

 

JM : En quoi le tarot est-il différent des autres techniques de divination ?

CS : Généralement utilisé à des fins divinatoires, le tarot peut aussi devenir un support très différent. L'interprète peut orienter la lecture des symboles, selon ses conventions et ses méthodes, vers des interprétations psychologiques, karmiques, spirituelles ou kabbalistiques.

JM : À quoi sert exactement le tarot ?

CS : Le tarot est très révélateur de la personnalité d'un individu. Chaque lame détermine les forces et les faiblesses du consultant. Il donne des informations précises sur ses émotions intérieures et cet aspect est nécessaire pour les prévisions qui pourront être faites. Le tarot est également une technique de divination mais il n'a pas le pouvoir d'influencer les événements. Simple messager, il aide à prendre des décisions, à orienter des choix, à cerner les facteurs positifs ou négatifs d'une situation, à saisir les opportunités ou à éviter les conflits, mais rien ne sera possible sans l'investissement personnel du consultant. Le tarot informe et le consultant est libre d'accepter ou de refuser l'information qui lui est transmise. Les gens viennent chercher l'espoir d'une amélioration de leur vie quotidienne, un réconfort et un éclaircissement sur leur vie future. Le tarot délivre donc un message d'espoir et d'amour. Que serait la vie sans espoir et, surtout, sans amour ? Si le tarot vous intéresse, sachez que vous pouvez lui faire confiance car c'est un ami fidèle et sincère qui ne vous décevra jamais.

JM : Qui consulte les tarologues ?

CS : En consultation, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Émotives et intuitives, elles se laissent aller à leurs états d'âme, sans éprouver de gêne à exprimer ce qu'elles ressentent. Les hommes sont plus fiers et n'apprécient pas de se montrer dans une position fragile. Ils réagissent également avec plus de logique et de raisonnement et considèrent qu'aller voir une cartomancienne est un truc de bonne femme. Ils se moquent gentiment, ils sourient malicieusement mais la curiosité les pousse souvent à vouloir en savoir plus !

JM : Vous ne consultez plus depuis deux décennies déjà. Pourquoi ?

CS : Par manque de temps. Les consultations demandent une grande disponibilité. Après de nombreuses années au service d'une clientèle parfois très exigeante, je consacre désormais mon temps à écrire des livres et à dispenser des cours d'initiation et de perfectionnement.

JM : Quand vous consultiez, comment travailliez-vous face à un consultant ?

CS : Je l'informe d'abord sur ce que je peux lui apporter et sur mes limites. J'avoue n'avoir aucun don exceptionnel de voyance ou de médiumnité et que je ne suis pas en mesure d'entrer en contact avec un esprit. Le consultant doit également savoir que la lecture du tarot ne va pas résoudre tous ses problèmes. Par ailleurs, je n'acceptais pas qu'une tierce personne assiste à la consultation : pour moi, le tête-à-tête est très important pour dialoguer sans avoir à être attentif à la personne dont la présence peut d'ailleurs provoquer une gêne ou une vibration négative. Enfin, la disponibilité du consultant devait être entière. Je n'ai jamais imposé de durée précise : selon les difficultés, une consultation pouvait varier d'une heure à une heure trente.

JM : Aviez-vous des difficultés à assumer l'attente des consultants ?

CS : Oui. L'intuition et la psychologie sont sans cesse en éveil pour comprendre les difficultés de la personne qui attend beaucoup de sa consultation. Il faut rester à son écoute, savoir ne pas la juger quelle que soit sa demande et rester impartial, sans jamais se projeter dans ses préoccupations. Certains cas sont faciles à analyser mais il arrive que l'on rencontre des personnes dont la situation est vraiment douloureuse. On ne peut pas rester insensible à certaines misères et si on ne peut régler tous les problèmes, on doit au moins apporter une aide morale.

JM : N'importe qui peut-il apprendre le tarot ?

CS : Le tarot est un livre d'images à la portée de tous. Il n'est donc pas nécessaire d'avoir un don particulier pour lire les arcanes du tarot. Le futur initié doit savoir qu'en s'investissant dans cette démarche, il découvrira une autre manière de penser. Philosophie et psychologie viendront ajouter à son étude une nouvelle orientation. Le travail de lecture développe l'intuition et permet ensuite de ressentir des émotions et des sensations plus fortes en soi-même. Il n'y a aucun danger à travailler et lire le tarot, mais celui-ci ne doit pas devenir une béquille dont on ne peut plus se passer. Ce support doit être utilisé à des fins d'aide et de soutien et, en aucun cas, comme une sanction.

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JM : Quelle est votre plus belle réussite en consultation ? 

CS : Fort heureusement, il y en a eu beaucoup. Si je devais n'en garder qu'une, ce serait la réconciliation très heureuse d'un couple au bord de la séparation. Je rappelle qu'un individu a parfaitement le droit d'accepter ou de refuser les informations et les conseils donnés par les lames de tarot. Dans le cas de cette femme, il y a eu de sa part une confiance totale dans les messages du tarot et une mise en application des conseils : le résultat a été très positif. Celui qui a toute confiance dans le tarot et qui n'hésite pas à faire les démarches nécessaires pour atteindre ses objectifs parviendra à dépasser les épreuves.

JM : Quel est votre plus cruel échec ?

CS : Un échec douloureux vous oblige à une remise en question totale par rapport à cette profession. En 1997, j'ai été bouleversée par le suicide d'une cliente fidèle depuis cinq ans. Après un investissement sérieux et sincère dans une mission humanitaire, cette femme de 55 ans s'est laissée aller à des tensions émotionnelles de plus en plus fortes pour sombrer finalement dans une grave dépression. Je n'ai sans doute pas suffisamment insisté sur la nécessité de lui faire suivre une thérapie et je n'ai pas imaginé un instant qu'elle puisse passer à l'acte. Mais peut-on réellement espérer que mes mots auraient été suffisants pour lui permettre de reprendre goût à la vie ?

JM : Vous avez écrit récemment un livre sur « Le 6e sens » : pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le sujet ?

CS : Bien que le sixième sens ne soit pas explicable, la science ne nie pas son existence et admet que nous possédons TOUS cette inestimable faculté. Ce sixième sens, nommé différemment intuition, pressentiment ou instinct, nous prévient des avantages et inconvénients d'une situation ou d'un évènement, nous met en garde face aux dangers et nous pousse à des actions positives pour l'avenir. S'il nous parait très naturel de voir, d'entendre, de se sentir, d'apprécier le goût ou de ressentir des sensations par le toucher, pourquoi refuser d'utiliser le sixième sens toujours prêt à nous donner des informations pour notre bien ? Apprendre à développer son sixième sens, c'est découvrir un message entre notre sagesse intérieure et notre conscient : il est la lumière qui éclaire notre vie.

JM : Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

CS : Je collabore à une nouvelle revue trimestrielle qui vient d'être lancée par un ami, Frédéric Pudleitner. Son titre : DESTINÉA, positionné comme le magazine positif du spirituel et du mieux-vivre. Le numéro 1 est sorti en janvier 2018 (j'ai écrit un article "À la découverte du Tarot de Marseille") et le numéro 2 fin mars ("La loi d'attraction : on attire ce que l'on pense"). Dans le numéro 3, qui paraîtra fin juin, je publierai un article sur "Le sixième sens".

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JM : Puisque vous ne consultez plus, quelle activité vous occupe aujourd'hui ?

CS : J'enseigne le Tarot de Marseille, l'Oracle de Belline et la Numérologie, en cours de groupe à la librairie La Cornaline dans le 9e arrondissement. Cet enseignement me prend beaucoup de temps car il s'étale sur toute l'année scolaire. En plus de cet enseignement traditionnel, je propose des ateliers de perfectionnement, afin de former mes élèves à pratiquer ensuite professionnellement. Je fais des animations « Questions-Réponses », au cours lesquelles les participants me soumettent leurs interrogations personnelles, et je leur réponds à l'aide du tarot de Marseille. J'anime également des conférences sur différents sujets comme le 6ème sens, la loi d'attraction, l'association du tarot et de la numérologie ou encore celle du tarot et des chakras…

 

Pour en savoir plus sur les cours et animations de Colette Silvestre, n'hésitez pas à consulter son site Internet : http://colettesilvestre.fr/Index.html

 

BIBLIOGRAPHIE

Colette Silvestre a écrit plus d'une quarantaine de livres, disponibles sur www.amazon.fr, www.fnac.fr ou à la librairie La Cornaline, 62 rue Saint-Lazare, 75009 Paris.

Voici 4 de ses ouvrages incontournables.

LES 21 PORTES DES ARCANES DU TAROT DE MARSEILLE ET D'OSWALD WIRTH

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Cet ouvrage vous invite à entrer dans le jeu de tarot, en passant une à une 21 portes destinées à vous faire découvrir les secrets des arcanes majeurs. Trois personnages vous accompagnent au cours de ce voyage et trois regards différents vous font part de leur ressenti personnel à chaque ouverture de porte : le Mat critique et sévère mais chargé de curiosité, le profane ancré dans le monde de la Matière et l'initié dont la démarche est avant tout un voyage de l'âme qui ouvre la voie de la compassion et de l'amour universel. Au bout de la route après l'ouverture des 21 portes, quel sera votre propre regard ? Éditions Exergue – 363 pages – 23,90 €

 

LA LOI D'ATTRACTION PAR LE TAROT

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Cet ouvrage vous aide à comprendre que vous êtes seul maître de vos pensées et que vous attirez tout ce que vos pensez : c'est la Loi de l'Univers ou Loi d'attraction. Adopter cette loi et croire en sa force, c'est attirer à soi tout ce que l'on désire pour être heureux et, dans un même temps éloigner tout ce que l'on ne souhaite pas voir intervenir dans notre vie pour ternir notre bonheur et joie de vivre. Les arcanes du Tarot aideront, grâce à leurs symboles, à envoyer les messages dans l'Univers et, grâce à ce support, tout deviendra plus facile et plus clair. Éditions Trajectoire – 170 pages – 18,25 €

 

LE COURS DE TAROT DE COLETTE SILVESTRE

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Quelles sont les origines du tarot ? À quoi sert le tarot ? Comment l'aborder et, surtout comment le pratiquer ? Faut-il un don ? Cet ouvrage a été conçu non seulement pour répondre à toutes les questions que l'on se pose autour du tarot, mais aussi pour permettre de l'étudier avec facilité en toute simplicité. Ce cours de tarot est à la portée de tous, du débutant à l'élève confirmé. Rédigé en termes clairs et précis, il permet de comprendre rapidement la technique conduisant à des interprétations prévisionnelles dans les domaines de la vie quotidienne tels que le travail, l'argent, l'amour, la santé, la sexualité, la spiritualité… Éditions Grancher – 288 pages – 20 €

 

DÉVELOPPER SON 6ème SENS

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Nul n'ignore l'importance et l'utilité de nos cinq sens et pourtant nous sommes loin de les utiliser à bon escient et surtout d'en tirer tous les profits qu'ils sont en mesure de nous procurer. En sachant être à l'écoute de vos cinq sens et en apprenant à les exploiter, vous constaterez des améliorations de votre quotidien de façon positive. Ce travail sur les cinq sens a une grande importance car il permettra au sixième sens de se manifester spontanément et de façon différente selon la nature, le caractère, la personnalité et la sensibilité des individus. Éditions Trajectoire – 112 pages – 18,25 €

 

Prochain article : Ma rencontre avec Michel SIMON, comédien par Ranky



MA RENCONTRE AVEC MAXENCE VAN DER MEERSCH

Ma rencontre avec  MAXENCE VAN DER MEERSCH, écrivain par Ranky

 

BIO EXPRESS

image.jpegL'écrivain Maxence Van der Meersch est né à Roubaix le 4 mai 1907 et est décédé le 14 janvier 1951 au Touquet-Paris-Plage. Il exerce très peu son métier d’avocat et décide de vivre de sa plume, en consacrant son oeuvre à la description de la vie des gens du Nord.

Élève au lycée Gambetta de Tourcoing, il se distingue par un talent d'écriture remarquable.

image-1.jpegEn 1934 il épouse une ouvrière après cinq années de concubinage, Thérèze Denis, qui sera l’unique amour de sa vie et la clef de la compréhension de son oeuvre. De cette union naît une fille qu'ils prénomment Sarah en souvenir de la soeur décédée de Maxence, alors que celui-ci n'avait que quatorze ans.

Prix Goncourt en 1936 pour son livre “L’empreinte du Dieu” et prix de l’Académie française en 1943, il est l’auteur de 15 romans dont “Corps et âme “qui sera traduit en 13 langues.
Cet auteur connaît un énorme succès de son vivant. Il est aujourd’hui injustement oublié.
Son roman intitulé "La maison dans la dune" fut porté au cinéma en 1988 par Michel Mees.

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Un buste en bronze d'après un plâtre de Robert André Missant (peintre et sculpteur) a été inauguré en hommage à Maxence Van Der Meersch en 1989 dans le square de la commune de Wasquehal (Pas-de-Calais)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MA RENCONTRE

Tout jeune adolescent, dans une pâtisserie, je suis mis en présence de l’écrivain Maxence Van der Meersch qui se soigne à Berck. Cette rencontre est auréolée de mystère. En effet, l’immense écrivain, accompagné de son épouse et de sa fille Sarah, sont attablés dans les salons de “l’Impératrice” quand je pénètre dans les lieux, porteur d’un mot destiné à la fille des patrons de la célèbre pâtisserie berckoise. Sans un mot, je me dirige vers Maxence Van der Meersch que je ne connais pas. Je ne l’avais jamais vu auparavant et n’avais jamais entendu parler de cet homme pourtant célèbre. Je me plante devant la table, comme tétanisé, l’enveloppe à la main. Sans un mot non plus, Van der Meersch, qui ne me connaît pas plus, me prend l’enveloppe des mains, au moment même où la fille de la maison apparaît au fond du salon, et la lui remet sans prononcer une seule parole. Je tourne alors les talons et quitte la pâtisserie.

La missive est passée de main en main sans qu’une seule parole soit prononcée de part et d’autre. Peut-être s'agit-il d’un phénomène de divination ou de télépathie. Mystère !
Une autre fois, jeune apprenti horloger, je livre les montres réparées en atelier à la boutique de la rue de la mer. Maxence Van der Meersch est présent, impérial, tenant un discours devant mon patron horloger subjugué. Je me souviens encore de cet homme maigre, nerveux, avec un visage ressemblant au Christ qui nous parlait de sa méfiance envers la médecine et faisait l'éloge du régime végétarien qui le tenait "en bonne forme physique et mentale" et enchaînait avec brio sur son rejet de la société littéraire de la capitale, privilégiant avec une conviction époustouflante la vie admirable des gens du nord de la France. Puis, soudain, il se tait, me regarde pendant de longues secondes. Je pense qu'il se souvient de notre rencontre dans "la pâtisserie de l'Impératrice". Mon patron me présente alors comme son apprenti.

J’ouvre le coffret et renverse son contenu, une quinzaine de montres desquelles j’en extrait deux que je fait glisser sur le comptoir en direction de monsieur Van der Meersch. Chaque montre portant un numéro, il était impossible, sans le cahier correspondant, d’en connaître le propriétaire. Et pourtant, ce sont les deux montres que je venais de poser devant leur propriétaire !
Après le départ de Maxence Van der Meersch, j’étonnerai encore mon patron en lui annonçant : je ne connais pas le nom de ce monsieur, c’est trop compliqué. Mais si je ferme les yeux, je le vois en train d’écrire. Il écrit tout le temps. C’est un écrivain.
Après la mort de cet auteur, je verrai passer entre mes mains plusieurs autres montres qu’il avait laissées à l’horlogerie "Marc Duplessis" pour que nous les réparions.

BIBLIOGRAPHIE

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La Maison dans la dune Éditions Albin Michel 1932

Car ils ne savent ce qu'ils font 1933

Quand les sirènes se taisent 1933

La Fille pauvre roman autobiographique en trois volumes.

Tome I : Le péché du monde 1934 - Tome II : Le Cœur pur, 1948

th-1.jpegTome III : La Compagne (publication posthume en 1955).

 L'Empreinte du dieu (prix Goncourt 1936)

 Invasion 14   1935.

 Maria, fille de Flandre Éditions du Nord

 L’Élu Éditions du Nord

 Pêcheurs d'hommes 1940.

51SZBQ44J6L._AC_US218_.jpgCorps et Âmes roman sur le monde de la médecine, Grand Prix de l'Académie française  en 1943

Autres publications

Masque de chair, roman sur l'homosexualité masculine, paru en 1958 après sa mort

Vie du Curé d'Ars, hagiographie, 1936.

412KRATWBRL._AC_US218_.jpgLa Petite Sainte Thérèse, éditions Albin Michel 1943.

Femmes à l'encan, essai contre la prostitution, éditions Albin Michel.1945

Pourquoi j'ai écrit Corps et âmes, éditions Albin Michel.1956

Filmographie

Son premier roman La Maison dans la dune a été adapté au cinéma à trois reprises.

La_Maison_dans_la_dune.pngPremière version réalisée par Pierre Billon  (1934)

Deuxième version réalisée par Georges Lampin (1952)

Troisième version réalisée par Michel Mees  (1988)

 

 Prochain article : Ma rencontre avec Colette SILVESTRE, tarologue par Jacques Mandorla

 

 

 

 

23/02/2018

MA RENCONTRE AVEC MICHEL KLEIN

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec le docteur Michel Klein, vétérinaire par Jacques Mandorla

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Michel Klein avec 5 bébés tigres qu'il a aidés à naître au jardin du Ranelagh (photo © Croizat, parue dans Télé 7 jours).

BIO EXPRESS

Michel Klein est né le 19 avril 1921 à Sighet, petite ville des Carpates située tout au Nord de la Roumanie. L’écrivain et prix Nobel de la paix, Elie Wiesel, est né aussi dans cette petite bourgade de 27 000 habitants à l’époque. Il vivait en pleine nature, c’est pourquoi sa passion pour les animaux a commencé très tôt : enfant, il se sauvait de chez lui, au grand désespoir de ses parents, pour aller errer dans la montagne à la rencontre des ours bruns ! Puis, il quitte la Roumanie à l’âge de 16 ans à peine, pour aller en France rejoindre Jean, son frère médecin. S'il ne parlait pas du tout le français en arrivant, il l'a très vite appris à l’internat de Verneuil-sur-Avre !

MA RENCONTRE

Ma première rencontre avec Michel Klein (en dehors de suivre avec passion ses émissions à la télévision) date de la fin de l'année 2001. Je venais de co-écrire aux Éditions Grancher un livre intitulé « Soulagez votre animal par le magnétisme et les massages thérapeutiques »), avec mon amie Myriem Lacroix-Breton, magnétiseuse réputée, et cette dernière avait eu une idée géniale : « Et si on demandait au docteur Michel Klein de nous rédiger la préface de notre livre ? ». On parvient à trouver son numéro de téléphone et rendez-vous est pris. Je découvre alors qu'il habite à quelques centaines de mètres de chez moi, dans le 15e arrondissement de Paris. Une profonde amitié me lie depuis à Michel Klein, qui a eu l'extrême gentillesse de rédiger une autre préface, celle de mon dernier livre, paru fin 2016 : « Les ondes nocives » (Éditions Grancher).

Voici l'intégralité de l'interview que m'a accordée notre sympathique « vétérinaire de la télé »... comme les médias l'ont surnommé !

Jacques Mandorla : Vous êtes devenu vétérinaire, était-ce une vocation ou bien souhaitiez-vous, au départ, faire un autre métier ?

Michel Klein : Je vais vous faire une confidence : j’aurais voulu être pilote dans l’armée de l’air ! Comme j’étais bon en maths, physique, chimie, j’aurais vraisemblablement pu réussir le concours d’entrée. Mais en juin 1940, juste après avoir obtenu mon bac Math Elem, j’ai fui à l’arrivée des troupes allemandes en allant à Toulouse. J’ai renoncé à devenir pilote à cause de la loi anti-juive du Gouvernement Pétain, qui venait d’être promulguée en octobre de la même année. Je me suis donc rabattu sur les études de vétérinaire.

JM : Comment avez-vous débuté ?

MK : J’ai donc commencé mes études à l’école de Toulouse, études que j’ai dû interrompre en 1943 avant de les reprendre, après la guerre, à Maisons-Alfort où j’ai terminé mes deux dernières années de scolarité. J’ai effectué mon premier stage à Montoire-sur-Loir chez Pierre Baude, un ami martiniquais qui a été diplômé deux ans avant moi : pour les fermiers de la région, je n’étais ni son « assistant », ni son « aide », mais seulement le « commis » ! À l’époque, les vétérinaires ne s’occupaient que des animaux de ferme : vaches, chevaux, porcs étaient, en effet, des bêtes plus nobles et surtout de plus grande valeur que les chats et les chiens ! À ce propos, je préfère utiliser le terme de « bête » à celui d’« animal ». En effet, quand on dit « bête », on fait référence à quelque chose de solide et de concret, à une réalité que l’on peut non seulement concevoir, mais aussi toucher. Alors que, pour moi, le terme « animal » est plus virtuel. En 1957, j'ouvre mon cabinet boulevard des Batignolles, que je quitte en 1981 pour rejoindre la clinique que j’ai conçue à Beaugrenelle (Paris 15e), à 100 mètres de la statue de la Liberté.

JM : Vous avez atteint une formidable notoriété en devenant « le vétérinaire de la télévision » : comment êtes-vous arrivé sur le petit écran ?

MK : En 1955, j'ai eu droit à mon premier reportage-photos dans le magazine « Détective » qui a consacré tout un article sur l'opération que j'ai faite d'un ours brun de l'Oural, appartenant au cirque Bouglione. Cet ours, nommé Charlie, avait été blessé gravement par un autre ours. Cette intervention s'est passée au Luna Park de la Porte Maillot, qui correspondrait aujourd'hui à la Foire du Trône. Moins d’un an après mon installation aux Batignolles, en 1958, je suis amené à réaliser une innovation en matière de chirurgie dentaire, probablement une première mondiale. Je dois raccourcir, dévitaliser et plomber les canines acérées de Golotte, une macaque appartenant à Martine Beauvais, l’attachée de presse des Bouglione. Cette dernière a fait filmer l'intervention par une équipe de télévision. C’étaient les débuts de l’ORTF : il n'y avait qu'une seule chaîne de télévision à l'époque, en noir et blanc, diffusant des programmes quelques heures par jour seulement ! L'opération que je réalise sur Golotte passe à l'antenne, ce qui me vaut d'être l'invité de l'unique émission du dimanche après-midi, intitulée « Au-delà de l’écran » et animée par Jean Nohain et André Leclerc. Je commence alors un long partenariat avec les médias.

Les années 60 sont très riches en activités parmi lesquelles la création de l'émission « Je cherche un maître » pour faire adopter des chiens abandonnés et la participation en 1965 au long métrage de Frédéric Rossif nommé « Les animaux », documentaire qui montrait pour la première fois des animaux au ralenti, grâce à une caméra qui avait été utilisée lors des essais nucléaires français en Algérie. En 1966, j'ai proposé au PDG d'Antenne 2 Claude Contamine une idée d'émission que j'avais eue avec deux amis. Son titre :« Les animaux du monde ». malheureusement, comme cela se passe parfois, le PDG a été brusquement révoqué pendant les vacances ! Et à la rentrée, quelle ne fut pas ma surprise de voir à l'antenne une émission sur les animaux... portant mon titre exact et dans laquelle je n'étais pas impliqué !

En 1977, j’ai participé aux débuts d'AB Productions de Claude Berda et Jean-Luc Azoulay et en 1987 à l'animation du « Club Dorothée » sur TF1. J'avais rencontré Dorothée 14 ans plus tôt en 1973, elle n'avait que 18 ans à l'époque et on animait avec le marionnettiste Blablatus « Les mercredis de la jeunesse », une émission dont Jacqueline Joubert, l'épouse de Georges de Caunes, était responsable.

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Michel Klein a participé pendant dix ans à l’émission « Club Dorothée » sur TF1.

JM : Puis en 1991 vous avez créé une émission !

MK : Effectivement, j'ai conçu et animé l'émission « Terre Attention Danger » dont le générique expliquait bien mon combat : « Par la faute de l'Homme, de nombreuses espèces animales sont menacées de disparition. Si nous n'y prenons pas garde, un jour c'est l'Homme qui disparaîtra ! » (le générique existe sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=6xVPPdIANyw). À l’époque, j’étais précurseur en matière de défense des animaux : mon message était que l’explosion démographique de l’espèce dite humaine, se développant de façon exponentielle, allait mettre en danger la vie sur Terre, car les espèces animales seront alors obligées de céder la place. Or, notre planète n’étant qu’un vaste enclos, si les bêtes disparaissaient l’Homme disparaîtrait lui aussi, bien plus vite qu’il n’est apparu. J'ai toujours désigné « Les animaux dits sauvages » sous le vocable « Ne devant pas dépendre de l'homme » car le seul animal sauvage c'est l'homme. De plus, seules les bêtes sont capables de guérir les hommes de leur maladie chronique qui, paradoxalement, s’appelle la bêtise ! ».

JM : Vous avez participé à la création de la première réserve animalière à Thoiry. De quelle manière êtes-vous intervenu ?

MK : Jusqu’en 1966, il n’existait qu’un zoo au château de Thoiry, situé dans les Yvelines. C’est mon ami Jean Richard qui m’avait présenté au vicomte Paul de La Panouse. Un jour, on me demande de venir soigner un ours brun de l’Oural, grièvement blessé par un ours noir de l’Himalaya. Ce fut notre première rencontre. Par la suite, je revins à Thoiry pour m’occuper de Fanny, une femelle éléphant présentant des difficultés de croissance. Lors du déjeuner, en présence d’une fille Lazareff et d’un photographe de France Soir qui m’avaient accompagné pour réaliser un reportage, le vicomte évoque avec moi l'idée de créer une réserve où les animaux seraient en liberté, comme dans leurs pays d’origine, et les visiteurs dans leurs « cages automobiles » ! Puis l’idée est devenue réalité en 1968 : sachez que, la première année, le parc accueillit un million de visiteurs ! Depuis, le vicomte a ouvert deux autres parcs, auxquels j'ai participé : Sigean dans l’Aude et Peaugres en Ardèche.

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Prêts pour l’opération d’un puissant crocodile : Michel Klein, assisté de Marie-Christine son épouse et de monsieur Karakava, présentateur de son numéro de crocodiles au Moulin Rouge.

JM : En 1982, vous parvenez à convaincre Jacques Chirac, alors maire de Paris, de créer l’Ecole parisienne des chiens-guides d’aveugles. Comment avez-vous fait ?

MK : J’ai effectivement eu l’idée, un jour, de proposer à monsieur Jacques Chirac de créer à Paris une école de chiens-guides pour personnes déficientes visuelles. Peu de temps après, le vendredi 11 novembre 1982, il m’appelle pour me demander si je peux passer le voir à la Mairie de Paris. Je me retrouve alors en tête à tête avec lui pendant deux heures ! Je lui présente mon projet d’école consistant à remettre gratuitement des chiens-guides à des personnes déficientes visuelles. Quarante-huit heures plus tard, le dimanche 13 novembre, monsieur le Maire réunit son état-major : l’école des chiens-guides de Paris est née ce jour-là ! Elle ouvre officiellement ses portes en 1987, dans le bois de Vincennes, face au rocher du zoo. En février 2018, l'École a fêté la remise de son 1 000e chien (il s'agit principalement de labradors et de golden retriever) !

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 Inauguration de l’école des chiens guides d’aveugles et malvoyants : Bernadette Chirac, Michel Klein et Jacques Chirac.

JM : Pensez-vous que les animaux ont une sorte de 6e sens ?

MK : Absolument ! Et je le pense depuis longtemps. Ainsi, en 1984, lors d’un colloque au Val-de-Grâce en présence de plus de 200 chirurgiens, on m'avait demandé de faire une intervention sur le thème des morsures du chien : j'ai présenté une étude concernant la dynamique de l'agressivité du chien. J’ai pu constater qu’il y avait, dans chaque cas, une faute humaine et non pas animale. J’ai pu démontrer ce que j’affirmais depuis longtemps par une métaphore : « Un chien qui renifle le bas du pantalon d'une personne sait ce qu’il y a dans sa caboche ! ». Et, en quelques minutes, le chien est capable d'établir le profil psychanalytique de cette personne. Il connaît sa pensée et ses intentions et, plus ou moins, son subconscient : il se fait ainsi une idée de sa personnalité. De nombreux chiens pourraient largement concurrencer, dans une certaine mesure, les psychanalystes ou les DRH ! Cela rejoint le long chapitre de la télépathie (transmission de pensées) que j'ai expliquée dans mon livre « L’avocat des bêtes » paru en 2006 aux Éditions Anne Carrière.

JM : Vous vous êtes beaucoup intéressé à l'électromagnétisme. Qu'en concluez-vous ?

MK : L’aspect légendaire du magnétisme est en train de devenir une réalité universelle. Non seulement tous les organismes vivants, mais les matières inertes, la croûte terrestre, le magma, l’espace intersidéral, les mouvements planétaires, en somme tout l’univers, fonctionne à base d’électromagnétisme. Certains individus, dont Myriem Lacroix-Breton, ont la chance d’avoir un équipement sensitif, dont nous connaissons la structure, qui permet d’une part d’induire des stimuli d’ordre thérapeutique et, d’autre part, d’enregistrer des informations lointaines de diverses catégories. L’authenticité probante est expliquée par le pistage à distance d’un animal ou d’une personne, repérés sur une carte et, bien entendu, retrouvés. Plusieurs exemples parfaitement confirmés, sans aucun subterfuge, en témoignent. De nombreuses personnes possèdent un pouvoir d’émission magnétique dans leurs mains, parfois transmis génétiquement, qu’ils peuvent appliquer dans un but thérapeutique assez varié, tant chez l’animal que chez l’homme. La plupart des exemples constatés permettent d’éliminer, dans une large mesure, le côté placebo ou l’autosuggestion. Depuis le début, en fréquentant les animaux, je me suis rendu compte de leur capacité à connaître nos intentions. Grâce à vous, Jacques, j'ai découvert le magnétisme quand vous m'avez parlé de l'ouvrage sur les sourciers écrit par le professeur Yves Rocard. C'est à partir de là que j'ai expliqué, dans mon livre « L’avocat des bêtes », comment la plupart des animaux peuvent capter les ondes électromagnétiques qui véhiculent les idées. En dehors des exceptions, la majorité des êtres humains sont presque dépourvus de cette capacité.

JM : Si un jeune vous annonce qu’il veut devenir vétérinaire, quels conseils lui donneriez-vous ?

MK : Je lui dirai : « Dans la vie, faites ce que vous avez envie de faire ! Celui qui réussit ce dont il a rêvé, c'est le bonheur ! ». Je lui demanderai aussi de maîtriser les disciplines scientifiques - maths, physique et chimie - car ces connaissances participent, à chaque instant, à l'exercice de son métier de vétérinaire. Je suis heureux d’avoir constaté que mes apparitions dans les médias - télévision, radio, presse - ont contribué à faire naître des vocations de vétérinaires chez les jeunes !

JM : Pour conclure, vous allez fêter cette année vos 97 ans et l’on vous reconnaît toujours dans la rue : quel sentiment cela vous inspire-t-il ?

MK : Cela démontre que je n’ai pas trop changé physiquement, malgré les années ! Ensuite, je pense que mon succès est probablement dû au fait qu’en tant que vétérinaire, j’ai toujours donné un maximum d'importance au bien-être et à la santé des bêtes en comparaison à celle donnée aux hommes.


BIBLIOGRAPHIE

« Ces bêtes qui m’ont fait homme » (Éditions Robert Laffont - 1976)

« L’avocat des bêtes » (Éditions Anne Carrière - 2006)

« Réussir son chien », co-écrit avec Michel Hasbrouck (Éditions Helvedog - 2010)

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Prochain article : Ma rencontre avec Maxence Van der Meersch par Ranky

28/01/2018

MA RENCONTRE AVEC BILLY BRIDGE

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.


Ma rencontre avec Billy Bridge, chanteur et compositeur par Ranky

 BIO EXPRESS

BILLY BRIDGE.jpgBilly Bridge, de son vrai nom Jean-Marc Brige, est né à Cherbourg le 17 décembre 1945. C'est le chanteur qui importe en France le madison, une danse américaine, ce qui lui apporte un gros succès avec des titres comme le "Grand M", "Madison flirt" et qui lui vaut le surnom de "Petit prince du madison" et un passage à l'Olympia Bruno Coquatrix en 1962. Malgré son grand talent, il connaît  plusieurs passages à vide qu'il tente de combler en s'essayant sous divers pseudonymes : Michel Sorel, Black Swan sous lequel il vendra plus d'un million d'exemplaires d'un disque intitulé "Echoes and rainbows".

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Pendant ses traversées du désert, il écrit des chansons pour d'autres chanteurs : Dick Rivers, Stone, Karen Chéryl, Cliff Richard, Philippe Lavil...

 

 

 

 

 

 

 

En partant du haut de la photo SALUT LES COPAINS, Billy Bridge se trouve à l'extrémité droite du 3ème rang (Photo Jean-Marie Périer)

 MA RENCONTRE

Dans les années 1980-90, notre spectacle "Fantastic-Horror-Show" était demandé partout, en  France, en Suisse et en Italie. L'engouement pour ce spectacle d'horreur était incroyable et les discothèques faisaient salle comble. Notre programme multipliait par deux, et souvent plus, les entrées de ces établissements de nuit.

Avec Blondine, mon épouse et partenaire sur scène, nous avions pris l'habitude, après chacune de nos prestations, de nous rendre au bar. Le public adorait cette façon de nous rencontrer, en toute convivialité afin de parler, bien sûr, de notre show mais aussi de tout et de rien. La plupart des autres artistes étaient intouchables. Leur passage en scène terminé, ils disparaissaient. Notre contact amical avec le public nous apportait beaucoup de plaisir et, de plus, les directions de discothèques appréciaient cette façon de satisfaire encore plus leur clientèle. Le chiffre d'affaires du bar augmentait et tout le monde était heureux.

 Depuis de nombreux mois, une situation étrange apparaissait à chaque représentation, dans pratiquement toutes les "boîtes" de la région parisienne où nous travaillions. Dès le début de chacune de nos prestations, un homme à l'allure jeune s'installait en bout de bar faisant face à la scène (ou si le bar était trop éloigné, se tenait debout, seul, parmi les spectateurs assis), approximativement toujours à une même distance, semblant lui permettre une observation confortable de notre show.

Notre spectacle terminé, le mystérieux jeune homme s'arrangeait toujours pour se retrouver près de nous. Au début, il était muré dans un silence que je considérais dû à une timidité. Et puis, un soir, il me demande de l'appeler par son prénom : Jean-Marc. J'apprends, par des clients, qu'il s'agit de Billy Bridge. Alors, je lui donne le mien : François. Il semble très content et me souffle d'une voix presque imperceptible :

- À la semaine prochaine au "Tango".

- Non, non, lui dis-je, pas au "Tango".

Je ne connais pas la raison pour laquelle j'avais prononcé cette phrase. Une fois de plus, j'avais été poussé, ainsi que cela m'arrive souvent, à donner une réponse sans rapport avec la conversation. Et ma phrase incongrue se révéla être une sorte de prédiction. Comme prévu, je donnais bien mon spectacle au "Tango" et Jean-Marc était absent !

Pour la bonne compréhension de cette rencontre Extra-Ordinaire, je me dois d'expliquer à mes lecteurs cette faculté particulière que d'aucuns appellent "paranormale" et qui m'est donnée, depuis ma plus tendre enfance, de lancer des phrases spontanément, hors contexte, déjantées, toujours incompréhensibles sur le moment, mais qui s'avèrent chaque fois d'une prodigieuse exactitude quant à leur ressemblance avec un don de voyance. De cette faculté est née ma prédilection pour l'étude du "paranormal". Je ne sais pas comment cela fonctionne. Je n'utilise aucune des techniques habituellement en vogue parmi les voyants : tarot, marc de café, travail sur photo, écriture automatique, etc... Je ne pose jamais aucune question. Simplement, comme une obligation, je lance des affirmations ressemblant quelquefois à des imbécillités, telles qu'elles pourraient me faire ranger dans la catégorie des pathologies psychiatriques... Et ça fonctionne ! Des centaines de personnes pourraient en témoigner.

Billy Bridge s'était aperçu de cette faculté. Et moi, je m'étais aperçu que les questions de Billy Bridge, qui me semblaient anodines, étaient très importantes pour lui, car sans que je le sache, elles contenaient toujours la réponse exacte de ce qu'il voulait savoir. D'où sa fidélité à assister à mes divers shows. Alors, une belle amitié avait fini par s'installer entre nous. Jean-Marc m'attribuait des pouvoirs que j'avais du mal à admettre, mais dont j'étais obligé de reconnaitre la réalité. Il me confiait ses problèmes les plus intimes, ses doutes sur la continuité de son intrusion dans le monde de la musique, ses crises d'angoisse.

Une nostalgie le poussait à donner des soirées-chansons en milieu très restreint, c'est-dire devant quelques spectateurs seulement, sans bande-son qui aurait pu mettre en valeur sa notoriété passée, simplement avec une guitare sèche dont il extrayait quelques accords, sans plus. Il sombrait doucement dans une dépression terrible. Un problème physique était venu augmenter ses angoisses. Il s'était mis à perdre ses cheveux par plaques. Une fois de plus, il m'avait demandé la solution pour enrayer cette catastrophe. Et, une fois de plus, je lui avais répondu n'importe quoi. Sachant qu'il n'existe que quelques médicaments et un grand nombre d'astuces, plus ou moins sérieuses, pour soigner l'alopécie, astuces que Jean-Marc avait d'ailleurs essayées sans aucun succès. Je me rappelle avoir alors prononcé cette phrase, en éclatant de rire : "Les cheveux c'est comme les poireaux, il n'y a pas d'autre solution que de les repiquer pour que ça pousse bien". Et mon n'importe quoi, après divers essais infructueux proposés par des médecins, s'était mis à fonctionner. Il retrouvait doucement ses cheveux grâce à des implants. Il me téléphonait tous les jours pour me remercier. C'est Jean-Marc qui me raconta, un soir, que ma blague des "poireaux" lui avait donné l'idée des implants capillaires qu'aucun médecin ne lui avait jamais proposés !

Je ne me souviens plus de la date exacte de ma dernière rencontre avec cet artiste, tellement sensible que je l'avais classé dans ma tête comme maudit, à l'instar des poètes Rimbaud, Verlaine, des peintres Modigliani, Van Gogh, des chanteurs Léo Ferré, Édith Piaf...

Elle a eu lieu dans un club privé, à Versailles. Devant une quarantaine de spectateurs, ma femme et moi devions passer en ouverture de programme et Billy Bridge ensuite, en tant que vedette. Mais il m'était arrivé une chose incompréhensible : j'avais oublié chez-moi un élément indispensable à la réalisation de notre show. Billy Bridge m'avait alors proposé spontanément de faire une première partie de façon à ce que je puisse récupérer cet élément. J'avais donc fait le parcours, de nuit, Versailles-Bonneuil-sur-Marne, aller et retour, soit environ 70 kilomètres, à une vitesse folle.
J'ai donc pu assurer ma prestation et Billy Bridge est revenu ensuite faire une deuxième partie, en vedette comme prévu. Le succès de cette soirée mémorable est inoubliable, toute empreinte d'une amitié qui avait envahi notre coeur et, comme par une sorte de contagion, celui de tous les spectateurs.

Je n'ai plus jamais revu Jean-Marc. Il ne m'a plus jamais téléphoné. J'ai moi-même appelé son numéro privé. Une dame très douce, très gentille, (sa compagne ? sa femme ? ) m'a appris son décès...

Jean-Marc Brige, alias Billy Bridge, est décédé le 21 novembre 1994 (la cause est incertaine : crise cardiaque ? maladie ?) alors qu'il allait avoir 49 ans seulement. Il repose au cimetière de Bagneux dans la 53ème division.

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Prochain article : Ma rencontre avec Michel Klein, docteur vétérinaire par Jacques Mandorla

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23/01/2018

ACTUALITÉS

Chers amis de notre Blog paranormal,

Devant le succès « phénoménal » (n'ayons pas peur des mots, mais soyez assurés qu'ils ne prendront pas la grosse tête, quand même !) de leur nouvelle rubrique RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES, RANKY et Jacques MANDORLA ont décidé de regrouper les 8 articles déjà parus, à savoir :

GROCK, clown (par RANKY)

Jean-Louis CROZIER, radiesthésiste (par Jacques Mandorla)

Jacques BENVÉNISTE, médecin, inventeur de la mémoire de l'eau (par RANKY)

Bernard HEUVELMANS, cryptozoologue (par Jacques Mandorla)

Jeanne MOREAU, actrice (par RANKY)

Raymond RÉANT, parapsychologue (par Jacques Mandorla)

Marc SCHWEIZER, écrivain, nègre, libraire et éditeur (par RANKY)

Jacques MONTAGNER, magnétiseur (par Jacques Mandorla)


Les prochains articles seront publiés à la cadence d’une nouvelle rencontre toutes les deux-trois semaines. Vous recevrez alors, en priorité, une newsletter qui vous annoncera la mise en ligne du nouvel article, dont lprochain sera : « Ma rencontre extra-ordinaire avec Billy BRIDGE, chanteur et compositeur (par RANKY) ».

Si vous souhaitez retrouver les 8 articles déjà mis en ligne, voici comment faire.

Ouvrez notre blog http://paranormal.blogspirit.com

Rendez-vous dans le menu déroulant de la colonne de gauche (sous nos deux portraits) qui énumère les différentes CATÉGORIES composant le sommaire de notre blog et cliquez sur la rubrique RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES. C'est très simple.

Bonne lecture et n'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.

 

11/01/2018

MA RENCONTRE AVEC MARC SCHWEIZER

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.


Ma rencontre avec Marc Schweizer, écrivain, nègre, libraire et éditeur par Ranky

 BIO EXPRESS

 Pierre+Gene%CC%80ve+.jpegMarc Schweizer est né le 22 novembre 1931 à Monaco de parents Suisses-Allemands demeurant à Nice. Son père, Emil Benz, douanier, est originaire de Leibstadt (Argovie) et sa mère, Elfried Höhener, de Thal Saint Gall. Il nous a quittés le 3 août 2017 à l'âge de 85 ans.

Sa famille regagne la Suisse en 1936 et s'installe à Genthod dans la banlieue de Genève. Le gamin dénommé Kurt-Emile Höhener (d'après l'acte de naissance de l'état civil de Monte Carlo) porte dorénavant le patronyme de son père : Benz, afin de respecter la coutume helvétique.

Benz est inscrit à l'école primaire de Genthod où son maître est Henri Baumard qui est aussi un  très célèbre animateur de radio Suisse Romande pour ses émissions destinées aux enfants, sous le pseudonyme de "Oncle Henri".

Oncle Henri" au cours d'une émission.

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MARC SCHWEIZER ET SES RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Ses parents se séparent et Marc est alors bourlingué de pension en pension où il aura pour condisciples, Luc Godard, futur cinéaste, le frère de ce dernier, futur médecin renommé, Philippe Zeller, futur colonel de l'armée suisse, Roland Dufour, futur psychiatre, Christophe Baroni, futur philosophe et écrivain, et encore bien d'autres personnages devenus célèbres.
En 1950 Marc Schweizer quitte subitement le collège Calvin et se met en tête de monter à Paris, à vélo. Arrivé après plusieurs jours de voyage, il parvient à vivre plusieurs mois au quartier Latin, d'amour, peut-être aussi d'eau fraîche, mais surtout de vin rouge et de poésie. Il fait la connaissance de Jacques Arnal, Isidore Isou, Galtier Boissière, Blaise Cendrars, Jacques Yonnet, avec lesquels il refait le monde.
Subitement, à nouveau, sac à dos, il se remet à bourlinguer à travers la France, la Belgique, la Hollande, en auto-stop quand ce n'est pas en moto-stop puis de retour encore une fois à Paris, il envisage après quelques jours de regagner Genève, sans le moindre sou en poche, au point de ne même pas pouvoir reprendre son vélo, déposé à la gare de Lyon lors de sa première escapade dans la capitale.
En Suisse, il se met à travailler et c'est ainsi qu'il devient employé successivement chez Coca Cola, dans les usines de scooter Vespa ou aux éditions littéraires "Connaître". Dans chaque établissement, il reçoit des propositions d'avancement, des plans de carrière mais il reprend, sac à dos, ses pérégrinations, cette fois-ci, à travers le monde où il travaillera ici ou là.
UNE PLUME ALIMENTAIRE
En 1959 Marc Schweizer rencontre Jean Bruce qui lui conseille d'écrire des romans policiers et d'espionnage. Principalement sous le pseudonyme de Pierre Genève, il en écrira plus de cinquante, ce qui ne l'empêche pas de publier parallèlement d'autres  livres de commande, policiers et érotiques, sous près de trente pseudonymes différents !
Marc dirige pendant dix années la Société Euredif dont il deviendra le principal actionnaire en 1977. Puis il vend toutes ses parts et se trouvant ainsi un peu fortuné, il reprend sa vie de bohème.
IL SE REMET A FAIRE CE QU'IL A ENVIE DE FAIRE ET RIEN D'AUTRE
Il est marchand de journaux et libraire à Montparnasse de 1981 à 1987. L'enseigne de sa boutique est "Les Muses de Parnasse".

Il revendique sa qualité de "nègre" et se fait rémunérer pour écrire à leur place les livres de gens connus. Et il y a beaucoup de travail car, en France, 60% des livres publiés sont écrits par des "nègres".

Marc Schweizer, alias Pierre Genève, est aussi rédacteur en chef de nombreuses publications, directeur de collections chez de grands éditeurs comme les Presses de la Cité.

1990, le paranormal est à la mode. La télévision traite abondamment et sans beaucoup de discernement, des sciences occultes, des sectes, des médecines parallèles. Alors  Marc crée une revue : "Science et Magie" qui connaîtra son prolongement sur Internet : www.science-et-magie.com

Plus de 200 ouvrages de Marc Schweizer sont publiés sous environ trente pseudonymes différents dont voici quelques-uns : Marc Schweizer - Pierre Genève - Marino Zermac - Hugo Prince - Perry Blackton - Serge Laurac - Rejeb ben Sahli...

MA RENCONTRE

Il existe des personnages dont le contact me rend subitement plus intelligent, je veux dire moins bête, des personnages qui déclenchent chez-moi des phénomènes incontrôlables, inexpliqués. Marc Schweitzer, ce grand bonhomme pour qui j’éprouve une amitié admirative sans limite, fait partie de ceux-là.

J'ai eu la chance de rencontrer Marc Schweizer lors d’une réunion "déjeunatoire", organisée en juin 2007 au domicile parisien de Marc par Jacques Mandorla, qui l'avait connu dans les années 1990 grâce au magnétiseur Jacques Montagner.

Marc est écrivain, poète, encyclopédie vivante, artiste universel mais, pour l’heure, il s’affaire près de ses fourneaux où il se révèle une fois encore d’une inspiration que ne renieraient pas les plus grands chefs. C’est qu’il a à coeur de combler ses quatre invités : le médium-voyant Pascal Mahious, la médium Dominique Vallée, Jacques Mandorla et moi-même. L’ambiance est des plus cordiales. La bonne humeur est au rendez-vous, subtilement émaillée des bons mots, anecdotes piquantes de notre hôte, décidément éblouissant. Cette bonne humeur non feinte ne l’empêche nullement de glisser subrepticement à chacun de ses invités quelques questions sur leurs activités, leurs passions, leurs projets. Marc possède un cerveau d’une curiosité insatiable et d’une organisation implacable. Pendant qu’il me lance une question sur les activités du Comité d’expertise parapsychologique que je dirige (CIEEPP), je ressens une sorte de “vide” corporel, comme un vertige, et une image s’impose à moi sans aucune raison apparente.

Le magicien Henri Kassagi.

1932-1997

th.jpegJe “vois” un magicien debout au milieu de notre petit groupe. Il est vêtu d’une veste sombre ornée de guipures, d’un pantalon moulant noir et de bottes montantes à talons hauts. C’est Henri Kassagi, un collègue récemment disparu. De crainte de passer pour un hurluberlu, je ne raconte pas ma “vision” mais j’annonce péremptoirement à tous : 

- Kassagi est déjà venu ici.

- Oui, répond Marc Schweizer, Kassagi est mon magicien préféré et il venait souvent chez-moi.

Alors j'annonce : - La pièce où nous nous trouvons actuellement était sa pièce de prédilection. 

- Exact, répond Schweizer, et il enchaîne : - Il avait aussi un siège préféré. François, dis-moi lequel ?

Il se passe alors quelque chose de complètement insensé : l’image de Kassagi disparaît du groupe et je le vois maintenant assis sur une simple chaise, contre le mur qui fait face à la fenêtre donnant sur la place des Ternes. Cette pièce de l’appartement ne comporte pas moins d’une dizaine de sièges en tous genre : chaises, fauteuils, canapé et je crains de présenter quelque problème psychiatrique car l’image de Kassagi assis est bien là, sur cette petite chaise. Alors je me lance, traverse la pièce et m’assieds en annonçant : - Voilà la place d’Henri Kassagi !

- Exact !, confirme Marc Schweizer.

S’agit-il d’une voyance, d’un hasard, d’une coïncidence ? J’affirme que c’était la première fois que je rencontrai Marc Schweizer et j’étais loin d’imaginer qu’il ait pu connaître Kassagi avec lequel, par contre, j’étais très lié. Est-ce ma qualité d’illusionniste qui a fait qu’aucun des participants à cette réunion n’a trouvé cette “divination” plutôt surprenante, ni jamais fait aucun commentaire, comme s’ils considéraient le résultat né de quelque secret trucage ? Quelle est donc la clé de ce mystère ?

La vie de Marc Schweizer est d'une richesse incroyable. Je vous invite à visiter le site qui lui est consacré : http://marcschweizer.blogspot.fr/2016/12/le-monde-dhier-1930-1950.html

 

 Quelques-uns des livres écrits par Marc Schweizer

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Prochain article : Ma rencontre avec Jacques Montagner, magnétiseur par Jacques Mandorla

 

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MA RENCONTRE AVEC JACQUES MONTAGNER

 RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Jacques Montagner, magnétiseur par Jacques Mandorla

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BIO EXPRESS

Jacques Montagner est né à Condom (Gers) le vendredi 13 août 1937 à 13h : et, malgré tout ces « signes » qui auraient pu en inquiéter plus d'un, il n'était pas du tout superstitieux ! Il nous a quittés en octobre 2006, à l'âge de 69 ans.

Sa carrière de magnétiseur a commencé de façon étonnante. Possédant un atelier de réparations d'engins agricoles, il participe régulièrement à des réunions à la Chambre de commerce du Gers où il rencontre le célèbre herboriste (aujourd'hui on dirait « phytothérapeute »), surnommé « le Pape des plantes », Maurice Mességué qui officiait à Fleurance.

Un jour de 1976, Mességué dit à Montagner : « Vous possédez un magnétisme très fort : vous devriez pratiquer cette technique pour soigner gratuitement les gens de votre entourage ! ». Montagner, ne connaissant pas du tout le sujet, demande à Mességué de lui expliquer en quoi consiste cette technique de soins. Les résultats sont si spectaculaires que, l'année suivante, Montagner ferme son atelier de réparations et ouvre un cabinet où il pratique professionnellement le magnétisme !

En 1988, Maurice Mességué m'a gentiment proposé d'écrire la préface de mon livre « ABC du magnétisme » (éditions Grancher) dans laquelle il n'hésite pas à préciser : « Jacques Montagner, que j'ai guidé dans ses premiers pas, je le considère, et de loin, comme le meilleur magnétiseur de France ».

 

MA RENCONTRE

Ma première rencontre avec Jacques Montagner date d'avril 1985. J'étais en train d'enquêter sur le monde des guérisseurs français, dans le but de publier, avec Françoise Simpère ma co-auteur, « Le guide des guérisseurs et autres thérapeutes » aux éditions Philippe Lebaud.

Le principe de cette enquête était le suivant : prendre un rendez-vous sous un pseudo, me faire magnétiser, payer en espèces (afin de ne pas laisser mes coordonnées sur un chèque) et, enfin, rédiger une fiche résumant les points positifs et négatifs de la séance.

Parmi les 350 guérisseurs traités dans la première édition figurait Jacques Montagner. Il officiait chez lui à Rueil-Malmaison. Ma séance fut unique, en ce sens que je notais plusieurs phénomènes étonnants, que je n'ai jamais rencontrés chez les autres magnétiseurs.

Premier phénomène : dès que Montagner a placé ses deux mains derrière mon crâne, je ressentis immédiatement une très forte chaleur émanant de ses paumes et envahissant ma nuque.

Deuxième phénomène : à la fin de la séance qui dura 20 minutes, je me mis debout et je fus pris de vertiges, ce qui m'obligea à m'asseoir un instant.

Enfin et surtout, troisième phénomène, je ressentis pendant toute la journée des « douleurs » dans mon crâne, mais pas comme une migraine classique : des douleurs uniquement dans les arcades sourcilières ! Étrange.

La réponse me sera apportée quelques semaines après la sortie du livre en 1986. Je reçus une lettre manuscrite de 3 pages, signée d'un des plus grands physiciens français : le professeur Yves Rocard (le père de l'ancien premier ministre Michel Rocard) ! Il venait de tomber, par hasard, sur notre livre et avait découvert mon récit des douleurs ressenties après la séance de magnétisme chez Jacques Montagner : pour lui, cela confirmait sa théorie que l'être humain possède des cristaux de magnétite (c'est-à-dire de la pierre d'aimant naturel) dans les arcades sourcilières ! Ce fait fut ensuite vérifié, l'année suivante, par le biologiste anglais Robin Baker, de l'université de Manchester, qui trouva de la magnétite dans des crânes de personnes décédées ! Au total, le professeur Yves Rocard a trouvé 8 endroits différents, dans le corps humain, contenant de la magnétite.

Au cours de l'imposition de ses mains sur mon crâne, Jacques Montagner avait donc excité la magnétite contenue dans mes arcades !

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Photo Kirlian de l'énergie émise par la main droite du magnétiseur Jacques Montagner

 

BIBLIOGRAPHIE

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ABC du magnétisme (éditions Grancher)

Dans ce livre, j'ai consacré un très long chapitre à Jacques Montagner avec, entre autres, une interview en profondeur où le magnétiseur révèle la méthode qu'il a mise au point pour magnétiser.

Par ailleurs, Jacques Montagner donne de nombreux exemples de cas qu'il est parvenu à traiter avec succès (zona, eczéma, stress,...).

Je consacre aussi un autre chapitre aux résultats qu'il a obtenus lors de tests scientifiques effectués, à ma demande, par le professeur Yves Rocard.

 

Prochain article : Ma rencontre avec Billy Bridge, chanteur et compositeur par Ranky

 

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04/12/2017

MA RENCONTRE AVEC RAYMOND RÉANT

 RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Raymond Réant, parapsychologue par Jacques Mandorla

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BIO EXPRESS

Raymond Réant (1928-1997) est né à Liévin dans le Pas-de-Calais. Élevé dans une famille protestante, il a été très tôt confronté aux phénomènes paranormaux car ses grands-parents maternels étaient médiums. Il a affirmé avoir vécu sa première expérience de voyage hors du corps le soir même de son anniversaire de 36 ans. Il s'est intéressé à la plupart des techniques paranormales : la psychométrie, la radiesthésie, l'influence à distance, le voyage hors du corps, les guérisons spirituelles,... Il enseignait toutes ces techniques dans son pavillon de Villeparisis (Seine-et-Marne). Il est décédé en 1997 à l'âge de 69 ans.

MA RENCONTRE

J'ai rencontré Raymond Réant en 1991, sur un stand que TF1 avait créé lors d'un Salon Porte de Versailles. Nous avions été invités par la chaîne afin de présenter nos livres respectifs. J'ai donc passé la journée avec lui, évoquant de nombreux sujets liés à la parapsychologie.

Nous nous sommes revus plusieurs fois ensuite afin que je l'interviewe : je passais alors du temps avec lui, dans son petit pavillon de Villeparisis.

Le personnage était très sympathique et d'un abord très facile mais surtout il était resté très simple... malgré les fortes ventes de ses livres, publiés dans les années 1980 (voir, plus loin sa bibliographie) : cela ne lui était jamais « monté à la tête ».

Un jour, il m'a fait une confidence étonnante. Alors que je lui disais qu'il était toujours optimiste et d'une égale humeur, il me confia : « Il n'y a qu'une chose qui m'a touchée : certains journalistes, dans leur interview, m'ont comparé à Séraphin Lampion, l'un des personnages de Tintin, un vendeur d'assurances casse-pieds et peu sympathique. Tout cela parce qu'on a la même petite moustache ! ».

Une expérience de psychométrie pour la recherche d'un trésor

La psychométrie, terme créé en 1885 aux États-Unis par le docteur Buchanan (du grec psukhé, âme et metron, mesure), désigne la capacité possédée par une personne de raconter l'histoire d'un objet, son origine et certains événements marquants de sa vie passée, uniquement en le prenant en mains et en se concentrant dessus.

Raymond Réant fut l’un des voyants français les plus sollicités par les scientifiques pour faire des expériences de psychométrie, parfois destinées à des recherches de trésors.

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Voici comment il m’a décrit sa méthode lors d’une interview qu’il m’avait accordée : « Pour parvenir à des résultats, je me concentre fortement sur l'objet à étudier et instantanément j'aperçois des images qui représentent les moments forts de la vie et de l'environnement de cet objet. J'explique ce phénomène en affirmant que les choses qui nous entourent ont, un peu comme les êtres humains, une mémoire dans laquelle s'impriment les faits essentiels dont elles sont les témoins involontaires et immobile. Ainsi, un jour, on m'a apporté une pierre provenant de la muraille d'un château féodal pour essayer de détecter la présence d'un trésor. J'ai capté des images d'un meurtre perpétré à l'aide d'un poignard et mettant en scène des gens vêtus comme au Moyen Age. Un peu plus tard, après recherche sur l'histoire du château, on découvrit qu'un crime avait bien eu lieu à cet endroit, plusieurs siècles auparavant. La pierre avait mémorisé comme un souvenir, ou peut-être comme un cauchemar, ce meurtre du passé et c'est cela que j'avais capté ! ».

Finalement, en plus de la révélation d’un crime commis dans le château, Raymond Réant a pu localiser une cache dans un mur, cache qui s’est hélas révélée vide : le trésor avait donc probablement été découvert, bien avant la réalisation de l’expérience de psychométrie !


Test scientifique réalisé avec Raymond Réant

Raymond Réant a été soumis, un jour, à une expérience étonnante, dirigée par le professeur François Saison, de l'université d'Orsay, expérience filmée et intitulée « La pierre ronde ».

Après avoir remis un fossile au voyant, le scientifique le laisse parler : « Je vois un coquillage : c'est une ammonite évidée, utilisée par des Indiens pour un usage religieux. J'entends une voix qui dit "salagraman" à l'instant même un prêtre loge, dans la cavité du coquillage enveloppé par le galet, un tout petit document portant des inscriptions que je ne comprends pas. Je vois un grand fleuve. En m'élevant très haut, je le reconnais comme étant le Gange, dans la découpe du territoire indien ».

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Voici, à l'issue de cette expérience, le commentaire du professeur François Saison : « J'ignorais absolument tout de cet objet, sauf son origine indienne. Après bien des recherches, à la suite du mot "salagraman" donné par monsieur Réant, j'ai eu la joie de découvrir ce mot, écrit avec une lettre en moins, à la page 323 du "Dictionnaire des religions" de l'Abbé Bertrand édité en 1851, à l'article "salagrama" : petite pierre extrêmement vénérée en Inde par les Brahmanes qui la considèrent comme une métamorphose de Vishnou. C'est une sorte de coquille pétrifiée dans le genre des ammonites. On la trouve dans la rivière Cassai, un des affluents du Gange. Cette pierre est cependant assez rare. Les Brahmanes, après l'avoir lavée, la portent sur l'autel et la parfument. Ensuite ils distribuent à leurs .fidèles un peu d'eau qui l'a touchée. il n'est rien de plus efficace pour obtenir la rémission de tous ses péchés que d'avoir de l'eau dans laquelle on a lavé une pierre salagrama ».

 

Testez vos capacités de psychométrie (test proposé par Raymond Réant)

Mesurez vos potentialités en psychométrie en demandant à des personnes de votre entourage de vous soumettre des objets "exotiques" (statuettes ou produits d'artisanat rapportés par des tiers d'un pays étranger) ou des objets personnels proposés par ceux qui assistent au test (montres anciennes, bijoux, vêtements...). Aucune information ne doit vous être donnée lors de la présentation des objets.

Puis prenez un objet en main : palpez-le, ressentez-le, imprégnez-vous en bien. Plus vous donnerez de détails sur l'objet (époque, origine géographique, description du propriétaire...), plus le test sera réussi.

Chers amis blogueurs, n’hésitez pas à nous envoyer vos commentaires sur les résultats obtenus à : paranormal@orange.fr

 

BIBLIOGRAPHIE

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Parapsychologie pratique pour tous Éditions du Rocher (1982)

Pratiquez la parapsychologie Éditions du Rocher (1985)

La parapsychologie et l'invisible Éditions du Rocher (1986)

Prochain article : Ma rencontre avec Marc Schweizer, écrivain, nègre, libraire et éditeur par Ranky

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27/10/2017

MA RENCONTRE AVEC JEANNE MOREAU

 RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.


Ma rencontre avec Jeanne Moreau, actrice par Ranky

 

BIO EXPRESS

jeanne-moreau-destin-d-actrice.jpgJeanne Moreau est née le 23 janvier 1928. Elle est décédée le 31 juillet 2017 à l'âge de 89 ans. Actrice, elle a joué dans 135 films parmi lesquels : Les amants, Ascenseur pour l’échafaud, Modérato cantabile, Jules et Jim, Le journal d’une femme de chambre, Viva Maria avec Brigitte Bardot, La mariée était en noir… sous la direction des réalisateurs les plus prestigieux comme Joseph Losey, Luis Bunuel, François Truffaut, Bertrand Blier, Louis Malle, Wim Wenders, Fassbinder, Antonioni, Orson Welles….

Détentrice de nombreuses récompenses, elle est nommée César de la meilleure actrice pour le film La vieille qui marchait dans la mer qui sera suivi de deux autres César d’honneur en 1995 et en 2008, puis elle sera élue à l’Académie des beaux arts de l’Institut de France en 2000. l'Académie américaine des arts et des sciences du cinéma lui décerne un Oscar d'honneur en 1998.

 

MA RENCONTRE

Le tintamarre du métro était perturbant, presque insoutenable, et la chaleur moite pas du tout propices aux échanges verbaux, à l’introspection et encore moins à la rêverie. L’extrémité du wagon ressemblait à une petite alcôve, un endroit plus intimiste que la rame, pourtant seulement occupée de voyageurs clairsemés.

Je m’assis en face de la seule occupante de cet espace semblant privilégié, en face d’une dame un peu âgée, très belle, très peu maquillée, se tenant droite, parfaitement immobile, les deux mains sur un sac noir posé sur ses genoux.

Je la reconnus immédiatement et elle perçut cette évidence à la même seconde, me remerciant d’un regard du respect de ne pas l’importuner comme le font la plupart des gens en quémandant un autographe ou en l’abreuvant de banalité dérisoires et malvenues.

J’étais fasciné, non pas par son statut de star mondiale du cinéma, je n’ai d’ailleurs vu que fort peu d’œuvres où elle s’est produite, mais fasciné littéralement par la femme que j’avais devant moi, la puissance de sa personnalité et cette sorte d’abandon que je ressentis quand elle plongea son regard dans le mien. Elle me rendait heureux ! J’aurais pu m’interroger sur les raisons pour lesquelles elle m’attachait autant d’importance, moi qui suis petit, pas très beau, somme toute assez banal, mais non, j’étais heureux ! J’ai cru discerner qu’elle l’était aussi. Mais quand même, Jeanne Moreau ?!

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Nous avons dû faire ce joli voyage durant quatre ou cinq stations, nos regards plongés l’un dans l’autre. Et puis j’émergeais soudain. Je devais descendre à Maisons-Alfort-École vétérinaire, reprendre ma voiture pour rentrer chez moi.

Je me levais, me rapprochant un peu d’elle, en signe d’au revoir. Elle eut un mouvement des lèvres en continuant de me fixer dans les yeux, comme si elle me donnait un baiser.  Je me détachais de ce lien ineffable qui nous unissait et, une fois sur le quai, regardais le métro s’enfoncer sous le tunnel et disparaître à jamais. C'était quelques mois avant son décès.

Souvenir impérissable, Jeanne et moi, juste un petit quart d’heure, sans prononcer un mot, nous avons parlé d’Amour et d’Éternité.

                                                                                                         

BIBLIOGRAPHIE

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Destin d’actrice Stéphane Loisy et Jean-Luc Béjo. Éditions Carpentier.

 

 

 

 

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Jeanne Moreau l’insoumise Jean-Claude Moireau. Éditions Flammarion.

 

 

 

Éternelle Guy Deloeuvre. Éditions format Kindle.

 

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Jeanne Moreau chanteuse. DVD et Vinyls sur Amazon.

 

 

 

 

 

Prochain article : Ma rencontre avec Raymond Réant, parapsychologue par Jacques Mandorla

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14/10/2017

MA RENCONTRE AVEC BERNARD HEUVELMANS

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Bernard Heuvelmans, cryptozoologue par Jacques Mandorla

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BIO EXPRESS

Bernard Heuvelmans est né en 1916 au Havre, d'un père belge et d'une mère hollandaise. Il est décédé au Vésinet le 22 août 2001, à l'âge de 88 ans. Il a fait ses études à l'Université libre de Bruxelles où il a obtenu, à 23 ans, le titre de docteur ès sciences zoologiques après la soutenance d'une thèse sur l'oryctérope (un fourmilier d'Afrique), dans laquelle il résolvait le mystère de sa dentition, tenue jusqu'alors pour inclassable et incompréhensible.

À partir de 1948, il est irrésistiblement attiré par l'énigme des animaux encore inconnus des scientifiques et dont l'existence repose sur des témoignages individuels, des légendes, des traces,...

En 1955, après plusieurs années de recherches, il publie "Sur la piste des bêtes ignorées", best-seller vendu à plus d'un million d'exemplaires dans ses diverses traductions et devenu un classique car il pose les bases d'une discipline scientifique nouvelle : la cryptozoologie, ou science des animaux cachés.

En 1960, il aide son compatriote et ami Hergé afin de réaliser son album de bandes dessinées "Tintin au Tibet", dans lequel apparaît le Yéti.

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L'ultime image de l'album d'Hergé "Tintin au Tibet" dont Heuvelmans fut le conseiller.

En 1982, des savants fondent à Washington, dans les locaux de la célèbre Smithsonian Institution, l'International Society of Cryptozoology dont Heuvelmans, « père » de cette discipline, a été élu président.

En 1997, à 81 ans, Heuvelmans s'est vu décerner, par l'Université de Hambourg, le Prix Gabriele-Peters de la science fantastique qui le sacre le « Brehm » (le Buffon allemand) du monde animal inconnu.

MA RENCONTRE

J'ai eu la plaisir et la chance de passer un après-midi avec Bernard Heuvelmans, dans sa maison du Vésinet, en banlieue parisienne. Il m'a reçu en présence de son épouse, le peintre animalier Alika Lindbergh. Il avait gentiment accepté que je l'interviewe pour la collection par fascicules de l'encyclopédie du paranormal FACTEUR X, dont j'étais le conseiller éditorial.

Pouvez-vous définir la cryptozoologie, cette nouvelle discipline que vous avez fondée ?

J'ai créé ce terme à la fin des années 1950 à partir de trois racines grecques : cryptos (caché), zoon (animal) et logos (discours). Pour moi, la cryptozoologie, c'est donc la science des animaux cachés, ceux dont l'existence ne repose que sur des preuves testimoniales (fondées sur des témoignages) ou circonstancielles (qui caractérisent la situation), parfois même sur des relevés de traces ou sur des restes présumés, autant de preuves jugées insuffisantes par d'aucuns.

Quand a commencé votre passion pour les animaux mystérieux?

En 1948, j'ai lu dans le Sarurday Evening Post un article dans lequel un chercheur américain, Ivan T. Sanderson, envisageait la survivance sur terre de descendants des dinosaures. J'ai d'abord cru que c'était un article de fiction, mais comme j'avais lu un autre livre de cet auteur sur ses différentes expéditions à la recherche d'animaux mystérieux, j'ai compris que l'article était sérieux. Dès lors, Sanderson, disparu en 1973, est devenu un ami avec lequel j'ai correspondu et échangé des idées pendant plusieurs décennies.

 

Que faut-il entendre par « animaux inconnus de l'Homme » ?

En réalité, très peu d'animaux sont vraiment inconnus de l'Homme. En effet, dans chaque contrée du monde, les indigènes connaissent en général toute la faune qui participe à leur environnement. Ainsi le gorille, dont le monde occidental n'a voulu admettre l'existence qu'en 1847, a toujours porté un nom dans tous les dialectes d'Afrique de l'Ouest et du Centre. D'ailleurs, il avait été décrit avec soin, dès le XVIIe siècle, par l'aventurier anglais Andrew Battell. Même le plus célèbre des fossiles vivants de notre temps, le cœlacanthe, décrit en 1939 par le professeur J. L. B. Smith, n'était pas du tout une découverte pour les pêcheurs des Comores qui le connaissaient pour l'avoir parfois attrapé au bout de leurs lignes. Or, pour la communauté scientifique mondiale, ce poisson à pattes était présumé disparu depuis 65 millions d'années !

Où peut-on avoir la chance de trouver des animaux encore inconnus ?

Mais dans tous les pays du monde ! Pour ma part, j'ai découvert, en France, sur l'île du Levant, une forme de chat tout à fait ignoré ! Les seules régions du globe où puissent vivre des êtres totalement inconnus sont, en fait, celles inhabitées par l'Homme, car inhabitables, voire impossibles à traverser : de rares immensités arides de glace, de rocailles ou de sable, quelques sommets montagneux inviolés et, bien entendu, les profondeurs océaniques. C'est pourquoi ces êtres sont rarement à notre portée.

Que pensez-vous des animaux sur lesquels ne circulent que des rumeurs vagues, des témoignages épars ou de simples légendes ?

Ce sont précisément ceux qui m'intéressent. Vous faites sans doute allusion à ces bêtes mystérieuses dont parlent les médias, non sans une pointe de dérision. Les plus célèbres ont été affublées de noms ridicules comme le « monstre du Loch Ness », « l'abominable homme des neige » ou le Bigfoot (grand pied) en Amérique du Nord. Mais en réalité, ce trio célèbre ne représente pas l'ensemble des bêtes inconnues : en 1986, j'ai dénombré environ 150 formes animales auxquelles doit s'intéresser la cryptozoologie.

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Les principales typologies de "serpents de mer" établies par Heuvelmans à partir de témoignages recueillis dans le monde entier.

Pourquoi a-t-on généralement tendance à qualifier ces bêtes inconnues d'abominables ou de monstres ?

C'est toujours par horreur de l'inconnu que l'Homme cherche à combler les zones d'ombre ou les franches lacunes de sa connaissance sur ces animaux. Nous empruntons généralement certains de leurs traits marquants à la mythologie dans lequel ils s'insèrent le plus commodément : voyez le Dragon, la Licorne, la Sirène, l'Ogre, le Loup-Garou... Ces traits sont parfois, hélas, d'une nature fantastique, voire surnaturelle. Moins nous en savons sur ces animaux - soit parce qu'ils ont été entrevus de manière fugitive du fait qu'ils sont aquatiques, nocturnes ou fouisseurs, soit parce qu'ils hantent des régions inhospitalières où l'Homme ne s'aventure guère, soit surtout parce qu'ils craignent celui-ci et le fuient - plus ils sont appelés à être mythifiés. Il est donc tout à fait naturel de voir ces animaux, peu ou mal connus, considérés comme des _monstres., des créatures d'exception. En fait, ce sont des animaux comme les autres.

Qui sont ces 150 animaux encore ignorés, mais dont l'existence a été signalée ?

Une bonne cinquantaine d'entre eux appartiennent au monde aquatique : baleine archaïque au cou encore délié, gros phoque à long cou ou à crinière léonine, lamantin géant, crocodile marin, anguilles géantes, calmar ou poulpe démesurés... Une centaine d'entre eux appartiennent au monde terrestre : marsupiaux, singes, ours, félins, rhinocéros, oiseaux, reptiles... Cet inventaire est nécessairement approximatif et provisoire. En effet, on découvre sans cesse de nouvelles espèces de taille appréciable. Ainsi, entre 1975 et 1995, on a découvert, entre autres, un pécari géant au Paraguay, un énorme requin inconnu, un gecko colossal en Nouvelle-Zélande et un autre en Iran, une baleine tueuse dans l'Antarctique, une espèce d'éléphant - de race pygmée - jusqu'à présent tenue pour légendaire, une nouvelle antilope au Vietnam, etc. Il ne se passe pas une année sans que l'on fasse des découvertes saisissantes !

Comment obtenir une preuve irréfutable de l'existence d'un animal inconnu ?

On me dit souvent qu'il existe deux types de preuves possibles : soit les photographies, soit la capture d'un spécimen. Mais il faut bien avouer que les photographies constituent des éléments peu fiables car la plupart sont truquées : en effet, vous imaginez bien qu'il est pratiquement impossible d'avoir son objectif braqué au bon endroit et au bon moment sur un animal inconnu ! Pour ce qui est de capturer un spécimen, on se heurte d'abord à un problème éthique : en effet, il n'est pas question pour moi de tuer un animal quel qu'il soit. De plus, je suis convaincu que l'on apprend beaucoup plus de choses en étudiant un animal vivant qu'en travaillant sur un cadavre. À ce titre, je préfère de loin les travaux de la regrettée Diane Fossey à ceux effectués sur des centaines de singes massacrés ou mis en cage. Cette grande scientifique nous a énormément appris sur les gorilles, simplement parce qu'elle vivait avec eux.

Parmi tous les animaux que vous avez étudiés, lequel est votre préféré ?

Mon animal favori, c'est incontestablement le gorille. Il représente à mes yeux la force tranquille, l'innocence, le paradis perdu. Et si l'homme est considéré comme supérieur à l'animal par l'intelligence, je ne suis pas sûr que l'homme moyen soit vraiment plus intelligent que le singe, le chat ou l'éléphant.

Pour conclure, comment voyez-vous l'avenir de la cryptozoologie ?

Tout d'abord, je tiens à préciser que cette discipline de la zoologie ne s'intéresse pas qu'aux « monstres » extraordinaires, mais aussi à des animaux qui n'ont rien de spectaculaire, comme une petite antilope du Liberia ou un oiseau coureur des îles Marquises. Ensuite, on peut affirmer que la cryptozoologie fait partie aujourd'hui de l'establishment scientifique. L'ennui, c'est qu'il existe des chercheurs se prétendant cryptozoologues qui travaillent dans la précipitation : ainsi, certains Américains et Japonais organisent des expéditions bâclées qui se soldent toutes par de graves déconvenues parce qu'ils ne suivent pas ma méthode avec toute la rigueur souhaitable. Cette méthode est pourtant très simple. Ele consiste, avant de se lancer sur la piste d'un animal, à rassembler sur lui toutes les informations possibles, à établir des fiches précises et des tableaux synoptiques, puis à en dresser un portrait-robot physique et comportemental : de quoi se nourrit l'animal, quelles sont ses réactions face à l'homme, etc. Ce n'est qu'après avoir esquissé ce portrait-robot qu'on peut partir en expédition. Et je peux vous assurer que, grâce à cette méthode, vous parviendrez à d'excellents résultats.

 

BIBLIOGRAPHIE

Sur la piste des bêtes ignorées – Éditions Plon – 1955

Le Grand Serpent de mer. Le problème zoologique et sa solution. Histoire des bêtes ignorées de la mer - Éditions Plon - 1965

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L'Homme de Néanderthal est toujours vivant (avec Boris Porchnev) – Éditions Plon - 1974

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Prochain article : Ma rencontre avec Jeanne Moreau, actrice, par Ranky

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30/09/2017

MA RECONTRE AVEC JACQUES BENVENISTE

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Jacques Benveniste, médecin, inventeur de la mémoire de l'eau par Ranky

 

BIO EXPRESS

th.jpgJacques Benveniste est né le 12 mars 1935. Il est décédé le 3 octobre 2004, à l'âge de 69 ans. Ancien interne des hôpitaux de Paris, puis chef de clinique, cet homme faisait de la réanimation à une époque où cette spécialité balbutiait encore : comme quoi Jacques Benveniste a toujours été un novateur. C'est la recherche qui l'intéresse et qu'il pratique aux États-Unis au sein de la Scripp Clinic and Research Fondation où il découvre une nouvelle molécule. Cette découverte d'un facteur activateur des plaquettes sanguines le rend célèbre.

En 1973 il fait son entrée à l'INSERM et dirige des unités de recherche. Le ministre de la recherche Jean-Pierre Chevènement l'engage en tant que conseiller. Jacques Benveniste s'intéresse à l'allergie, sujet peu étudié et qui touche pourtant près de quinze millions d'individus. Il s'aperçoit alors, avec son équipe, que l'eau peut reproduire l'activité de molécules et ses écrits font hurler la communauté des biologistes.

En effet, ayant obtenu un produit déclenchant l'allergie, ce produit dilué ne devait plus,"normalement" générer un seul phénomène allergique. Extraordinaire découverte ! Alors que le produit tellement dilué a disparu de l'éprouvette, il continue à produire un effet. On peut donc observer une activité dans l'eau qui ne contient plus de molécule, comme si le liquide se souvenait  avoir vu cette molécule, d'où l'expression "la mémoire de l'eau". En fait, l'eau est moins importante que le message qu'y laissent les molécules.. C'est cela le terrain d'investigation de Jacques Benveniste.

Jusqu'à cette découverte violemment contestée, il était l'un des scientifiques français les plus écoutés. Il était devenu nobélisable.

À cause de ses recherches "bizaroïdes", Benveniste est relégué au rang de marginal. Du coup, ses budgets sont réduits, de même que ses locaux. Notre "illuminé" se retrouve dans une baraque préfabriquée où il pourra attendre sa retraite, en abandonnant la méthode expérimentale et sans perturber les fonctionnaires de la recherche par des découvertes "fumeuses".

JACQUES BENVENISTE, UN EMPÊCHEUR DE PENSER EN ROND.

Mais avec une équipe, elle aussi réduite, Jacques Benveniste continue ses recherches et découvre que l'activité de molécules complexes peut être effacée à l'aide d'un champ magnétique, exactement comme on peut effacer un son sur une bande magnétophone ou une image sur un DVD. De là à pouvoir transférer ces informations magnétiques d'une éprouvette à l'autre à l'aide d'un fil, il n'y a qu'un pas. Celui-ci est franchi et l'équipe Benveniste réussit à enregistrer cette activité sur un ordinateur, car ces molécules ou leur "mémoire", communiquent si elles possèdent la même vibration. Voici donc, peut-être, un médicament anti-allergique qui pourra être administré à partir d'une carte à puce, par téléphone ou par tout autre moyen sonore. Cette invention pourrait bien ouvrir la porte à une médication numérique.

MA RENCONTRE

Moi,  simple illusionniste, je n'ai pas à juger de la réalité ou non de ces découvertes.  Je n'en ai pas la capacité, n'ayant aucune formation scientifique. Mais cet homme ne méritait pas d'être mis au banc des accusés, vilipendé, rabroué, insulté : tout cela a sans doute contribué à précipiter son décès. Certains scientifiques sont souvent aptes à préserver la vie, mais ils sont aussi capables de provoquer la mort, même sans l'intention de la donner. C'est mon opinion.

Jacques Benveniste dessiné par Patrice Serres.

JACQUES BENVENISTE 1935-2005.jpgJ'ai rencontré Jacques Benveniste, pour la première fois, grâce à Jean-Yves Casgha qui nous avait invités à son mariage, en compagnie de nombreux journalistes dont Eric Bony, Fabien et Fabienne Bleuze, Mireille Dumas et diverses personnalités.

Il y avait beaucoup de monde dans les jardins de la maison de Jean-Yves et je me souviens très bien qu'un groupe d'une dizaine de personnes s'était formé autour de moi car Jacques Benveniste m'avait demandé de lui faire un tour de magie. J'avais alors sorti de ma poche un cadenas à code secret à quatre chiffres et ayant accroché à celui-ci deux bagues prêtées par des spectateurs, j'avais brouillé la combinaison en annonçant que subitement j'étais très ennuyé car je ne me souvenais plus de cette combinaison. Ces deux bijoux risquaient donc de ne plus jamais sortir du cadenas ! Tout le monde était dépité et déçu que je rate ainsi ma prestation de magicien, pourtant de bonne notoriété.

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- "À moins, dis-je, que l'on ne force le hasard".

Je confiai donc le cadenas à Jacques Benveniste, à charge pour lui de composer quatre chiffres sortant de son imagination et de tenter d'ouvrir ce maudit cadenas. Ce qu'il fit consciencieusement, mais le cadenas resta fermé.

- "On va tenter autre chose, Jacques : demandez à quatre personnes de vous donner chacune un chiffre, que vous composerez à chaque fois. Mais franchement ça m'étonnerait que ça marche !"

Quatre personnes ont alors donné chacune un chiffre au hasard et, une fois le code rentré, Jacques tira sur l'anse du cadenas qui s'ouvrit "miraculeusement" sous les applaudissements de la "foule" ! Et Jacques Benveniste, avec un regard d'enfant, s'exclama : "C'est plus fort que la mémoire de l'eau !"

Quel joli souvenir. Je m'en souviens encore comme si c'était hier. J'ai rencontré ensuite Jacques Benveniste à différentes reprises et, sous son air parfois taciturne et même un peu bourru à moins que ce ne soit timide, il cachait une sensibilité incroyable. Tous ses amis le savaient, qui lui ont d'ailleurs rendu un hommage émouvant dans le numéro 102 du magazine "Science-Frontières" de décembre 2004 qui lui est entièrement consacré et dans lequel on retrouve la retranscription d'une interview pour la télévision, réalisée par Claude Rauber avec des entretiens de Cathy Nivez où il concluait par une phrase qui ne cesse de m'interpeller : "L'homme est ce qu'il fait, il n'est ni ce qu'il dit, ni ce qu'il croit... Il est ce qu'il fait..."

 BIBLIOGRAPHIE

514ENH7998L._AC_US218_.jpgMa vérité sur "La mémoire de l'eau", Jacques Benveniste. Éditions Albin Michel, 1994. Préface de Brian David Josephson, prix Nobel de physique.

Un cas de censure dans la Science : l’affaire de la mémoire de l’eau. Michel Schiff. Éditions Albin Michel, 1994.

Savants maudits, Chercheurs exclus, tome 2. Pierre Lance. Éditions Guy Trédaniel, 2005.

L'âme des molécules : une histoire de la "mémoire de l'eau" Francis Beauvais. Éditions Lulu Press, 2007.

Prochain article : Ma rencontre avec Bernard Heuvelmans, cryptozoologue, par Jacques Mandorla

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MA RENCONTRE AVEC GROCK

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec GROCK, clown par Ranky

 

BIO EXPRESS

th.jpgGrock, clown musical est né le 10 Janvier 1880 en Suisse. Il décède le 14 Juillet 1959 en Italie. Tour à tour professeur de français, ouvrier dans une fabrique d’instruments de musique, caissier dans un cirque, accordeur de piano, il fait ses débuts d’artiste avec le clown Brick. Leur duo se nomme tout naturellement “Brick et Brock”. Mais pour ne pas tomber dans la facilité, il change le nom Brock en Grock. Grock obtient le succès avec tout ce qu’il touche. Ses numéros connaissent le triomphe. En 1914, “L’Olympia” est au bord de la faillite. Il est engagé, le succès est immédiat, “L’Olympia” est sauvé. Le musicien Léon Silbermann souhaite une association commerciale et artistique avec Grock. Affaire conclue : une maison d’édition “L. Silbermann and Grock” est fondée pour laquelle Grock écrira 2 500 chansons. Grock participe à des tournées mondiales. Partout son extraordinaire talent est reconnu : Grande-Bretagne, Italie, France, Allemagne, Hollande, Russie, Amérique... Il parlait couramment six langues, jouait de 24 instruments. Il était également sourcier-radiesthésiste et aussi inventeur. Il a fait construire une scène de cirque tournante de 9 mètres de diamètre qu’il installait dans son chapiteau à quatre mâts de 4 500 places et qui permettait de voir les attractions de tous les côtés à la fois.

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Grock est l’inventeur de numéros célèbres comme le “saut de la chaise” qui consistait à se tenir debout dans une chaise percée et, par un saut, il se retrouvait instantanément assis sur le dossier, le pied droit sur le bord de cette chaise et la jambe gauche sur le genou droit, tout en jouant d’un minuscule accordéon. On lui doit aussi le fameux gag, repris par de nombreux humoristes, du pianiste se mettant à son instrument et s’apercevant que ses bras sont trop courts pour accéder au clavier, le siège étant éloigné de l’instrument, tente de pousser le piano vers le siège au lieu de rapprocher le siège vers le piano.

th-7.jpgIl a eu l’idée de l’accordéon à touches-piano construit par la société Hohner et mis au point une machine à mélanger les cartes à jouer, ainsi que bien d’autres inventions, toutes à l’image d’un homme de génie.  

MA RENCONTRE

Grock, en tournée à Berck, vint à la boutique où je travaillais porter ses montres à réparer. Touché par mon dynamisme et l’admiration que je lui portais, l'homme m’avoua qu’avant de devenir artiste de cirque, il avait failli devenir horloger ! Je n’étais pas peu fier lorsque qu’il demanda à mon patron, Marc Duplessis qui tenait boutique au numéro 50 de la rue Carnot à Berck-Plage, de confier le travail à l’apprenti que j’étais ! "Avant que votre excellent jeune ouvrier n’abandonne l’horlogerie pour devenir artiste !", lança Grock, la bouche fendue jusqu’aux oreilles (Grock était-il aussi un visionnaire ?). Mais quelle émotion lorsque cet immense clown, me fixant droit dans les yeux, m’octroie, rien que pour moi, son extraordinaire et célèbre :”sans bla-a-a-gue” avec cette voix grave et profonde qui faisait trembler tous les chapiteaux.

BIBLIOGRAPHIE

Sans blague! Ma carrière de clown Editions Flammarion 1948.

th-8.jpgMa vie de clown - Sans bla-a-a-gue ! Editions Pierre Horay 1954.

Grock raconté par Grock Editions Victor Attinger 1931

Grock raconté par Grock, Editions du Pré-Carré, Porrentruy (Suisse) 1980

Max Van Embden, J'étais l'ombre d'un clown - L'Album de Grock, Les Cahiers du cirque, Éditions de la Gardine, Sorvilier (Suisse), 1996 (ISBN 2882000138)

Plusieurs disques de ses chansons sont produits par la Société ODEON.

th-4.jpgGrock est acteur dans une dizaine de films et notamment  dans : AU REVOIR MONSIEUR GROCK (1950) du réalisateur Pierre Billon, avec une très belle distribution des rôles, notamment Suzy Prim, Maurice Régamey, Georges Chamarat de la comédie française, une musique de Henri Sauguet et… Grock. On reconnaît, dans la multitude de figurants jouant le rôle de spectateurs assistant au numéro final de Grock, des comédiens devenus ensuite célèbres tels Gil Delamare et Louis de Funès.

Prochain article : Ma rencontre avec Jean-Louis Crozier, radiesthésiste, par Jacques Mandorla

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MA RENCONTRE AVEC JEAN-LOUIS CROZIER

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Jean-Louis Crozier, radiesthésiste par Jacques Mandorla

 

BIO EXPRESS

Jean-Louis Crozier est né en 1944. Il est décédé le 31 décembre 2008. La journée, il  exerçait son métier de magnétiseur dans son cabinet à Aubenas (Ardèche). Le soir (et souvent la nuit !), en tant que radiesthésiste, il aidait bénévolement les enquêteurs (Gendarmerie, Police ou Pompiers) afin de leur permettre de retrouver des personnes disparues, au moyen de son pendule.

Son grand-père paternel était sourcier et l'avait initié, chaque année pendant les vacances scolaires d'été, à la recherche de sources dans les environs du petit village ardéchois de Flaviac. Il a ainsi débuté la radiesthésie... à l'âge de 5 ans ! Et sa mère soignait les brûlures par conjuration. Il était donc né sous une double bonne étoile.

Aujourd'hui, sa fille Stéphanie a repris le cabinet d'Aubenas où elle pratique professionnellement magnétisme et radiesthésie.

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Jean-Louis Crozier dans son cabinet d'Aubenas, en pleine recherche d'un disparu (photo Jacques Mandorla)

MA RENCONTRE

 En 1989, j'ai appelé Jean-Louis Crozier pour lui demander s'il acceptait de collaborer au livre que je commençait à écrire, intitulé "ABC de la radiesthésie". Il était d'accord mais il m'avoua qu'il n'avait pas de temps disponible. Je lui ai donc fait la proposition suivante : " À la fin de chacun des chapitres, je vous laisse carte blanche pour vous exprimer, même si vous n'êtes pas d'accord avec moi. De plus, je consacrerai un chapitre entier à vos recherches de disparus ".

C'était parti ! Quelques semaines plus tard, j'ai passé plusieurs jours chez lui à Aubenas. j'ai alors découvert quelqu'un de très modeste, toujours à l'écoute. On a d'abord parlé de son métier de magnétiseur : il consultait en direct dans son cabinet, mais il "soignait" aussi sur photo à distance, ce qui est plus plus étonnant ! 

Mais c'est son côté "chercheur de disparus" qui m'a le plus intrigué. Comment faisait-il pour réussir à aider les enquêteurs, simplement en faisant balancer son pendule au-dessus d'une photo (" Je préfère quand elle est en noir et blanc, j'obtiens de meilleurs résultats ! " me disait-il), tout en restant tranquillement chez lui à Aubenas : en effet, il n'avait pas besoin d'aller sur le terrain. Quand il m'a appris que, depuis son premier cas de disparu en 1960, il notait tout dans de petits cahiers d'écolier, j'ai demandé à les étudier. À l'intérieur : des centaines de recherches, très bien présentées : " Nom de la personne - Date de disparition - Nom de l'enquêteur qui l'a contacté - Dernier endroit où a été vue la personne disparue". Puis suivaient d'autres colonnes où il indiquait ses hypothèses : "Personne morte ou vivante - Lieu précis où chercher la personne - Conclusion fournie par l'enquêteur ".

Sa notoriété a véritablement "explosé" en 1974 quand le journaliste Georges de Caunes (le père de l'animateur Antoine de Caunes) l'a invité dans son émission "Le coeur et la raison'" sur Radio Monte Carlo. Dans les jours qui ont suivi, la station a reçu des milliers d'appels d'auditeurs venant de toute la France et demandant des consultations en magnétisme ou en radiesthésie ! "Ma carrière professionnelle venait de débuter !".

Au total, entre 1960 et 2008, Jean-Louis Crozier aura travaillé sur 1 200 cas de personnes disparues (soit, en moyenne, une recherche tous les 15 jours) dont 400 ont été résolus, à ce jour, par les enquêteurs. Sur ces 400 personnes retrouvées, 270 (soit les 2/3) l'ont été à l'endroit exact indiqué par lui ! Et ces 270 personnes ont toutes été trouvées dans l'état ("Mort ou vivant") qu'il avait précisé : 100% de réussite !

Pour faire ses recherches, Jean-Louis Crozier a créé un pendule personnel, réalisé par un artisan de la région. Ce pendule en laiton se distingue des autres pendules par son poids élevé (100 g), sa longue pointe (5 cm) et sa très courte chaîne : "La longue pointe me permet d'être le plus précis possible sur les cartes IGN au 1/25 000e sur lesquelles je travaille".

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Dessin du pendule personnel de Jean-Louis Crozier

J'ai, un jour, demandé à Jean-Louis Crozier ce qu'il ressent lors d'une recherche de disparus. Voici sa réponse : "Lorsque je recherche un disparu, je deviens une sorte de radar ! Je m'explique : j'ai l'impression que j'émets des ondes mentales à 360 degrés, donc dans toutes les directions. Comme je travaille à partir d'une photo sur laquelle je pose ma main gauche, je pense que les ondes que je diffuse sont chargées de celles de la personne recherchée, dont on pourrait dire que j'ai détecté la longueur d'onde spécifique. À un certain moment de mon travail, j'approche du disparu sur la carte d'état-major : je reçois alors un écho en retour. J'ai retrouvé la personne. Mon « radar » personnel a fonctionné et j'ai perçu le « bip » caractéristique. Mais si, sur un vrai radar, le bip est sonore, dans mon cas il est visuel : c'est le moment où le pendule tourne. En ce qui concerne les échos de personnes mortes qu'on me demande de trouver, j'ai constaté qu'ils étaient de puissance différente: les meilleurs échos sont, pour moi, ceux qui proviennent d'un disparu se trouvant sous l'eau. J'ai coutume de dire que l'eau est « porteuse » d'échos. Puis viennent les échos de personnes sur terre et enfin ceux de gens enterrés. Dans ce cas, l'écho m'apparaît étouffé".

TESTS AVEC LE PROFESSEUR YVES ROCARD (1903-1992)
radiesthésie,pendule,Crozier,Rocard,Chauvin,disparus,magnétisme,police,gendarmerieLe lundi 18 juin 1990, alors que Jean-Louis Crozier était de passage à Paris (il était invité, le soir même, dans l'émission "Stars 90" de Michel Drucker), je l'ai emmené le matin chez le célèbre physicien Yves Rocard. Ce dernier lui a alors fait subir plusieurs expériences destinées à évaluer ses capacités radiesthésiques : ce que le professeur appelle le test de la sensibilité sourcière. Il s'agit de savoir au bout de combien d'oscillations un pendule, tenu par le professeur Rocard, se mettra à tourner pendant que le sujet à tester pose sa main droite verticalement, les doigts vers le haut, sur l'arcade sourcilière gauche du professeur. Eh bien, le pendule quitta ses oscillations longitudinales au bout de 11 balancements, pour se mettre alors à tourner dans le sens anti-horaire. Conclusions du professeur Yves Rocard : « Jean-Louis Crozier est un magnétiseur confortablement doué, possédant beaucoup de magnétite dans les articulations des doigts ». Il faut noter que, chez le "commun des mortels", la moyenne des balancements se situe, selon le professeur Yves Rocard, entre 25 et 30.

BIBLIOGRAPHIE

L'homme du dernier espoir Éditions Tchou 1984.

L'énergie au bout des mains Éditions Grancher 1994

ABC de la radiesthésie (co-écrit avec Jacques Mandorla) - Éditions Grancher 1991 - Ouvrage réédité et enrichi en 2014 - 316 pages - 82 illustrations

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Préface de l'ABC de la radiesthésie par le Professeur Rémy CHAUVIN (1913-2009)

radiesthésie,pendule,Crozier,Rocard,Chauvin,disparus,magnétisme,police,gendarmerie" Je viens de lire l'ABC de la radiesthésie de Jacques Mandorla, écrit en collaboration avec Jean-Louis Crozier et franchement, je suis surpris, agréablement. Je m'attendais au pire, ayant lu je ne sais combien d'ouvrages similaires (quand je dis lu : au bout d'un quart d'heure, l'ouvrage vous tombe des mains). Or, j'ai affaire à un travail très clairement rédigé, précédé d'un historique bien construit et par-dessus le marché animé d'un scepticisme de bon aloi. Qu'on m'entende bien : je ne mets pas en doute les capacités vraiment étonnantes de certaines personnes, qu'elles s'intitulent voyantes ou radiesthésistes; au contraire, j'ai eu des exemples personnels qui m'ont convaincu. Mais ce dont je doute fort, ce qui m'irrite comme tout scientifique, ce sont les théories plus folles les unes que les autres et les « appareils de mesure » ou prétendus tels, qui visent à accroître la capacité paranormale de celui qui les emploie. Quand j'entends parler d'ondes, c'est tout juste si je ne sortirais pas mon revolver ... si j'en avais un. Avouons plutôt que les faits existent et que nous n'y comprenons rien. La grande difficulté dans l'étude du paranormal c'est l'absence, justement, d'une théorie : la physique et la biologie sont trop jeunes encore, sans doute. Rien ne sert donc d'employer des termes savants empruntés à la physique alors qu'il ne s'agit manifestement de rien de tel. Dans le chapitre qui est consacré à l'un des personnages les plus étonnants de cette époque (Jean-Louis Crozier), nous sommes sur un terrain plus solide. Le point intéressant, c'est non seulement la faculté qu'a notre sujet de retrouver des personnes disparues, à l'aide de la prospection sur carte, mais aussi le fait qu'il se prête avec la meilleure grâce du monde à l'expérimentation. Je retiens tout particulièrement l'expérience du « faux disparu» tentée avec la télévision, en présence d'un huissier, et l'expérience dite « du jeu de la bataille navale» que Crozier gagne à distance. D'ailleurs, ce qui est rare c'est la complaisance avec laquelle Crozier se prête aux desiderata des scientifiques, ce qui ne semble pas le gêner le moins du monde. Nous tenons en lui « un grand sujet » comme il en apparaît bien rarement. Espérons que nous saurons en profiter. Quant à l'explication... Encore une fois, Crozier semble faire à peu près n'importe quoi à distance et peu importe cette distance. Quel dommage que nous n'ayons pas même une tentative d'explication ! Sauf peut-être ce que m'a dit un de mes amis, scientifique de haut renom, qui lui aussi fait couramment de la vision à distance. Je lui demandais : « Mais quand vous suivez tel ou tel sujet à distance, cela est incompréhensible, puisque votre corps reste loin de lui ! ». « Eh! me répondit-il, je ne me déplace pas, ni en corps ni en esprit : c'est le temps et l'espace qui sont momentanément annulés ».

Prochain article : Ma rencontre avec Jacques Benveniste, médecin, inventeur de la mémoire de l'eau, par Ranky

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