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14/06/2016

ESPRITS FRAPPEURS ET FARCEURS-1

Esprits frappeurs et farceurs

(1ère partie)

Extraits du livre de Ranky

"Vérité et illusions de la parapsychologie"

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Dans cet ouvrage, Ranky livre ses premières confidences et révélations : une première mondiale sur " l'illusionnisme et le paranormal ". Avis aux collectionneurs : cet ouvrage est aujourd'hui introuvable !
224 pages.
Éditions Dervy.
Parution : mars 1996.

OFFRE EXCEPTIONNELLE  : 5 euros + 2,90 euros de port

 

Quelques exemplaires neufs, encore disponibles chez l'auteur

1) Établissez un chèque ou un mandat de 7,90 euros à l’ordre de : Ranky.
2) Adressez votre courrier à  :
" Secrétariat de Ranky, 29 rue Paul Vaillant-Couturier 94380 Bonneuil-sur-Marne ".
3) Vous recevrez votre exemplaire NEUF (dédicacé sur demande) par retour du courrier.

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Coups dans les murs, bruits insolites, odeurs nauséabondes, meubles qui se déplacent, jets de pierres, craquements sinistres, lévitations d'objets et de personnes, feux se déclarant spontanément en différents endroits, voix venant d'on ne sait où, voilà le répertoire des esprits frappeurs et quelquefois farceurs.

Les premiers comptes rendus de ces faits étranges appelés Poltergeist, polter voulant dire « bruit » et Geist « esprit », remontent au Xe siècle et nous viennent d'Allemagne. On parle aussi pour ces phénomènes de « petite et grande hantise ». Quand ils se produisent dans une habitation ou un lieu, quels que soient les habitants, il s'agit de grande hantise. S'ils sont attachés à la présence d'une personne vivante, disparaissent lorsque celle-ci s'éloigne et réapparaissent lorsqu'elle revient, on parle de petite hantise.

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Déjà à partir de 1100, l'Église catalogua ces phénomènes d'origine diabolique, mais il faudra attendre 1599 pour qu'un certain Martin Del Rio tente d'établir une classification des différentes manifestations connues à l'époque. De 1800 à 1930, il est de mode pour les médiums spirites de faire tourner guéridons, chaises, tables et même pianos, ainsi que le fit le célèbre Daniel Dunglas Home. Tout cela était trop beau pour être vrai et parmi les médiums célèbres, il n'existe pas de cas qui n'ait été soldé au moins une fois ou deux par un constat de tricherie, découverte par un non-illusionniste.

Le cas le plus spectaculaire de ces dernières décennies aurait eu lieu en 1977 dans une banlieue de Londres. Plus de 1500 manifestations auraient été relevées par des psychologue.s, hommes d'église, médecins, photographes, journalistes. Des bruits de pas, des coups dans les murs, ainsi que des voix auraient été enregistrés au magnétophone. Pendant plus de un an, des cuillers et des fourchettes se seraient tordues toutes seules, des feux auraient éclaté spontanément un peu partout et les manifestations se seraient achevées par l'envol d'une cuisinière à gaz et d'un lit, même par la lévitation d'une petite fille en pleine crise pubertaire.

Malheureusement, en 1978, malgré notre demande pressante, nous n'avons pas été convoqués. Aujourd'hui encore nous sommes systématiquement écartés des manifestations, sauf lorsque nous nous y immisçons déguisés en journalistes ou en techniciens de télévision.

En réalité, tous ces phénomènes semblent se produire dans un milieu restreint d'individus composé principalement de membres d'une même famille, d'observateurs, journalistes et « spécialistes », déterminés à tirer d'une situation savamment entretenue une publicité aux buts non avoués. Nous apprenons alors par les médias, en même temps que le public, que les pièces où ont lieu ces phénomènes baissent brutalement de température, que des appareils électriques se détraquent, des ampoules explosent, des télés se mettent en marche ou s'arrêtent toutes seules.

Les théories sur ces phénomènes ont évolué. Aujourd'hui on ne se penche plus sur les esprits et les démons pour les expliquer. Les parapsychologues ont abandonné l'idée de « force cosmique » avancée par Paracelse au XVIe siècle pour une force de pensée et une force physique qui se produiraient concomitarnrnent. L'origine de cette énergie très mystérieuse, dont on a pensé longtemps qu'elle était liée à des états émotionnels engendrés par des tensions sexuelles, serait donc causée par une conjonction de phénomènes physiologiques et psychologiques.

Durant les expériences, l'activité du cerveau du sujet augmenterait considérablement ainsi que le champ magnétique de son corps. Les dialogues avec les esprits ne seraient en fait que des mouvements incontrôlés d'objets, provoqués par le ou les médiums. D~ns le domaine particulier des esprits frappeurs, cette nouvelle orientation des recherches psychocinétiques a commencé vers les années quarante. Depuis cette date, des hommes compétents ont étudié un nombre suffisamment important d'effets pour qu'ils soient apparemment reconnus indubitables, mais nous attendons toujours que les «spécialistes» en la matière nous fassent assister à ces manifestations. En tout cas, les expérimentations effectuées au sein de notre comité d'expertise - une quinzaine au total - n'ont jamais donné aucun résultat tendant à étayer la véracité de leur thèse.

Jusqu'à preuve du contraire, la plupart des phénomènes décrits ici et là servent surtout à alimenter des romans, des films fantastiques et une presse à sensation.

Les courts récits authentiques qui suivent démontrent cette récupération omniprésente, depuis l'imaginaire des enfants jusqu'aux faits les plus monstrueux.

 

Le lustre qui parle

Photo DR

chehoma-rambouillet-GM.jpgJ'étais âgé d'une dizaine d'années et mon frère et moi dormions dans ce que nous appelions en famille la « chambre du fond », séparée des autres par un long et sombre couloir. J'avais toujours l'impression étrange que cette chambre ne faisait pas partie du reste de l'appartement. Elle ne servait qu'à dormir et nous n'y jouions jamais. Un de ses murs était orienté vers la mer. Lorsque la lumière était éteinte, nous écoutions les vagues battre la digue avec une cadence uniforme qui éveillait en nous des sentiments de crainte face à la force incommensurable de la nature.

- Tu as entendu, dis-je une nuit à mon frère, on dirait que quelqu'un a parlé...

- Je ne sais pas ce que c'est... Écoute, ça continue, on dirait qu'il y a quelqu'un qui frappe aux carreaux de la fenêtre !

Je ne sais pas lequel, de mon frère et moi, était le plus effrayé. Des coups secs, espacés de deux ou trois secondes résonnaient maintenant dans la pièce. Je n'osais plus bouger, même pas sortir le bras de dessous les draps pour allumer la lumière. Finalement je me décidai à basculer l'interrupteur. Le bruit cessa instantanément. Il n'y avait personne, ni dans la chambre ni derrière les carreaux. D'ailleurs nous habitions au premier étage.

- Il y a peut-être. quelqu'un dans le placard ? lança mon frère anxieusement.

J'étais paralysé de peur.

- Ce n'est pas possible, lui dis-je, il est fermé à clef.

Au bout de cinq minutes de silence nous nous décidâmes à éteindre la lumière. Instantanément un crissement sinistre, comme une espèce de soupir, se fit entendre et des coups métalliques retentirent de nouveau.

- Ça recommence !

- Allume la lumière.

J'éclairai de nouveau la chambre et de nouveau le bruit cessa. Il n'y avait toujours personne. Je dis à mon frère : - Tu crois que si j'éteins encore, ça va recommencer ?

- Il faut essayer.

Nous fîmes l'expérience une bonne vingtaine de fois, avec toujours les mêmes résultats. Impossible pour nous de déterminer provenance de ces bruits inquiétants. Le lendemain, j'interrogeai ma mère.

- Maman, les fantômes existent-ils ?

- Seulement dans les livres, me répondit-elle.

Je n'étais pas rassuré pour autant. Le jeu nous fit surmonter notre peur. Chaque soir, nous interrogions notre fantôme. Nous comptions les messages : « Si on entend plus de dix bruits consécutifs, nous gagnerons le match de foot de demain. »

Jusqu'au jour où notre mère enleva, par souci d'économie, deux ampoules du lustre de la chambre. Pendant plusieurs soirs, nous n'entendîmes plus que le bruit de la mer. J'eus l'idée alors de remettre les deux ampoules en place : aussitôt les manifestations recommencèrent.

L'explication était toute rationnelle : lorsque la lumière était allumée, l'enchevêtrement métallique du vieux lustre, composé de fil de fer, de coupelles, de rondelles de laiton et de perles, se dilatait et lorsqu'on éteignait, la rétractation du métal en se refroidissant donnait un concert des plus inquiétants. L'imaginaire des enfants faisait le reste.

 

La Vierge qui marche

Photo DR

13025896-les-statues-de-saintes-femmes-dans-l-glise-catholique-romaine.jpgCamille Miot était une toute petite femme de plus de 90 ans. Maigre, sèche, nerveuse, elle riait souvent de tout et de rien, sauf d'un mystère étonnant qui se produisait à longueur d'année dans son studio. Celui-ci était le dernier d'une impasse de Berck, se terminant par un haut mur de parpaings. Le mystère, qui habitait les lieux, émanait d'une statue polychrome sculptée dans le bois et mesurant environ 60 centimètres de hauteur. Cette représentation très belle de la Vierge trônait sur un bahut en chêne toujours encombré de fleurs et de photos. La statuette possédait la particularité de se déplacer au cours de la nuit et il n'était pas rare qu'elle accomplît des trajets de près de un mètre .

Camille, bouleversée par ce prodige, racontait à qui voulait l'entendre que l'âme de la Sainte Vierge habitait la statue et la protégeait. Si on la priait, la Vierge intercédait aux demandes de ceux qui croyaient en elle. De fait, un assez grand nombre de personnes du quartier affirmaient que leurs prières étaient souvent exaucées. Il ne se passait pas une journée sans que quelqu'un vînt prier ou remercier la Madone pour un miracle réalisé.

Les gens venaient surtout les mardis et vendredis, car la statue envoyait les mercredis et samedis des messages plus nets encore que les autres jours. Jusqu'au jour où je découvris, tout à fait fortuitement, la cause du phénomène.

Le bahut était adossé contre un mur derrière lequel passait, à travers une prairie, une route menant au centre-ville. Soudain les bruits de freins d'un camion attirèrent notre attention. Je vis, en même temps, la statue bouger et avancer de quatre ou cinq centimètres. À peine une minute plus tard, le chauffeur remit son moteur en marche et redémarra bruyamment. La statue avança encore. Ainsi, les véhicules, empruntant cette route, transmettaient des vibrations suffisantes pour déplacer l'objet dont je m'aperçus, un peu plus tard, que son socle n'était plus très plan. Les mercredis et samedis étaient jours de gros marché et les camions chargés de légumes passaient sans discontinuer.

Je ne révélai jamais à Camille ma découverte, de peur de la décevoir. Elle put continuer à vénérer la Vierge Marie, à la prier et à croire en sa protection.

(suite de l’article dans la prochaine newsletter)


 

Commentaires

Oh cher François !
Je n'ai même pas lu ton article que je me précipite pour te demander de me réserver ton livre. Je t'envoie le chèque sans tarder.

Merci !
Christiane

Écrit par : Christiane Riedel | 28/04/2016

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