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18/10/2015

HISTOIRE ET PARANORMAL

Le mystère des reliques (2e partie)

Par Jacques MANDORLA

Auteur de "Comment prier les saints guérisseurs", "Le Grand Livre des Porte-Bonheur", "66 tests pour développer vos capacités paranormales", "60 trésors fabuleux à découvrir", "ABC du magnétisme" et "ABC de la radiesthésie"

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Dans le précédent article, nous avons vu comment le culte des reliques de Jésus-Christ et des saints martyrs est parti de Constantinople pour se développer en Occident sous l’influence de l’Église catholique. Mais ce phénomène de vénération existe aussi dans d’autres religions (bouddhisme, judaïsme, islam…) et même dans le monde profane.

 

Les reliques dans la religion bouddhique

Bouddha, terme sanskrit signifiant « qui a réalisé l'éveil », c'est-à-dire qui a atteint le nirvana (« extinction »), est le surnom donné au prince Siddharta Gautama, appelé aussi Shakyamuni (sage du clan des Shakya). Bouddha serait né en 563 avant J.-C. et mort à l’âge de 83 ans en 480 av. J.-C. Il aurait vécu au nord-est de l’Inde et fut le fondateur d’une communauté de moines errants qui donnera, plus tard, naissance au bouddhisme.

À sa mort, Bouddha aurait été incinéré et les restes calcinés de son corps, essentiellement des dents et des fragments d’os, auraient été récupérés après leur crémation et divisés en huit parts égales, chacune étant offerte à l’un des huit royaumes où Bouddha avait séjourné et enseigné. À l’exact emplacement de chacune des reliques fut construit un grand stupa (nommé chorten au Tibet), sorte de mausolée à sa mémoire, dans lequel furent placées les reliques que les fidèles viennent vénérer, transformant ainsi ces endroits en lieux de pèlerinage. Le plus ancien stupa est celui de Sanchi en Inde : de forme sphérique, il a été construit par l'empereur Ashoka (304-232 avant J.C.) et possède des dimensions imposantes (16 mètres de haut sur 37 de diamètre).

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Le plus ancien stupa au monde est celui de Sanchi en Inde : il  a été construit par l'empereur Ashoka (304-232 avant J.C.) et possède des dimensions imposantes (16 mètres de haut sur 37 de diamètre).

Les différentes parties d’un stupa ont un sens symbolique : la base carrée représente l'élément « terre », le toit en forme de globe l'élément « eau » et la partie verticale sur le toit l'élément « feu ».

Comme pour les saints catholiques en Occident, il existe des milliers de reliques dans la religion bouddhique. La plus célèbre est une molaire de Bouddha qui se trouve dans le Temple de la Dent à Kandy (Sri Lanka). Tous les mercredis, cette relique est trempée dans une préparation liquide à base d’herbes et de fleurs odorantes, distribuée ensuite aux fidèles après l’office et à laquelle on prête des vertus guérisseuses. La dent de Bouddha est montrée à la foule, chaque été, au cours de la fête de Perahera : placée sur le dos d’un éléphant royal, elle est promenée au cours d’une procession considérée comme la plus grande célébration bouddhique au monde, puisqu’elle est suivie par près d’un million de personnes !

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À Kandy (Sri Lanka), la molaire de Bouddha est placée sur le dos d’un éléphant royal et montrée à la foule, chaque été, au cours de la fête de Perahera

(carte postale des années 1930).

 

Une extraordinaire relique découverte en Chine

Le 3 avril 1987, des archéologues chinois ont découvert par hasard ce qu'ils estiment être les os du majeur de la main gauche de Bouddha. Cette trouvaille a été faite dans le sanctuaire souterrain du temple de Famen où ces ossements auraient été déposés en l'an 874 après J.-C… avec 2 000 autres reliques ! Les archéologues avaient entamé des travaux d’extension et de reconstruction de la pagode. Ce temple se situe à une centaine de kilomètres de Xi'an, ville du centre de la Chine où ont été exhumés les fameux soldats en terre cuite de l'armée de l'empereur Qin. Le temple de Famen est devenu un lieu saint pour les bouddhistes et attire 500 000 visiteurs par an. Il a été consacré en 2009 dans un stupa construit pour l’occasion et qui est désormais le plus haut du monde (148 mètres). Le doigt de Bouddha est protégé dans un reliquaire en or, en forme de pagode.

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 Le 3 avril 1987, des archéologues chinois ont découvert par hasard ce qu'ils pensent être les os du majeur de la main gauche de Bouddha, dans le sanctuaire souterrain du temple de Famen. Cet ossement est protégé dans un reliquaire en or, en forme de pagode.

 

Des reliques de Bouddha en France

La France comptant de plus en plus de bouddhistes, la Thaïlande a fait, le 17 mai 2009, un don exceptionnel à l'Union des Bouddhistes de France : des reliques du Bouddha provenant du Wat Saket (la Montagne d'Or), l'un des principaux temples de Bangkok. Cette date n’a pas été choisie au hasard : elle correspond au Vesak, jour anniversaire de la naissance du Bouddha, à son Eveil et à sa Mort. Les reliques sont protégées dans une bulle de verre enchâssée dans une sculpture dorée. Elles sont visibles dans la grande pagode du bois de Vincennes à Paris pour que les fidèles puissent s’y recueillir.

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Reliquaire doré, contenant des restes de Bouddha, offert le 17 mai 2009 par la Thaïlande à l'Union des Bouddhistes de France.

 

Les reliques dans la religion judaïque

Les restes du corps du prophète Élisée, successeur de son maître Élie et qui vivait au IXe siècle avant J.-C., ont failli disparaître à tout jamais de la surface de la planète. En effet, l'empereur romain Julien l’Apostat, qui régna de 361 à 363, avait donné l'ordre de brûler ses reliques, mais aussi celles d’Abidas et de Jean le Baptiste. Des fidèles les sauvèrent et les cachèrent à Alexandrie.

Aujourd'hui, les reliques d’Élisée se trouvent dans le monastère copte orthodoxe de Saint-Macaire, près du village de Scété situé dans le désert entre Alexandrie et Le Caire. Elles ont été découvertes en 1969, dans une crypte mise au jour lors de travaux de rénovation réalisés sous le mur nord de l'église. La présence de ces reliques était inscrite dans des documents du XIe siècle, retrouvés dans la bibliothèque du même monastère.

L’Ancien Testament rapporte que les reliques sont à l’origine d’un miracle survenu après la mort du prophète : « Comme on enterrait un homme, on le jeta dans le sépulcre d'Elisée. L'homme toucha les os d'Elisée et il reprit vie et se leva sur ses pieds ».

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Gravure de Jan Luyken, intitulée « Résurrection d'un mort qui avait touché les reliques du prophète Élisée » (1770).

 

Les reliques dans la religion islamique

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Poils de la barbe de Mahomet exposés dans la Chambre d'Audience du palais de Topkapi à Istanbul.

Byzance, capitale d'un vaste empire chrétien, avait possédé de nombreuses et précieuses reliques, qui furent pour la plupart volées par les Croisés. Après la prise de la ville par les Turcs, celle-ci prit le nom d’Istanbul et devint la capitale de l’Empire Ottoman. Les sultans successifs décidèrent, entre le XVIe et la fin du XIXe siècle, de regrouper plus de 600 reliques sacrées de Mahomet dans la Chambre d'Audience du palais de Topkapi. On y voit, entre autres, une dent du prophète, des poils de sa barbe, son sceau, une lettre autographe, un de ses manteaux et des armes (des sabres de combat et deux épées en or, enrichies de pierres précieuses).

À côté de ces reliques liées à Mahomet, on trouve aussi à Topkapi des reliques volées aux Chrétiens : le turban de Joseph le Patriarche, le bâton de Moïse, l’épée de David, une main de saint Jean-Baptiste…

Bien que la plupart de ces reliques soient exposées en permanence, les plus importantes d'entre elles ne le sont que pendant le mois du Ramadan.

 

Les fausses reliques de Jeanne d’Arc

Depuis la mort de Jeanne d’Arc, une grande énigme de l’Histoire de France planait à propos de ses reliques. Elle a été résolue en  2007 par le médecin légiste français, Philippe Charlier, aidé par son équipe de 18 chercheurs. Le 30 mai 1431, jour où Jeanne d’Arc a été brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen, des cendres furent en effet ramassées sous le bûcher, puis mises dans un récipient conservé par l’archevêché de Tours, où elles se trouvent toujours.

Après des analyses scientifiques très poussées (datation au carbone 14, tests ADN, étude au microscope et aux rayons X), il apparaît que ces restes sont ceux… d’une momie égyptienne datant du IIIe siècle avant J.-C., d’os de chat d’une espèce non européenne et d’un enduit contenant du pollen de pins : aucune trace du corps incinéré de la pauvre Jeanne d’Arc ! De quoi apporter de l’eau au moulin de certains historiens qui pensent qu’elle n’est peut-être pas morte en 1431 à Rouen, mais ailleurs et bien plus tard ! Des chroniques prétendent, en effet, que la Pucelle aurait été reçue par le roi Charles VII à Orléans le 28 juillet 1439, soit huit ans après sa mort officielle, sous le nom de Jehanne des Armoises ! S’agissait-il d’une mystificatrice ou bien de la véritable Jeanne d’Arc ? Les historiens en débattent encore.

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« La mort de Jeanne d’Arc sur le bûcher », peinture de l’allemand Hermann Stilke (Musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg - 1843). En 2007, des scientifiques ont montré que les cendres ramassées sous le bûcher ne correspondent pas au corps incinéré de la Pucelle.

 

Le reliquaire romantique d’Anne de Bretagne

La reine de France Anne de Bretagne, morte le 9 janvier 1514 à Blois, a eu pour dernière volonté que son cœur soit placé dans un reliquaire en or, surmonté d’une couronne aux motifs de lys. Aujourd’hui exposé au musée Dobrée à Nantes, ce reliquaire porte en lettres d’or, rehaussées d’émail vert, bleu et rouge, cet hommage : « Ce coeur fut si très haut, Que de la terre aux cieux, Sa vertu libérale accroissait mieux, Mais Dieu en a repris sa portion meilleure, Et cette part terrestre, En grand deuil nous demeure ».

Le reliquaire, réalisé par un orfèvre anonyme de la cour de Blois, fut dessiné par Jean Perréal, dit Jehan de Paris, peintre officiel des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier.

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Reliquaire en or, surmonté d’une couronne aux motifs de lys et rehaussé d’émail, contenant le cœur d’Anne de Bretagne (1514 - Musée Dobrée à Nantes).

 

Les reliques profanes des grands leaders communistes

Le culte des reliques n’est pas obligatoirement lié à une religion. Ainsi, le corps embaumé de Lénine repose dans un mausolée de granit situé sur la place Rouge à Moscou. Exposé au public depuis 1924, année de la mort du révolutionnaire, le corps est dans un état excellent.

Pour le président de Russie Vladimir Poutine, la vénération portée à Lénine est légitime : « Même l'idéologie communiste est issue des postulats de la religion. On dit que le mausolée de Lénine ne correspond pas aux traditions. Pourquoi ? Il y a des reliques de personnes saintes dans les monastères de Pskov ou du mont Athos. Il va de soi que nous devons revenir aux sources,mais à un niveau correspondant ».

Cet avis n’est pas du tout partagé par Serge Rybko, recteur de plusieurs églises de Moscou, qui juge inadmissible cette comparaison : « Les reliques des saints sont une chose et les restes d’un sataniste, d'un dictateur, d'un monstre, en sont une autre. Les reliques sont préservées dans des églises ou des cimetières, alors que le corps de cet impie est exposé dans un lieu public » !

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Les dépouilles momifiées des leaders communistes Lénine (à gauche) et Mao font l’objet d’un important culte populaire en Russie et en Chine.

La Chine n’est pas en reste : on y a construit en 1977 le mémorial de Mao, inauguré un an jour pour jour après sa mort. Son corps embaumé repose dans un sarcophage de marbre noir avec un couvercle en cristal, recouvert du drapeau rouge de la Chine Communiste. Chaque année des millions de Chinois font la queue pendant des heures pour avoir le privilège d’observer le corps de leur ancien leader.

On peut s’étonner de ce culte officiel de la relique du corps de Mao quand on sait que ce dernier, lors de la Révolution Culturelle qui dura de 1966 à 1976, avait appelé à détruire toutes les reliques de la Chine prérévolutionnaire !

 

Le commerce international des reliques

Depuis quelques années, on constate un engouement extraordinaire pour les reliques : en effet, de nombreuses ventes aux enchères en proposent, que ce soit dans des salles de ventes ou sur des sites Internet.

Ainsi, à Alençon (Orne), maître Patrice Biget, commissaire-priseur, organise régulièrement des ventes de reliques et de reliquaires. Le 25 mai 2013, il a vendu pour 9 500 euros une châsse-reliquaire en cuivre et bronze en forme d’église, contenant des reliques de sainte Libérate. Pour Maître Patrice Biget, cet engouement pour les reliques s’explique facilement : « Aujourd'hui, avec la sécularisation, ces objets sont de plus en plus nombreux sur le marché. Ils proviennent principalement de communautés religieuses qui ferment ou qui désirent se séparer d'objets liturgiques dont elles ne se servent plus. C’est le cas de carmels, ces communautés qui sont autonomes entre elles et où la dernière religieuse se retrouve propriétaire de tout ce que contient le couvent. À sa mort, ses propres héritiers préfèrent souvent liquider cet encombrant héritage. Les acquéreurs seront à 80% des religieux, des communautés orthodoxes ou intégristes. Les reliques ne sortiront donc pas de la grande famille chrétienne, surtout qu’elles sont vendues avec leur cachet de l'évêque de l'époque attestant leur authenticité ».

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Châsse-reliquaire en cuivre et bronze en forme d’église abritant les reliques de sainte Libérate (hauteur : 47 cm). Vendue 9 500 euros en mai 2013 à Alençon.

Ces explications ne satisfont pourtant pas Monseigneur Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, qui a précisé dans un communiqué officiel : « J’en appelle au discernement et à la prudence dans l'aliénation d'objets sacrés. Selon le Code de droit canonique, la vente des saintes reliques est absolument interdite ».

On peut se demander pourquoi les reliques ont quitté les églises pour se retrouver aujourd'hui mises aux enchères. Pour Maître Biget, c’est logique : « Après le concile Vatican II, l'Église a voulu bannir tout ce qui pouvait ressembler, plus ou moins, à du néo-paganisme. Certains ecclésiastiques se sont peut-être montrés trop énergiques. Ces reliques ont été retrouvées dans des brocantes ou dans des greniers où elles avaient été oubliées ».

Aux États-Unis, la guerre des reliques est beaucoup plus féroce qu’en France. De nombreux catholiques s’opposent, en effet, à leur vente. Pour le cardinal Saraiva Martins, le danger est réel : « Des sectes sataniques risquent de les acheter pour les détruire ou les détourner de leur signification au cours de cérémonies blasphématoires ». L’opposant le plus actif se nomme Thomas Sérafin. Ce photographe professionnel, vivant à Los Angeles, fait la chasse aux marchands du temple sur le Net depuis les années 1990, à la tête de son association International Crusade for Holy Relics (Croisade internationale pour les saintes reliques). Son équipe de 200 volontaires surfe en permanence sur les sites de ventes aux enchères et rachète le maximum de reliques pour éviter qu’elles ne soient dispersées.

À ce jour, ces croisés des temps modernes sont parvenus à constituer une collection de près de 1 500 objets sacrés qui sont exposés an cours d’expositions itinérantes dans le monde entier.

FIN

 

HISTOIRE ET PARANORMAL

Le mystère des reliques (1ère partie)

Par Jacques MANDORLA

Auteur de "Comment prier les saints guérisseurs", "Le Grand Livre des Porte-Bonheur", "66 tests pour développer vos capacités paranormales", "60 trésors fabuleux à découvrir", "ABC du magnétisme" et "ABC de la radiesthésie"

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Dans toutes les croyances du monde, on vénère depuis l’Antiquité les restes physiques ou les objets de prophètes et de saints. Malheureusement, ces reliques étant excessivement rares, de nombreux faux sont proposés à l’adoration des foules et à la vente aux collectionneurs ! Voici un inventaire de ces trésors vénérés par les croyants.

Le mot « reliques » vient du latin « reliquiae » qui signifie « les restes ». Dans notre Occident chrétien, le culte des reliques remonte à la crucifixion de Jésus-Christ après laquelle ses apôtres ont conservé précieusement des morceaux de la croix, des clous, des linges… Ainsi, le célèbre suaire de Turin, qui aurait enveloppé le corps de Jésus après sa mort, est considéré comme une relique par l’Église catholique (lire, sur ce blog, l'article : "Le linceul de Turin : faux génial ou réelle empreinte du Christ ?").

Ce culte des reliques n’a fait que s’accentuer avec la politique de persécution déclenchée par l’empereur romain Dioclétien en l’an 303. Mais dix ans plus tard, le christianisme a fini par être adopté comme religion personnelle par l'empereur Constantin Ier, ce qui facilitera ensuite la conversion d’une grande partie du peuple de l’Empire romain.

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Le tableau de Jean-Léon Gérôme « Dernières prières des martyrs chrétiens » évoque la persécution ordonnée par l’empereur romain Dioclétien en l’an 303 (1885 - Walters Art Gallery, Baltimore, USA).

L'Église catholique a élaboré, à l’intention de ses fidèles, une classification précise des reliques :  elles sont dites « insignes » lorsqu'elles sont de grande dimension et qu'il s'agit d'une partie noble de la personne (corps entier, tête...), « notables » quand elles ne concernent qu’une partie du corps (mains, pieds...) et enfin « exiguës » si elles se réfèrent seulement à des morceaux du squelette (dents, doigts, os...).

 

Des reliquaires de toutes formes

Dès les premiers siècles du christianisme, afin de répondre à la forte demande des fidèles qui souhaitent vénérer des reliques de Jésus et de saints martyrs, on assiste à un double phénomène : le démembrement des reliques, puis leur translation. Le démembrement consistait en une sorte de dépeçage des cadavres des saints :  les squelettes étaient, en effet, divisés en de nombreux morceaux (crâne, vertèbres, doigts…) afin de pouvoir disposer d’un maximum de reliques. Puis on pratiquait la translation, c’est-à-dire le déplacement de ces différentes reliques de leur lieu d’origine vers d’autres endroits de dévotion, ce qui permettait d’augmenter le nombre de points de rassemblement des fidèles.

Pour pouvoir transporter ces reliques, l’usage veut qu’on utilise des contenants spécifiques, appelés tout naturellement reliquaires. En général, ils sont offerts par de riches donateurs souhaitant, par ce geste, s’attirer une protection divine. Dès le Ve siècle, en Gaule, on conçoit des « châsses » (du latin capsa, coffre), imposants reliquaires-sarcophages qui contiennent une grande partie soit du squelette soit du corps momifié, et qu’on place sous l’autel des nouvelles églises construites en l’honneur du saint à vénérer.

La châsse la plus connue est celle de Sainte Geneviève, devenue célèbre pour avoir empêché les Huns de conquérir Paris en l’an 451. Cette châsse, dans laquelle a été déposé le corps de la sainte à sa mort en 512, a fait l’objet de processions chaque fois que le peuple de Paris devait traverser des épreuves : ce fut ainsi le cas en l’an 1130, sous le règne de Louis le Gros, lorsqu’on adressa des prières à la sainte afin qu’elle délivre des milliers d’habitants de la capitale atteints du « mal des ardents », dont les symptômes sont des crises de folie et des hallucinations (on sait aujourd’hui que le responsable était un champignon, nommé ergot, présent dans le seigle… et qui, traité chimiquement dans les années 1960, donnera le LSD !).

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En l’an 1130, le peuple de Paris pria la sainte pour être délivré du « mal des ardents », maladie due à l’ergot de seigle (tableau de Théodore-Pierre-Nicolas Maillot - 1885 - Panthéon, Paris).

Au Moyen Âge, on se met à sceller chaque reliquaire dans une niche, appelée loculus et placée à l'intérieur de l'autel, ce qui permet de lutter ainsi contre le vol ! Puis, l’habitude est prise de sortir les reliques de leur cache, afin de les montrer aux fidèles (ce qu’on appelle une « ostension ») au cours de processions destinées, en réalité, à collecter des fonds ! Pour cela, on crée des reliquaires portatifs, appelés « monstrances », car ils vont à la rencontre des fidèles. Lors de ces cérémonies, il n’était pas rare qu’on signale l’apparition de miracles.

Puis apparaissent des statues-reliquaires, dont  la plus connue est celle de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques (Aveyron) : elle a été réalisée au IXe siècle sur une âme en bois d’if, recouverte de plaques d’or et d’argent, et ornée d’émaux cloisonnés et de pierres dures. Elle contient les restes d’une jeune fille de 13 ans, prénommée Foy et persécutée en 303 à Agen, en application de l'édit proclamé cette année-là par l’empereur romain Dioclétien.

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La statue-reliquaire de Sainte-Foy de Conques (Aveyron) a été réalisée au IXe siècle sur une âme en bois d’if, recouverte de plaques d’or et d’argent, et ornée d’émaux cloisonnés et de pierres dures.

Quelques siècles plus tard sont créés des reliquaires dits « topiques », c’est-à-dire épousant la forme de la relique qui se trouve à l’intérieur : bras, main, doigt, tête ou jambe. L’un des plus beaux reliquaires topiques français a été façonné en 1700 par l’orfèvre rennais Jean Buchet : il s’agit d’un bras-reliquaire en argent, exposé dans l’église de Saint-André-des-Eaux (Loire-Atlantique) et contenant des fragments d'os de saint Magne et saint Gonnery. En pleine période de sécheresse, les habitants de la ville invoquaient ces saints, afin de faire tomber la pluie.

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Le reliquaire topique de l’église de Saint-André-des-Eaux (Loire-Atlantique)est un bras-reliquaire en argent contenant des fragments d'os de saint Magne et saint Gonnery.

À partir de 1793, pour lutter contre la destruction quasi systématique des reliquaires anciens par les révolutionnaires, l’Église privilégie les contenants de corps entiers, soit embaumés soit miraculeusement bien conservés (phénomène nommé « incorruptibilité »). Ces grands reliquaires sont pourvus de vitres afin que les fidèles puissent voir la dépouille du saint. Comme celle de Bernadette Soubirous (1844-1879), sainte béatifiée en 1925 à Lourdes. Sa châsse, faite de verre et de bronze, est aujourd’hui exposée dans la chapelle Saint-Gildard à Nevers.

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Le corps intact de Bernadette Soubirous, sainte béatifiée en 1925 à Lourdes, repose dans une châsse vitrée de la chapelle Saint-Gildard à Nevers.

 

L’énorme marché des fausses reliques

Dès le VIe siècle, la demande de reliques est telle que le démembrement des squelettes des saints ne suffit plus ! Résultat : des faux se mettent à apparaître dans tout l’Occident ! Ainsi, une association spécialisée dans la vente des fausses reliques a pu être démantelée en l’an 835 à Rome : son responsable, un diacre du nom de Deusdona, n’hésitait pas à voler des ossements dans les catacombes et les cimetières de la ville pour les vendre ensuite dans toute l’Europe comme des reliques de saints martyrs ! Il avait tellement de succès qu’il était même devenu le fournisseur exclusif de la Cour d’Aix-la-Chapelle !

Il ne faut donc pas s’étonner si on a fini par trouver, dans différents lieux de culte à travers l'Europe, un inventaire à la Prévert : 12 têtes et 60 doigts de saint Jean, 15 bras de saint Jacques, 30 corps de saint Georges, 6 seins de sainte Agathe ou 3 têtes de saint Rémy ! Pourtant, ces multiplications aberrantes de la même relique semblaient ne pas gêner les fidèles de l’époque !

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En l’an 835 à Rome, un diacre du nom de Deusdona n’hésita pas, afin de répondre à la demande, à voler des ossements dans les catacombes et les cimetières de la ville, puis à les vendre comme reliques de martyrs !

En 1215, le pape Innocent III profite du IVe Concile du Latran pour décréter : « Les reliques anciennes ne pourront être exposées que dans un reliquaire et aucune ne pourra être mise en vente. Quant aux reliques nouvelles, personne ne les exposera à la vénération publique avant qu’elles n’aient été approuvées par le pape ». Si le pape parle de vénération et non d’adoration, c’est parce que la religion catholique enseigne que seul Dieu est digne d’être adoré.

La réaction la plus virulente viendra du théologien et pasteur français Jean Calvin (1509-1564), dans son livre « Le traité des reliques » paru en 1543 et inscrit, dès sa sortie, à l’Index des livres interdits : « C’est une chose notoire que la plupart des reliques qu'on montre partout sont fausses et ont été mises en avant par des moqueurs qui ont impudemment abusé le pauvre monde. Si on voulait ramasser tout ce qui s'est trouvé de pièces de la vraie croix, il y en aurait la charge d'un bon grand bateau. Partout où il y a une église qui porte les noms de Saint Pierre ou Saint Paul, il y a des reliques. Si on demande lesquelles, qu'on se souvienne de la cervelle de saint Pierre qui était conservée dans le grand autel de la ville de Genève : on trouva une pierre ponce. Ainsi en est-il des reliques : tout y est si brouillé et confus qu'en voulant adorer les os d'un martyr, on risque d'adorer les os de quelque brigand ou larron, ou bien d'un âne, d'un chien ou d'un cheval ».

On comprend pourquoi, après cette attaque de Calvin contre les reliques et après la Réforme protestante, seuls les Catholiques et les Orthodoxes ont perpétué le culte des reliques.

 

Les nombreuses reliques de la Passion de Jésus-Christ

En avril 1204, lors de la Quatrième croisade, le siège de Constantinople est l'occasion, pour les Croisés, de voler les trésors des églises d'Orient, et plus particulièrement les reliques.

Pour les Catholiques, les plus importantes sont celles liées à la mort de Jésus-Christ et appelées « reliques de la Passion » : la Sainte Couronne (la couronne d’épines posée sur la tête de Jésus), la Sainte Lance (avec laquelle un soldat romain perça le flanc du Christ), le Saint Sang (recueilli après sa mort), le Saint Prépuce (morceau de chair provenant de la circoncision de Jésus enfant !), la Sainte Croix (sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié), les Saints Clous (qui ont maintenu Jésus attaché sur cette croix)...

Peu de gens savent que l’empereur Charlemagne portait en permanence, autour de son cou, un pendentif contenant un morceau de la Sainte Croix en guise de porte-bonheur.

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Reliquaire en argent doré, émaux champlevés et cuivre doré, contenant un morceau présumé du bois de la Sainte Croix, sur laquelle Jésus aurait été crucifié (vers 1160 - Musée du Louvre).

La plus célèbre relique de la Passion de Jésus se trouve à Paris : il s’agit de la Sainte Couronne, acquise en 1239 par Louis IX, plus connu sous le nom de Saint-Louis.

L’année précédente, Baudouin II (le dernier empereur latin de l’Empire romain d’Orient), à court d’argent, est contraint d’emprunter une somme considérable à un riche marchand vénitien du nom de Nicola Quirino, auquel il remet en gage la précieuse relique. À la date d’échéance, ne parvenant pas à rembourser, Baudouin II s’adresse à Saint-Louis dont il connaît l’engouement pour les reliques. Le roi de France accepte alors d’honorer les dettes abyssales de Baudouin II en rachetant la Sainte Couronne pour 135 000 livres tournois de l’époque (environ 5 millions d’euros aujourd’hui) !

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Tableau « Ecce homo » peint par l’artiste hollandais Pierre-Paul Rubens, montrant la couronne d’épines enserrant la tête de Jésus-Christ (1612 - Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg).

Le 11 août 1239, la Couronne, portée sur leurs épaules par le Roi et l’un de ses frères, Robert Ier d’Artois, tous deux pieds nus en signe d’humilité, est conduite en procession jusqu’à la cathédrale de Sens. Elle est ensuite solennellement accueillie à Paris huit jours plus tard et placée dans la cathédrale Notre-Dame. Puis Saint Louis fait édifier en 1248 la Sainte-Chapelle dans l'île de la Cité pour abriter la précieuse relique, où elle est toujours conservée.

Entre temps, en 1241, le roi parvient à acquérir d’autres reliques de la Passion, entreposées à Constantinople : un morceau de la Sainte Croix, du sang du Christ, une partie de la lance qui a transpercé Jésus, la Sainte Éponge et même du lait de la sainte Vierge ! Saint Louis paya une fortune tous ces trésors… dont l’authenticité n’a jamais été prouvée !

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La Sainte Couronne, achetée par Saint Louis, est conservée à Paris, dans la Sainte-Chapelle de l'île de la Cité que le roi a faite spécialement édifier en 1248.

 

L’étrange liquéfaction du sang de Saint Janvier

Les habitants de la ville de Naples vénèrent une relique conservée précieusement dans la chapelle du Trésor de la cathédrale : une ampoule contenant du sang coagulé de Saint Janvier (San Gennaro, en italien), sang recueilli lors de l’exécution du martyr le 19 septembre 305, pendant les grandes persécutions de l’empereur romain Dioclétien. Ce sang, de couleur très foncée, est présenté depuis l’an 1337 au peuple de Naples, dans un reliquaire-monstrance, au cours d’une grande procession qui a lieu deux fois par an : le premier samedi de mai et le jour de l’anniversaire de la mort du saint. La tradition veut que si le sang coagulé dans l’ampoule se liquéfie lorsqu’il est présenté au peuple, aucune catastrophe ne s’abattra sur la ville cette année-là. Mais si le sang reste coagulé, le pire serait à craindre : éruption du Vésuve, tremblement de terre, épidémie…

L’Église catholique refusant de prêter l’ampoule afin d’en faire analyser le contenu, trois scientifiques italiens ont décidé en 1991 de faire des essais en laboratoire afin de comprendre le phénomène : ils sont parvenus à créer un mélange à base de chlorure de fer, cendres de bois, sel de cuisine, eau et parchemin. La mixture obtenue possède les propriétés d’un « gel thixotrope », c’est-à-dire qui peut passer, par simple agitation, de l'état solide à l’état liquide, ou inversement. Exactement comme le sang de Saint Janvier. Est-ce l’explication scientifique du miracle ?

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Deux fois par an, à Naples, le peuple de la ville attend que le sang du saint martyr Janvier se liquéfie dans son ampoule, signe annonciateur d’une année sans catastrophes.

Dans le prochain article, nous verrons que les reliques ne sont pas vénérées uniquement dans la religion catholique, mais dans bien d’autres religions comme le bouddhisme, le judaïsme, l’islam… et aussi dans le monde profane.

À SUIVRE

05/05/2015

HISTOIRE ET PARANORMAL

Le linceul de Turin : faux génial ou réelle empreinte du Christ ? (2e partie)

Par Jacques Mandorla

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Image réalisée en 3D du visage du linceul de Turin.

 

Longtemps opposé à tout test, le Vatican décide finalement de commander, en avril 1988, une expertise scientifique à trois laboratoires différents.

Pour cela, il autorise le prélèvement d’un échantillon du linceul en vue de sa datation au carbone 14. L’objectif est clair : il s’agit de savoir à quelle époque a été fabriqué le linceul, car ce test permet d’estimer quand a poussé le lin dont il est constitué.

 

Les tests scientifiques au Carbone 14 déclenchent une guerre d’experts

L’échantillon découpé est donc divisé en trois parties égales, puis remis pour analyse au Radiocarbon Accelerator Unit de l’Université d’Oxford, à l’Université d’Arizona et à l’Institut Fédéral de Technologie de Zurich.

Les résultats fournis par les trois laboratoires sont identiques et sèment le trouble parmi les fidèles qui sont persuadés que le drap a contenu le corps de Jésus-Christ.

La datation au carbone 14 donne, en effet, une période comprise entre 1260 et 1390 : on se trouverait donc en présence d’un linceul du Moyen Âge.

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Ces trois laboratoires étant sérieux et réputés, il semble difficile de croire qu'ils se soient tous trompés dans leurs mesures, commettant une erreur de treize siècles, ce qui est considérable.

De nombreux chercheurs réfutent cependant cette datation.

Certains avancent que les échantillons testés auraient été changés.

D'autres font remarquer que l’emplacement du prélèvement, sur un bord et dans un coin du drap, a été mal choisi. Cet endroit, très manipulé au cours des nombreuses ostensions (nom donné aux expositions publiques de la relique), aurait pu être restauré avec soin, ce qui aurait échappé aux experts.

 

Un faux créé par Léonard de Vinci ?

Chez ceux qui imaginent qu’il s’agit d’une œuvre datant du Moyen Âge, une hypothèse l’emporte largement. Comme on se trouve en présence d’une image qui n’est ni une peinture, ni un frottis sur cuivre, un seul homme de l'époque aurait, a priori, été capable de le réaliser : Léonard de Vinci !

En effet, l’image ressemble à une photographie : or, on sait que le peintre italien a construit une chambre obscure, boîte perforée d'un petit trou, qui est l'ancêtre de l'appareil photographique.

Mais dans quel but ? En fait, Léonard était un fervent adepte d'une religion hérétique : l'Église johannite, qui considère que le vrai Messie est saint Jean-Baptiste et non pas Jésus.

Mais cette hypothèse pose un problème de dates : Léonard de Vinci est né en 1452 et est mort en 1519. Cela n’est donc pas compatible avec les dates provenant des analyses des trois laboratoires scientifiques : 1260-1390 ! Sauf si l’artiste a utilisé un drap datant de cette époque et sur lequel il a réalisé ces images, deux siècles plus tard.

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Le célèbre Léonard de Vinci est soupçonné, par certains, d’être l’auteur des images qui figurent sur le linceul de Turin.

 

Les « fantômes d’écriture » découverts par le chercheur français André Marion

Titulaire d'une maîtrise en électronique et d'un doctorat en physique nucléaire, André Marion est aujourd’hui responsable du Centre de numérisation et de traitement d'images à l'Institut d'optique théorique et appliquée d'Orsay, dans l’Essonne.

Dans son livre « Nouvelles découvertes sur le suaire de Turin », paru en 1998 chez Albin Michel, André Marion annonce qu’il a mis en évidence des lettres latines et grecques autour du visage de l'homme !

Il a pu travailler sur des documents d'excellente qualité : des tirages des clichés pris par Giuseppe Enrié en 1931 et plusieurs photos réalisées par Vernon Miller en 1978 dans différentes bandes spectrales allant de l'infrarouge à l'ultraviolet.

Grâce à un traitement particulier des images, André Marion parvient à mettre en évidence l’existence de lettres qu’il nomme « fantômes d’écriture ».

Voici comment il a défini cette expression lors de l’interview qu’il m’a accordée et que j’ai publiée dans la revue FACTEUR X n°47 : « Les inscriptions sont quasiment invisibles à l'œil nu. Une fois que l'on sait où elles se trouvent, on arrive néanmoins à percevoir des bribes de lettres et à les reconstituer de façon fugace, un peu fantomatique. Ces écritures ont vraisemblablement été effacées depuis de nombreux siècles. La meilleure preuve, c'est qu'aucune description, aucune copie ou représentation du linceul, n'en a jamais fait mention. On peut donc en déduire qu'elles sont très anciennes, en tout cas bien antérieures au Moyen Âge, et probablement antiques. Ces fantômes, que les techniques de la fin du XXe siècle ont permis de faire apparaître, seraient donc une preuve de l'origine antique du linceul... et constitueraient donc un argument supplémentaire allant à l'encontre de la datation par le Carbone 14 ! ».

Voici les principaux fantômes d’écriture relevés par André Marion.

Le long de la joue gauche, André Marion met en lumière le mot « INNECE », qui pourrait être l’expression latine « IN NECEM » signifiant « Tu iras à la mort ».

Sur le cou : « HSOg », mot qui ressemble au mot grec « IHSOg », Jésus.

Sur le côté droit du visage : un mot très long faisant 3 cm de haut : « NNAZAPENNUS » : ce qui signifie « le Nazaréen » en grec.

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Le chercheur André Marion est parvenu à identifier des lettres autour du visage du linceul.

 

Cette énigme sera-t-elle un jour résolue ?

Oui probablement, à condition que le Vatican accepte de confier, pour analyse, de nouveaux morceaux du linceul : pour cela, il faut que ceux-ci soient de surface suffisamment importante, mais surtout qu'ils soient prélevés sur des endroits bien différents les uns des autres.

FIN

26/04/2015

HISTOIRE ET PARANORMAL

Le linceul de Turin : faux génial ou réelle empreinte du Christ ? (1ère partie)

Par Jacques Mandorla

Le linceul qui aurait enveloppé le corps du Christ, est exposé à partir du 19 avril 2015 et pendant deux mois à Turin (Italie). Un million de personnes ont déjà réservé leur place pour assister à cette exposition publique (nommée « ostension » en langage liturgique, dont la dernière a eu lieu en 2010) !

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À gauche, photo du linceul tel qu’on peut le voir à Turin. À droite, la même image, en négatif, révèle plus de détails.

Le linceul de Turin est un tissu en lin de 1,13 m de large sur 4,40 m de long, épais de seulement 3 mm, qui dévoile l'image en négatif d'un homme de haute taille, nu et barbu, semblant porter des traces de crucifixion.

Il est aujourd’hui conservé dans la chapelle royale de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin, en Italie, et propose une fantastique énigme : s'agit-il d'une contrefaçon médiévale réalisée par un artiste génial ou bien d’un drap ayant véritablement enveloppé Jésus lorsqu'il fut mis au tombeau ?

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Dernière ostension du linceul à Turin en 2010.

 

Disparu au cours du sac de Constantinople

Cette relique est qualifiée de linceul, ce mot venant du latin « linteum », désignant une pièce de lin qui servait à l'ensevelissement des morts. Il ne faut pas la confondre, comme cela arrive souvent, avec un suaire, terme issu du latin « sudarium » qui est un mouchoir servant à essuyer la sueur d’un visage. En effet, sur le linceul de Turin, fréquemment appelé par erreur « Saint Suaire », on voit le corps tout entier d’un homme, et pas seulement son visage.

Tout commence au VIe siècle, lorsqu’un drap sacré est signalé à Edesse, l'actuelle Sanliurfa, ville du sud-est de la Turquie. Pour certains, cette relique, connue à l’époque sous le nom de « mandylion », pourrait être l’actuel linceul de Turin, plié en huit de manière à ne laisser voir que le visage.

Ce mandylion est ensuite transféré à Constantinople en 944 où il disparaît en 1204 lors du sac de la ville au cours de la Quatrième croisade.

Le 1er août 1205, Théodore Ange, neveu d'un empereur byzantin, écrit au pape Innocent III pour se plaindre du pillage : « Les Francs se sont appropriés les reliques des saints, dont la plus sacrée d'entre toutes, le drap dans lequel notre Seigneur Jésus-Christ fut enveloppé après sa mort et avant sa résurrection. Nous savons que le drap sacré est conservé à Athènes par les pillards ».

Effectivement, un linceul apparaît la même année à Athènes chez le duc Othon de la Roche, lequel a participé à la prise de Constantinople l'année précédente. Aurait-il volé le linceul dans l’église de Blachernes où il était pieusement conservé ?

Un fait est certain : en 1357, on retrouve le linceul chez Geoffroy de Charny, seigneur de Lirey, un village situé près de Troyes, en Champagne. Or Geoffroy de Charny a épousé l'arrière-petite-fille d'Othon de la Roche ! Geoffroy de Charny offre la relique à l’église collégiale de Lirey, où elle est vénérée par les nombreux pèlerins qui passent la voir.

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Enseigne de pèlerinage du XIVe siècle (musée de Cluny à Paris) et représentant le linceul de Turin au-dessus des blasons des familles de Charny et de Vergy (illustration de 1865).

La relique est ensuite cédée à la maison de Savoie qui en obtient l'authentification par le pape Sixte IV en 1471.. Elle est alors conservée à Chambéry où, malheureusement, un incendie l’endommage partiellement en 1532, comme en témoignent les parties brûlées de l'étoffe encore visibles aujourd’hui.

Puis elle est définitivement transférée à Turin,nouvelle capitale des ducs de Savoie.

 

Les premières photos révèlent une image extraordinaire

On ne parle plus du linceul jusqu’en 1898. À cette époque, l’art de la photographie commence à entrer dans les mœurs. Ce qui donne l’idée à un photographe turinois du nom de Secondo Pia de prendre des clichés du linceul. C’est une idée de génie car, au développement du négatif, on voit apparaître des détails invisibles à l’œil nu !

On reconnaît un homme mesurant environ 1m80 et arborant des cheveux longs, une moustache et une barbe. Il est nu et son corps porte des traces de coups et de flagellation, ainsi que des plaies multiples.

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Illustration montrant la position du corps dans le linceul.

Le drap comporte deux « images » du même homme. L’une où il est vu de face les mains croisées. L’autre de dos, dans une position couchée, mais non naturelle pour un cadavre allongé : en effet, certains médecins pensent que le corps a subi une rigidité cadavérique due à une mort violente.

Ces traces proviendraient du contact du drap avec le corps sanguinolent de l'homme martyrisé et des analyses ont montré qu’elles sont composées de sang, de sérum, de bile et d'autres liquides physiologiques.

Très vite, deux camps s’opposent : ceux qui estiment se trouver en présence d’une confirmation de l’existence de Jésus-Christ et, de l’autre, ceux qui disent que la foi ne suffit pas et qu’il faut des preuves scientifiques avant de conclure quoi que ce soit.

Longtemps opposé à tout test, le Vatican décide alors de commander, en avril 1988, une expertise à trois laboratoires différents.

À SUIVRE

05/04/2015

HISTOIRE ET PARANORMAL

Marthe Robin, l’avatar du Christ (2e partie)

Par Thierry Namur

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Le Diable

Est-ce le Diable qui l’a tuée ? Le Diable est bien présent dans l’évangile. Sous le nom de Satan, il tente Jésus dans le désert. Des églises noires l’adorent, des hommes lui vendent leurs âmes contre de la connaissance ou de la puissance. Il est aussi dans la vie de Padre Pio, de François d’Assises et du curé d’Ars qui l’appelle le grappin….

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Saint François d'Assise

Son évocation par Marthe n’est donc pas une surprise. Ce Diable est quelqu’un qui vient la tourmenter et lui casser des dents. Elle le décrit : « Je le connais, il est si intelligent. Et si vous saviez comme il est beau. Dieu lui a laissé sa grandeur. C’est un malin…Mais il est sûr d’être battu. Vraiment son métier n’a pas beaucoup d’intérêt ». Ce Diable fait penser à l’ange de lumière Lucifer.

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Lucifer

Padre Pio évoque le Diable dans une lettre : « L’ennemi ne veut pas lâcher prise: il me frappe continuellement. Il fait tout pour m’empoisonner la vie avec ses pièges infernaux. Je regrette énormément de vous raconter ces faits. Bien entendu, le démon cherche à me dissuader de vous en faire part, me suggérant de vous raconter uniquement les bonnes visites, celles qui peuvent vous plaire ou vous édifier. »

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Le Padre Pio

Thérèse de Lisieux en parle dans une lettre le 30 mai 1889 à sa sœur : « Ma petite sœur chérie, Faut-il te confier une chose qui m'a fait beaucoup de peine ? ». Elle lui reproche de ne pas avoir communié en mai mois de Marie : « Oh ! que cela a fait de peine à Jésus ! Le démon veut priver Jésus d'un tabernacle aimé, ne pouvant entrer dans ce sanctuaire, il veut du moins qu'il demeure vide… éloigner une âme de la Sainte Communion Il a tout gagné... Et Jésus pleure ! Va, n’écoute pas le démon, va sans crainte recevoir le Jésus de la paix et de l'amour ! ». Étranges paroles.

 

Le message de Marthe

Il faut rentrer maintenant dans le « dur » du sujet : les messages et l’œuvre de Marthe. « Les souffrances physiques et les tortures morales agissent si bien sur mon activité spirituelle » écrit-elle. Les Humains cherchent évidemment à éviter au maximum la souffrance. Les mystiques lui trouvent des vertus. Mais pas seulement eux. De manière contemporaine, un collectif de cinq femmes auteurs a cherché des qualités à la souffrance en écrivant un essai intitulé « Cinq éloges de la souffrance ». Le fil rouge de ce livre est que l’épreuve, la perte, la rupture, la solitude, les larmes aident l’individu à savoir qui il est.  Le manque accueille radicalement le nouveau. François de Muizon écrit presque la même chose dans son livre : « Enfin Marthe Robin développe une science de la souffrance qui lui permet de prendre de la distance, de se détacher, de lâcher prise. Elle va à l’essentiel qui n’est pas de calmer la douleur, les angoisses, le stress mais de s’attaquer aux enracinements, aux points de fixation des déchirements. »

C’est tout l’intérêt de l’essai du collectif de percer les textes de Marthe, dans la  mesure où il est écrit par des femmes dans un style non religieux. On y trouve aussi, dans le livre, cet extrait : « La nuit dernière j’ai rêvé d’un inconnu, de mon homme. Avec lui seul, je pouvais être solitaire et m’ouvrir à lui, m’ouvrir toute pour lui, le laisser entrer en moi tout entier, l’entourer du labyrinthe de la joie commune ». Le rêve, le désir, le réel, la solitude, la souffrance : quel cocktail explosif !

Marthe ne parle pas que de la souffrance. Le premier message de Marthe pourrait être celui-ci : « Il y a rarement de grandes choses à faire. Il y en a beaucoup de petites. Il faut être ambitieux pour les petites. »

« Soyez saints » dit Marthe qui ne demande pas des actes extraordinaires, mais un accomplissement dans la vie personnelle, de l’idéal chrétien, en exploitant son propre potentiel, pour un accomplissement de sa destinée. La mise en place de cet idéal chrétien face à l’évolution de la civilisation occidentale et de son vacarme médiatique pourra sembler utopique. Elle parle comme Pascal : « Pour moi, le Christ-Jésus est ma vie. Mourir sera donc tout avantage, puisque le grand effet de la mort sera de dissiper le voile d’ombre qui me cache une si adorable merveille. Tout passe, il n’y a que Dieu et l’âme qui soient immortels. Pensons-y sérieusement. Mettons dans notre vie la pensée, le souci, l’inquiétude des choses éternelles. »

On trouve des réflexions totalement incompréhensibles, voire révoltantes. Quand on lui apprend le décès d’enfants dont son filleul, Marthe dit que c’est « un don fait à Dieu pour l’Année Sainte ». Donner des enfants à Dieu peut s’appeler un sacrifice. La seule nuance étant que cette mort n’est pas donnée par Marthe, ni par l’Église, mais prise par Dieu ! Elle explique en 1950 : « J’avais pensé qu’il les prenait (les enfants) pour l’Année Sainte [...]. Je me suis trompée, c’est pour l’Assomption qu’ils ont été pris. Jésus a eu entre 30 et 40 petits innocents (les Saints innocents) pour accompagner sa naissance, mais la Sainte Vierge, notre maman, est beaucoup plus exigeante. Que de petits! Que de petits pour la Vierge, notre maman, elle est beaucoup  plus exigeante. Que de petits ! Que de petits pour préparer et escorter son Assomption ! »

Une maman qui prend les enfants des hommes pour son escorte, quelle cruauté. Le Père Finet ajoute : « C’est un grand mystère divin que le sacrifice de tous ces petits. » C’est le moins que l’on puisse dire !

 

Les Foyers de Charité

Pour découvrir ce que Marthe a à nous dire, il faut aller dans un des 76 Foyers de Charité qu’elle a fondés en 1936 avec le Père Georges Finet.

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Le Foyer de Charité de Châteauneuf-de-Galaure, lors de sa création en  1936 (ancien château des Seigneurs de Montchenu).

Ce sont des communautés de religieux et de laïcs qui accueillent des retraitants pour une nouvelle Pentecôte. Marthe souhaite que les foyers fonctionnent comme une famille, les laïcs engagés et les religieux se mélangeant et travaillant ensemble. Les retraites durent moins d’une semaine. L’accueil est fait par les membres du foyer qui aiment dire que les retraitants sont appelés par Jésus et qu’ils sont accueillis par Marie elle-même.  Rien d’autre n’est demandé au retraitant que « le silence total ». Silence dont René Char disait qu’il est « l’étui de la vérité ». Les foyers sont des lieux d’enseignement de l’Evangile, de prière. Pour Marthe, c’est très clair : les Foyers de Charité sont demandés par Jésus lui-même dès 1930, « C’est Jésus le fondateur » insiste-t-elle. Au Père Ravanel, responsable d’un foyer, elle rappelle : « Soyez tout petit, tout petit. Ce n’est pas votre œuvre. »

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Entrée actuelle du Foyer de Charité de Châteauneuf-de-Galaure, avec la statue de Notre-Dame du Foyer conçue par le sculpteur Hartmann.

Marthe n’est rien d’autre que l’intermédiaire du ciel. Elle est, dans ces conditions, reconnue par l’Église catholique et son œuvre se trouve dans ce cadre. Cette vie au physique immobile heurte de plein fouet notre XXIe siècle fait de buzz, de bruit, d’agitation, de twittes consternants. Cet être si proche de nous temporellement est à mille années-lumières de la France de 2015.

Marthe nous annonce aussi la mort vaincue et une promesse d’éternité pour chacun d’entre nous. La consécration à Marie, de Louis-Marie Grignion de Montfort, est souvent prononcée dans les retraites par ceux qui souhaitent s'en remettre à la Vierge Marie. En voici un extrait : «  Je Vous livre et consacre, en qualité d'esclave, Mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, Et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, Vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient, sans exception, Selon Votre bon plaisir, à la plus grande Gloire de Dieu, Dans le temps et l'éternité ». Le mot esclave, entre autres, reste dans la gorge !

Pour Marthe, Marie protège toutes les âmes. La Sainte Vierge a tout pouvoir sur le cœur de Dieu, qui ne lui refuse rien. C’est donc toute la famille humaine qu’elle guérit, qu’elle encourage, qu’elle soutient, qu’elle veut sauver.

Marthe allait connaître une cruelle désillusion peu avant sa mort.Quand on vit dans l’absolu, il est inévitable que le contact avec les trivialités quotidiennes et les querelles de personnalités fortes créent des tensions, suivies de rudes désillusions. Le Vatican se méfie des orientations de cette structure qui mélange religieux et laïcs : c’est pour cela qu’il essaie de reprendre la main et de transformer le mouvement en ordre religieux classique. Le Père Finet laisse faire. Ce « coup d’état » va échouer puisque des Pères du foyer vont s’y opposer. Marthe peut se sentir trahie et elle laissera échapper cette amertume : « Je n’ai plus qu’à partir chez les fous ! Qu’ai-je fait, moi, pauvre vieille perdue dans la campagne au milieu d’un pré ? …Je ne faisais rien de mal. Si j’ai fait du mal qu’on me le dise. » 

Elle est aussi atteinte lorsque, contre son avis, des photos d’elle ont été faites durant sa passion. Elles ont été diffusées par le foyer et ont certainement été prises avec l’accord du Père Finet. Au moins peut-elle se dire que, même après sa mort, les foyers n’ont pas dévié de la route qu’elle avait tracée.

Marthe a-t-elle échoué ? Cette question iconoclaste peut être posée. En 1932 elle précise : « Etendre sur la Terre le règne de la vérité et de l’amour, voilà ma mission ». Elle annonçait une nouvelle Pentecôte, un renouveau. « Oh ! Pas du tout sous une forme extraordinaire. Je la vois comme paisible, comme lente. Je pense qu'elle se fera petit à petit, peu à peu. Je pense même qu'elle a déjà commencé. » Les milliers de retraitants pèsent peu devant les milliards d’aliénés au téléphone portable. Comme Saint François au XIIIe siècle, elle croit proche la « fin des temps » avec l’éclosion du Troisième Âge de l’humanité, celui du règne de l’Esprit Saint. Pourtant le monde continue de tourner, mû par l’assouvissement des pulsions, la perte de responsabilités personnelles, la fuite dans un imaginaire mythique. Marthe disait que, morte, elle continuerait son œuvre au Ciel.  

En ouvrant les foyers aux laïcs, on pouvait penser qu’une vague importante de ceux-ci adhèreraient. Cette « Pentecôte d'amour » était attendue dans un futur immédiat, d'une année à l'autre, mais Marthe est morte sans la connaître. Ce renouveau se fait attendre. Peut-être, le pape François, qui loge au Vatican à la résidence Sainte Marthe, est-il le moteur de ce renouveau ? Il veut simplifier le fonctionnement de l’église en réformant la curie, en dénonçant par exemple « l’Alzheimer spirituel et le carriérisme ». Il veut une église pauvre pour les pauvres. Par ses réflexions il déconcerte, et agace un forte partie de la Curie. Il souhaite (Aujourd’hui en France du 10-02-15), et c’est là qu’il rejoint Marthe, « un conseil pontifical pour la famille qui serait confié à un couple marié ».

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Marthe était vue comme une diseuse de bonne aventure par les visiteurs qui se pressaient à la ferme. Ceux qui sont allés la visiter dans cette optique ont dû être déçus. Elle encourageait, questionnait, éclairait, et devenue certainement fine psychologue à force de visites, aidait les gens ne serait-ce qu’à exprimer leur mal-être. Les visiteurs repartaient apaisés et confiants devant cette personne directe, douée d’humour, accueillante. Certains ont voulu la piéger ou se moquer d’elle mais ils en ont été pour leurs frais. Ce n’est pas la mission de Marthe de jouer àcelle qui est capable de prédire le futur, et elle savait bien l’attente des retraitants « attentifs à la moindre parole sortant de ses lèvres ». Pourtant Marthe a bel et bien prophétisé dans le sens d’annoncer des faits à venir. Là où il y a querelle, c’est dans l’interprétation des dires de Marthe.  

 

Les prophéties de Marthe

Le Père Finet rapporte en 1936 les paroles de Marthe : « La France tombera très bas, plus bas que les autres nations, à cause de son orgueil et des mauvais chefs qu'elle se sera choisis. Elle aura le nez dans la poussière. Alors elle criera vers Dieu, et c'est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. Elle retrouvera sa mission de fille aînée de l'Église et enverra à nouveau des missionnaires dans le monde entier. »

En 1973, le  Père Yannick Bonnet interroge Marthe sur la dégradation sociale et morale du pays qui l’inquiète. Elle lui aurait dit : « Ce n'est rien à côté de ce qui va arriver. Vous n'imaginez pas jusqu'où l'on descendra ! Mais le renouveau sera extraordinaire, comme une balle qui rebondit ! Non, cela rebondira beaucoup plus vite et beaucoup plus haut qu'une balle ! »

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Le  Père Yannick Bonnet

Le père Yannick Bonnet rapporte aussi les visions de Marthe : « Je joue avec les projets des hommes ; ma main droite prépare des miracles et mon nom sera glorifié dans le monde entier. Plus la Terre sera hostile à tout ce qui est surnaturel, plus je me complairai à briser l’orgueil des impies : le fait en sera d’autant plus admirable et extraordinaire. En lieux et place du trône de la bête seront dressés deux trônes glorieux : celui du Sacré Cœur de Jésus et celui du Cœur Immaculé de Marie. On reconnaîtra que ni le pouvoir humain, ni les démons, ni le génie de l’industrie ne mettront fin à la guerre, mais celle-ci ne se terminera que lorsque la réparation sera consommée. Prends courage ! Car le royaume de Dieu approche. Il commencera par quelque chose d’aussi soudain qu’inespéré. »

Les Foyers de Charité et le Père Peyrous désapprouvent les conférences du Père Bonnet intitulées « La prophétie de Marthe Robin et l'avenir de la France » et condamnent ses conférences et la présentation d’Henri de Montalban :« 2012-2017, Un roi pour la France ». Ces conférences laissant à penser « qu'elle aurait prévu une certaine évolution politique ».

Un retraitant dit encore : « Marthe Robin prophétise qu’il va y avoir une faillite économique, et qu’ensuite il y aura la grande Pentecôte d’amour, et que l’ensemble des Chrétiens vivront alors en communauté. Elle sera sauvée, mais ni par les armes, ni par le génie des hommes, parce qu’il ne leur restera plus aucun moyen humain. La France sera sauvée, car le Bon Dieu interviendra par la Sainte Vierge. C’est Elle qui sauvera la France et le monde… »

Le Père Peyrous, rapporteur pour la Cause de Béatification de Marthe Robin, résume les prophéties par ces trois points :

1/ La France passe ou va passer par un creuset,

2/ Puis viendra son relèvement,

3/ Et elle sera à nouveau la "fille aînée de l'Église".

Et Marthe que dit-elle de tout cela ? « Quant à l'avenir, vous savez qu'on me prête beaucoup d'idées sur l'avenir. Je ne sais rien, sauf une chose : que l'avenir c'est Jésus. ». Mots d’une prudence agréable quand on connaît le sort des prophéties apocalyptiques régulièrement annoncées.

 

Epilogue

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Le blason de Châteauneuf-de-Galaure présente deux croisettes sur fond bleu sur la partie supérieure et une étoile dorée sur fond bleu au milieu de la partie du bas. Ces deux parties sont séparées par une bande dorée. Les armes sont signifiantes.

Une interprétation après coup  peut être proposée. Les croisettes ont une dimension religieuse et peuvent représenter, placées à droite et à gauche, les larrons Gesmas et Dismas. L’étoile serait Marthe qui prendrait la place entre ces deux croix.

Marthe est morte un 6 (en février 1981) : le six, dans la symbolique, est le chiffre de la destinée mystique.

FIN

29/03/2015

HISTOIRE ET PARANORMAL

Marthe Robin, l’avatar du Christ (1ère partie)

Par Thierry Namur

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L’objet de ce texte n’est pas de relayer des idées religieuses, mais de s’interroger sur la très étrange vie d’une mystique.

 

Un académicien a dit, un jour, au philosophe Jean Guitton que « la personne la plus extraordinaire du XXIe siècle n’était pas le général De Gaulle, mais Marthe Robin ». Elle reste pourtant méconnue du grand public. Comment cette humble drômoise, rétive à toute publicité, a-t-elle attiré, cloîtrée dans sa chambre natale, plus de 100 000 personnes ?

Allongée 50 ans dans le lit de sa chambre, cette fille ne paie pas de mine. Pas de baratin métaphysique avec les visiteurs, pas de soleil dansant dans le ciel, pas d’aura spectaculaire, pas de publicité.  Par contre, une foi inébranlable validée par des textes difficiles, de la fougue, de l’énergie créatrice, et la confiance, sinon de l’église, de proches placés à ses côtés. Des phénomènes spectaculaires l’accompagnent puisqu’elle n’aurait ni mangé (inédie), ni bu, ni dormi pendant 50 ans ! Elle dit être martyrisée par le Diable et vivra la passion du Christ chaque fin de semaine avec les stigmates et la couronne d’épines.  Ces phénomènes spectaculaires font d’elle un avatar du Christ. Mais à tout cela Marthe n’attachait pas d’importance. Elle avait tort, car ce sont d’abord ces manifestations qui éveillent notre curiosité, puis font que l’on écoute le message qui lui tient à cœur.

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Interrogée par Jean Guitton sur les phénomènes surnaturels comme la lévitation, la télépathie… et sur l’anneau, qui apparaît au doigt de certaines stigmatisées, elle répondait : « C’est superficiel. Il faut dépasser tout cela sans faire d’histoires. L’anneau d’or je l’ai vu à mon doigt, je crois, une douzaine de fois. Mais laissez-moi vous dire que s’il est bon de l’avoir, c’est encore mieux de ne pas l’avoir. Ce que vous appelez la vie mystique, elle est en vous aussi bien qu’en moi. Cela consiste à tenter d’être un avec Jésus. Au début j’étais encore dans les images [...] maintenant j’ai outrepassé ces images, je suis dans les attributs de Dieu pour m’enfoncer dans ce que vous appelez l’Essence. J’ai même fait un progrès à l’intérieur de cette Essence. »

 

Quelle est l’œuvre de Marthe Robin ? 

Comment comprendre ses actes et ses textes, en particulier sur la mort de sa mère et les décès d’enfants ? Pourquoi cette acceptation de la souffrance ? A-t-elle réellement fait des prophéties ? On peut aussi se demander si Marthe Robin, qui appelait et annonçait une Nouvelle Pentecôte a réussi dans sa mission.

Elle naît le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure (Drôme) et y décède le 6 février 1981 à 78 ans.

Marthe est totalement dans le cadre de l’Église catholique et son action s’inscrit dans une stricte soumission au clergé. Au début, l’Église, qui n’aime pas le surnaturel, s’en méfie. Marthe Robin s’effacera toujours dans l’obéissance derrière les vœux de l’Église et de son représentant, le père Finet. L'« héroïcité des vertus » de Marthe Robin a été reconnue le 7 novembre 2014 par le pape François et donc

déclarée vénérable, ce qui signifie qu’elle pourrait être déclarée sainte. Son dossier déposé en 1987 et inscrit au Vatican en 1996 est à l’étude (il comporte 17 000 pages !).  

Quatre évêques assistent à son enterrement ! Marthe est une anti-Lilith : ni aventurière, ni rebelle. Ce sont d’abord les apparitions célestes qui la guident. Elle en parle à son curé, le père Faure qui s’en trouvera bien embarrassé. Ensuite, elle agit avec George Finet qu’elle rencontre le 10 février 1936. Georges Finet est un courageux (il le montre lors de la catastrophe de la colline de Fourvière) qui a la tête sur les épaules et les pieds sur terre. Marthe et le père Finet ne sont rien l’un sans l’autre, ils agissent en binôme : « Il (George Finet) ne pourra jamais rien faire sans toi, ni loin de toi.» a dit Jésus à Marthe. « Je ne relate que pour mon père spirituel et sais qu’il saura garder mon cher et grand secret. Écrire pour lui, écrire pour obéir, c’est prier encore.» dit-elle.

Marthe est d’abord une grande malade. Dès un an, elle est atteinte de la typhoïde qui emporte sa sœur. Elle est une fillette pieuse, gaie, serviable, taquine. En décembre 1918, peut-être victime de la grippe espagnole, elle tombe dans le coma, semble se rétablir mais devient partiellement paralysée. En 1926, on lui donne pour la seconde fois l’extrême onction. Les médecins de la vallée se succèdent. On la croit et elle se croit perdue. Mais ni les hémorragies gastriques, ni l’encéphalite léthargique, ne la tuent. Au contraire, elle dit que Sainte Thérèse de Lisieux lui avait confié une mission et qu’elle vivrait.

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Marthe Robin a dit que Sainte Thérèse de Lisieux lui avait confié une mission et qu’elle vivrait sans manger, ni boire, ni dormir pendant 50 ans.

 

L’avatar du Christ

C’est à cette époque qu’elle cesse de s’alimenter, pour toujours, non par choix, mais car elle ne parvient plus à déglutir. Jésus évoque la faim et la soif avec la Samaritaine. Il dit à la foule à Capharnaüm : « Je suis le pain de vie, qui vient à moi n’aura jamais faim, qui croit en moi n’aura jamais soif ». Infirme, Marthe Robin ne quittera plus son lit de la ferme familiale de Châteauneuf-de-Galaure.

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La ferme familiale de Châteauneuf-de-Galaure (Drôme), où a vécu Marthe Robin toute sa vie, reçoit chaque année 40 000 visiteurs !

« Pourtant elle n’a rien fait de mal » dit son papa consterné. Elle s’abandonne à la volonté divine. Jésus dit de la maladie de Lazare : « Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle ».

Ses parents sont croyants mais pas pratiquants. C’est une différence de taille avec Thérèse de Lisieux qui baigne dans un milieu qui favorise et encourage sa vocation.

À 28 ans Jésus, qui avait dit à l’apôtre Jean : « Un homme ne peut rien recevoir si cela ne lui a été donné du Ciel »,  lui propose les stigmates et sa Passion. Marthe avait écrit en 1925 : « J’accepte avec amour tout ce qui me vient de vous : peine, douleur, joie, consolation, sécheresse, abandon, délaissement, mépris, humiliation, travail, souffrance. Tout ce que vous voulez, ô Jésus… ». Elle aura donc tout ! Les plaies des stigmates, et la couronne d’épines, chaque vendredi pendant 50 ans. La solitude aussi.

Cet abandon n’est pas propre à Marthe, mais se retrouve chez nombre de religieux, mystiques ou non. Le père de Foucaud dit dans sa prière : «  Mon Père, je m’abandonne à Toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que Tu fasses de moi, je Te remercie… »

Le 20 mai 1921, Marthe voit Marie lui apparaître : elle en a peur et craint « d’être dupe d’une habile manœuvre. » Elle sera discrète sur ces visites, disant que le Diable qu’elle voit aussi fait profil bas devant Marie. Jésus lui demande en apparition de créer « les foyers de charité et de lumière ».

Si elle ne mange pas ni ne boit, elle communie avec des hosties consacrées. Selon les témoins «  L’hostie volait des mains du prêtre et disparaissait dans la bouche. »  Tout cela laisse perplexe, y compris elle-même et elle souffle : « Dans ces affaires-là, on n’est jamais vraiment sûre…c’est quand Dieu opère ce qu’il fait. Alors Dieu fait tout. » Marthe est une adepte de la verticalité : les choses, les événements, nous sont donnés ou proposés par Dieu et nous les vivons.

En 1939, Marthe demande la permission au père Finet de donner ses yeux. Permission accordée, elle devient malvoyante et ne supporte plus un rai de lumière. C’est aussi cette année-là que Marthe cesse d’écrire. Pour épaissir le mystère, sa vie traverse des drames familiaux : elle perd jeune ses parents et son frère se suicide. Jean-Jacques Antier relate une histoire intrigante. Elle parle à l’âme de sa mère mourante, qu’elle a fait ramener de l’hôpital :« Partez maintenant vers les demeures éternelles… Petite maman entre au Ciel. Ton purgatoire est fini. » Puis elle retombe dans une inconscience qui dure plusieurs mois pour éviter, selon Jean Guitton, « les souffrances purificatrices post mortem » !

Marthe explique : « Le Seigneur m’a demandé de faire le purgatoire de ma maman. Je dois donc immédiatement, pendant 9 mois, subir une augmentation de la peine des sens, et les derniers mois, vivre la peine du dam. » Or madame Robin était décrite comme une femme dévouée, enjouée, accueillante, aimable. Si  une telle femme doit faire un purgatoire, qu’en sera-t-il pour une personne ordinaire ?

 

Supercherie ou maladie ?

Devant une vie aussi incroyable, on peut d’abord dire : ceux qui veulent y croire... qu'ils y croient. Ceux qui n'y croient pas, qu'ils n'y croient pas ! Marthe Robin aurait-elle pu faire tout cela pour de l’argent ? Après tout Ron Hubbard, créateur de l’Église de Scientologie, a dit : « Pour gagner un million de dollars, il suffisait de créer une religion ». Mais Marthe n’a fait ni l’un ni l’autre.

Concernant l’inédie, parmi les explications qui viennent à l’esprit, la première est celle de la supercherie. Elle est cependant difficile à soutenir. Il aurait fallu que Marthe soit alimentée en cachette par le père Georges Finet, le plus proche d’elle. Mais ce dernier voyageait et puis cela correspond peu au personnage. Marthe aurait-elle pu avoir des complices qui la ravitaillaient secrètement et ceci durant 50 ans ? Impossible. Ce secret n’aurait pu durer. Enfin et c’est très important, Marthe a la caution de l’Église et il n’y a pas plus méfiante que cette institution. D’ailleurs aucun des livres qui lui sont consacrés n’évoquent le mensonge. L’idée d’observer Marthe dans une clinique pendant des mois pour que « la preuve de son jeûne soit faite » est abandonnée. Elle aurait dit : « Croyez-vous que cela convaincrait les gens ? »

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Le père Georges Finet, photographié dans le jardin de la ferme des Robin, après avoir rendu visite à Marthe.

L’ingénieur Benjamin Lisan écrit dans la revue « Pseudo sciences » : « Il y a deux objections à l’existence de ce phénomène (l’inédie). Tout d’abord pour vivre, le corps humain doit consommer de l’énergie. Ensuite, depuis le XVIIIe siècle et le savant Lavoisier, on sait qu’au niveau bilan matière et énergie, « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Au niveau du bilan énergétique, si une personne ne reçoit pas de nourriture, il faut bien qu’elle reçoive alors, par un moyen ou un autre, la source d’énergie, apportée normalement par la nourriture ingérée par voie orale. Or on ne connaît pas ce moyen. Et on peut rester sceptique sur l’allégation de l’existence d’une source Deus ex machina - source occulte « venant du ciel ». De plus, tous ces cas allégués d’inédies, sans exception, n’ont jamais été étudiés scientifiquement. D’où un sérieux et légitime scepticisme du monde scientifique face à ces phénomènes ».

Peut-être, la communion portée chaque vendredi, lui donnait-elle cette énergie ?  L’étude médicale de Marthe n’apporte rien. Elle n’a pas été autopsiée et c’est dommage car l’étude post mortem de ce corps qui n’a pas été alimenté durant 50 ans aurait pu être riche d’enseignements. Si l’honnêteté de Marthe et des proches est acceptée, alors on peut étudier la piste de la maladie mentale. Des thèses convaincantes la défendent.

Il est pertinent, pour un médecin spécialisé, de tout expliquer par l’hystérie. L’on peut trouver un fil conducteur et argumenter  que la méningite, l’encéphalite, la typhoïde qui ne l’ont pas épargnée l’ont rendue ainsi.  

 La thèse de l’hystérie a été défendue, entre autres chercheurs, par le docteur Mottet. Il disserte sur une « angoisse d’être en tant que sujet sexué », « d’un complexe de castration » ou d’un « trouble de l’identité sexuelle  dans les tentatives d’identification à la Vierge Marie et à Jésus… ». Si elles paraissent outrancières, ces remarques faites par un médecin ont le mérite d’expliquer rationnellement des faits surnaturels. Elles s’appuient sur des écrits, comme cette prière de Marthe, totalement opaques pour la personne lambda.

« Seigneur mon Dieu, que nourrie chaque jour de votre corps sacré, inondée de votre sang rédempteur, enrichie de votre sainte âme, submergée de votre divinité, je n’aime, je ne désire, je ne cherche, je ne veuille, je ne goûte que vous. Que mon cœur et tout mon être soupirent et ne tendent que vers vous, que je sois toute vôtre et tout occupée de vous seul; que je demeure perpétuellement avec vous, en vous, unie à vous pour être consommée tout entière dans la fournaise ardente de votre divin cœur, filialement unie au cœur immaculé de ma Maman chérie (la vierge Marie) par qui je veux vous glorifier, vous louer, vous servir, vous obéir à jamais. »

Les mystiques, qui sont à 89% des femmes, parlent d’époux quand elles parlent du Christ. Imagine-t-on un paradis où Jésus est entouré de ces femmes vierges qui chantent ses louanges ? C’est absurde, pourtant c’est ce que l’on peut imaginer en les écoutant.

Richard Brasey dans son enquête sur les Anges rebelles décrit une cérémonie pas rare en plein Paris où un sorcier « marie » une jeune femme avec… son ange  gardien.  La dame est ravie mais tout cela défie l’entendement. « Cessez d'opter sans raison valable… pour une spiritualité illusoire en suivant les conseils des religions chrétiennes... Dirigez-vous, au contraire, vers l'unité de votre être. »  répond, non sans raison, Pierre Mabille, dans son livre Thérèse de Lisieux.   

Concernant les manifestations mystiques, des médecins spécialisés penchent pour une maladie mentale. Pour le psychologue et médecin Pierre Janet, « Les sainte Hildegarde, les Marie Chantal, les Catherine Emmerich et bien d'autres, avaient tout simplement des attaques de catalepsie ». Marthe Robin serait simplement une sociopathe sans vocation particulière. Pourtant, on ne peut suivre les médecins comme Jean-Martin Charcot, qui explique toutes « les manifestations extraordinaires : l’inédie,  les attaques diaboliques, les apparitions, les prophéties, par le diagnostic d’hystérie ».

Cependant il est à noter que d’autres médecins ne retiennent pas la thèse de la maladie mentale. Sylvain Tesson dans son livre Bérézina, paru en 2015, se demande comment les soldats napoléoniens, qui vivaient l’impossible, faisaient pour supporter la souffrance ? Il trouve la réponse chez Bloy en pensant qu’ils se fondaient « dans l’âme de Napoléon ». Marte s’est-elle fondue dans l’âme du Christ acceptant tout, comme les soldats de l’Empire ?

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 29 novembre 1812 : le dramatique passage de la rivière Bérézina par les soldats de Napoléon.

 

Marthe dans ses extases voyait la cour céleste et dans l’ordre des apparitions il semble que ce soit Thérèse de Lisieux qui se soit manifestée la première à elle. Par la suite, elle demeurera en relation avec Thérèse de Lisieux qu’elle aime tant. « Je parle souvent avec elle, confie-telle. C’est une grande sœur.  Elle ajoute avec humour : « Oh ! la coquine, elle m’a tout laissé après. » À Marthe d’accomplir le travail de sa complice Thérèse de Lisieux qui écrivait en 1889 :« Je t’aimerai sans mesure et sans loi » et qui voyait en Marie sa « mère Chérie ».

Nombre de paroles et d’écrits de Marthe croisent et paraphrasent presque, ceux d’autres mystiques qui l’ont précédée. Plusieurs dizaines d’auteurs certainement. Comment Marthe a-t-elle procédé ? 

Pierre Mabille a la réponse : il parle de Sainte Thérèse de manière iconoclaste et finalement courageuse, dans un style XXe siècle : « Aux yeux des chrétiens, cette fille est symbole de pureté et d’amour ; aux miens et à tous ceux des hommes qui veulent réfléchir, elle schématise l’ensemble des dégâts que peuvent provoquer, dans l’organisme affaibli d’une jeune fille, l’action cléricale conjointe à la férocité bourgeoise. »

Il faut, qu’on le veuille ou non, accepter que Marthe Robin ait eu une vie surnaturelle. Face à ce constat, on peut comme l’écrit l’illusionniste Ranky, qui étudie la véracité des phénomènes mystérieux, dire que « le paranormal, c’est du normal encore inexpliqué ».  

La mort de Marthe

Marthe Robin meurt seule le 6 février 1981 (un vendredi). Sa mort étonne les membres du foyer, qui commençaient à la croire immortelle. Elle épaissit le mystère et pose des questions.

Récemment, dans son livre « Le mystère décrypté », François de Muizon révélait des détails inattendus. Comme d’habitude le jeudi, le père Finet ferme la porte de sa chambre à clé car Marthe vivait la passion du Christ. Pourquoi à clé ? Il ne fallait pas que Marthe soit vue (par qui ?) pendant son extase. La porte était ouverte le lendemain à 17 heures par le père Finet. En cet hiver 1981, elle tousse à fendre l’âme. Les membres du foyer, qui veillent à côté, entendent de grosses quintes et tout à coup un grand cri et puis plus rien. Les deux membres du foyer n’ont pas la curiosité d’ouvrir la porte et d’assister Marthe.

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Ce n’est que le lendemain qu’on la découvre morte sur le sol. La chambre est en désordre, des chaises sont renversées. Elle est par terre et porte aux pieds des chaussons «  un peu usagés ». Dans la chambre, il y a une bassine contenant du mélaena (du sang issu de digestion) et du papier journal. Rappelons que Marthe est paralysée et n’a pas mangé depuis 50 ans.  Le père Finet prend Marthe froide. Le père médecin Colon qui l’examinera plus tard déclare : «Elle avait une bouche cornée… aucune dent. La survie de Marthe avec un corps aussi atteint est inexplicable. ».

Elle pèse entre 25 et 30 kilos et le père Finet qui la replace dans son lit de misère l’entend dire, bien qu’elle soit morte : « Il m’a tué ». « Il » étant, d’après le père, le Diable. Alors le père et deux membres du foyer vont prier deux heures durant avant de prévenir un docteur et les membres du foyer. Il semble que le père soit stupéfait que Marthe soit morte sans son autorisation et attende qu’elle reprenne vie. Est-elle tombée, attaquée par le Diable, et puis s’est-elle traînée par terre pour, sans succès, remonter sur le lit ? Accorder du crédit à ce déroulement, c’est accepter que le père Finet ait correctement rapporté ce qu’il a entendu. Alors pourquoi Marie ne s’est-elle pas, comme d’habitude, interposée ? Il est bien plus probable qu’harcelée par la souffrance elle soit descendue du lit, soit allée en rampant jusqu’à la bassine mais, affaiblie, soit tombée (le grand cri) et n’ait pas réussi, épuisée, à se replacer.

Mais alors pourquoi les chaussons ? Marthe devait avoir une mobilité malgré ses jambes épaisses comme des « baguettes ». La présence de mélaena dans une cuvette est à signaler, mais n’est pas significatif d’une alimentation. C’est du sang et des glaires.

À SUIVRE

08/10/2014

HISTOIRE ET PARANORMAL

La Révolution française occulte (1ère partie)

Par Thierry Namur

(Après ses deux premiers articles passionnants, « Le roi Arthur à la Maison Blanche » et « Les Beatles et l’appel aux forces occultes », voici un nouvel article proposé par Thierry Namur. L’auteur, licencié en anthropologie, recherche l'influence des mythes et des légendes dans l'Histoire).

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Mithra sacrifiant le taureau.

La Révolution de 1789 est une période courte et brutale de notre histoire. C’est un méli-mélo d’acteurs  débordés, jetés à la guillotine et immédiatement  remplacés.  Elle est le fait, nous dit-on, d'une population unanime désireuse de renverser une monarchie fatiguée. Il n'en est rien. En réalité, des approches différentes  montrent l'action de sociétés secrètes multiples et rivales coiffées et manipulées par une entité occulte.  

Pour cacher la forêt occulte, l’arbre des Francs-Maçons est souvent sollicité. Ils sont  présents mais leur influence est rendue caduque par l’appartenance de tous les protagonistes à des  loges accueillant toutes les idéologies. La famille royale elle-même appartient à la loge des Trois Frères de l’Orient de Versailles. La princesse de Lamballe, amie de la reine et assassinée, est Grande Maîtresse de la « Mère loge écossaise. »

 

La main du Grand Monarque

Illuminés bavarois, Rosicruciens, services secrets étrangers, sociétés occultes, sociétés secrètes politiques, Mithraïstes, fraternités… Toutes ces fourmilières s’agitent et activent leurs réseaux pour s’imposer. Mais toutes ces ombres ne sont que des illusions derrière lesquelles se devine une main beaucoup plus inquiétante : celle du Grand Monarque. Ce Grand Monarque, dont le nom sous cette forme apparaît deux fois dans la Révolution, régit par ses interventions le destin des trônes et des peuples. Il a, ici, un objectif précis : sacrifier rituellement la famille royale et placer, à la tête de la révolution, un avatar solaire mithraïste (Napoléon).

Difficile à cerner, cette entité structurée qui échappe à l’histoire conventionnelle, marque ses marionnettes par des dates, des nombres, des signes, des anagrammes, des symboles. Elle les étiquette aux mythologies antiques pour mieux les contrôler. Ainsi, pour fêter la naissance du futur Louis XVI, Rameau compose un ballet qu’il appelle "La naissance d'Osiris". À peine né, le roi était marqué par Osiris le Dieu d’Égypte coupé en 14 morceaux.  

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À peine né, Louis XVI était marqué par Osiris le Dieu d’Égypte coupé en 14 morceaux.  

 

En 1789, la France est un pays riche et prospère à l’État endetté. La sécurité que lui offre la livre tournois lui donne une parfaite stabilité monétaire. Grâce à sa marine, elle est le premier exportateur européen. Les échanges intérieurs s'épanouissent. Elle bénéficie d'un prestige culturel fort et d'une langue parlée par les élites de la planète, avides de responsabilités, pas de révolution. Sa population instruite, civilisée, compte 28 millions d'habitants, ce qui en fait le pays le plus peuplé d'Europe, mais pas particulièrement voué à un bouleversement général. Rien ne laisse penser que ce peuple, certes frondeur, va s’étriper, tuer les figures royales puis mettre l’Europe à feu et à sang.

 

Des phénomènes météos et célestes inhabituels

Ce sont les premiers signes des grands malheurs.

Un an, jour pour jour, avant l’émeute parisienne, le 13 juillet 1788, une « grande tornade » ruine la  partie nord de la France.

Des amoncellements de grêlons gelés mettront, cet été-là, 3 jours à fondre !

Des aurores boréales sont vues à Metz.

Toujours en 1788, on remarque  d’inhabituelles chutes de météorites et des hécatombes d’oiseaux.

Les mois d’été, en particulier celui d’août 1790, sont caniculaires. Le 24 mai 1798, les astronomes de l’observatoire de Paris notent, stupéfaits, le changement d’aspect du soleil : « La sphère incandescente s’est trouvée entourée d’un cercle lumineux ». Les scientifiques sont incapables d’expliquer le phénomène. Sa soudaineté et son caractère unique les déconcertent.  En préambule de cette curiosité, un culte remarqué est rendu au soleil à Bordeaux le 4 mai 1798. Ce même jour, Bonaparte quitte Paris pour accomplir la campagne d’Egypte.

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De nombreux signes célestes annoncent la destinée funeste de la monarchie de France.

Ces signes célestes, simples manifestations scientifiques pour beaucoup, annoncent la destinée funeste de la monarchie de France.

La genèse de la Révolution se découvre sans doute en Phrygie (un ancien pays d’Asie Mineure, aujourd’hui en Turquie). Les Phrygiens avaient développé une mythologie naturaliste, fondée sur les cycles saisonniers et la force productive et féconde de la nature. Son panthéon comprenait la déesse Cybèle (« la gardienne des savoirs ») ou Ma (la déesse-mère), Attis et Men (divinité lunaire qui évoluera ensuite en Mithra). Ces figures, reprises par les Grecs (Déméter, Aphrodite) et les Romains, ne cessent de s’adapter et se développer au gré des régions où elles sont véhiculées. Ces cultes éteints, mains du Grand Monarque, vont pourtant montrer leur patte et leur existence dans cette Révolution.

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Cybèle avec ses attributs traditionnels : corne d'abondance, lion et couronne en forme de remparts.

 

Le roi et le dauphin coiffés du bonnet rouge

Le Grand Monarque est cité dans plusieurs prophéties : Orval, Nostradamus, Prémol. Pour cette dernière, il est écrit que le Coq (la République) chantera la gloire du Grand Monarque. Ce Grand Monarque se cache, dans sa prédiction, pour les 20 juin significatifs de 1789, 1791, 1792 et 1815.

C’est comme si des fenêtres temporelles s’ouvraient pour permettre l’action de sa main invisible.

À Versailles, le 20 juin 1789, au solstice d’été, le Tiers état fait le serment du jeu de paume.

Le 20 juin 1792, les émeutiers envahissent les Tuileries, insultent et menacent la famille royale. Dans le salon au nom évocateur de l'œil de bœuf, Louis XVI est coiffé d’un bonnet rouge qu’il garde jusqu’au soir. Ce bonnet rouge, dit bonnet phrygien, est un symbole de la Liberté dont se paraient dans l’Antiquité les esclaves affranchis. Il est introduit en 1792 par le jacobin Grangeneuve, puis mis par le président de l’assemblée Thuriot. Mais c’est surtout le général Dumouriez, promu ministre, qui l’impose. Le bonnet rouge est un attribut de Mithra, le Dieu des soldats, le soleil invaincu. Le culte de ce Dieu, réservé aux hommes, est strictement interdit par les empereurs chrétiens romains en 391. Le gouvernement révolutionnaire oblige les curés assermentés à porter ce bonnet rouge ! Faut-il voir là une revanche des servants de Mithra ?

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Un fait est peu connu : un prêtre en carmagnole et bonnet rouge récitait en silence (sous peine de mort) la prière des agonisants lors du passage de la charrette qui conduisait Danton au supplice.

Louis  XVI, ce 20 juin, est contraint de boire du vin qui est aliment de communion pour le culte de Mithra. Ce culte communie aussi au pain. Le roi, la reine et le dauphin étaient appelés « le boulanger, la boulangère et le petit mitron. »

Dans le défilé, un individu présente au roi un cœur de veau sanglant où  est inscrit « Cœur des aristocrates ». 

Son ordre dans les Louis de France, seizième, le prédestine à Mithra qui était fêté le 16 de chaque mois ! Le dauphin, tel Attis, se fait coiffer du bonnet rouge ce même jour. Malgré la chaleur, l’enfant le porte deux heures. On l’en recoiffera dans la prison du Temple. Curieusement, la foule haineuse n’oblige pas la reine à porter ce bonnet car le culte de Mithra est réservé aux hommes. Voilà une foule bien informée !

Cette journée sera reprise par les journaux sous le titre des visiteurs de la « Ménagerie royale d’animaux vivants établis aux Tuileries ». Pendant la Révolution, le roi et la reine seront constamment raillés comme des animaux.      

 Il est impensable, au début de la Révolution, de tuer les souverains qui sont des figures quasi divines. Les députés du Tiers état, convoqués pour les états généraux, sont modérés. Danton, Robespierre et leurs amis sont contre la peine de mort. Pourquoi nos acteurs vont-ils accomplir ce sacrilège : tuer la figure sacrée du roi, de la reine et laisser le dauphin Charles mourir dans le dénuement ?  L’exécution du roi en 1793 s’apparente au sacrifice rituel du taureau par Mithra.  Mithra le dieu persan solaire coiffé du bonnet rouge, qui subjugue et saigne le taureau pour arroser la terre de sang et assurer de bonnes cultures. Dans le culte, le dévot se faisait asperger du sang fumant, le plus souvent d’un bœuf. L’énergie vitale de la bête régénérait l’âme et le corps de l’officiant.

Un scorpion est accroché au sexe du taureau ce qui se conçoit quand on connaît la difficulté du roi pour honorer la reine ! Ce taureau est aussi poursuivi par un chien qui peut symboliser l’acharnement des révolutionnaires.  

De sa prison du Temple, Louis lui-même compare sa mort à un sacrifice. Il propose une énigme à un proche : « Comment, vous ne  devinez pas le mot ? Il m’est pourtant bien applicable. Le mot est sacrifice. » 

Louis XVI a la corpulence d’un bœuf : il est gros, fort et mesure près de deux mètres. 

Avant sa mise à mort, on sert du bœuf au roi pour son dernier repas. Au pied de l’échafaud, le roi refuse d’avoir les mains attachées, comme on lie les pattes du taureau avant le sacrifice. On l’y oblige cependant et l’abbé qui l’accompagne lui dit : « Acceptez ce sacrifice Sire, ce nouvel outrage est un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense. »

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Ce tableau sur bois de Rembrandt, peint en 1655 et intitulé « Le Boeuf écorché » (aujourd’hui au Louvre) a été acheté par Louis XVI en 1783.

Résigné, le roi veut parler à la foule mais il en est empêché. En colère il frappe l’échafaud du pied. Il est brutalement empoigné et allongé sur la planche, la tête face aux Tuileries, en direction de l’île aux Juifs. Le sang gicle et arrose le plateau. Les « spectateurs » ont été refoulés loin, derrière plusieurs rangées de soldats et d’officiels. C’est alors, rapporte la gazette Révolutions de Paris qu’ : « Un citoyen monta sur la guillotine même, et plongeant tout entier son bras nu dans le sang de Capet qui s'était amassé en abondance, il en prit des caillots plein la main, et en aspergea par trois fois la foule des assistants qui se pressaient au pied de l'échafaud pour en recevoir chacun une goutte sur le front. - Frères, disait le citoyen en faisant son aspersion, frères, on nous a menacés que le sang de Louis Capet retomberait sur nos têtes! Eh bien, qu’il y retombe ! Le sang d'un Roi porte bonheur ! Le sang du taureau (le souverain ici) arrose le peuple qui se régénère. Le bourreau crie : «  Allez donc, je vais vous donner un baquet où vous pourrez les tremper plus aisément. »

Le philosophe espagnol José Ortega y Grasset écrit que « le sang répandu permet la libération d’esprits. Ce sang est mystérieux et effrayant. Il porte la vie et quand il est répandu et que le sol en est taché, le paysage tout entier s’excite et devient fou. » Alors le sang d’un roi, vous imaginez.

Son corps sera mélangé, dans sa bière mise à nu, à de la chaux et à de la terre.

Les adeptes de la thèse de la lignée du roi perdu, descendant de Jésus, remarqueront que Louis XVI et son épouse, les usurpateurs capétiens, sont ensevelis après leur exécution dans la fosse commune du cimetière de... la Madeleine !

Le Grand Monarque montre sa patte par l’officier public qui signe l’acte de décès du roi qui s’appelle … Le Grand.

Le roi Saint Louis déclarait sa fonction royale « un Sacerdoce » et il l’avait prescrit dans son Ordonnance Royale de 1254 (article 39). Le  roi Louis pouvait se revendiquer de se croire de droit divin.

Il y a dans cette Révolution une opposition entre l’église et son champion, Louis XVI et les Mithraïstes. Le 25 décembre, jour de naissance de Mithra et de Jésus, Louis XVI écrit son testament où il réaffirme puissamment sa foi en l’église catholique. La rupture entre Danton et Robespierre se fait un 25 décembre. Dès 1814, le roi martyr est appelé « Nouveau Rédempteur » et en1815, on veut en faire un saint. Sa canonisation est régulièrement demandée, encore aujourd’hui. Le Pape Pie VI a deviné cette sape religieuse en écrivant le 17 juin 1793 : « Le roi très chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie, et ce jugement s’est exécuté. »

La chapelle expiatoire de Paris, élevée par l’architecte Fontaine (eau) à l’endroit de l’inhumation du roi en 1815, présente le vitrail  d’un soleil à 16 branches. En Egypte, chaque taureau sacré avait son tombeau sur lequel on dressait, comme pour Louis, une chapelle funéraire. Osiris s’incarnait dans le taureau-bœuf Apis qui devenait Osiris à sa mort.

On peut fermer les yeux sur le caractère magique de l’histoire de France. Il faut cependant admettre que cette première exécution à l’apparence d’un sacrifice et que Louis XVI est placé sous deux aspects du soleil : le soleil diurne avec Mithra et le soleil nocturne avec Osiris. Osiris qui était comme le roi d’une fratrie de 5 enfants.

 

Le sacrifice du cheval blanc

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Le gisant de Marie-Antoinette dans la basilique de Saint Denis montre la reine la poitrine quasiment dénudée et se tenant un sein d’une main. Est-ce une allégorie de la mère nourricière ? On s’attendrait plutôt à la voir les mains jointes pour la prière ,comme son royal époux. Mieux, sa poitrine, rituel magique, doit constamment être nettoyée car les visiteurs l’utilisent comme talisman en la touchant.

 

Marie-Antoinette peut être assimilée au principe féminin, à la déesse-mère, aussi appelée Ma, qui est la première syllabe de son nom. Depuis la nuit des temps, les déesses, mères de toutes choses, sont craintes et adorées. Ishtar, Aphrodite, Cybèle, Isis (la déesse aux mille noms) et Marie… expriment, comme une poupée russe, sous différents noms le principe féminin. L’inspiration est la même : la femme et la mère en particulier et à travers elle, la fécondation, la nature et la végétation renaissante.

Y sont associés le rocher (lors de la fuite de Varennes, son passeport est au nom de Rochet), la grotte (à Versailles, elle a dans son hameau une grotte personnelle) et la source (l’eau), mais aussi la lune, la rose, la  souveraineté, la terre, la virginité, les épis. Un détail  rapproche la reine de la déesse mère Aphrodite, épouse Héphaïstos. C’est un dieu forgeron plutôt « contrefait » qu’elle trompe. Louis XVI avait une forge à Versailles. La brillante Aphrodite symbolise la passion que rien n’arrête. La passion du jeu de la reine nuira à sa réputation.

Cybèle, comme Marie-Antoinette, s’entoure de jeunes gens. Des libelles injurieux et exagérés sur ses supposés vices affaibliront la monarchie. Une des représentations de Marie-Antoinette est celle de la reine travestie en bergère et jardinant dans son hameau naturaliste de Trianon. Une chanson y est associée : "Il pleut bergère, rentre tes blancs moutons". Cybèle était la déesse des pâtres et bergers ! Cybèle est présente sur l’arc de triomphe! Peut-être parce qu’elle est servie par un clergé phrygien.

Évidemment, Marie-Antoinette n’est pas une déesse mère, même si d’aucuns, à travers des livres et des commentaires, semblent lui vouer un véritable culte, mais elle en a des aspects. C’est ce reflet de déesse que le « Grand Monarque » champion du principe masculin, va sacrifier ! 

 

Marie-Antoinette est marquée par le nombre 16

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Portrait de Marie-Antoinette : toujours la rose… attribut féminin par excellence.

À 14 ans, Marie-Antoinette arrive en France. Elle se dénude entièrement sur l’île aux épis (Isis et Cybèle sont déesses aux épis), au milieu du Rhin. Elle laisse ainsi symboliquement, à la frontière, ses attributs autrichiens. La Dauphine est ensuite accueillie par une tapisserie représentant le mariage de Jason et Médée décrite ainsi par Goethe : « À gauche du trône, on voyait l’infortunée fiancée en proie aux tourments de la mort la plus cruelle. À droite, Jason déplorait la mort de ses enfants, tandis que la furie qui les avait tués s’envolait sur un char attelé de dragons. » Quelle prémonition quand on connaît le tragique destin du couple royal et de ses enfants.

La reine est marquée par le nombre 16. Elle se marie un 16 (mai), épouse Louis 16, meurt un 16 (octobre), appartient à une famille de 16 enfants. Au tarot, la seizième carte représente la Tour ou maison Dieu. C'est la carte de l'effondrement. On y voit une tour foudroyée qui se renverse. Des personnages sont projetés à terre. Le jour attribué à cette carte est le lundi, jour de la mort de Louis XVI et le signe est celui du capricorne. Le roi a été condamné à mort le dernier jour du capricorne.

Si le sacrifice du roi peut être comparé à celui du bœuf, la mort de la reine peut l’être à celui du cheval blanc. À Rome, on sacrifie le 15 octobre un cheval dont la tête coupée est garnie de grains puis clouée. Le sang du cheval était conservé jusqu’au 21 avril (la reine quitte Vienne à jamais dans l’affliction générale un 21 avril). La reine était excellente cavalière. Les anthropologues remarquent que les traditions associent le binôme cheval blanc-bœuf dans les sacrifices liées à la fertilité et au renouveau. Ainsi Achille déclare : « Vous aurez beau immoler taureaux et chevaux, vous n’en périrez pas moins d’une mort cruelle ». Le cheval est le coursier qui tire le char d’Apollon ou de Mithra. Hébert dans son numéro 199 du père Duchêne écrit, en évoquant la reine en route pour l’échafaud : « Ses beaux chevaux blancs si bien panachés ne la conduisaient pas, mais deux rossinantes qui semblaient avoir envie de galoper pour aller plus vite au lieu fatal… »

Symboliquement, le cheval est associé à l’eau. Le guichetier de Marie-Antoinette à la Conciergerie se nomme Larivière. Le Grand Monarque est un cynique. Les avocats de la reine s’appellent Chauveau-Lagarde (la garde à cheval) et Tronson-Ducoudray (Tronçonner le cou de la reine). Auparavant ceux du roi s’appelaient Tronchet, Desèze et Malesherbes (Trancher la mauvaise herbe de seize, Tronchet peut aussi être vu comme la tête). Si c’est là l’humour du Grand Monarque !

Le procès de la reine s’ouvre le 14 octobre. Une honteuse accusation d’inceste va lui être reprochée. Pourquoi les révolutionnaires profèrent-ils une telle bêtise ? Cette  injustice ne peut se comprendre, qu’en comparant l’inceste de Cybèle et d’Attis, et des déesses en général. Ces mêmes jours, la profanation des tombes royales à Saint-Denis bat son plein : le 14 octobre, la tombe de Louis XIV est saccagée dans la crypte et le 16 la sépulture de Louis XV, qui avait accueilli la dauphine en France, est mise à sac. C’est encore du 14 au 16 octobre (1840) que la tombe de Napoléon, l’Empereur de la République, est ouverte à Sainte Hélène.

La statue de la déesse Cybèle était transportée une fois l’an dans toute la ville de Rome sur un char tiré par des bovidés. On sacrifiait à cette occasion un taureau et l’on aspergeait les fidèles avec le sang de la bête. Ce 16 octobre 1793 (jour du bœuf dans le calendrier républicain) la reine pâle, aux blancs cheveux et vêtue de blanc, est décapitée. Comme pour le roi, cette exécution va être l’objet d’un rite magique. Le citoyen Maingot (Main de  dieu ?) est  caché sous l’échafaud et recueille le sang de la martyre. Découvert, arrêté et fouillé, il porte un œillet et des images pieuses sur lui. Il est tatoué sur les bras des lettres GB et JHS. «  Il y a là assez pour l’envoyer à la guillotine » assure André Castelot. Pourtant, bien que jugé deux fois, il est acquitté et ses effets, y compris les mouchoirs ensanglantés du sang royal, lui sont rendus.

La destinée du corps de Marie-Antoinette, pour laquelle aucune fosse n’a été préparée, reste floue. Il serait resté plusieurs jours sur le sol du cimetière. Pour y féconder la terre ?

 

Le sacrifice de l’agneau

Le fils cadet de  Louis XVI, né pendant la période pascale sous le signe du bélier, meurt à 10 ans le 8 juin 1795 (20 prairial), un an jour pour jour, après l’étrange fête de l’Être suprême. Emmuré au Temple dans un cachot, ce roi non consacré meurt dans un dénuement total.

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À gauche, buste d’Attis portant le bonnet phrygien. Il est à la fois le fils et l’amant de Cybèle. À droite, buste de Louis XVII. Le Prince est né le 27 mars. Les fêtes célébrant le renouveau d’Attis se déroulaient du 22 au 27 mars, lors de l’équinoxe du printemps. L’animal qui le symbolise est le coq, symbole aussi de la République. Attis, qui meurt jeune, est végétalisé sous la forme du pin. Or, le prince naît le 20 prairial du calendrier révolutionnaire, sous le signe d’un arbre !

L’abbé Allègre, dans un texte au style romantique recueilli en 1888, voit cette mort comme celle de l’agneau sacrifié. Cette comparaison est partagée dans d’autres textes : «  Au moment où le ciseau accomplissait ce sacrifice, (on lui coupe les cheveux - NDA) le commissaire de service entra, suivi de Meunier et de Vandebourg, qui apportaient le dîner. Le commissaire regarda d’un œil satisfait ce qui se passait ; mais le bon Meunier s’écria tout d’abord :

- « Oh ! Pourquoi donc avez-vous haché ainsi ses cheveux, qui lui allaient si bien ? »

- « Tiens, répliqua la gouvernante, ne vois-tu pas, citoyen, que nous jouons au jeu du Roi dépouillé ? »

Et tous, à l’exception de Meunier, se prirent à rire autour de l’agneau tondu, qui baissait en silence sa tête esclave et déshonorée, comme celle de ces premiers Mérovingiens que l’on tondait pour les dégrader. L’enfant demeura triste et abattu le reste du jour. Je ne sais si les railleries dont on l’accablait, si l’étrange sensation qu’il éprouvait de se sentir rasé, si le besoin même du sommeil, vinrent en aide aux deux verres de mauvais vin qu’on lui fit prendre dans la soirée. Quoi qu’il en soit, le malheureux, poussé à bout, se rendit enfin et Simon célébra sa victoire en s’écriant : « Enfin, Capet, te voilà jacobin ! » Et le bonnet rouge brilla sur le front du petit-fils de Louis XIV. 

À SUIVRE

 

20/08/2014

HISTOIRE ET PARANORMAL

Ces portes étranges qui s’ouvrent sur le passé (2e partie)

Par Jacques Mandorla

Dans notre précédent article, nous avons étudié le cas célèbre et extraordinaire des visions de deux touristes anglaises dans le parc du château de Versailles en août 1901. Voici d’autres exemples de portes du passé, et même du futur, existant en France !

Rappelons que certains lieux semblent avoir enregistré, à jamais, la mémoire d’événements importants, étonnants ou dramatiques qui resurgissent ensuite, à l’identique, bien des années plus tard. Ces lieux particuliers sont désignés sous le nom de « portes du passé » et mettent souvent en scène des êtres à allure plutôt fantomatique.

L’étrange aventure qu’auraient vécu les deux touristes anglaises Charlotte Moberly et Eleanor Jourdain dans le parc du château de Versailles n’est pas la seule porte du passé dans notre hexagone (voir la première partie de cette article). On en trouve beaucoup d’autres, identifiables parce qu’elles ont vu se dérouler de terribles batailles (les témoins disent entendre des chocs d’armures et d’épées, des cris de guerre et des galops de chevaux !) ou parce qu’on voit apparaître des personnages dans leurs habits d’époque.

Voici quelques exemples, classés par ordre chronologique.

 

Préhistoire

Dans la forêt de Juvigny-sous-Andaine (Orne), il est fréquent que des promeneurs ou chasseurs égarés se retrouvent dans une clairière, attirés par les lueurs de grands feux, visibles de loin : des hommes aux mines patibulaires, vêtus de la façon frustre, principalement de peaux de bêtes, se partagent, au milieu des flammes, un immense banquet pris sur une carcasse animale. Ils vivent dans des huttes, plantées autour de la place commune éclairée par un brasier.

Tous ceux qui ont observé un moment cette scène ont pensé être tombés en pleine préhistoire. Or, il se trouve que la forêt d’Andaine, riche en polissoirs, était, à l'époque de l’Âge du bronze, parsemée de petits villages forestiers.

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Dans la forêt de Juvigny-sous-Andaine, des promeneurs disent apercevoir parfois des hommes de l'époque préhistorique.

An 52 avant J.-C.

À saint-étienne-du-Vigan (haute-Loire), encore aujourd’hui, des témoins affirment entendre régulièrement des cliquetis d’armes, des galops des chevaux et des cris de soldats semblant provenir d’une bataille dans le ciel.

Or, on se situe sur le lieu exact où une tribu gauloise fut massacrée par l’armée romaine en pleine Guerre des Gaules menée par Jules César (52 avant Jésus-Christ).

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À saint-étienne-du-Vigan, des témoins disent entendre les fracas d'une bataille entre Gaulois et Romains.

 An 778

À Urepel (Pyrénées-Atlantiques), des deux côtés de la frontière franco-espagnole, des paysans disent percevoir, à dates régulières, les bruits d’armes, les hennissements des chevaux et les hurlements des combattants de la bataille de Roncevaux qui eut lieu le 15 août 778.

C’est au cours de ce combat que mourut, son épée Durandal à la main, le célèbre comte Roland qui dirigeait l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne.

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À Urepel, des gens sont persuadés d'entendre les cris des combattants de la bataille de Roncevaux au cours de laquelle mourut Roland.

 

An 1364

À Auray (Morbihan) eut lieu, le 29 septembre 1364, une terrible bataille entre deux familles rivales de Bretagne : les Blois et les Montfort.

Depuis, des témoins projetés involontairement en pleine guerre de Cent Ans déclarent voir des chevaliers couverts de sang, armes à la main.

Ces vues du passé seraient la cause d’inexplicables décès par crise cardiaque, constatés chez des paysans de la région, retrouvés raides morts au petit matin, dans les sinistres marécages.

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À Auray, des témoins projetés involontairement en pleine guerre de Cent Ans déclarent voir des chevaliers couverts de sang, armes à la main.

An 1573

À Saint-Martin-Lys (Aude), certaines nuits du 15 août, on entend des cloches tinter, puis des chants liturgiques grégoriens s’élever des ruines de l’ancienne abbaye de Lez, les voix étant renvoyées comme des échos par les vieux pans de murailles.

En 1573, l’abbaye fut prise par des huguenots qui en faisaient le siège. C’était au soir du 15 août. Au cours de la nuit, ils massacrèrent les 200 moines dont les corps mutilés furent retrouvés le surlendemain par des paysans au lieu-dit La Plage. Depuis, les vestiges de l’abbaye semblent franchir les barrières du temps à cette date-anniversaire du 15 août.
À la fin du XIXe siècle, l’ingénieur Ernest Cros, un physicien qui habitait la région, passa une partie d'un 15 août dans les ruines. En bon rationaliste, il émit alors l'hypothèse que le phénomène était dû à des « règles physiques inexpliquées ».

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À Saint-Martin-Lys, on entend des chants liturgiques grégoriens s’élever des ruines de l’ancienne abbaye de Lez.

An 1627

À Saint-Martin-de-Ré, sur l’île du même nom, près du vieux pont, une tentative de débarquement de troupes anglaises fut réduite à néant par un terrible combat avec les forces royales et catholiques de Louis XIII, sous le commandement du Cardinal de Richelieu. Ce fut  un épisode historique de la Guerre de Trente ans. 

Depuis, il est arrivé à des riverains, déambulant sur ce pont, de se retrouver soudainement projetés dans cette année-là. Les manifestations perçues sont uniquement sonores : gémissements de mourants et cris de guerre mille fois répétés, comme « Tue ! Tue ! ».

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À Saint-Martin-de-Ré, des riverains, déambulant sur le vieux pont, se retrouvent soudainement projetés dans la Guerre de Trente ans.

An 1903

À Clamart (aujourd’hui dans le département des Hauts-de-Seine), en février 1903, un gamin nommé Jean-Louis Clartant vit avec sa mère dans une tour avec un pigeonnier, près de la mairie. Une nuit, il aperçoit dans l’embrasure d’une porte un chevalier en armure, âgé d’environ 50 ans, avec de gros sourcils et d’épaisses moustaches. Il affirme voir son épée déchirer de nombreuses mailles du fichu de sa mère ! Celle-ci n’ayant rien vu est persuadée que c’est son fils qui a abîmé son vêtement.

L’affaire connaît un curieux rebondissement en 1970 : une historienne de Clamart, Germaine Deschamps, fait l’étude généalogique des personnes ayant habité la tour. Elle découvre alors qu’un chevalier y avait vécu entre 1426 et 1451 : un certain Guillaume d’Esprée, Grand fauconnier du Roi de France, habillé comme les Gens d’Armes, ce corps d’élite créé en 1440 par Charles VII dit Le Victorieux. Le pigeonnier existait déjà et servait au chevalier à élever des pigeons pour nourrir ses nombreux invités !

En 1972, la mairie de Clamart n'a d'ailleurs pas hésité à faire apposer une plaque pour célébrer cet événement !

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La tour avec pigeonnier située à Clamart, a été le siège d'un étrange phénomène en 1903 !

 

An 1925

À Paris s’est déroulée une étrange histoire de porte du passé. Elle a été racontée par l’écrivain Claude Seignolle dans son livre paru en 1969 et intitulé Invitation au château de l’étrange. Jean Romier, étudiant en médecine âgé de 24 ans, profite d’une belle fin d’après-midi de printemps pour aller réviser ses cours sur l’une des chaises des jardins du Luxembourg.  Il est abordé par un vieil homme à redingote du nom d’Alphonse Berruyer. En fin de conversation, le vieillard propose une invitation pour le jeudi suivant, à un petit concert de musique de chambre, donné dans son appartement de la rue de Vaugirard.

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Claude Seignolle a relaté dans son livre "Invitation au château de l’étrange" l'étonnane histoire arrivée à Jean Romier, étudiant en médecine de 24 ans.

Le jeudi suivant, Jean Romier se rend chez Mr Berruyer. Au cours de cette soirée, il a une longue conversation avec un jeune séminariste passionné de musique. Puis, vers 22 heures, le jeune homme salue ses hôtes un à un et descend le bel escalier de l’immeuble. Il n’a fait que quelques pas dehors, lorsqu’il ressent le désir de fumer une cigarette. Il s’aperçoit alors qu’il a oublié son briquet chez Mr Berruyer.

Il remonte l’escalier et sonne. Personne n’ouvre. À force de tambouriner à la porte, le concierge de l’immeuble, alerté, monte. Il répond à Jean Romier qu'il veut parler à monsieur Berruyer : « Monsieur Berruyer ? Connais pas ! Il y a 20 ans que l’appartement est inoccupé ! ». On se retrouve au commissariat du quartier en présence d’un certain Mr Mauger, propriétaire de l’appartement en question. Le récit du jeune homme, pris pour un cambrioleur, étonne tout le monde. En réalité, Mr Berruyer était un aïeul de Mr Mauger et il a bien occupé l’appartement, mais il était mort depuis plus de 20 ans !

On se décide finalement à ouvrir les portes de l’appartement : les sols sont couverts de poussière. Sur un meuble, une photographie : Jean Romier reconnaît le jeune séminariste avec lequel il avait pris tant de plaisir à discuter ! Mr Mauger lui répond du tac au tac : « Cela m’étonnerait beaucoup que vous ayez pu parler avec lui ce soir : c’était mon grand-oncle et il est mort en Afrique où il était missionnaire ! ». Jean Romier n’en revient pas : « Mais il y a à peine 3 heures, nous étions là, au bord de cette cheminée, à causer en fumant ». Tout en disant cela, il s’approche du tablier de marbre de la vieille cheminée, le bras tendu : là, il voit son briquet… couvert de poussière !

 

An 1951

À Puys (Seine-Maritime), le 4 août 1951, Dorothy et Agnès Norton, deux Anglaises (encore !) en vacances près de Dieppe, disent avoir entendu à 4 heures du matin « des cris, des rafales d’armes à feu, des bruits d’avion, des explosions d’obus » provenant de la plage.

Neuf ans plus tôt, le 19 août 1942, eut lieu à cet endroit l’opération Jubilée, répétition du débarquement de 1944, qui impliqua 3 bataillons canadiens et un commando de la Marine Royale britannique. Le bilan fut terrible : 1 200 morts et 2 500 blessés.

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Faut-il croire aux portes du futur ?

À côté des portes du passé qui projettent des témoins dans de surprenantes batailles historiques, il existerait aussi des portes laissant entrevoir l’avenir.

La plus étonnante serait située à Crussol, près de Saint-Péray, en Ardèche. Et, insigne honneur, elle a été expérimentée par Bonaparte en personne, lequel confia un jour dans les salons des Tuileries son témoignage à une comtesse qui écrira un livre intitulé Mémoires de Madame de Rémusat 1802-1808, retraçant la vie à la Cour au temps de Napoléon Ier.

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Bonaparte confia, un jour, à la comtesse de Rémusat avoir,  jeune sous-lieutenant, pénétré une porte du futur dans les ruines du château de Crussol en Ardèche.

 

En 1786, Bonaparte vient d’être reçu sous-lieutenant. Il n’a que 17 ans et est alors affecté au régiment d’artillerie de La Fère basé à Valence. Un jour de permission, il visite le château en ruines de Crussol, construit au XIIe siècle par un seigneur local nommé Gérald Bastet. Intrigué par une étonnante fenêtre ovale en forme d’œil-de-boeuf, le jeune caporal escalade le mur et se réfugie à l’intérieur de cette ouverture pour méditer.

Des années plus tard, il a affirmé avoir alors vu défiler des images très nettes des futures grandes batailles de sa Campagne d’Italie et d’une grandiose cérémonie de sacre dont il serait le héros et dans laquelle il figurait, tenant entre ses mains un sceptre et une boule représentant le Monde. Puis un violent orage a éclaté au-dessus des ruines, effaçant brusquement toutes ces visions.

Napoléon, très superstitieux, pensait que ce trou de Crussol était l’un de ces yeux ouverts en permanence, dans lesquels peuvent s’entrevoir les grands moments de l’avenir.

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Ruines du château de Crussol : on aperçoit l'oeil-de-boeuf ovale dans lequel Bonaparte s'est installé, voyant alors - dira-t-il - défiler des images très nettes de son avenir.

08/08/2014

HISTOIRE ET PARANORMAL

Ces portes étranges qui s’ouvrent sur le passé (1ère partie)

Par Jacques Mandorla

Certains lieux semblent avoir enregistré, à jamais, la mémoire d’événements importants, étonnants ou dramatiques qui resurgissent ensuite, à l’identique, bien des années plus tard. Ces lieux particuliers sont désignés sous le nom de « portes du passé » et mettent en scène des êtres à allure fantomatique.

Dans l’Antiquité grecque, le site de la bataille de Marathon(qui eut lieu en 490 avant notre ère), situé à 40 km au sud d’Athènes, était déjà réputé constituer une porte vers le passé. À date régulière, des témoins ont dit se retrouver transportés en pleine bataille entre Grecs et Perses.

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Le site de la bataille de Marathon (qui eut lieu en 490 avant notre ère), situé à 40 km au sud d’Athènes, serait une "porte du passé".

 

L’exemple le plus spectaculaire de ce phénomène s’est, de l'avis de beaucoup de spécialistes, passé en France pendant l'été de l'année 1901.

 

Versailles, porte royale vers le passé ?

Le poète Jean Cocteau écrivit dans la préface du livre Les fantômes de Trianon paru en 1959 : « Si, un jour, les avions volaient à la vitesse de la lumière, ils atteindraient un univers dont une porte s’est ouverte par erreur le 10 août 1901 pour Miss Moberly et Miss Jourdain ».

Il faisait allusion à un phénomène extraordinaire qui s’était passé, au début du XXe siècle, au château de Versailles. Ce jour-là, dans l’après-midi, deux touristes anglaises Charlotte Moberly et Eleanor Jourdain ont décidé de visiter le célèbre château.

Charlotte Moberly (1846-1937) est la fille d’un responsable de l’Église d’Angleterre. Âgée de 55 ans, elle exerce la fonction de principale d’un collège de filles à Oxford. Elle vient juste de recruter comme adjointe Eleanor Jourdain (1863-1924), âgée de 38 ans. En août 1901, les deux amies décident d'aller visiter la France et, plus particulièrement, le château de Versailles.

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Les deux Anglaises Eleanor Jourdain (à gauche) et Charlotte Moberly affirment avoir vécu une étrange aventure en août 1901 dans le parc du château de Versailles.

 

Au cours de leur visite, elles se dirigent vers le Petit Trianon, sans connaître le bon chemin. Le temps est couvert. Elles ont alors l’impression de pénétrer dans un univers qu'on qualifierait aujourd'hui de virtuel. Elles disent avoir aperçu une femme en train de secouer une nappe blanche et deux jardiniers qui conversent près d’une brouette, tous habillés en tenues d'époque royale.

Les deux visiteuses ressentent une impression grandissante d’inquiétude. Le paysage leur paraît irréel, semblable à une tapisserie.

Près d’un petit kiosque, un homme arrive en courant et leur dit : « Mesdames, il ne faut pas passer par là. Par ici, cherchez la maison ». Plus loin, effectivement, apparaît la maison, le Petit Trianon : sur le devant, une dame semble lire : ses cheveux sont blonds et elle est coiffée d’un chapeau de paille : elle ressemble étrangement à Marie-Antoinette. Les deux touristes anglaises se sont-elles réellement retrouvées face à la Reine, remontant le temps jusqu’en 1789 ?

Puis, un jeune homme leur demande de le suivre. Elles quittent alors les jardins de Trianon.

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Le deux Anglaises se dirigent vers le Petit Trianon, sans connaître le bon chemin. Elles ont alors l’impression de pénétrer dans un univers qu'on qualifierait aujourd'hui de virtuel.

 

Miss Jourdain retournera, seule, à deux reprises sur les lieux. Cinq mois plus tard, le 2 janvier 1902, elle dit avoir vu deux hommes vêtus de tuniques qui remplissent une charrette de fagots, puis avoir entendu des voix de femmes alors qu’en même temps retentit une étrange musique. Elle y retourne 6 ans et demi plus tard, pour la troisième fois : le 12 septembre 1908, elle assiste à la dispute de deux femmes.

Charlotte Moberly et Eleanor Jourdain ont raconté leur étrange histoire dans un livre intitulé An adventure dont la première édition parut à Londres en 1911. L’édition française, sortie en 1959 et préfacée par Jean Cocteau, a pour titre Les fantômes de Trianon.

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Marie-Antoinette en chemise (portrait peint en 1783 par Elisabeth Vigée Le Brun). Sur ce tableau, elle porte un chapeau de paille comme celui décrit par les deux Anglaises.

 

Hasards curieux ou analogies troublantes

Différents faits ont été notés par les chercheurs en paranormal. Ainsi, un petit kiosque avait été prévu dans le nord du jardin par Antoine Richard, le jardinier de Marie-Antoinette. Ce kiosque figure sur un plan soumis en 1774 par celui-ci, mais n’a jamais réalisé. Pour le chercheur Robert Amadou : « Il semblerait que les demoiselles eussent pris connaissance des projets déçus du jardinier, plutôt que de la réalité historique du passé ».

Par ailleurs, un autre chercheur, Guy Lambert, remarque qu’elles n’ont pas signalé des éléments appartenant au Petit Trianon de 1789, comme le Jeu de Bague ou le Belvédère : ne serait-ce pas plutôt l'édifice de 1774 qu’elles auraient visité ? En effet, si l’on porte sur un plan des jardins du Petit Trianon les divers épisodes de l’aventure, ceux-ci se concentrent alors autour de la maison du jardinier Antoine Richard.

Toutefois, il semble qu’un pavillon correspondant au signalement du kiosque existait réellement en 1774. Les Anglaises auraient donc vu le Trianon de 1774, et il ne serait pas nécessaire d’invoquer un rêve de jardinier.

 

Quand les apparitions se succèdent à Versailles

Étrangement, depuis 1901, ce phénomène n’a cessé de se reproduire dans le Parc du château de Versailles : 1908 (la famille Crooke aurait rencontré, par deux fois, une femme en train de dessiner), 1928, 1935, 1937, 1938, 1949, 1955 (le 21 mai, un avoué londonien et son épouse disent avoir croisé, dans une allée du parc, une femme en robe jaune et deux hommes avec des vêtements du XVIIIe siècle).

Comme la plupart des témoignages proviennent de sujets de sa gracieuse Majesté, on peut se demander si ces derniers ne seraient pas plus sensibles que les autres à la présence de fantômes !

L’écrivain français Jean-Jacques Barloy a tenté une analyse statistique des divers témoignages. Des constantes reviennent souvent : une femme, des hommes en tricornes, une atmosphère chargée d’électricité, des témoins oppressés. Il a, de plus, recueilli plusieurs témoignages contemporains inédits : une visiteuse de Trianon aperçoit, parmi les arbres, une femme en robe longue avec une ombrelle (printemps 1965). Une autre voit des vitrines pleines de perruques. Deux dames remarquent des femmes avec des chapeaux en forme de bateaux et les retrouvent ensuite, très ressemblantes, sur un tableau. Des dizaines de visiteurs aperçoivent des lumières qui éclairent le théâtre et se déplacent. Un témoin voit, d’une chambre de Trianon, des femmes en robes de cour qui dansent...

 

Tentatives d’explication

De très nombreuses hypothèses ont été formulées pour cet étrange phénomène qui se serait déroulé dans le parc du château de Versailles. Voici les 8 principales.

Hypothèse n°1 : les deux Anglaises auraient monté un canular. Celui-ci aurait tellement bien fonctionné qu’elles ne purent dire la vérité ensuite, d'une part pour ne pas se ridiculiser et d'autre part afin de ne pas freiner les ventes de leur livre An adventure qui obtint un grand succès en librairie.

Hypothèse n°2 : elles auraient rencontré des personnages costumés en train de répéter l’une animations des fêtes que le comte Robert de Montesquiou-Fezensac donnait à l’époque dans le parc de Trianon. Cependant, après vérification, aucune fête n’a eu lieu ce jour-là à Versailles.

Hypothèse n°3 : il s’agirait d’une hallucination ou plutôt d’une mislocation, c’est-à-dire d’une fausse localisation des objets à la suite de perceptions confuses et d’interprétations erronées. Les deux demoiselles auraient vu des objets ou des personnages réels, mais elles auraient ensuite tout embrouillé, peut-être sous l’effet d’un repas trop arrosé. Pourtant, on peut objecter que le décor décrit par elles diffère vraiment trop de celui de 1901.

Hypothèse n°4 : il s’agirait d’un rêve éveillé. En 1954, Léon Rey, archiviste paléographe, attire l’attention sur un point important et fort étrange du récit de Miss Jourdain et de Miss Moberly : la description du kiosque. Ce kiosque ne correspond à aucun bâtiment existant en 1901, mais on sait qu’un kiosque avait été prévu dans le nord du jardin par Antoine Richard, le jardinier de Marie-Antoinette, puisqu’il figure sur un plan soumis en 1774 par celui-ci, mais ne fut jamais réalisé.

Hypothèse n°5 : il s’agirait d’un rêve fait par Marie-Antoinette et perçu télépathiquement par les deux Anglaises. Miss Jourdain et Miss Moberly ont peut-être capté un rêve, non pas celui d’un jardinier, mais celui de Marie-Antoinette. Cette hypothèse est de Miss Moberly elle-même. Le dernier chapitre de leur livre, écrit par elle seule, est intitulé Une rêverie. Miss Moberly s’intéresse à ce qui s’est passé le 10 août 1792. Ce jour-là, 109 ans jour pour jour avant qu'elles ne se rendent à Versailles, eut lieu un étrange événement historique : Louis XVI, Marie-Antoinette et d’autres membres de la famille royale entrent, de bonne heure le matin, dans la salle où est réunie l’Assemblée législative. À l‘extérieur, au-delà des grilles, la foule hurle des menaces à l’encontre du roi. L’Assemblée ne permet pas à la famille royale de se placer à l’endroit qui lui est normalement dévolu, mais la refoule dans une sorte de réduit plutôt inconfortable : elle y restera jusqu’à dix heures du soir. Louis XVI a droit à un repas, mais on ne sait si c’est le cas de la reine.

Hypothèse n°6 : on serait en présence d’une connaissance paranormale. Miss Jourdain et Miss Moberly auraient pu avoir bénéficié d'informations sur les jardins de Trianon à la suite d'une relation télépathique avec une personne ayant eu accès à des documents historiques.

Hypothèse n°7 : certains radiesthésistes estiment que Versailles serait un site fortement chargé en énergie. Le château serait alors le théâtre de phénomènes surnaturels car des courants telluriques y parcourraient le sol. Des chercheurs se demandent d’ailleurs si ce n’est pas la connaissance de l'existence de telles particularités qui aurait incité Louis XIV à choisir Versailles comme capitale royale.

Hypothèse n°8 : cette porte du temps serait explicable par la théorie de la relativité d'Einstein

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« Ces dames ont trébuché dans le temps » aurait dit Albert Einstein en évoquant l’étrange aventure des deux Anglaises à Versailles, après avoir émis sa théorie de la relativité quatre ans plus tard, en 1905.

Selon le célèbre physicien, il est en effet théoriquement possible, pour les deux Anglaises de voir Marie-Antoinette se promener dans les jardins de Versailles en 1789, à condition de se situer dans l’espace à 112 années-lumières de la Terre et de regarder vers celle-ci avec un puissant télescope : elles y verraient alors les images d’événements ayant eu lieu 112 ans auparavant !

Il s’agit là du thème de l’univers parallèle qui intéresse les physiciens, les romanciers et les cinéastes. Nous vivons dans un univers à quatre dimensions : la longueur, la largeur, la hauteur et le temps. Les trois premières peuvent être parcourues dans les deux sens. Le temps, lui, ne peut l’être que dans un sens seulement et à une vitesse constante. On peut donc imaginer un autre univers, un autre espace-temps, où le temps pourrait, lui aussi, être parcouru dans les deux sens et à vitesse variable.

Supposons que ces deux univers - comparables à deux trains roulant sur des voies parallèles - entrent parfois en collision, et que des portes s’ouvrent alors, permettant de passer de l’un à l’autre. On appelle ces portes des « points de conjonction spatio-temporels ».

Emboîtant le pas d’Einstein, plusieurs physiciens n’hésitent pas aujourd’hui à affirmer que les fameux trous noirs de l’espace, ces masses de matière dense qui aspirent les étoiles, pourraient parfaitement jouer le rôle de portes du passé.

À SUIVRE

Dans le prochain article, nous verrons qu'il existe beaucoup d'autres portes du passé en France… et nous évoquerons aussi l'existence de la porte du futur qui s'ouvrit devant les yeux de Bonaparte, jeune caporal de 17 ans, dans les ruines du château de Crussol !

10/07/2014

HISTOIRE ET PARANORMAL

Le Titanic et la guerre des dieux

Par Thierry Namur

(l’auteur, licencié en anthropologie, recherche l'influence des mythes et des légendes dans l'Histoire, mais aussi dans le quotidien de chacun d'entre nous. Il a déjà écrit pour notre blog les articles : "Le roi Arthur à la Maison Blanche" et "Les Beatles et l'appel aux forces obscures").

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Le naufrage du Titanic fait aussi couler beaucoup d’encre. Des voyants l’ont perçu, des passagers en ont eu l’intuition. Nous l’avons lu dans l’un des articles de la rubrique « Grands voyants de l’histoire » sur ce blog.

Eclairons ce désastre à la lumière de la mythologie pour aboutir à cette étonnante conclusion : encore aujourd'hui, nous partageons la Terre avec les Dieux.

Imaginez une nuit sans lune, piquetée de milliers d'étoiles surplombant l'Océan atlantique. La mystérieuse déesse Hécate rôde. Elle est la manifestation inquiétante de la lune noire.

Un paquebot aveugle a rendez-vous avec son destin. Nous sommes le 14 avril 1912. Le navire est le Titanic. Son pavillon est une étoile blanche rayonnante à cinq branches. Il y a peu, son architecte Thomas Andrews a emmené son épouse au prénom grec Hélène pour observer, sur le bateau, la comète de Halley qui est à proximité maximale de la Terre. Elle réapparaîtra en 1986, un an après la découverte de l’épave du navire. Dans deux jours, une éclipse obscurcira le ciel de l'hémisphère nord.

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Dans toutes les traditions, l'éclipse et la comète sont annonciatrices de catastrophes. Encadrés sous ce décor céleste (une étoile, une comète, une éclipse et une lune noire), les malheureux passagers du Titanic ont été précipités dans les abîmes des eaux glacées de l'Atlantique nord.

Aussitôt, et encore aujourd'hui, une littérature fournie essayait d'expliquer le naufrage : escroquerie à l'assurance, arrogance humaine, momie maudite embarquée, iceberg "chargé" (il servait de sépultures aux Inuits), malédiction sur fond de guerre civile entre Catholiques et Protestants en Irlande du Nord... Pourquoi pas ?

Prenons comme point de départ le nom du navire et, comme fil rouge, la guerre des Dieux de l'Olympe.

"Et les Titans furent précipités dans l'abîme, dans les ténèbres éternelles, ils furent enchaînés par des fers cruels dans les fonds brumeux, le Tartare" chante Hésiode dans la Théogonie.

La mythologie grecque nous conte des Dieux belliqueux dotés de pouvoirs fabuleux. La Grèce antique leur a donné un territoire, notre monde et un domaine, l'Olympe. Ces Dieux immortels ont des noms : Zeus, Poséidon, Hadès. Ils luttent et triomphent contre les Titans et les Géants qui sont précipités dans un abîme cruel, le Tartare. Sous les yeux des hommes, Dieux et Titans se déchirent à grands coups d'éclairs, de rochers et d'invisibilité.

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Neptune-Poséidon repousse un Titan.

Qu’ont vraiment vu les hommes, témoins de ces batailles gigantesques qu’ils relatent avec le filtre des connaissances de leur époque et les limites de leur intelligence ?

Ces récits épiques ont-ils réalité et vérité ?

Hier comme aujourd'hui, une autre dimension du monde nous livre imprudemment des signes de sa présence par d'infimes détails. Ainsi, l'indicatif radio du Titanic est MGY et rappelle "Mythologie ".

Tous ces détails à découvrir autorisent cette réflexion :"Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous avec les Dieux."

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Le Titanic : son départ de Southampton pour sa première croisière (à gauche) et son naufrage le 15 avril 1912 au large de Terre Neuve.

Le Titanic appartient à une famille de trois bateaux, affrétés par la compagnie "White Star Line" : ses "Sisters ships" (« bateau-sœur ») s'appellent l'Olympic et le Gigantic.

Le jour du drame, l'Olympic, premier-né, du nom de la montagne où trônent les Dieux de la mythologie grecque, a quitté New York pour l'Europe et le Gigantic, attend sa mise en eau.

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La bonne étoile rayonnante de la White Star n’a pas porté fortune au Titanic.

 

Edward Smith, le commandant du Titanic

Le Titanic, contrairement à une tradition bien établie, n'a pas été salué au moment de son départ par les sirènes des navires présents. Pour son voyage inaugural, il était commandé par Edward Smith dont la mère s'appelait Catherine, prénom d'origine grecque (Catharsis). Ce vieux loup de mer était aussi appelé comme Poséidon, "le roi des tempêtes."

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Edward Smith, le commandant du Titanic, et son radio en train de lancer un SOS.

Il se marie avec Eleanor (Hélène) le 12 juillet (saint Olivier). L'olivier, don à la Grèce de la déesse Athéna, fille de Zeus, est divin dans la religion grecque. Son père était potier, profession majeure de l'Antiquité, dont Athéna était la protectrice. Smith avait une fille prénommée Elen. Hélène est une célèbre héroïne grecque.

Plus étonnant encore. Avec les lettres du nom du capitaine du Titanic E. Smith, on écrit parfaitement Thémis et Métis. Thémis et Métis sont les noms de deux des douze Titans ! Un Titan pilotait le Titanic. Métis, dont le nom en grec signifie sagesse, est la mère d'Athéna.

Les lettres "dward" qui restent, peuvent écrire « d », abréviation de died (mort en français) et ward, qui signifie « éviter un danger ». Un prénom qui convenait tout à fait à Smith, quand on connaît sa fin.

Le Titanic reçoit, via le Baltic, un message radio l'avertissant du danger des glaces : cet avertissement est signé du vapeur grec Athinaï (Athéna).

Gardons notre fil rouge en notant que ce marin très expérimenté avait fait une partie de ses études à l'Etruria British School. Or Neptune, l'avatar de Poséidon, était étrusque (civilisation vivant en Étrurie).

On ne sait pas ce qu'est devenu Smith. Circé la magicienne a brouillé les cartes sur sa disparition. Un témoin, qui avait navigué avec lui affirme, sous serment, lui avoir parlé en ville, après le naufrage. Les titans ne sont-ils pas immortels ?

Le Titanic se dirigeait rapidement en direction de New York mais aussi de l'Olympic qui quittait New York. La tentation est grande d'interpréter et d'imaginer que c'était pour un défi. Poséidon, Dieu des Océans, se tenait-il à l'affût et son trident a-t-il effleuré la coque du Titan qui a sombré rapidement dans les eaux, calmes et sombres du monde d'Hadès ? En tout cas la presse, dans ses dessins de 1912, ne craint pas d'habiller l'iceberg avec le costume de Neptune-Poséidon.

Le Titanic est coulé par une montagne, de glace certes, mais la symbolique est respectée, puisque l'Olympe est aussi une montagne. Les Titans et les Géants tentaient d'occuper l'Olympe et lançaient des rochers sur les Dieux qui n'en menaient pas large. Le second du Californian, bateau dont nous reparlerons, essaie vainement d'entrer en contact optique avec le Titanic. Il s'appelle Stone, « roc » en français.

Le Carpathia, premier arrivé sur les lieux du drame, lance des fusées. Son commandant est surnommé « L'étincelle électrique ». L'arme de Zeus n'est-elle pas l'éclair ? « Carpates » est le nom d'une montagne d'Europe centrale et son nom signifie pierre. Tous les marins du Carpathia, en remerciement de leur sauvetage, recevront une médaille où l'on voit Poséidon entourant le navire de ces deux bras-poissons. Encore un symbole.

Les bateaux Parisian (Pâris) et Mount Temple (nom de montagne) sont très proches mais ne peuvent intervenir.

 

La recherche de l'épave

Elle commence immédiatement après la tragédie, mais les ressources technologiques de l'époque ne permettent pas de concrétiser l'imagination des concepteurs.

En 1977, le navire de guerre britannique "Hécate" localise un grand bateau brisé en deux parties par 4 000 mètres de fond. Cette carcasse est aussitôt reconnue comme étant celle du Titanic. La découverte est tue pour cause de guerre froide. "Hécate", de la race des Titans, est la terrible déesse, première épouse d'Hadès. Encore une fois, le nom du navire nous invite en Grèce. Hécate suscite des fantômes. Détail curieux, elle est la déesse des portes et clés. La clé du placard à jumelles des vigies du Titanic était égarée et les vigies étaient sans ces instruments.

Précisons que ce n'est absolument pas une habitude de la Royal Navy, au XXe siècle, d'appeler ses bateaux par des noms issus de la mythologie grecque. Il s'agit bien là d'un fait étonnant.

En 1985, l’équipe de Robert Ballard envoie un robot, l'Argo, qui localise précisément l'épave. L'Argo est le nom du bateau de Jason et des argonautes qui partent à la recherche de la Toison d'or. C'est d'ailleurs ce qu'explique Ballard : « J'ai choisi ce nom (l'Argo) en pensant au bateau avec lequel Jason... était parti à la conquête de la Toison d'Or ». Ballard qui, je pense, ne dit pas tout, décrira la grande carcasse ainsi : « Ecrasée comme sous le poids d'un Géant ».

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Robert Ballard et l'épave du Titanic qu'il a filmée avec le petit véhicule sous-marin Jason.

Un an plus tard, Ballard fait une seconde expédition avec le bateau Atlantis, nom grec qui désigne le premier Titan Dieu, Roi, à l'origine de toutes nos civilisations.

Un robot en titane filme le Titanic. Il libère un petit véhicule, le Jason, qui pénètre à l'intérieur et filme le Titanic. Un débat intervient alors entre Ballard qui veut garder l'épave en sanctuaire marin et les Français (co-découvreurs) qui veulent remonter des éléments à la surface. Ballard, dans mon interprétation, prend alors le rôle du gardien Hadès, gardien des enfers.

En 2001, Cameron filme en 3D le Titanic pour un documentaire. La plateforme de prises de vues s'appelle la Méduse. Méduse est l'une des trois Gorgones qui pétrifie de son regard.

Hécate, Argo, Jason et Méduse sont donc associés à la découverte et l'exploration de l'épave du Titanic. Tous ces noms sont, à la fois, étroitement mêlés à la mythologie grecque et au Titanic.

 

Le sister-ship Gigantic

Gigantic, le plus grand des trois navires, se réfère aux Géants qui subirent le même sort que les Titans. Ce dernier bateau fut débaptisé immédiatement après le naufrage du Titanic par la compagnie et renommé Britannic. Il est légitime de se demander pourquoi et il est raisonnable de penser que les décideurs de la White Star Line avaient compris l'avertissement. Accoler les noms rivaux de l'Olympe, des Titans et des Géants était un casus belli pour les Dieux jaloux de l'Olympe. Le Titanic coulé et le Gigantic, dépossédé de son nom puis coulé en Grèce, marquaient la victoire de l'Olympe face au défi de la White Star Line.

Le Gigantic ne connaîtra jamais de carrière commerciale. Réquisitionné en 1914 par l'armée britannique, il sert de navire-hôpital. Triste prédestination : il coule, victime d'une mine ou d'une torpille, en 1916 à proximité de l'île de Kéa, au cap Sounion en Grèce. C'est ici, en face du lieu de ce naufrage, qu'est construit le temple de Poséidon. Cette construction majeure, donnée par Zeus pour consoler le Dieu de la mer après sa défaite face à Athéna, domine la grande épave du haut de son promontoire.

Localisée par la Calypso (nymphe grecque) du commandant Cousteau en 1975, le bateau est filmé par le submersible grec Thétis en 2001. Thétis est le nom d'une Titanide.

En raccourci, le Gigantic-Britannic sombre face au temple dédié à Poséidon en Grèce. Son épave est découverte par la nymphe Calypso, est aussi explorée par Thétis la Titanide... Ce bateau est à ce jour, la plus grande épave des océans.

 

Le sister-ship Olympic

L'Olympic va connaître une carrière à l'image des Dieux de l'Olympe : guerrière, royale et quasiment immortelle. Lancé en 1911, surnommé "le Roi des Mers", il est considéré avec le Majestic comme le vaisseau-amiral de la Line. Sur les 89 paquebots qu'elle construit, la White Star Line adopte, pour 79 d'entre eux, le suffixe "ic". Habitude intéressante de nommer ses bateaux par un nom finissant par « ic »… comme iceberg !

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L’Olympic perd une pale de son hélice puis, en 1912, il éperonne un croiseur nommé Hawke (faucon), animal attitré de la magicienne grecque Circé. Ces péripéties sont vitales pour la destinée du Titanic puisqu'elles retardent son départ.

Le commandant Haddock (Hadès) prend alors le commandement de l'Olympic et Smith celui du Titanic.

Averti de la collision avec l’iceberg, l'Olympic, proche du Titanic, reste en contact radio avec son frère, rejoint la zone du naufrage et patrouille en vain. Hadès est le terrible gardien du Tartare où ont été précipités Titans et Géants. Haddock espère embarquer les naufragés sauvés par le Carpathia, mais son capitaine refuse. C'est l'Olympic qui, grâce à la puissance de sa radio, livre la première liste erronée des rescapés.

En 1912, l'Olympic échoue sur un banc de sable, mais l'affaire est tue pour garder la confiance dans la Compagnie. Il fera la Grande Guerre en transportant des troupes. Il est le seul navire civil à avoir coulé, en 1918, un sous-marin. Décidément très agressif, il heurte en 1924 le bateau de guerre Fort Saint Georges. Evénement rarissime, il subit en 1929, un séisme sous-marin. Faut-il rappeler que Poséidon, dont le lieu de culte est aussi Olympie, est appelé « le maître des tremblements de terre ? ".

Entre 1934 et 1935, la Compagnie retire du service trois de ses bateaux : l'Olympic, l'Homéric et le Majestic. Ils sont vendus à des démolisseurs. Mais des pans entiers de ce bateau mythique ornent encore aujourd'hui des demeures ou des restaurants prestigieux.

 

L'Oceanic

La White Star Line avait lancé en 1899 l'Oceanic. Or Ocean est aussi le nom d'un Titan de la mythologie. En 1900, le mât avant de l'Oceanic est foudroyé et abattu. Le navire heurte ensuite un navire. Il est le premier bateau de la Compagnie à connaître une mutinerie. Les Titans sont rebelles. Les mutins sont emprisonnés.

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Détail incroyable : en 1912, l'Oceanic et le Titanic se croisent à Southampton. L'Oceanic est amarré contre le New York. Le Titanic approche alors et les deux Titans prennent le New York en sandwich. Imagine t-on image plus symbolique que le New York pris dans ce baiser de la mort entre les deux Titans ?

Le Titan Ocean, dans les récits mythologiques, s'est finalement rallié à Zeus.

Mais ce n'est pas tout. Pendant cet épisode, le Titanic est guidé par six remorqueurs : L'Ajax et l'Hector, héros de la guerre de Troie, le Neptune ( Poséidon), le Vulcan, dieu du feu, l'Hercules, qui vainquit les Titans et l'Edwards, nom de l'architecte du Titanic (il périt dans le naufrage).

L'Oceanic, réquisitionné par la Royal Navy, s'échoue près de l'île de Foula.

Il ne fait décidément pas bon d'avoir pour nom celui d'un Titan.

 

Le ciel grec antique

Les Grecs étaient férus d'astrologie. Ils avaient projeté leur monde divin dans le ciel, en nommant les constellations par les héros de leur mythologie.

Ainsi, un groupe d'étoiles représente le bélier dont la toison d'or a inspiré la saga de Jason. Avril, mois du drame, est consacré au Bélier. Le tempérament du bélier est fonceur et obstiné. C'est un leader comme notre Titanic. Le sens dévolu à ce signe (le bélier) est la vue. Nos vigies n'ont-elles pas, sans jumelles, vu l'iceberg au dernier moment ?

Le dieu Hadès qui a le pouvoir de se rendre invisible, a-t-il révélé la montagne de glace tardivement ?

Edward Smith commandait, avec le Titanic, son 17e navire. Au tarot, la carte XVII c'est l'étoile. Rappelons que le logo de la Compagnie est une étoile.

Pour couronner toutes ces curiosités, Avril est le mois d'Aphrodite-Vénus. Vénus est encore appelée "étoile du matin". Aphrodite est née de l'écume de la mer à Cythère. Le jour dévolu à ce signe est le mardi, jour du naufrage.

N'y a-t-il là que du hasard ou bien les éléments se mettraient en place pour que les événements se produisent ?

On peut toujours croire que le hasard seul bafoue, dans ce naufrage, les lois de la probabilité. Mais cela ne peut convaincre entièrement. Dans le cas du Titanic et de ses Sisters ships, le hasard en a trop fait. Le cinéaste Cameron, auteur du film Titanic, a perdu en avril 2014 son sous-marin « Nérée » lors de l’exploration d’un abysse océanique. La mission s’appelait « Hadès ».

Décidément, je préfère appliquer pour le Titanic la réflexion d'Einstein :

« Le hasard est le nom que les Dieux prennent

quand Ils ne veulent pas qu'on Les reconnaisse ».

22/03/2014

HISTOIRE ET PARANORMAL

Les Beatles et l’appel aux forces occultes

2e partie : Les esclaves du Diable 

Par Thierry Namur

Dans l’article précédent, intitulé « Le secret des Beatles », Thierry Namur a montré pourquoi les 4 célèbres musiciens n’ont pas pu résister à l’appel aux forces occultes. Dans ce second article, l'auteur continue ses révélations.

Les Beatles sont liés, bien involontairement, aux crimes commis aux Etats-Unis par les disciples  de Charles Manson. Les adeptes de ce sataniste déclaré (qui s’appellent « Les esclaves de Satan » ou « La famille ») ont tué le 9 août 1969 l’épouse du réalisateur Roman Polanski (qui est au Royaume-Uni pour préparer son prochain film), Sharon Tate (enceinte) et ses amis dans d’horribles circonstances.

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Sharon Tate et son mari Roman Polanski, peu avant le drame.

Curieusement, le crime est découvert par une certaine madame Chapman… dont le nom est identique à l’assassin de Lennon : Mark Chapman ! Charles Manson a pris les paroles des chansons de l’album « Double blanc » des Beatles comme un appel personnel pour commettre les meurtres. Manson pensait que les Fab Four (les quatre fabuleux) étaient les anges de l’Apocalypse.

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Charles Manson pensait que les Beatles étaient les anges de l’Apocalypse.

Le récit des crimes de Manson, par le procureur de Los Angeles, fut publié sous le titre de la chanson « Helter Skelter » qui figure dans l’album « Double blanc ». Les critiques voient ce titre comme « insolite, troublant… exorcisme rock’n roll… descente aux enfers, blasphématoire… ». 

Pour Manson, Helter Skelter annonce la révolution et ces mots seront tracés en lettres de sang sur les murs de la villa de Polanski. Quand les Beatles enregistrent ce titre, un cendrier prend feu. Harrison le prend, le pose sur sa tête et se met à courir avec cette couronne de feu, en hurlant dans le studio ! Ringo Starr, le batteur, a des ampoules sur les doigts et on l’entend hurler à la fin du morceau qui est donc marqué par le feu et des mains blessées.

Les criminels, aussi drogués que leurs victimes, écriront sur la porte d’entrée de la villa le mot « Pig » (porc) avec le sang de Sharon Tate, qu’ils diront tenir de la chanson « Piggies » de George Harrison, toujours sur le « Double blanc ». Cette chanson mentionne des fourchettes et des couteaux. Or, ce sont ces ustensiles que les « esclaves de Satan » utiliseront pour tuer un couple, les LaBianca, le lendemain des meurtres chez Sharon Tate. Pourquoi avoir tué les LaBianca ? Il existe une réponse : l’épouse se prénommait Rosemary.

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Le couple LaBianca a été assassiné le lendemain du meurtre de Sharon Tate.

Les chansons du « Double blanc » ne sont pas le seul lien entre les Beatles et le monde du satanisme. Le cinéaste Roman Polanski, déjà auteur de Répulsion, du Bal des vampires,  a réalisé le film Rosemary’s baby. Ce film raconte l’histoire d’une femme fécondée par le malin. L’actrice Mia Farrow tient le rôle principal. Les lettres de ses nom et prénom sont l’anagramme de : «  I am far row » (je suis la dispute qui vient de loin).

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Pour l’Église, le diable est une personne qui divise. Le cadre de ce film est un appartement du Dakota building. Or, c’est dans cet immeuble que réside Lennon et c’est devant son entrée qu’il a été assassiné. C’est le concierge, un certain Hastings, qui a recouvert la dépouille de John et alerté la police…, or Aleister Crowley est mort à Hastings. Mark Chapman, le meurtrier de Lennon, appartenait à une église sectaire et avait fréquenté des barbouzes. Après l’assassinat de John, Ringo Starr s’est fait tatouer une lune et une étoile sur le bras gauche. Il semble qu’il s’agisse d’un rite de protection. Le journaliste anglais Hunter Davies, qui avait la confiance des Beatles pour écrire leur biographie et qui les a fréquentés, a écrit : « Après la mort de John, j’ai eu d’étranges conversations avec Paul, il semblait bouleversé par quantité de choses en sus de ce décès. Quel homme compliqué, que d’angoisse et de vulnérabilité…».

Polanski joue avec le feu : il choisit le créateur de l’église de Satan, Anthon LaVey, pour le rôle du diable dans Rosemary’s baby ! L’encyclopédie du paranormal « Facteur X » raconte son rôle dans l’introduction du satanisme dans le milieu du showbiz de Californie. Derrière une façade aguichante (l’invocation des forces de la nature, la liberté sexuelle totale, drogue pour d’autres horizons…), cette Église aliénait et attirait des pervers et des désaxés, dont Charles Manson.  

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Le magazine Facteur X a consacré un article à Anthon LaVey.

 

Yoko la sorcière

Quand elle rencontre Lennon, Yoko Ono est mariée à Anthony Cox. Ils ont une fille Kyoko. Ils  s’en disputent la garde, finalement attribuée au père. Il fréquente une église évangéliste et change le prénom de leur Kyoko en Rosemary !  Lennon appelle Yoko… « Mère » ou encore « Mère supérieure » !

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Yoko qui a, selon les proches des Beatles, « envoûté Lennon », est une artiste d’avant- garde. Son premier film est : « Satan’s bed » (le lit de Satan). Elle fera un disque qu’elle appellera : « I am a witch » (je suis une sorcière). Le magazine Paris Match, dans un reportage intitulé « Un État dans un drôle d’état » (1969), nous apprend qu’en Californie les adorateurs de Satan ont un statut officiel et que la nouvelle passion de cet État sont la sorcellerie et la magie noire. Les églises sataniques, qui n’évoluent plus dans la clandestinité, comptent 15 000 adeptes ! Avec effarement, le journaliste écrit que ces gourous, ces prophètes insolites et ces apôtres maléfiques ne se cachent pas. Il conclut en se demandant si ce « sont là les symptômes d’un mal plus grave nous menaçant tous ». Le milieu artistique semble une proie facile pour ces expériences. Peut-être, bien que n’étant pas du même monde, Polanski et Manson s’y sont-ils croisés.

On lisait en mai 1974 dans le magazine Historia hors série n°34 : « … la possession, les messes noires, les crimes rituels n’ont pas disparu… ». Depuis l’origine de l’histoire, les hommes tentent de se concilier le concours de forces invisibles pour les aider dans leurs entreprises. Ces forces irraisonnables ont des lois. La littérature les a traduites par : « Je t’aide, mais tu me donnes ton âme ».

Paul McCartney, après la dissolution du groupe, se lance avec frénésie dans le travail et produit une quantité impressionnante d’albums, avec toujours des détails surprenants. Le disque « Ram » (le bouc) le montre tenant un bélier par les cornes. Une version instrumentale de ce disque sortira 5 ans plus tard : sur la pochette, on voit un violoniste à tête de bélier. Le bélier est l’animal attribué à Hermès et à Satan. Paul dit que « mes idées me viennent comme ça et je ne sais pas d’où elles viennent ». Il écrit pourtant : « I saw you sitting at the center of a circle, everybody wanted something from you » (je t’ai vu assis au centre d’un cercle, tout le monde voulait quelque chose de toi). Son biographe nous prévient : « Tout ce qu’il touche fait de l’or avec une alchimie dont l’absence de recette préserve le charme ». Paul ne semble vivre que pour la musique et pour les arts. Paul sort des disques dans l’anonymat. Il change de nom et produit ses œuvres sous des pseudonymes (Webb, Ramon, Harrigan…) ou sous le nom d’un groupe fictif. Qui Paul cherche-t-il à semer ?

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À gauche, la pochette du disque "Ram". À droite, celle de la version instrumentale.

Hunter évoque Georges Harrison comme « terré dans sa folie gothique » et dit qu’il «  refusait d’éclairer son passé de Beatles ». Tourné vers l’hindouisme, Georges écrit : « Dans toutes les expériences des Beatles, il n’y a jamais rien eu de spécialement bon ». Sur la pochette du disque All things must pass, son premier disque solo produit en 1970, il est entouré de quatre nains de jardin en pierre qui symbolisent volontairement les Beatles. Que nous dit George ? Dans le folklore, les nains hostiles aux hommes sont pétrifiés par le soleil.  George est mort le 29 novembre 2001. Il avait été victime d’une tentative d’assassinat le 30 décembre 1999 de la part d’un certain Michael Abran qui restait des heures prostré au pub et s’est introduit dans la résidence « forteresse » de George, le blessant de plusieurs coups de couteau. « C’est Dieu qui m’envoie ! » dit-il à George. À noter que « A bran » se traduit par le « son du grain » en français et qu’il est présent symboliquement dans les rites d’initiation.

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Abran utilise aussi l’épée en pierre d’une statue de Saint George trouvée sur place. Pour se défendre, George invoque plusieurs fois Krishna comme une formule : sans succès. George dira qu’il a entendu ses poumons se dégonfler, percés par le poignard du criminel. Atteint moralement par cette tentative, il dira que toute son énergie vitale s’est évanouie et il mourra d’un cancer, moins de deux ans plus tard.

La relation par son épouse de cette agression dans le film de Scorcese, Living in a material world, voué au Beatle Harrison, évoque par le vocabulaire choisi et la terreur qu’elle a suscitée, une agression de style Manson. On peut comparer cette scène au signe égyptien du cancer qui s’appelle « Isis tenant l’épi de blé ». Osiris est mis à mort une seconde fois par le redoutable Seth. Mais Isis veille sur le grain meurtri, qui renaîtra par la suite, comme le blé dont elle présente l’épi.

« Sa vie était magique » dira Yoko Ono en évoquant George. George lui disait : « Qui conquiert le monde perd son âme ». Il dira aussi : « Lennon avait perçu que nous ne vivions pas seulement dans le monde matériel. Il voyait au-delà de la mort, il voyait que cette vie n'était qu'une petite comédie ».

 

Alchimie et zodiaque : d’extraordinaires coïncidences

Il est remarquable, lorsque l’on examine toute œuvre humaine à la lumière du symbole, de constater des coïncidences extraordinaires. Les êtres semblent marqués par la prédestination. Pour les Beatles, à travers leur signe astral correspondant à leur date de naissance et des éléments et des planètes liés à ce signe, on décèle un langage invisible. On peut voir dans ce qui va suivre un simple hasard. Il s’agit, en réalité, d’une marque des forces invisibles qui partagent la Terre avec les Hommes. Ce sont les signes, les traces de ces mystérieux inconnus qui auraient programmé les Beatles pour leur mission.

Lennon et McCartney avaient respectivement pour signe zodiacal Balance et Gémeaux. L’élément commun à ces deux signes est l’air. Starr et Harrison sont Cancer et Poissons dont l’élément est l’eau. Dans leur livre sur les Beatles, B. Labbé et M. Puech titrent un de leurs chapitres « Les six (Beatles) ». En effet, l’agent artistique Brian Epstein et le producteur George Martin sont associés au succès des Beatles. Sans eux, le groupe n’aurait été que l’un des très nombreux groupes anglais inconnus. Ce sont ces terres à terre, rois de l’esprit pratiques et de la fiabilité, qui vont organiser et gérer leur succès. Justement Epstein et Martin sont Vierge et Capricorne dont l’élément est la terre.

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L’agent artistique Brian Epstein (à gauche) et le producteur George Martin (à droite) sont tous deux associés au succès des Beatles.

 

Avec les six Beatles, nous disposons donc de trois des quatre éléments : air, eau, terre. Manque le feu pour animer ces trois éléments. Le feu est à lire dans les dates de décès de John Lennon, George Harrison et Aleister Crowley qui se situent, tous les trois, en Sagittaire, signe de feu. L’assassinat de Sharon Tate (en lion) et la condamnation à mort de Manson et de ses esclaves (en bélier) sont aussi sous le feu. Il est aussi remarquable de constater que les dates de sorties de disques sont essentiellement placées dans cet élément. La première mèche est allumée dans le signe du Sagittaire le 26 novembre 1962, avec l’enregistrement en un jour, de leur premier succès.

Dans les généralités de l’astrologie, les signes sont en concordance avec des planètes qui les gouvernent. McCartney est associé à Mercure et au Soleil, Lennon à Mars et au Soleil (comme Crowley), Harrison et Starr à Vénus et à la Lune (comme Yoko Ono). Mercure et le Soleil, principe masculin, et la Lune et Vénus, principes féminins, sont complémentaires. Le caducée est l’emblème d’Hermès (Mercure). C’est une baguette où s’enroulent deux serpents  en sens inverse. Cette opposition équilibre ainsi les deux pôles antagonistes  nuit-jour, bien-mal, chaud-froid, lune-soleil etc… Cette nature dualiste se retrouve dans les relations Lennon-McCartney et Harrison-Starr.

Bien entendu, toutes ces remarques peuvent apparaître comme un affreux charabia : d’ailleurs, il serait bienvenu qu’il le soit. Se savoir dirigé par un programme insaisissable n’a rien de réjouissant. 

Une étude des Rolling Stones et Led Zeppelin montrerait tout autant l’attrait de ces groupes pour l’occulte. Les Stones ont écrit « Sympathie pour le diable » et ont intitulé un disque entier « Les demandes des majestés sataniques ». Les paroles de « Sympathy for the devil » dans « Beggars banquet », sorti en décembre 1968, sont explicites : "J’ai volé à plus d’un son âme et sa foi… mais ce qui vous intrigue c’est de comprendre en quoi consiste mon jeu… J’ai tendu des pièges aux troubadours qui furent tués avant d’atteindre Bombay", un vrai langage d’initiés. Ajoutons que les Beatles, accompagnés de Mia Farrow, (l’actrice de Rosemary’s baby) sont partis pour l’Inde en février 1968 pour y méditer... et Bombay est en Inde !

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Jimmy Page, le leader de Led Zeppelin, a acheté le manoir de Crowley. C’est normal, entend-on, cela n’est qu’un jeu. Peut-être. Un jeu très dangereux car sait-on vraiment quelles forces sont manipulées ?

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Jimmy Page, le leader de Led Zeppelin, devant le manoir de Crowley qu'il a acheté.

Quant aux Beatles, l’écrivain anglais Hunter Davies a écrit : « Peu sont entrés dans le cercle magique des Beatles ». Nous l’avons fait.

Les Beatles ont-ils réellement passé un pacte avec le Diable ? Se sont-ils laissés entraîner par jeu de l’autre côté du miroir et en ont-ils subi le choc en retour ? Ont-ils fréquenté cette « force invisible qui agit continuellement, de manière récurrente, en toute impunité dans les affaires humaines » ? 

Il semble bien que oui.

15/03/2014

HISTOIRE ET PARANORMAL

Les Beatles et l’appel aux forces occultes

1ère partie : Le secret des Beatles

Par Thierry Namur

(Après "Le roi Arthur à la Maison Blanche", voici un nouvel article proposé par Thierry Namur. L’auteur, licencié en anthropologie, recherche l'influence des mythes et des légendes dans l'Histoire).

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Sur cette photo, Paul McCartney fait le signe convenu pour dire « 666 » et John Lennon celui de Satan. Quant au sous-marin jaune (Yellow submarine), il pourrait être le véhicule qui introduit le démon dans la société.

 Il est facile d’imaginer ce que les hommes sont prêts à donner pour connaître la richesse, l’amour, la célébrité. Tout, même leur âme. Mais la magie a ses lois et l’appel aux forces occultes peut faire tomber dans les filets du grand menteur. 

En 1962, les Beatles bousculaient la musique et la mode. À leur image, les garçons se laissaient pousser les cheveux et les filles s’émancipaient. Anticonformistes, ils avouaient se droguer. Acteurs, provocateurs, adulés, multimillionnaires, côtés en Bourse, John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr étaient même décorés par la Reine d’Angleterre ! Ce succès est-il naturel (hasard et talent) ou bien fait-il l’objet d’un secret qui pourrait se découvrir dans leur œuvre ? Hypothèse effrayante : pourrait-il s’agir d’une initiation aux forces occultes noires et, pire, d’un pacte avec celles-ci ? La lecture de leur brève carrière, 7 ans et 12 albums (moins de douze heures de musique) peut le laisser penser. 

L’origine du nom Beatles vient du mélange de beetle (scarabée) et de beat (rythme), formant ainsi « Beatles ». Caché dans leur nom, il est facile d’écrire « Beast », la bête, qui était le surnom, donné par sa mère, à Edward Aleister Crowley, écrivain et occultiste britannique (1875-1947) qui se qualifiait lui-même de « Great Beast ». Le nom « Beatles », dans cette hypothèse, serait le tempo de la bête. 

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Aleister Crowley, écrivain et occultiste britannique (1875-1947), se qualifiait lui-même de « Great Beast ».

« Le scarabée (le bousier) pousse sa boule d’excréments qui contient ses œufs qui vont éclore et se manifesteront au monde tel l’astre naissant. C’est l’image de la réapparition du soleil au début du monde, des perpétuelles transformations de l’être qui se renouvelle et renaît de lui-même » a écrit l’égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt.

 

Le scarabée : un symbole solaire synonyme de résurrection

L’histoire des « quatre garçons dans le vent » peut se lire en trois périodes. La première se passe à Hambourg et à Liverpool, dans une boîte de nuit, « The Cavern ».

La seconde, de 1963 à 1965, est marquée par le succès et les tournées. Apogée de cette période, les Beatles sont décorés à Buckingham le 26 octobre 1965. Aujourd’hui, plus personne ne s’étonne qu’un artiste soit médaillé. Mais en 1965, le scandale est immense. Il  est troublant que la Reine, en personne, préside cette cérémonie hautement symbolique, voire initiatique. « On a trouvé ça aussi bizarre que tout le monde. On a trouvé ça insensé » diront-ils.

Puis, la dernière, de 1965 à 1970, est une spirale qui aboutit à une séparation haineuse. L’aliénation des fans et les débordements dangereux les épuisent. Dans la presse, on lit : « Les Beatles se recroquevillaient dans la gigantesque machine qui les catapultait autour du monde. Cernés de toute part, ils s’étaient réfugiés dans cette coquille hermétique et ils n’en sortaient plus. Le mythe s’éteint dans une mélancolie noire et généralisée ».

Mais le scarabée est un symbole solaire synonyme de résurrection. Comme le soleil, il revient après la nuit, et est censé renaître après sa propre décomposition. C’est ce qui se passe pour chacun d’eux qui connaissent, après la dissolution du groupe, une carrière solo à succès.

En 1962, Lennon avouait à Ray Coleman : « Je savais que nous aurions du succès car pour cela j’avais vendu mon âme au diable ». Cette phrase terrible est-elle une provocation ou doit-elle être lue comme elle est écrite : au premier degré ? Les Beatles se sont, probablement lors de leur période allemande à Hambourg, livrés à nombre d’expériences magiques. Peut-être même ont-ils participé à des messes noires où ils auraient vendu, par jeu, leurs âmes contre le succès. Après tout, ils étaient jeunes, plutôt sales gosses et certainement ouverts à toute expérience nouvelle. Ils l’auraient fait par défi, sans en voir les conséquences, et en auraient récolté les fruits : une renommée sans précédent.

 

Des pantins manipulés par des forces qui les dépassent ?

Cette renommée ne se dément pas : le quotidien « 20 minutes » du 4 février 2014, relativisait le succès du site Facebook en le comparant avec la vente des disques des Beatles ! Il faut insister sur le caractère libératoire du phénomène Beatles mais aussi sur l’aspect négatif : drogue banalisée, hystérie, aliénation et aussi terrible choc en retour pour les apprentis sorciers.  

Michel P. Schmitt, dans l’Encyclopédie Universalis, évoque la « mystérieuse synergie que tous les professionnels ont observée quand ils étaient tous les quatre dans un studio d’enregistrement ». Mystère encore dans leurs créations : « Personne ne sait comment les chansons naissent dans leur esprit. Aucun des quatre n’est capable de dire, même ne se souvient comment ou pourquoi elles arrivent. Il est impossible de suivre leur développement, car tout a déjà disparu ». Lennon ajoutera : « On ne sait pas comment les chansons naissent tout en le sachant très bien ». Possession ? Dans le magazine « Rock et folk, spécial Beatles », de novembre 1976, on lit une réflexion datant de 1966 de l’écrivain américain Ken Kesey (1935-2001), auteur de « Vol au-dessus d’un nid de coucou » et fondateur du groupe psychédélique des Merry Pranksters : « On dirait des pantins manipulés par des forces qui les dépassent. On n’aimerait pas être à leur place ».

C’est dans un club de Liverpool, nommé « The Cavern », que les Beatles se font remarquer par leur futur imprésario Brian Epstein. La caverne, qui symbolise l’accès secret aux mondes souterrains, est aussi le lieu où naissent les Dieux, comme Hermès (Mercure). Ce Dieu messager, inventeur de la lyre (entendu sur la chanson She’s leaving home), fait le lien entre Dieu et les hommes.

Dès 1965, Lennon comprend que le pacte conclu est terrible et écrit le tube planétaire « Help », « Au secours » ! Ce thème de demande d’aide est régulier dans leurs chansons. Dans l’étouffant « Cold Turkey » (dinde froide), Lennon demande à sortir de cet enfer. Cette chanson illustre la dépression et le mal-être d’un homme anéanti. Désabusé, il dit encore : « Si je reste seul trois jours de suite à ne rien faire, je sors de moi presque entièrement. Je ne suis plus là. Je suis quelque part là-haut à me regarder : j’observe mes mains mais c’est un robot qui les actionne ». Lennon s’apaisera à la fin de sa vie, mais c’est à ce moment précis qu’il sera tué.

 

Les Beatles et le Christ

La lecture d’articles, de livres ou de documents qui sont consacrés aux Beatles, alimente la face ésotérique du groupe. La fréquence des mots correspondants aux sciences occultes comme magie, miracle, enchantement, alchimie… utilisés pour les définir, est ahurissante et conforte l’idée que les Beatles sont des magiciens. Mais sont-ils pour autant des mages noirs ? En 1964, le magazine Paris Match parle « d’aller voir et subir l’envoûtement des Beatles ». Dans les toutes dernières lignes de la volumineuse biographie qu’il a consacrée aux Beatles, l’écrivain anglais Hunter Davies évoque « la mystérieuse alchimie » mais écrit aussi, dans une phrase sibylline à lire et à relire, que « ce qu’ils ont accompli sous le nom de Beatles est l’aspect dont je préfère me souvenir ». Mais alors quel est l’autre aspect qu’il préfère oublier ? Mal Evans, l’un des deux road-managers du groupe (avec Neil Aspinall), s’étonnera toujours de l’image de gentils qui colle aux Beatles : « Je me demande pourquoi on les a construits comme ça ».

Les Beatles rejettent le christianisme. En 1966, John affirme lors de l’interview provoquée par Maureen Cleave que « Les Beatles sont plus célèbres que le Christ ». Cette phrase semble anodine. Pourtant, sur le fond, elle signifie que les Beatles sont plus importants que le Christ. En Amérique, leurs disques sont brûlés. Lennon compare quand même le groupe au «  Dieu incarné ». Cette phrase n’est pas responsable à elle seule de la déchristianisation de l’Europe, mais elle y a sa place. John s’excusera. Mais le mal est fait et cette réplique sera fréquemment utilisée pour leur nuire. Lennon fera d’autres déclarations bien plus radicales après la séparation. Le témoignage de leur agent de presse, qui se revendique lui-même anti-Christ, est éloquent : « Les Beatles sont profondément anti-Christ, tellement que cela me choque ». Désacralisation, fin des tabous, démolitions des cadres, perte des repères, datent de cette époque. Les Beatles ont fait souffler un vent frais de liberté, mais avec ce vent venait aussi la confusion, le culte du moi et, pour beaucoup, la perte de l’âme. Dans ce travail de sape de la société, les Beatles en tant qu’agents du changement ont leur part. Une fois le travail exécuté, le groupe se sépare et est remplacé par d’autres plus féroces.

 

Étonnantes pochettes d’albums

Le premier 33 tours du groupe, en février 1963, « Please, please me » propose des chansons aux paroles mièvres. Pourtant un titre s’en détache : « Do you want to know a secret, promise not to tell ? » (Veux-tu connaître un secret, promets de ne pas le raconter ?). Ce sont les paroles de Blanche Neige dans le conte et Lennon a repris ces mêmes mots. Le conte ajoute la phrase : « Un pouvoir magique est dans ce puits, voilà le secret de la chanson ». Ce titre est d’abord chanté par le groupe de pop-rock britannique Billy Kramer & the Dakotas, avec en face B : « I’ll be on my way ». Or c’est devant l’entrée de l’immeuble Dakota, où il habite, que Lennon sera assassiné le 8 décembre 1980 par Mark Chapman.

La carrière du groupe est accompagnée par la folle rumeur de la mort de Paul dans un accident d’autos en 1965. Elle est née de l’observation attentive de leurs pochettes de disques, auxquelles les Beatles portaient une extrême attention. Le groupe les a truffées d’indices troublants allant dans ce sens. Les paroles de certaines chansons, comme « A day in the life » collent parfaitement à cette hypothèse. La chanson évoque  l’accident d’autos d’une personne célèbre. Paul aurait été remplacé par un sosie. Cette interprétation, recevable et étayée, est une fausse piste. Le message est ailleurs et les Beatles, qui ont un secret, veulent nous dire autre chose.       

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Conçue par Robert Freeman, la pochette de Rubber soul ("Une âme en caoutchouc") est critiquée ainsi par B. Feller, journaliste à « Rock et folk » : « Une vue en contre-plongée accentue l’élégance des visages, déifiant les membres du quatuor. Ils semblent venus d’ailleurs en messagers célestes bienveillants ».

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Le disque suivant, Revolver, présente leurs visages mais, comme Rubber soul, ne porte pas le nom du groupe sur la pochette. Trois Beatles montrent leurs visages de face. Seul Paul est de profil. John a les yeux tournés vers Paul, mais semble aussi surveiller son oreille. Les bouches sont fermées. L’oreille de Paul est bouchée, celle de Lennon est foncée. Qu’écoute donc Lennon que les autres ignorent ? Personnellement, cette pochette me fait penser à une partie de l’entretien 46 du livre « Dialogues avec l’ange ».

« La foi embrase, le brouillard se dissipe.

Ceux qui ont des yeux-voient

Ceux qui ont des oreilles-entendent.

Ceux qui sont mortels-vivent.

Ceux qui vivent-témoignent.

C’est un chant sans fin, mais c’est la fin du mur :

Babylone s’est écroulée.

Le chant s’envole… »

Revolver, au titre prémonitoire, marque une fracture dans l’œuvre musicale du groupe. Paul dit avec enthousiasme dans le magazine « Rave » qu’ils découvrent le théâtre, la peinture, le cinéma, la musique indienne et électronique. Rien n’est simple : cette ouverture, les Beatles la partagent avec leur public. Le libérant et l’aliénant. Pour le meilleur et pour le pire.

La célébrissime pochette de Sergeant Pepper présente de curieuses singularités qui pointent surtout Paul.

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Que vient faire ce brassard noir, marqué des lettres O.P.D. autour de son bras et que l'on voit sur la photo intérieure de la pochette du disque ?

Que vient faire cette main juste au-dessus de sa tête sur le 33 tours ? Est-ce la main alchimique ou celle de Kali qui « délivre ses fidèles de la peur » ?

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Cette année-là, les Beatles fréquentent un gourou indien. George Harrison produira, dans un album des années 1970, une main sur fond noir à posture  identique. Seul McCartney tourne le dos sur le revers de la pochette.

Cette pochette montre une galerie de personnages identifiables et choisis par les Beatles parmi les personnes « qu’ils aiment bien ». Seul Ringo ne fera aucune proposition. Lennon avait proposé Adolf Hitler : sa figure était d’ailleurs prête, mais elle n’apparaît pas sur la photo finale. En revanche, dans le livret du CD, page 7, tapie à l’extrême droite de la photo en noir et blanc, la silhouette de Hitler apparaît pourtant, semblant surveiller le déroulement de la séance. Pourquoi Hitler ? Lennon n’est plus là pour nous répondre, mais la question reste posée.

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Hitler apparaît, à l'extrême droite de la photo, sur la page 7 du livret du CD de Sergeant Pepper, mais pas sur la pochette couleurs du 33 tours.

Parmi les personnages figurant sur la pochette couleurs, apparaît (le deuxième à gauche sur la dernière rangée) le visage du troublant Aleister Crowley. Qu’y a-t-il de séduisant chez Crowley pour figurer sur cette photo ? Charlatan pour les uns, mage noir pour d’autres, profondément hostile au christianisme dont il annonce la fin, Crowley sera défini par le ministre de la justice britannique de l’époque comme « le personnage le plus ignoble et le plus pervers du Royaume-Uni ». Une seconde référence, plus subtile, à Crowley surgit avec le morceau « Sergeant Pepper » qui commence ainsi : « It was twenty years ago today…”(Voilà 20 ans ce jour que le sergent poivre apprit à jouer au groupe…). Or  le disque sort en 1967, et 1947 est l’année du décès de Crowley. "Sergeant Pepper" serait le surnom de Crowley. Ce disque contient le titre Lucy in the sky with diamonds. Ses initiales LSD ont le plus souvent été lues comme le nom de la drogue du même nom, ce que les Beatles ont toujours nié. Ce serait, selon eux, le dessin que Julian (le fils que Lennon avait eu d’un premier mariage) aurait fait d’une fillette, Lucy, qui en serait à l’origine. Jetez un coup d’œil sur ce dessin et demandez-vous si un kid de 4 ans est capable de faire un dessin de cette qualité. Admettons-le cependant.

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Le dessin que Julian Lennon montra à son père John en lui disant qu’il s’agissait de Lucy, dans le ciel, avec des diamants ("Lucy in the sky with diamonds").

Maintenant, ce titre peut aussi se lire Lucifer in the sky with demons. C’est en écoutant ce disque qu’Yves Coppens et son équipe d’anthropologues ont décidé d’appeler leur découverte Lucy, cette australopithèque connue comme étant la première femme de l’Humanité. Nous arrivons là à une hypothèse fantastique. Par une ruse et un détour diabolique, notre Lilith (qui est la première femme créée), porterait la marque (par le prénom Lucy) de l’ange de lumière Lucifer. Très fort ! Autre allusion subtile, Lucifer porte une émeraude (le diamond, le diamant de la chanson) sur le front. Dans le livre d’Arthur C. Clarke, « 2061 : Odyssée trois », le cœur en diamant de Jupiter (devenue une nouvelle étoile Lucifer) est appelé Lucy, en référence à la chanson.

« Il y a des parties de Lucy in the sky with diamonds que je n’aime pas » dit John. Que faut-il penser aussi quand John dit : « Mais nous aussi on les arnaque, les gens. On le sait et on sait aussi que les gens ont envie de se faire arnaquer. On nous a donné toute latitude pour ça » ?

L’écrivain François Plassat écrit que les différentes interprétations des paroles de Sergeant Pepper ne sont que des élucubrations, mais reconnaît que consciemment ou non Lennon ait pu y glisser des mystérieux indices et fausses pistes dont il s’amusera à l’avance des interprétations farfelues qui pourront en être faites. Peut-être, mais on ne peut les ignorer et penser que ces pistes débouchent sur un enseignement ou une vérité. D’ailleurs, finalement troublé, François Plassat écrit, après la découverte d’une anagramme d’une chanson de Paul, que cela s’ajoute « au dossier chargé des énigmes concernant les Beatles… ».

Toujours sur cette pochette, les 4 Beatles en cire et en costume sombre, à côté des personnages réels chatoyants, regardent une tombe où le nom Beatles est écrit. Désir d’enterrer le passé ? A droite, on voit aussi une poupée (censée représentée Shirley Temple). Cire, poupée, tombe, Temple. Toujours des indices évoquant la sorcellerie.

Mais revenons à Crowley. Il a écrit « de ma tête de faucon, je crève à coups de bec les yeux de Jésus alors qu’il pend à la croix ». Il a dit : « Avant qu’Hitler fût, je suis ». Dans le livre intitulé « Magick and Theory practice », il écrit ces extraits effrayants concernant les sacrifices : « Tout être vivant est une réserve d’énergie variant en quantité. Au moment de la mort de l’animal, cette énergie est soudainement libérée. On doit, par conséquent, choisir la victime qui contient la force la plus vive et la plus pure. Un enfant mâle, parfaitement innocent et hautement intelligent, est la victime la plus satisfaisante et la plus appropriée ».

On entend, dans la chanson « Ob la di, Ob la da », les paroles suivantes : « Desmond (Démon) repère les filles et les gosses ».

C’est toujours Crowley qui disait (cité par l’écrivain David Icke) : « J’ai besoin du blasphème, de l’assassinat, de la destruction, de la révolution, de tout ce qui est mal ». Pourquoi les Beatles font-ils figurer le controversé Crowley sur cette pochette ? Ce soupçon de magie noire par sacrifice est validé par l’incroyable et hideuse photo d’une de leurs pochettes de disque, « Yesterday and Today » produite aux USA. Les Beatles rigolards, en blouse blanche, posent avec des poupées démembrées et des morceaux de viande.

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On reste coi devant tant de mauvais goût. On est surpris par le sujet et l’inconscience de ces jeunes gens, probablement manipulés. 

Coïncidence : dans les studios d’Abbey road, pendant que les Beatles enregistrent Sergeant Pepper, les Pink Floyd y gravent une chanson. « C’est à ce moment, dit David Gilmour le chanteur du groupe, que Syd Barret (compositeur de Pink Floyd) est devenu fou… ». De qui les Beatles parlent-ils quand ils écrivent dans la chanson Come together : « C’est un trompe-la-mort. Récemment, il a reçu un avertissement : il doit être splendide car ce n’est pas facile de l’approcher » ?

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Sur la pochette du 33 tours Yellow Submarine, Lennon fait le signe cornu de la main : deux doigts fermés sur la paume, deux autres dressés… Ce signe est repris dans le film du même nom. Les mains de Lennon sont aussi dessinées curieusement sur la pochette de Revolver.

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La pochette du disque Abbey Road montre les Beatles traversant un passage protégé. Cette photo, qui a demandé 6 passages successifs des chanteurs, est une idée de Paul (deuxième en partant de la gauche) qui, nu-pieds, lance sa jambe droite en avant. Il a indiqué au photographe, par un dessin, ce qu’il voulait. Cette pochette, truffée d’allusions, relancera l’hypothèse du décès de Paul. Paul s’en amusera, puis démentira enfin en titrant, en 1994, l’un de ses disques : « Paul is alive » », Paul est vivant ! Oui mais alors, pourquoi tant d’indices pour imaginer le contraire ? On l’a vu, la photo n’a rien de spontané. Chacun semble tenir un rôle. John, tout en blanc. Ringo en costume noir. Paul, le seul à être rasé, est gaucher, mais tient sa cigarette de la main droite et paraît particulièrement débraillé. Georges décontracté est habillé simplement. La voiture de police noire, sur la gauche, était utilisée pour conduire les accidentés de la route. L’immatriculation de la voiture VW blanche (une « beetle ») est propice aux interprétations. Les Beatles sont entre deux mondes sur leur passage protégé. Ils vont de l’église au cimetière, qui sont de chaque côté de la rue. Le revers de la pochette est sinistre, avec sa silhouette féminine floue et une lézarde qui barre le S des Beatles.  

En 1997, Paul sort Standing Stone, un disque de musique classique qui évoque les légendes celtiques et les menhirs. À cette occasion, il rappelle que « John et lui attachaient beaucoup d’importance aux titres de leurs disques ». En 2001, un titre de l’album s’intitule Magic. En 1999, le titre d’un de ses albums est Run devil run (Court démon, court). Sur Pipes, Paul parle de son autre moi (The other me). Télérama évoque en 2001, « une force invisible qui  pousse Paul McCartney à continuer ».

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Magical Mystery Tour. Le titre est déjà évocateur : il rappelle le mouvement fondé par Crowley en 1913 : Mysteric Mystica Maxima. Quant à la pochette, on voit McCartney habillé en noir et ganté, les trois autres étant en blanc.

 

L'importance du nombre 9

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En 1968, les Beatles sortent un double album tout blanc, où figure discrètement leur nom. Ce disque sera appelé le « Double blanc » (White Album en anglais). Parmi les titres, on peut distinguer le troublant Revolution 9. Ce morceau, fait de bruits collés et de musique enregistrée à l’envers, déroute encore aujourd’hui. On y entend une voix répéter, de manière lancinante : « Number nine… number nine… » (Nombre 9…). Cette numérologie est surtout propre à Lennon, qui est né le 9 octobre 1940.

Le nombre 9 est, avec le 7, le chiffre préféré des mages. Dante dit que l’enfer a 9 cercles, le purgatoire 9 stations et le paradis 9 cercles concentriques. Les Templiers sont 9. On note dans la production des Beatles : Revolution9, one after 909, 9 dream… La sortie attendue des disques remasterisés du groupe s’est passée le 9.9.2009. La chanson Because, sur le disque Abbey road, est une harmonie à 9 voix. Because a été composé en s’inspirant de Yoko Ono qui jouait le « Clair de lune » de Beethoven à l’envers.

L’écrivain David Icke écrit que le conseil des 9 se retrouve fréquemment dans les structures satanistes et babyloniennes. Cette obsession pour le nombre 9 peut venir du Conseil des neuf de l’Église de Satan, fondée par l’américain Anton LaVey, auteur de l'ouvrage « La Bible satanique ».

Est-ce pour cela que le réalisateur Roman Polanski a réalisé en 1999 le film « La neuvième porte » ? C’est le 9 août 1969 que les « esclaves du diable » de Charles Manson ont commis leurs assassinats à Los Angeles (dont celui de Sharon Tate, l'épouse de Polanski, enceinte). Manson pensait, lui, que le 9 était une référence au livre des révélations qui décrit l’Apocalypse à venir ! Suite à ce drame, le disque « Double blanc » va se retrouver plongé dans une actualité macabre.

À SUIVRE

Dans la prochaine newsletter, la 2e partie de l’article de Thierry Namur « Les Beatles et l’appel aux forces occultes », intitulée "Les esclaves du Diable".

12/02/2014

LES CALCULATEURS PRODIGES

Les calculateurs prodiges

Les calculateurs prodiges demeurent encore, de nos jours, un phénomène partiellement inexpliqué.  À côté des magiciens, dont certains procédés permettent de produire un numéro élaboré et spectaculaire exigeant toutefois un travail acharné, il existe deux catégories d’individus capables d’exploits incroyables.

Par Ranky

Auteur de "Encyclopédie du Mystère"

(Éditions Trajectoire)

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Ampère (1775-1836)
AMPERE 1775-1836.jpgLa première catégorie comprend de nombreux savants, tels Ampère, Arago, Friedrich Gauss, qui étaient capables de trouver instantanément la solution d’opérations très compliquées. Il est probable que ces génies scientifiques avaient imaginé des simplifications à ces exercices. Mais ce qui reste mystérieux c’est qu'aucun d'entre eux (qui ne se faisaient pourtant pas prier pour donner de nombreuses démonstrations) n’a jamais décrit, dans un livre ou dans une conférence, le moindre procédé employé.

La deuxième catégorie concerne des personnages pittoresques, presque tous analphabètes.
5 siècles avant Jésus-Christ, un petit montagnard grec du nom de Drésigène étonna Pythagore par ses dispositions : il était capable de calculer instantanément le nombre d’olives contenues dans une jarre ou d’annoncer immédiatement le nombre de moutons d’un troupeau !
Au Moyen-Age, on cite un enfant orphelin, handicapé physiquement et mentalement, qui amusait les marchands en calculant le nombre de pièces contenues dans leurs bourses ou le montant de la recette qu’il ferait au marché : non seulement les résultats étaient souvent exacts, mais l’exercice de calcul incluait une sorte de voyance.
Thomas Fuller, esclave complètement illettré de l'État de Virginie aux USA, était connu dans tout le pays  pour ses exploits en calcul mental.

Henri Mondeux (1826-1862)
HENRI MONDEUX 1826-1861.jpgGardien de vaches à Neuvy-le-Roi (Indre et Loire) où il était né, Henri Mondeux ne sait ni lire ni écrire, mais ayant appris  à compter il s’amusait à résoudre mentalement des problèmes arithmétiques.
Devant ses performances peu communes, un instituteur de Tours l’instruit sur les différents calculs et le présente en 1840 à l’Académie des Sciences où il résout, en quelques secondes, devant des scientifiques médusés, des problèmes extrêmement compliqués.
Henri Mondeux resta sa vie durant pratiquement analphabète et incapable d’aucune étude, pas même des mathématiques.

 

Jedediach Burton (1702-1762)

Ouvrier très peu intelligent et sans aucune culture, il était pourtant capable de calculer la superficie d’un terrain, d’une propriété ou d’une mare par calcul mental, simplement en regardant le site.

 

Zéra Lolburn (1804 -1839)

Il n’avait aucune aptitude pour les études scolaires mais était cependant capable de résoudre des problèmes mathématiques très compliqués. Son père lui fit interrompre sa scolarité vers 12 ans afin de produire ses numéros “dans les foires et les fêtes populaires”.
 

Jacques Inaudi (1867-1950)
 JACQUES INAUDI1867-1950.jpgJacques Inaudi, né dans une famille piémontaise de parents très pauvres, est incontestablement le calculateur prodige le plus célèbre.
Vers six ou sept ans, il est gardien de moutons et occupe son esprit à calculer mentalement les résultats d’additions et de multiplications allant jusqu’à 5 chiffres.
Inaudi ne savait ni lire, ni écrire. Il n’écrivait donc jamais les chiffres qu’il manipulait.Tout ce que son frère lui apprenait était stocké dans son cerveau. Il débuta en utilisant les chiffres compris entre 1 à 100 puis, quand il les eut assimilés et utilisés de toutes les manières, il s’attaqua aux chiffres  supérieurs à 100.

Les deux frères décidèrent de partir à l’aventure, en survivant de démonstrations sur les places publiques. Inaudi présentait une marmotte apprivoisée, tandis que son frère l’accompagnait sur un orgue de barbarie.
Jacques Inaudi, qui terminait toujours son spectacle par des calculs mentaux qui épataient les badauds, ne comprenait pas que ses démonstrations pouvaient étonner le monde. Il pensait que toute personne devait être capable de calculs aussi simples.
Les frères Inaudi se produisirent dans des cafés où un certain Dombay, voyageur de commerce de son état, se mit en tête de devenir son impresario, non pas à cause de son numéro de marmotte mais pour ses capacités à résoudre les problèmes mathématiques. La petite troupe se produisit dans de nombreuses villes d’Italie, de France où elle finit par “monter” à Paris.

Le succès d’Inaudi attira l’attention des savants. Camille Flammarion et le célèbre anthropologiste Paul Broca l’examinèrent et publièrent des comptes rendus.
calculateur prodige,Inaudi,AmpèreEn 1880, à treize ans, Jacques Inaudi fut engagé par le théâtre Robert Houdin où on jouait à guichet fermé.
Puis, il repartit en tournée à travers l’Europe.
En 1892, de retour à Paris, Inaudi change d’impresario. C’est maintenant un dénommé Torcey qui lui trouve des engagements et se met en tête de lui apprendre à lire et à écrire. Jacques Inaudi est alors âgé de 24 ans. Il est malingre, guère plus grand qu’à dix ans (il mesure 1m52) et possède une particularité très visible : sa tête semble disproportionnée par rapport à son corps et surtout elle est bosselée d’où, peut-être, nait l’expression “avoir la bosse des maths”!
Mr Torcey le présente à l’Académie des Sciences où il est étudié par une commission spéciale comprenant Poincaré, Charcot et Alfred Binet.
Seuls les chiffres le passionnent. Pour le reste il est d’une distraction phénoménale, ne se souvenant même plus des villes où il s’est déjà produit auparavant.
On se rendit compte, lors de tests poussés, qu’Inaudi employait des simplifications de calculs et surtout qu’il était doté d’une mémoire infaillible. Ces dispositions lui permirent de battre à plusieurs reprises des machines à calculer. Il était capable de donner des résultats avant que la machine n’ait fini d’enregistrer les facteurs !
Inaudi pouvait faire ce qu’une machine ne faisait pas. On lui donnait une date du calendrier et, en moins de 2 secondes, il donnait le jour correspondant. Bien sûr, on connaît des procédés pour arriver à ces résultats. Inaudi les connaissait peut-être aussi, mais une question reste posée : d’où tenait-il cette connaissance ?

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13/12/2013

HISTOIRE ET PARANORMAL

Le roi Arthur à la Maison Blanche

Par Thierry Namur

(l’auteur, licencié en anthropologie, cherche l'influence des mythes et des légendes dans l'Histoire, mais aussi dans le quotidien de chacun d'entre nous. Il écrit pour le magazine Top secret et a participé à l'émission de radio « Bob vous dit la vérité »)

Se pourrait-il que les mythes, les légendes, les contes, après avoir été créés par les poètes ou les initiés, puissent s’échapper des limbes du rêve et s’incarner dans la réalité et dans l’Histoire ? Des indices laissent penser que  John et Jackie Kennedy auraient vécu la saga du roi Arthur, avec ses attributs : la mort du roi, les Celtes et la magie.

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Une semaine seulement après l’assassinat de son mari (JFK), Jacqueline Kennedy convoque Teddy White, journaliste à Life, et lui fait une déclaration surprenante.

L’icône de la fin du 20e siècle, séductrice en diable et dès 1947 « étoile prêtresse de la café society », dit que JFK s’identifiait au roi Arthur et vivait à la maison Blanche comme au château légendaire de Camelot !

«  La vie de Jack (surnom de JFK) tient davantage du mythe, de la légende magique, de la saga que de la science politique. » dit-elle. Puis elle évoque Camelot, comédie musicale jouée à Broadway en 1960, et  Guenièvre, épouse d’Arthur. «  John partageait cette croyance que l’Histoire appartient aux héros. Il écoutait le disque « Camelot » la nuit et s’appropriait ses paroles. »

Interloqué, le journaliste demande s’il doit révéler ce qu’il entend. "Naturellement", insiste la First Lady. Il écrit : « Elle parlait avec une telle passion, que ceci prenait presque un sens. C’est ainsi que l’épitaphe de l’administration Kennedy est devenue Camelot, un épisode magique de l’histoire américaine… ».

Qu’en est-il de cette référence au mythe arthurien qui a fait surnommer le couple « Le Roi et la Reine de Camelot » ?

Si les Kennedy sont Roi et Reine, la Maison Blanche peut-elle être leur château ? Ce bâtiment  conçu par un Irlandais  a, comme modèle, un palais de Dublin. Son bureau ovale est inspiré du château de Castle Coole en Irlande du Nord. Il existe, à la Maison Blanche, une chambre de la Reine avec lit à baldaquins. Le couple catholique d’origine irlandaise est entouré d’une Cour jeune et brillante : les Chevaliers de la Table Ronde.  

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À la Maison Blanche, le bureau ovale est inspiré du château de Castle Coole (le tapis rouge vif, choisi par Jackie, est posé quelques jours avant l’attentat) et on trouve une chambre de la Reine avec lit à baldaquins.

Le Figaro du 19 janvier 2009 nous apprend que « pour désigner la résidence officielle dans leurs micros et oreillettes, les gardes utilisent le nom de code « crown », la couronne. L’édifice compte aussi trois salons ovales pour des réunions en cercle. »  

De son côté, le magazine Paris Match nous décrit les Chevaliers de la Table Ronde (l’entourage du président) : « Tous ont moins de 35 ans ! Kennedy voulait s’entourer des meilleurs ». Cette Cour fière méprise les politiciens traditionnels. À la Maison Blanche, poètes et artistes étaient les bienvenus comme à Camelot !

« La Majesté entre à la Maison Blanche » écrit une journaliste anglaise. Partout Jackie  est  reçue avec un faste royal. Guenièvre perce chez elle. De Gaulle dira, clairvoyant : « Elle finira sur le yacht d’un magnat grec ! ».

À Paris, elle loge dans la chambre de la Reine au quai d’Orsay. Paris Match évoque  "Jacquie" en écrivant : « Reine sans couronne, souveraine ». On loue la classe, la noblesse de Jackie Kennedy dont la famille s’est inventé des ancêtres français nobles à Fontaine, près de Grenoble. Bref, les allusions à la royauté sont nombreuses.

C’est au Moyen-Âge que sont contées les aventures surnaturelles des Chevaliers de la Table Ronde. En font partie le fils de Kénédic et Ké, le sénéchal. Ces romanciers de la table ronde imaginent tout un monde imprégné de codes de chevalerie et nourris de traditions celtes et chrétiennes.

« Arthur et Guenièvre incarnent la cour idéale, centrée sur le couple royal. Issue comme son époux du fonds légendaire celtique, Guenièvre quitte son père au sein d’une alliance classique entre familles royales. Arthur revêt, grâce à elle, les caractéristiques du roi de paix. Son mariage enracine une dynastie » écrit Amaury Chaou.

Mais l’image se brouille devant les entorses à la discipline conjugale. Le mythe est bafoué. David Icke pense que, dès leur naissance, John et Jackie étaient destinés à se rencontrer. Ils descendraient tous deux de rois d’Irlande. La prédestination, selon lui, vaudrait aussi pour le lieu exact et la date de la mort de JFK.

Cette identification est-elle un jeu du couple ou a-t-elle un fond ? Rappelons que c’est Jackie qui évoque, la première, la vie à Camelot. Cet aveu est le fil rouge qui nous permet de suivre le programme voulu par une entité mystérieuse, inconnue et malveillante. Le mythe prend vie jusqu’à la chute.

Notre Kennedy-Arthur va maintenant combattre ses ennemis qu’il défie dans des discours retentissants. Le 27 avril 1961, le Président révèle clairement à la presse la présence d’un monde souterrain terriblement dangereux : « Car nous sommes confrontés, dans le monde entier, à une conspiration… impitoyable qui compte principalement sur des moyens secrets pour étendre sa sphère d’influence par l’infiltration plutôt que l’invasion, la subversion plutôt que les élections et l’intimidation au lieu du libre arbitre. C’est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d’une machine étroitement soudée et d’une efficacité remarquable, elle combine des opérations militaires, diplomatiques, de renseignements, économiques, scientifiques et politiques. Leurs ramifications sont occultées et non publiées. Ses erreurs sont enterrées et ne font pas les gros titres, on fait taire ses dissidents… Aucune rumeur n’est imprimée, aucun secret n’est révélé ».

Voilà défini le combat d’Arthur. Kennedy dénonce la Fraternité, ce gouvernement occulte et laquais qui dirige nos gouvernants, mais il oublie « le deal » (en anglais, un deal est un accord) que sa famille avait auparavant conclu pour accéder au pouvoir.


La mort d’Arthur

Les mythes sont immortels, mais leurs incarnations ne le sont pas. Kennedy est condamné. Dans la saga, Mordred blesse mortellement Arthur d’un coup à la tête, mais reçoit un coup de lance dans la poitrine. Les services secrets, « la mafia irlandaise », ne voulaient pas du déplacement au Texas. Dans le roman, Erec le chevalier est prévenu de ne pas entrer au château de Brandigan :

- « En ce lieu, nous prendrons logement ».

- « Sire, nous n’y descendrons pas. Dans cette ville, il est un mauvais pas ».

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Richard Burton (Arthur) et Mordred dans la comédie musicale “Camelot”. Burton mourra d’une hémorragie cérébrale et l’acteur qui joue Mordred d’un cancer au poumon. Pour les deux, les mêmes morts que leurs rôles.

Ni le chevalier, ni Kennedy n’écoutent.

À Dallas, ce 22 novembre 1963, après 3 bouquets de roses jaunes, on offre à Jackie un grand bouquet de roses rouges. La suite est archi-connue : la puissante limousine emprunte l’Elmer street qui forme un des côtés du triangle de la Dealey Plaza et se dirige vers le triple passage. L’Elmer, c’est l’orme en français. C’est l’arbre le plus vénéré et c’est sous la canopée que les seigneurs féodaux rendent la justice (contrairement à l’idée reçue que c’est sous le chêne). Traditionnellement, les fruits ailés de l’orme accompagnent les âmes des défunts devant le juge suprême. C’est ici que Kennedy est touché et les fruits de l’orme assistent son âme. La symbolique est forte : l’accord (le deal) a été trahi, la justice est rendue (Elmer) et, dans un triangle, le félon est exécuté. Comme Arthur, d’une blessure mortelle à la tête.

La commission Warren a demandé à Jackie pourquoi elle n’avait pas protégé son mari comme l’épouse du gouverneur Connally l’a fait. On le comprend aisément devant l’horreur de la situation. Mais Jackie ment et déclare qu’elle regardait dans la mauvaise direction. Pourquoi ce mensonge inutile alors que le film de Zapruder montre le contraire ? Faut-il y voir le rôle tourmenté de Guenièvre dans le roman ? Mystère. Dans la limousine, entre le Président et Jackie, le grand bouquet de roses rouges baigne dans une mare de sang où flottent des morceaux de cervelle. Ce symbolisme de la rose rouge, outre « le sang de la blessure et de la souffrance », est certainement la signature de la Fraternité friande de sacrifice. Le Président est déclaré mort à 13h33 : le 3 est le chiffre sacré des Celtes.

« Quel deuil pour moi, je ne reverrai plus mon seigneur… il me faut aller en exil » s’exclame Enide en évoquant Erec le chevalier de la Table Ronde.

À l’hôpital, Jackie se livre alors à ce qui ressemble à un rituel et embrasse un pied, les lèvres, les yeux, les mains, les doigts de son mari. Elle enlève son anneau de mariage et le glisse à un doigt de l’homme mort. « Mon petit anneau vous prendrez et s’il vous plait, vous me le rendrez quand je vous aurai délivré. Il ne craint rien celui qui à l’anneau à son doigt. » est-il écrit dans le roman.

La femme du futur président Johnson propose à Jackie de changer son tailleur rose, imprégné de sang et de matières cervicales. Elle refuse, elle veut que le monde entier voie ce « qu’ils ont fait à son mari ». Elle expose ce sang qu’elle veut partager comme celui d’un sacrifice. Le sang de la victime arrose l’initié. Le sang, qui jaillit jusqu’à 10 mètres de hauteur après les tirs sur la Dealey Plazza, a marqué les témoins. Il est littéralement pulvérisé sur les policierset les proches, au point que certains se croient blessés. 

À l’hôpital de Dallas, malgré l’opposition du docteur… Rose (qui est aussi le prénom de la mère de JFK), la dépouille est quasiment subtilisée par le clan Kennedy, puis rejoint Washington pour l’autopsie à l’hôpital de la Navy de Bethesda.  Bethesda, site d’Israël, signifie la « maison des grâces » en hébreu. Dans la Bible, ses piscines étaient utilisées pour laver les moutons avant leur sacrifice au Temple. Jésus y accomplit un miracle. Les invalides venaient aussi s’y baigner dans l'espoir d'une guérison.

Quant à l’autopsie, c’est une « farce » orchestrée par la famille Kennedy. Des parties  du corps disparaissent ! Magie. Un nouveau cercueil prend la direction de la Maison Blanche.

Jackie est partout et organise tout. « Des funérailles de Roi » écrit le reporter Gilbert Graziani.. Jackie fait venir vingt-quatre cadets d’Irlande. Elle exige, malgré la réticence des soldats et contrairement au protocole, que les gardes fixent le cercueil. 

Au matin, le cercueil est transporté sous le dôme du Capitole. C’est à ce moment qu’Oswald est assassiné par Ruby à Dallas. Mordred, qui tue Arthur dans la saga, n’est-il pas tué lui aussi ?

Les funérailles ont lieu le 25 novembre, 3 jours après l’attentat. La cérémonie est entièrement retransmise en direct par les trois grandes chaînes de télé : 60 caméras suivent le trajet pour 60 millions de téléspectateurs. Le chapelet catholique de la Vierge Marie comprend 60 grains et le cantique des cantiques mentionne que « 60 preux entourent Salomon ». Les caméras marquent-elles symboliquement l’accompagnement des preux et des « Je vous salue Marie » ? Le bouclier d’Arthur porte, sur le revers, le dessin de la vierge Marie.

Dans le roman, Enide « pleure 60 fois d’angoisse » pour son chevalier. Jackie est louée pour sa dignité, certains diront qu’elle a joué là le rôle de sa vie. Le cercueil déposé sur un caisson est tiré par six chevaux (animaux sacrés chez les Celtes) et suivi par Jackie, la tribu Kennedy et 220 dignitaires de tous les pays.  Le cheval  du président, Black Jack, ouvre le cortège. « Des bottes à l’envers dans les étriers et l’affût de canon sur lequel repose le cercueil couvert de la bannière étoilée : c’est l’idée de Jackie. » 

Ce jour est aussi l’anniversaire des 3 ans du fils des Kennedy. Un moment d’émotion passe quand le petit John-John fait le salut militaire. Ce geste  célèbre  est voulu par sa maman. Il fallait montrer que JFK était un guerrier tué au combat. De Gaulle dira « un soldat mort au feu. »

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 Le salut militaire adressé par John-John à son père.

Pendant la cérémonie à la cathédrale Saint Mathieu, Jackie est émue lors de l’Ave Maria, qui a aussi été chanté pour son mariage. Jackie a voulu que JFK soit enterré  à Arlington, qui est le cimetière surtout dévolu aux militaires. JFK yest enterré à 3h13 pm. N’y reposent que deux présidents : Kennedy et William Taft, le président qui a inauguré le bureau ovale de la Maison Blanche. Jackie a voulu une flamme éternelle qu’elle allume au cœur d’une pierre circulaire granitique. En 1963, la flamme éternelle est rare : il n’y en a que trois dans le monde.

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La flamme éternelle demandée par Jackie dans le cimetière d'Arlington.

Le soir, à minuit, Jackie retourne sur la tombe pour déposer un bouquet de muguet. Le muguet est protecteur du mauvais sort et des sorcières. Morgane et Viviane sont les sorcières du monde arthurien. Les clochettes du muguet sont aussi les larmes de la Vierge au pied du Crucifié. « Trois jours plus tôt, elle était la reine du monde » écrit Paris Match.

Jackie connaîtra un destin curieux. Elle vivra après son mariage avec Onassis dans les Cyclades chères aux Dieux grecs.

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 La reine Guenièvre, icône du siècle dernier, en couverture du magazine Time après son mariage avec Onassis.

La presse la surnomme Jackie O. Le « O » est la quinzième lettre de l’alphabet. La quinzième carte du tarot est le diable, un personnage séducteur lié par sa passion. Jackie Kennedy-Onassis est enterrée, selon ses vœux, près de son Roi. Sur son cercueil était posé, à sa demande, un lit de fougères et une croix de roses blanches. La fougère éloigne le malin des lieux consacrés et protège, comme le muguet, des mauvais sorts et exorcise gens et biens. La rose blanche marque la foi et donne la paix et la joie.

Aujourd’hui encore, malgré ce que nous savons de la face cachée de JFK, la magie opère encore. Le Figaro du 11 septembre 2013 évoque en 13 petites lignes la vie des Kennedy à la Maison Blanche : « ... Vie de château du couple glamour… le bureau ovale (la table ronde)… et la légendaire Première Dame ». Le château, la table, la légende : on ne saurait mieux faire.

 

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"Portrait de Camelot" ou 1 000 jours à la Maison Blanche sous Kennedy.

Sources de l'article : David Heyman, Jackie, Wikipédia, David Icke : Le chemin le moins fréquenté, mystère d’archives, Yann Berkilier, La mythologie celte, Paris Match.

08/03/2013

HISTOIRE ET PARANORMAL

 L’étrange talisman ésotérique de la Reine Catherine de Médicis

En 1589, sur son lit de mort, la Reine Catherine de Médicis lègue à Henri 1er de Mesmes un mystérieux coffret fermé, avec ordre de ne jamais l'ouvrir, sous aucun prétexte. Elle seule sait ce qu’il contient. Mais, en 1826, la famille de Mesmes ne respecte pas le pacte de son ancêtre et ouvre le coffret !

Par Jacques Mandorla

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Portrait de Catherine de Médicis peint vers 1555 par un artiste inconnu (Galerie des Offices, Florence).

 

Ce que l'Histoire a surtout retenu de la Reine Catherine de Médicis (1519-1589), épouse du Roi Henri II, c’est qu'elle fut l'instigatrice du terrible massacre perpétré contre les protestants à Paris, le 24 août 1572, jour de la fête de saint Barthélémy.

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Catherine de Médicis le jour du massacre de la Saint-Barthélémy (tableau d’Édouard Debat-Ponsan - 1880 – Musée du Louvre).


La Reine consulte Nostradamus

Peu de gens savent que Catherine de Médicis fut une grande passionnée d'astrologie et de sciences occultes. Ainsi, elle fera appel aux deux plus grands devins de son époque.

La Reine, ayant entendu parler des prédictions remarquables qu'on attribue à Michel de Nostre-Dame, plus connu sous le nom de Nostradamus, l’invite en août 1556 au château de Blois : elle lui présente ses enfants et lui demande de dresser leur horoscope. Le mage révèle alors : « Trois de vos quatre garçons porteront la couronne ». L’avenir lui donnera raison : François, Charles et Henri deviendront rois de France. La Reine, satisfaite des prédictions de Nostradamus (on le serait à moins !), lui offre une importante récompense et le consultera encore à plusieurs reprises. Jusqu’à la dramatique prédiction de Nostradamus annonçant qu’Henri II, l’époux de Catherine de Médicis mourra au cours d’un tournoi, un oeil transpercé par la lance de son adversaire.

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Le mage Nostradamus a été consulté régulièrement par Catherine de Médicis (estampe de 1870 - Réunion des Musées Nationaux).

 

Après la mort de Nostradamus, Catherine de Médicis fait appel en 1571 à l'astrologue Cosme Ruggieri qui est originaire de Florence comme elle. On sait, de source sûre, que la Reine tient fortement compte de son avis, notamment sur la décision à prendre concernant les princes protestants détenus depuis la Saint-Barthélemy.

 

Un mystérieux coffret qu’il était interdit d’ouvrir

Si, à la Cour du Roi, la passion de Catherine de Médicis pour l’ésotérisme est bien connue, personne ne sait par contre que, peu avant sa mort, elle lègue à Henri 1er de Mesmes un coffret, fermé et sans la clé, avec l’ordre de ne jamais l'ouvrir, sous aucun prétexte. Elle seule sait ce qu’il contient.

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Coffret similaire à celui offert par Catherine de Médicis à Henri Ier de Mesmes et contenant le mystérieux talisman.

 

Ce monsieur de Mesmes, qui mourut en 1596 soit sept ans après la Reine, était conseiller d’Etat, magistrat et député de Paris. Étant très proche de la Reine, il n’est pas étonnant que celle-ci lui ait confié sur son lit de mort un aussi précieux cadeau.

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Henri Ier de Mesmes à qui Catherine de Médicis offrit son coffret avec l’ordre de ne jamais l’ouvrir sous aucun prétexte (estampe Claude Mellan – 1644 – Musée Beaux-Arts de Nancy).

 

Il faudra attendre l’an 1696, soit 107 ans après la mort de la Reine, pour découvrir, dans un opuscule paru à Londres et intitulé « L'art d'assassiner les rois, enseigné par les Jésuites à Louis XIV et à Jacques II », ce qui s’était exactement passé le jour de la remise du coffret : « Catherine de Médicis fit appeler Monsieur de Mesmes et lui confia une boîte métallique bien fermée à clef et lui dit qu’elle avait jugé à propos de lui remettre entre les mains ce sacré dépôt qui était le plus riche trésor qu'elle eût dans le monde, avec ordre de ne l'ouvrir jamais ni de le donner à personne, à moins que ce ne fût par son commandement signé de sa propre main. Elle engagea Monsieur de Mesmes à faire serment qu'il tiendrait parole, sous peine d'encourir sa haine et son indignation. La Reine étant morte sans retirer la boîte des mains de M. de Mesmes et celui-ci étant pareillement décédé, les héritiers de M. de Mesmes la gardèrent longtemps dans leur famille sans l'ouvrir ».

On sait que ce coffret était garni de velours à l’intérieur et avait été conservé à Laval (Mayenne) dans la famille de Mesmes, sans que personne ne trahisse la promesse que leur ancêtre fit à la Reine. Jusqu'en 1826, soit presque deux siècles et demi plus tard, date à laquelle la curiosité fut la plus forte !

Une chronique de l’époque évoque ce manquement à la parole donnée à la Reine : « Le temps, qui fait oublier toutes choses, rendit les descendants de M. de Mesmes assez curieux pour ouvrir le coffret, dans l'intention d'y trouver un trésor inestimable. La boîte étant ouverte, on trouva une chose qui fit horreur et produisit le dernier étonnement : c'était une médaille en métal inconnu, ovale, en forme de bouclier, semblable à celles que les anciens Romains consacraient à leurs faux dieux. La gravure de cette médaille représentait Catherine de Médicis faisant offrande au démon ».

Cet objet est qualifié de médaille : en réalité, comme il comporte de nombreux signes et symboles ésotériques, il s’agit en fait d’un talisman.

En faisant des recherches dans des documents anciens, je suis parvenu à trouver des informations sur cet étonnant objet dans le livre « Discours merveilleux de la pie, actions et déportements de Catherine de Médicis » d’un écrivain du nom d'Henri Estienne (1531-1598), contemporain de la Reine : « Cette Princesse portait toujours sur elle ce talisman. Il était de la façon et de la fabrique du sieur Régnier, fameux mathématicien qui passait pour magicien et en qui elle avait beaucoup de confiance. On prétend que la vertu de cet objet était pour gouverner souverainement et connaître l'avenir, et qu'il était composé de sang humain, de sang de bouc et de plusieurs sortes de métaux fondus ensemble sous quelques constellations particulières, qui avaient rapport à la nativité de cette Princesse. L'original de ce talisman, qui fut trouvé et cassé après sa mort, est à présent conservé au Cabinet de curiosités de l'abbé Fauvel qui l'a fait ainsi graver et copier très fidèlement ».

Ce texte appelle quelques remarques : le sieur Régnier, cité ici, est probablement la francisation du nom de Cosme Ruggieri, l'astrologue florentin de la Reine dont nous avons déjà parlé..., Reine que l’auteur Henri Estienne rabaisse, au passage, au rang de « Princesse » ! Le rite de consécration évoqué correspond bien aux rites de magie connus au Moyen Âge : sang humain, sang de bouc, métaux fondus ensemble à certaines dates pour bénéficier d'influences cosmiques particulières. Par contre, toutes les recherches en archives que j'ai personnellement menées pour retrouver la trace de cet abbé Fauvel et de son original du talisman sont, hélas, restées vaines. 

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Dessins de l'avers et du revers du talisman de la Reine, décrits par Henri Estienne dans son livre « Discours merveilleux de la pie, actions et déportements de Catherine de Médicis ».

 

Découverte d’un second exemplaire du talisman !

Vingt-deux ans plus tard, en 1848, on trouva un nouvel exemplaire de ce talisman à Baussy, près de Bayeux (Calvados). Edmond Lambert, bibliothécaire de la ville, déclare juste après l'avoir étudié : « Il est à peu près identique à celui de la famille de Mesmes. Ce talisman aurait été conçu par Jean Fernel d'Amiens, premier médecin d’Henri II, qui avait reçu de grands bienfaits de la Reine. Il lui aurait présenté cette médaille en guise d'étrennes parce qu'elle aimait les images symboliques et que, dans la plupart des fêtes qu'elle donnait à la Cour, elle faisait distribuer des médailles de cette sorte ».

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Jean Fernel d'Amiens, premier médecin d’Henri II, aurait conçu le talisman de la Reine.


L'existence de talismans différents prouve qu'il y a eu plusieurs séries fabriquées du vivant de Catherine de Médicis. Ce que confirment les chroniques de l'époque, qui font état de fêtes grandioses données par la Reine dans ses châteaux de Blois et de Chaumont-sur-Loire, fêtes au cours desquelles la Reine distribuait ses talismans aux invités !

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Catherine de Médicis organisait de grandes fêtes dans son château de Chaumont-sur-Loire, au cours desquelles elle distribuait ses talismans aux invités.

 

À quoi correspondent ces mystérieux signes ?

Pour Edmond Lambert : « Ce talisman se rapporte indubitablement au roi Henri II et à sa famille. À l’avers, sous la figure d'Isis à tête d'épervier, il faut voir Catherine de Médicis. Henri II, sous les traits de Jupiter, l'aigle placé dans ses jambes, tient le sceptre fleurdelisé d'une main et de l'autre un livre qui doit être celui du destin. Isis lui fait voir, dans un miroir magique qu'elle tient et lui présente, la destinée de ses enfants. L'exergue présente trois lettres couronnées et deux qui ne le sont pas, à savoir : F, initiale de François, dauphin, qui devint roi sous le nom de François II. K pour Karl, initiale de Charles, duc d'Orléans, qui fut roi sous le titre de Charles IX le 5 décembre 1580. A, initiale d'Alexandre, duc d'Anjou, puis d'Orléans, qui prit le nom d'Henri III en mémoire de son père, lors de son avènement au trône en 1574. MG, sigle de Marguerite de France, née en 1553, qui fut une des plus belles et des plus spirituelles personnes de son temps. C'est la première femme d’Henri IV, qui fut aussi la dernière des Valois. Le mot OXIEL est un souhait pour l'avenir, comme « Plût à Dieu que les choses se passent ainsi ». Au revers est reproduite une image de Vénus dans une complète nudité. HAGIEL, dans l'ouvrage d’Agrippa, confirme cette désignation de Vénus. La présence du sigle MG pour Marguerite de France prouve que le talisman trouvé à Baussy a dû être exécuté entre 1552 et 1554 ».

Il faudra encore attendre 90 ans pour que le chercheur Jean Marquès-Rivière donne, en 1938, dans son livre « Amulettes, talismans et pantacles », plus de précisions sur l'exemplaire de Laval : « Sur l’avers, la figure nue serait celle de Catherine de Médicis elle-même sous les traits de Vénus. Le revers nous présente un pantacle incontestablement jupitérien. Le dieu assis est Jupiter, ayant devant lui l'aigle de Ganymède. Un Génie à tête d'Anubis lui présente un miroir magique ».

En faisant personnellement des recherches complémentaires dans différents grimoires anciens, j’ai pu comprendre que si Catherine de Médicis consulte le miroir magique, c’est pour savoir ce que l’avenir va lui réserver. Elle est représentée sous la forme d’une femme à tête d'oiseau et pieds d'aigle, tenant une flèche : ces symboles sont caractéristiques de Vénus. Le roi qui lui fait face est Henri II, son époux, assis avec un aigle entre les jambes et tenant un sceptre dans sa main gauche : ce personnage incarne effectivement Jupiter.

Par ailleurs, j’ai découvert les interprétations des différents noms inscrits en majuscules. Ainsi, ANAEL est le nom de l’ange de Vénus et génie du vendredi (ce qui semble signifier que c’était probablement le jour le plus favorable pour fabriquer le talisman). HE est la 5e lettre de l’alphabet hébraïque, signe de la maternité divine. HANIEL représente l’archange de Vénus qui s’occupe des humains sur le plan sentimental et sexuel. EBVLEB caractérise BELZÉBUTH, le prince des démons. Enfin, ASMODÉE est le démon destructeur qui préside au signe du Taureau.

 

Un troisième exemplaire découvert !

À noter que, très récemment, en 1998, un troisième talisman a été trouvé, à l'aide d'un détecteur de métaux, sur la plage de Bray-Dunes, une station balnéaire du département du Nord, située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Dunkerque. Cette trouvaille confirme qu’on doit pouvoir découvrir d’autres spécimens de ce talisman rarissime.

Quand on pense que la Bibliothèque nationale de France (BnF), dont la mission est de recueillir, conserver et enrichir notre patrimoine documentaire, ne possède même pas un exemplaire original de ce talisman, mais seulement un surmoulage de celui trouvé en 1826 dans le coffret de la famille de Mesmes à Laval ! On imagine alors la valeur que représenterait toute nouvelle trouvaille !

 

Pour en savoir plus sur les porte-bonheur

De nombreux objets ont, à travers les siècles, servi de porte-bonheur. Les spécialistes répartissent ces objets en deux catégories : les objets prophylactiques, censés prévenir une maladie et les objets apotropaïques, destinés à conjurer le mauvais sort (ou mauvais œil).

Voici les principaux porte-bonheur, classés dans l'ordre alphabétique.

 Amulette

Petit objet qu'on porte sur soi dans l'idée superstitieuse qu'il préserve des maladies, dangers, accidents, sortilèges, événements fâcheux, maléfices, souffrances physiques et morales.

 

Abrasax

Objet représentant un être monstrueux, avec une tête de coq, un corps d'homme dont la main droite tient un fouet et la gauche un bouclier, et des jambes en forme de serpents ! Chacune des parties du corps de cette entité monstrueuse avait sa raison d'être sur le plan symbolique : la tête de coq signifiait la vigilance, le bouclier la protection, le fouet l'autorité et les serpents le mystère de l'éternité.

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L’abrasax représente un être monstrueux, avec une tête de coq, un corps d'homme et des jambes en forme de serpents.

 

Charme

Formule d'incantation magique qui était censée donner une bonne protection. Par exemple, on répétait trois fois de suite, à voix haute : « Hax, pax, max » pour se protéger d’une attaque éventuelle d’un animal agressif.

 

Ex-voto

Objet symbolique que l'on porte sur soi ou que l'on place dans un lieu de culte, en accomplissement d'un vœu ou en remerciement d'une grâce obtenue : guérison d'une maladie, protection contre les naufrages, espoir de bonnes récoltes...

 

Fétiche

Objet, sculpté dans le bois ou la pierre, auquel on attribue un pouvoir magique capable d'attirer la chance et d'écarter les dangers. On l'appelle aussi « grigri ». Ce sont les colonisateurs occidentaux qui ont baptisé, par ce mot, les objets de culte qu'ils découvrirent chez les peuples dits primitifs.

 

Mascotte

Ce terme vient du provençal « mascoto » signifiant « protecteur de la maison ». À la fin du XIXe siècle, au moment de l’essor de l’industrie automobile, on donna même ce nom aux bouchons de radiateurs afin de protéger les conducteurs des dangers de la route !

 

Pantacle

Objet censé posséder des vertus magiques de protection contre les forces diaboliques.

 

Phylactère

Fragment de texte saint ou de relique qui sert de porte-bonheur. Il faut noter que ce terme désigne aussi les bulles des bandes dessinées dans lesquelles sont placés les textes !

 

Talisman

Objet sur lequel sont inscrits ou gravés des signes consacrés et auquel on attribue des vertus magiques de protection.


Un livre à lire : des centaines de porte-bonheur (et leurs vertus) à découvrir

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"Le Grand Livre des Porte-Bonheur" par Jacques Mandorla

Éditions Trajectoires

462 pages couleurs - 24,95 euros