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23/02/2018

MA RENCONTRE AVEC MICHEL KLEIN

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec le docteur Michel Klein, vétérinaire par Jacques Mandorla

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Michel Klein avec 5 bébés tigres qu'il a aidés à naître au jardin du Ranelagh (photo © Croizat, parue dans Télé 7 jours).

BIO EXPRESS

Michel Klein est né le 19 avril 1921 à Sighet, petite ville des Carpates située tout au Nord de la Roumanie. L’écrivain et prix Nobel de la paix, Elie Wiesel, est né aussi dans cette petite bourgade de 27 000 habitants à l’époque. Il vivait en pleine nature, c’est pourquoi sa passion pour les animaux a commencé très tôt : enfant, il se sauvait de chez lui, au grand désespoir de ses parents, pour aller errer dans la montagne à la rencontre des ours bruns ! Puis, il quitte la Roumanie à l’âge de 16 ans à peine, pour aller en France rejoindre Jean, son frère médecin. S'il ne parlait pas du tout le français en arrivant, il l'a très vite appris à l’internat de Verneuil-sur-Avre !

MA RENCONTRE

Ma première rencontre avec Michel Klein (en dehors de suivre avec passion ses émissions à la télévision) date de la fin de l'année 2001. Je venais de co-écrire aux Éditions Grancher un livre intitulé « Soulagez votre animal par le magnétisme et les massages thérapeutiques »), avec mon amie Myriem Lacroix-Breton, magnétiseuse réputée, et cette dernière avait eu une idée géniale : « Et si on demandait au docteur Michel Klein de nous rédiger la préface de notre livre ? ». On parvient à trouver son numéro de téléphone et rendez-vous est pris. Je découvre alors qu'il habite à quelques centaines de mètres de chez moi, dans le 15e arrondissement de Paris. Une profonde amitié me lie depuis à Michel Klein, qui a eu l'extrême gentillesse de rédiger une autre préface, celle de mon dernier livre, paru fin 2016 : « Les ondes nocives » (Éditions Grancher).

Voici l'intégralité de l'interview que m'a accordée notre sympathique « vétérinaire de la télé »... comme les médias l'ont surnommé !

Jacques Mandorla : Vous êtes devenu vétérinaire, était-ce une vocation ou bien souhaitiez-vous, au départ, faire un autre métier ?

Michel Klein : Je vais vous faire une confidence : j’aurais voulu être pilote dans l’armée de l’air ! Comme j’étais bon en maths, physique, chimie, j’aurais vraisemblablement pu réussir le concours d’entrée. Mais en juin 1940, juste après avoir obtenu mon bac Math Elem, j’ai fui à l’arrivée des troupes allemandes en allant à Toulouse. J’ai renoncé à devenir pilote à cause de la loi anti-juive du Gouvernement Pétain, qui venait d’être promulguée en octobre de la même année. Je me suis donc rabattu sur les études de vétérinaire.

JM : Comment avez-vous débuté ?

MK : J’ai donc commencé mes études à l’école de Toulouse, études que j’ai dû interrompre en 1943 avant de les reprendre, après la guerre, à Maisons-Alfort où j’ai terminé mes deux dernières années de scolarité. J’ai effectué mon premier stage à Montoire-sur-Loir chez Pierre Baude, un ami martiniquais qui a été diplômé deux ans avant moi : pour les fermiers de la région, je n’étais ni son « assistant », ni son « aide », mais seulement le « commis » ! À l’époque, les vétérinaires ne s’occupaient que des animaux de ferme : vaches, chevaux, porcs étaient, en effet, des bêtes plus nobles et surtout de plus grande valeur que les chats et les chiens ! À ce propos, je préfère utiliser le terme de « bête » à celui d’« animal ». En effet, quand on dit « bête », on fait référence à quelque chose de solide et de concret, à une réalité que l’on peut non seulement concevoir, mais aussi toucher. Alors que, pour moi, le terme « animal » est plus virtuel. En 1957, j'ouvre mon cabinet boulevard des Batignolles, que je quitte en 1981 pour rejoindre la clinique que j’ai conçue à Beaugrenelle (Paris 15e), à 100 mètres de la statue de la Liberté.

JM : Vous avez atteint une formidable notoriété en devenant « le vétérinaire de la télévision » : comment êtes-vous arrivé sur le petit écran ?

MK : En 1955, j'ai eu droit à mon premier reportage-photos dans le magazine « Détective » qui a consacré tout un article sur l'opération que j'ai faite d'un ours brun de l'Oural, appartenant au cirque Bouglione. Cet ours, nommé Charlie, avait été blessé gravement par un autre ours. Cette intervention s'est passée au Luna Park de la Porte Maillot, qui correspondrait aujourd'hui à la Foire du Trône. Moins d’un an après mon installation aux Batignolles, en 1958, je suis amené à réaliser une innovation en matière de chirurgie dentaire, probablement une première mondiale. Je dois raccourcir, dévitaliser et plomber les canines acérées de Golotte, une macaque appartenant à Martine Beauvais, l’attachée de presse des Bouglione. Cette dernière a fait filmer l'intervention par une équipe de télévision. C’étaient les débuts de l’ORTF : il n'y avait qu'une seule chaîne de télévision à l'époque, en noir et blanc, diffusant des programmes quelques heures par jour seulement ! L'opération que je réalise sur Golotte passe à l'antenne, ce qui me vaut d'être l'invité de l'unique émission du dimanche après-midi, intitulée « Au-delà de l’écran » et animée par Jean Nohain et André Leclerc. Je commence alors un long partenariat avec les médias.

Les années 60 sont très riches en activités parmi lesquelles la création de l'émission « Je cherche un maître » pour faire adopter des chiens abandonnés et la participation en 1965 au long métrage de Frédéric Rossif nommé « Les animaux », documentaire qui montrait pour la première fois des animaux au ralenti, grâce à une caméra qui avait été utilisée lors des essais nucléaires français en Algérie. En 1966, j'ai proposé au PDG d'Antenne 2 Claude Contamine une idée d'émission que j'avais eue avec deux amis. Son titre :« Les animaux du monde ». malheureusement, comme cela se passe parfois, le PDG a été brusquement révoqué pendant les vacances ! Et à la rentrée, quelle ne fut pas ma surprise de voir à l'antenne une émission sur les animaux... portant mon titre exact et dans laquelle je n'étais pas impliqué !

En 1977, j’ai participé aux débuts d'AB Productions de Claude Berda et Jean-Luc Azoulay et en 1987 à l'animation du « Club Dorothée » sur TF1. J'avais rencontré Dorothée 14 ans plus tôt en 1973, elle n'avait que 18 ans à l'époque et on animait avec le marionnettiste Blablatus « Les mercredis de la jeunesse », une émission dont Jacqueline Joubert, l'épouse de Georges de Caunes, était responsable.

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Michel Klein a participé pendant dix ans à l’émission « Club Dorothée » sur TF1.

JM : Puis en 1991 vous avez créé une émission !

MK : Effectivement, j'ai conçu et animé l'émission « Terre Attention Danger » dont le générique expliquait bien mon combat : « Par la faute de l'Homme, de nombreuses espèces animales sont menacées de disparition. Si nous n'y prenons pas garde, un jour c'est l'Homme qui disparaîtra ! » (le générique existe sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=6xVPPdIANyw). À l’époque, j’étais précurseur en matière de défense des animaux : mon message était que l’explosion démographique de l’espèce dite humaine, se développant de façon exponentielle, allait mettre en danger la vie sur Terre, car les espèces animales seront alors obligées de céder la place. Or, notre planète n’étant qu’un vaste enclos, si les bêtes disparaissaient l’Homme disparaîtrait lui aussi, bien plus vite qu’il n’est apparu. J'ai toujours désigné « Les animaux dits sauvages » sous le vocable « Ne devant pas dépendre de l'homme » car le seul animal sauvage c'est l'homme. De plus, seules les bêtes sont capables de guérir les hommes de leur maladie chronique qui, paradoxalement, s’appelle la bêtise ! ».

JM : Vous avez participé à la création de la première réserve animalière à Thoiry. De quelle manière êtes-vous intervenu ?

MK : Jusqu’en 1966, il n’existait qu’un zoo au château de Thoiry, situé dans les Yvelines. C’est mon ami Jean Richard qui m’avait présenté au vicomte Paul de La Panouse. Un jour, on me demande de venir soigner un ours brun de l’Oural, grièvement blessé par un ours noir de l’Himalaya. Ce fut notre première rencontre. Par la suite, je revins à Thoiry pour m’occuper de Fanny, une femelle éléphant présentant des difficultés de croissance. Lors du déjeuner, en présence d’une fille Lazareff et d’un photographe de France Soir qui m’avaient accompagné pour réaliser un reportage, le vicomte évoque avec moi l'idée de créer une réserve où les animaux seraient en liberté, comme dans leurs pays d’origine, et les visiteurs dans leurs « cages automobiles » ! Puis l’idée est devenue réalité en 1968 : sachez que, la première année, le parc accueillit un million de visiteurs ! Depuis, le vicomte a ouvert deux autres parcs, auxquels j'ai participé : Sigean dans l’Aude et Peaugres en Ardèche.

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Prêts pour l’opération d’un puissant crocodile : Michel Klein, assisté de Marie-Christine son épouse et de monsieur Karakava, présentateur de son numéro de crocodiles au Moulin Rouge.

JM : En 1982, vous parvenez à convaincre Jacques Chirac, alors maire de Paris, de créer l’Ecole parisienne des chiens-guides d’aveugles. Comment avez-vous fait ?

MK : J’ai effectivement eu l’idée, un jour, de proposer à monsieur Jacques Chirac de créer à Paris une école de chiens-guides pour personnes déficientes visuelles. Peu de temps après, le vendredi 11 novembre 1982, il m’appelle pour me demander si je peux passer le voir à la Mairie de Paris. Je me retrouve alors en tête à tête avec lui pendant deux heures ! Je lui présente mon projet d’école consistant à remettre gratuitement des chiens-guides à des personnes déficientes visuelles. Quarante-huit heures plus tard, le dimanche 13 novembre, monsieur le Maire réunit son état-major : l’école des chiens-guides de Paris est née ce jour-là ! Elle ouvre officiellement ses portes en 1987, dans le bois de Vincennes, face au rocher du zoo. En février 2018, l'École a fêté la remise de son 1 000e chien (il s'agit principalement de labradors et de golden retriever) !

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 Inauguration de l’école des chiens guides d’aveugles et malvoyants : Bernadette Chirac, Michel Klein et Jacques Chirac.

JM : Pensez-vous que les animaux ont une sorte de 6e sens ?

MK : Absolument ! Et je le pense depuis longtemps. Ainsi, en 1984, lors d’un colloque au Val-de-Grâce en présence de plus de 200 chirurgiens, on m'avait demandé de faire une intervention sur le thème des morsures du chien : j'ai présenté une étude concernant la dynamique de l'agressivité du chien. J’ai pu constater qu’il y avait, dans chaque cas, une faute humaine et non pas animale. J’ai pu démontrer ce que j’affirmais depuis longtemps par une métaphore : « Un chien qui renifle le bas du pantalon d'une personne sait ce qu’il y a dans sa caboche ! ». Et, en quelques minutes, le chien est capable d'établir le profil psychanalytique de cette personne. Il connaît sa pensée et ses intentions et, plus ou moins, son subconscient : il se fait ainsi une idée de sa personnalité. De nombreux chiens pourraient largement concurrencer, dans une certaine mesure, les psychanalystes ou les DRH ! Cela rejoint le long chapitre de la télépathie (transmission de pensées) que j'ai expliquée dans mon livre « L’avocat des bêtes » paru en 2006 aux Éditions Anne Carrière.

JM : Vous vous êtes beaucoup intéressé à l'électromagnétisme. Qu'en concluez-vous ?

MK : L’aspect légendaire du magnétisme est en train de devenir une réalité universelle. Non seulement tous les organismes vivants, mais les matières inertes, la croûte terrestre, le magma, l’espace intersidéral, les mouvements planétaires, en somme tout l’univers, fonctionne à base d’électromagnétisme. Certains individus, dont Myriem Lacroix-Breton, ont la chance d’avoir un équipement sensitif, dont nous connaissons la structure, qui permet d’une part d’induire des stimuli d’ordre thérapeutique et, d’autre part, d’enregistrer des informations lointaines de diverses catégories. L’authenticité probante est expliquée par le pistage à distance d’un animal ou d’une personne, repérés sur une carte et, bien entendu, retrouvés. Plusieurs exemples parfaitement confirmés, sans aucun subterfuge, en témoignent. De nombreuses personnes possèdent un pouvoir d’émission magnétique dans leurs mains, parfois transmis génétiquement, qu’ils peuvent appliquer dans un but thérapeutique assez varié, tant chez l’animal que chez l’homme. La plupart des exemples constatés permettent d’éliminer, dans une large mesure, le côté placebo ou l’autosuggestion. Depuis le début, en fréquentant les animaux, je me suis rendu compte de leur capacité à connaître nos intentions. Grâce à vous, Jacques, j'ai découvert le magnétisme quand vous m'avez parlé de l'ouvrage sur les sourciers écrit par le professeur Yves Rocard. C'est à partir de là que j'ai expliqué, dans mon livre « L’avocat des bêtes », comment la plupart des animaux peuvent capter les ondes électromagnétiques qui véhiculent les idées. En dehors des exceptions, la majorité des êtres humains sont presque dépourvus de cette capacité.

JM : Si un jeune vous annonce qu’il veut devenir vétérinaire, quels conseils lui donneriez-vous ?

MK : Je lui dirai : « Dans la vie, faites ce que vous avez envie de faire ! Celui qui réussit ce dont il a rêvé, c'est le bonheur ! ». Je lui demanderai aussi de maîtriser les disciplines scientifiques - maths, physique et chimie - car ces connaissances participent, à chaque instant, à l'exercice de son métier de vétérinaire. Je suis heureux d’avoir constaté que mes apparitions dans les médias - télévision, radio, presse - ont contribué à faire naître des vocations de vétérinaires chez les jeunes !

JM : Pour conclure, vous allez fêter cette année vos 97 ans et l’on vous reconnaît toujours dans la rue : quel sentiment cela vous inspire-t-il ?

MK : Cela démontre que je n’ai pas trop changé physiquement, malgré les années ! Ensuite, je pense que mon succès est probablement dû au fait qu’en tant que vétérinaire, j’ai toujours donné un maximum d'importance au bien-être et à la santé des bêtes en comparaison à celle donnée aux hommes.


BIBLIOGRAPHIE

« Ces bêtes qui m’ont fait homme » (Éditions Robert Laffont - 1976)

« L’avocat des bêtes » (Éditions Anne Carrière - 2006)

« Réussir son chien », co-écrit avec Michel Hasbrouck (Éditions Helvedog - 2010)

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Prochain article : Ma rencontre avec Maxence Van der Meersch par Ranky