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14/10/2017

MA RENCONTRE AVEC BERNARD HEUVELMANS

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ranky en tant que président-fondateur en 1976 du Comité Illusionniste d'Expertise et d'Expérimentation des Phénomènes Paranormaux (CIEEPP) et auteur, entre autres, de "Encyclopédie du mystère" et "Le paranormal de mes yeux vu..." (ces deux ouvrages aux éditions Trajectoire).

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Jacques Mandorla en tant que journaliste d'investigation et auteur, entre autres, de "66 tests pour développer vos capacités paranormales" (éditions Trajectoire), "ABC de la radiesthésie" co-écrit avec Jean-Louis Crozier, "ABC du magnétisme" et "ABC des ondes nocives" (ces trois ouvrages aux éditions Grancher).

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Ma rencontre avec Bernard Heuvelmans, cryptozoologue par Jacques Mandorla

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BIO EXPRESS

Bernard Heuvelmans est né en 1916 au Havre, d'un père belge et d'une mère hollandaise. Il est décédé au Vésinet le 22 août 2001, à l'âge de 88 ans. Il a fait ses études à l'Université libre de Bruxelles où il a obtenu, à 23 ans, le titre de docteur ès sciences zoologiques après la soutenance d'une thèse sur l'oryctérope (un fourmilier d'Afrique), dans laquelle il résolvait le mystère de sa dentition, tenue jusqu'alors pour inclassable et incompréhensible.

À partir de 1948, il est irrésistiblement attiré par l'énigme des animaux encore inconnus des scientifiques et dont l'existence repose sur des témoignages individuels, des légendes, des traces,...

En 1955, après plusieurs années de recherches, il publie "Sur la piste des bêtes ignorées", best-seller vendu à plus d'un million d'exemplaires dans ses diverses traductions et devenu un classique car il pose les bases d'une discipline scientifique nouvelle : la cryptozoologie, ou science des animaux cachés.

En 1960, il aide son compatriote et ami Hergé afin de réaliser son album de bandes dessinées "Tintin au Tibet", dans lequel apparaît le Yéti.

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L'ultime image de l'album d'Hergé "Tintin au Tibet" dont Heuvelmans fut le conseiller.

En 1982, des savants fondent à Washington, dans les locaux de la célèbre Smithsonian Institution, l'International Society of Cryptozoology dont Heuvelmans, « père » de cette discipline, a été élu président.

En 1997, à 81 ans, Heuvelmans s'est vu décerner, par l'Université de Hambourg, le Prix Gabriele-Peters de la science fantastique qui le sacre le « Brehm » (le Buffon allemand) du monde animal inconnu.

MA RENCONTRE

J'ai eu la plaisir et la chance de passer un après-midi avec Bernard Heuvelmans, dans sa maison du Vésinet, en banlieue parisienne. Il m'a reçu en présence de son épouse, le peintre animalier Alika Lindbergh. Il avait gentiment accepté que je l'interviewe pour la collection par fascicules de l'encyclopédie du paranormal FACTEUR X, dont j'étais le conseiller éditorial.

Pouvez-vous définir la cryptozoologie, cette nouvelle discipline que vous avez fondée ?

J'ai créé ce terme à la fin des années 1950 à partir de trois racines grecques : cryptos (caché), zoon (animal) et logos (discours). Pour moi, la cryptozoologie, c'est donc la science des animaux cachés, ceux dont l'existence ne repose que sur des preuves testimoniales (fondées sur des témoignages) ou circonstancielles (qui caractérisent la situation), parfois même sur des relevés de traces ou sur des restes présumés, autant de preuves jugées insuffisantes par d'aucuns.

Quand a commencé votre passion pour les animaux mystérieux?

En 1948, j'ai lu dans le Sarurday Evening Post un article dans lequel un chercheur américain, Ivan T. Sanderson, envisageait la survivance sur terre de descendants des dinosaures. J'ai d'abord cru que c'était un article de fiction, mais comme j'avais lu un autre livre de cet auteur sur ses différentes expéditions à la recherche d'animaux mystérieux, j'ai compris que l'article était sérieux. Dès lors, Sanderson, disparu en 1973, est devenu un ami avec lequel j'ai correspondu et échangé des idées pendant plusieurs décennies.

 

Que faut-il entendre par « animaux inconnus de l'Homme » ?

En réalité, très peu d'animaux sont vraiment inconnus de l'Homme. En effet, dans chaque contrée du monde, les indigènes connaissent en général toute la faune qui participe à leur environnement. Ainsi le gorille, dont le monde occidental n'a voulu admettre l'existence qu'en 1847, a toujours porté un nom dans tous les dialectes d'Afrique de l'Ouest et du Centre. D'ailleurs, il avait été décrit avec soin, dès le XVIIe siècle, par l'aventurier anglais Andrew Battell. Même le plus célèbre des fossiles vivants de notre temps, le cœlacanthe, décrit en 1939 par le professeur J. L. B. Smith, n'était pas du tout une découverte pour les pêcheurs des Comores qui le connaissaient pour l'avoir parfois attrapé au bout de leurs lignes. Or, pour la communauté scientifique mondiale, ce poisson à pattes était présumé disparu depuis 65 millions d'années !

Où peut-on avoir la chance de trouver des animaux encore inconnus ?

Mais dans tous les pays du monde ! Pour ma part, j'ai découvert, en France, sur l'île du Levant, une forme de chat tout à fait ignoré ! Les seules régions du globe où puissent vivre des êtres totalement inconnus sont, en fait, celles inhabitées par l'Homme, car inhabitables, voire impossibles à traverser : de rares immensités arides de glace, de rocailles ou de sable, quelques sommets montagneux inviolés et, bien entendu, les profondeurs océaniques. C'est pourquoi ces êtres sont rarement à notre portée.

Que pensez-vous des animaux sur lesquels ne circulent que des rumeurs vagues, des témoignages épars ou de simples légendes ?

Ce sont précisément ceux qui m'intéressent. Vous faites sans doute allusion à ces bêtes mystérieuses dont parlent les médias, non sans une pointe de dérision. Les plus célèbres ont été affublées de noms ridicules comme le « monstre du Loch Ness », « l'abominable homme des neige » ou le Bigfoot (grand pied) en Amérique du Nord. Mais en réalité, ce trio célèbre ne représente pas l'ensemble des bêtes inconnues : en 1986, j'ai dénombré environ 150 formes animales auxquelles doit s'intéresser la cryptozoologie.

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Les principales typologies de "serpents de mer" établies par Heuvelmans à partir de témoignages recueillis dans le monde entier.

Pourquoi a-t-on généralement tendance à qualifier ces bêtes inconnues d'abominables ou de monstres ?

C'est toujours par horreur de l'inconnu que l'Homme cherche à combler les zones d'ombre ou les franches lacunes de sa connaissance sur ces animaux. Nous empruntons généralement certains de leurs traits marquants à la mythologie dans lequel ils s'insèrent le plus commodément : voyez le Dragon, la Licorne, la Sirène, l'Ogre, le Loup-Garou... Ces traits sont parfois, hélas, d'une nature fantastique, voire surnaturelle. Moins nous en savons sur ces animaux - soit parce qu'ils ont été entrevus de manière fugitive du fait qu'ils sont aquatiques, nocturnes ou fouisseurs, soit parce qu'ils hantent des régions inhospitalières où l'Homme ne s'aventure guère, soit surtout parce qu'ils craignent celui-ci et le fuient - plus ils sont appelés à être mythifiés. Il est donc tout à fait naturel de voir ces animaux, peu ou mal connus, considérés comme des _monstres., des créatures d'exception. En fait, ce sont des animaux comme les autres.

Qui sont ces 150 animaux encore ignorés, mais dont l'existence a été signalée ?

Une bonne cinquantaine d'entre eux appartiennent au monde aquatique : baleine archaïque au cou encore délié, gros phoque à long cou ou à crinière léonine, lamantin géant, crocodile marin, anguilles géantes, calmar ou poulpe démesurés... Une centaine d'entre eux appartiennent au monde terrestre : marsupiaux, singes, ours, félins, rhinocéros, oiseaux, reptiles... Cet inventaire est nécessairement approximatif et provisoire. En effet, on découvre sans cesse de nouvelles espèces de taille appréciable. Ainsi, entre 1975 et 1995, on a découvert, entre autres, un pécari géant au Paraguay, un énorme requin inconnu, un gecko colossal en Nouvelle-Zélande et un autre en Iran, une baleine tueuse dans l'Antarctique, une espèce d'éléphant - de race pygmée - jusqu'à présent tenue pour légendaire, une nouvelle antilope au Vietnam, etc. Il ne se passe pas une année sans que l'on fasse des découvertes saisissantes !

Comment obtenir une preuve irréfutable de l'existence d'un animal inconnu ?

On me dit souvent qu'il existe deux types de preuves possibles : soit les photographies, soit la capture d'un spécimen. Mais il faut bien avouer que les photographies constituent des éléments peu fiables car la plupart sont truquées : en effet, vous imaginez bien qu'il est pratiquement impossible d'avoir son objectif braqué au bon endroit et au bon moment sur un animal inconnu ! Pour ce qui est de capturer un spécimen, on se heurte d'abord à un problème éthique : en effet, il n'est pas question pour moi de tuer un animal quel qu'il soit. De plus, je suis convaincu que l'on apprend beaucoup plus de choses en étudiant un animal vivant qu'en travaillant sur un cadavre. À ce titre, je préfère de loin les travaux de la regrettée Diane Fossey à ceux effectués sur des centaines de singes massacrés ou mis en cage. Cette grande scientifique nous a énormément appris sur les gorilles, simplement parce qu'elle vivait avec eux.

Parmi tous les animaux que vous avez étudiés, lequel est votre préféré ?

Mon animal favori, c'est incontestablement le gorille. Il représente à mes yeux la force tranquille, l'innocence, le paradis perdu. Et si l'homme est considéré comme supérieur à l'animal par l'intelligence, je ne suis pas sûr que l'homme moyen soit vraiment plus intelligent que le singe, le chat ou l'éléphant.

Pour conclure, comment voyez-vous l'avenir de la cryptozoologie ?

Tout d'abord, je tiens à préciser que cette discipline de la zoologie ne s'intéresse pas qu'aux « monstres » extraordinaires, mais aussi à des animaux qui n'ont rien de spectaculaire, comme une petite antilope du Liberia ou un oiseau coureur des îles Marquises. Ensuite, on peut affirmer que la cryptozoologie fait partie aujourd'hui de l'establishment scientifique. L'ennui, c'est qu'il existe des chercheurs se prétendant cryptozoologues qui travaillent dans la précipitation : ainsi, certains Américains et Japonais organisent des expéditions bâclées qui se soldent toutes par de graves déconvenues parce qu'ils ne suivent pas ma méthode avec toute la rigueur souhaitable. Cette méthode est pourtant très simple. Ele consiste, avant de se lancer sur la piste d'un animal, à rassembler sur lui toutes les informations possibles, à établir des fiches précises et des tableaux synoptiques, puis à en dresser un portrait-robot physique et comportemental : de quoi se nourrit l'animal, quelles sont ses réactions face à l'homme, etc. Ce n'est qu'après avoir esquissé ce portrait-robot qu'on peut partir en expédition. Et je peux vous assurer que, grâce à cette méthode, vous parviendrez à d'excellents résultats.

 

BIBLIOGRAPHIE

Sur la piste des bêtes ignorées – Éditions Plon – 1955

Le Grand Serpent de mer. Le problème zoologique et sa solution. Histoire des bêtes ignorées de la mer - Éditions Plon - 1965

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L'Homme de Néanderthal est toujours vivant (avec Boris Porchnev) – Éditions Plon - 1974

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Prochain article : Ma rencontre avec Jeanne Moreau, actrice, par Ranky

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13/10/2017

VERSAILLES (2)

Versailles, fenêtre du purgatoire (2ème partie)

Par Thierry NAMUR

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Les témoignages de Camille Flammarion

Si hantise il y a eu au hameau de la Reine et au château de Versailles en général, il appartient à Camille Flammarion, célèbre astronome et auteur de « Les maisons hantées » et spécialiste de ce genre de phénomènes, de la définir. Dans le chapitre « L’ambiance des demeures », il se demande : « Reste-t-il quelque chose de matériel dans une demeure après la mort des êtres qui l’ont habitée ? Certaines observations sembleraient l’indiquer ». Ce grand savant illustre sa réflexion par deux hantises qui montrent la porosité de notre monde avec un ailleurs.

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Camille Flammarion (1842-1925) dans son observatoire de Juvisy.

Le premier cas de hantise lui a été rapporté par Mlle Renaudot, jeune savante et mathématicienne qui a dormi dans la chambre d’une amie récemment décédée. Durant deux nuits consécutives, ce sont des vacarmes, des bruits de pas, des mouvements, des craquements, des coups frappés sur le portrait de la personne décédée. La scientifique dit que ces « manifestations étaient extrêmement désagréables, surtout parce que l’on sait que l’on a affaire à des causes inconnues ». Une autre jeune femme, qui dormait à côté, n’a rien entendu la première nuit mais avoue « qu’elle a eu très peur au point d’en claquer des dents » par la suite. Les «  témoins sont deux personnes incapables d’avoir été influencées, par aucune illusion et aussi sceptiques l’une que l’autre » pointe Flammarion. Mlle Renaudot est à la fois effrayée et, comme nos deux Anglaises, curieuse de comprendre. Elle regrette « que malgré son désir d’en savoir plus, elle n’ait rien observé pour pouvoir contrôler le phénomène et obtenir si possible l’explication de cette étrange manifestation ».

J’ouvre là une parenthèse. Le plus souvent, les témoins sont bouleversés par leur expérience et se livrent à une quête pour savoir ce qui leur est arrivé. Jules Verne dans les "Indes noires’’ écrit cette phrase qui leur va bien : "- Aurais-tu quelque regret d'avoir abandonné le sombre abîme dans lequel tu as vécu pendant les premières années de ta vie, et dont nous t'avons retirée presque morte ? - Non, Harry, répondit Nell. Je pensais seulement que les ténèbres sont belles aussi. Si tu savais tout ce qu'y voient des yeux habitués à leur profondeur ! Il y a des ombres qui passent et qu'on aimerait à suivre dans leur vol ! Parfois ce sont des cercles qui s'entrecroisent devant le regard et dont on ne voudrait plus sortir ! Il existe, au fond de la houillère, des trous noirs, pleins de vagues lumières. Et puis, on entend des bruits qui vous parlent ! Vois-tu, Harry, il faut avoir vécu là pour comprendre ce que je ressens, ce que je ne puis t'exprimer !"

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Gravure sur bois parue en 1888 dans le livre de Camille Flammarion, intitulé « L'atmosphère : météorologie populaire ».

Le second cas de hantise est attesté par Camille Flammarion lui-même. Un couple dort dans une chambre de location quand, à minuit, l’épouse ouvre les yeux « se sentant envahie par l’impression des plus pénibles que dans le plafond de la chambre devait se cacher quelque chose d’affreux ». Le mari ne ressent rien. Après des nuits terribles pour elle, le couple change de chambre. Mais l’angoisse de l’épouse l’oblige à du repos ailleurs. C’est alors que l’on apprend que le fameux plafond s’est effondré, libérant le cadavre d’un enfant momifié au cou tordu !

Le mal être, l’angoisse, la curiosité exacerbée qui pousse les témoins à en savoir plus (les Anglaises y passeront leur existence), la différence de perception des témoins, la fatigue voilà des points communs entre les hantises et l’aventure de Versailles.

Une rumeur veut que Louis XIV ait aussi vécu une hantise en 1695. Un fantôme sous la forme de la lueur pâle et froide d’un visage se penche près de lui alors qu'il vient de se coucher. C’est le fantôme de Marie-Angélique de la Vallières. La duchesse lui demande de quitter Mme de Maintenon et lui rappelle les serments faits envers elle. Les fantômes seraient-ils jaloux, comme nous autres simples mortels ? Ce "fantôme" lui aurait dit, sujet sensible pour le roi, que le renvoi de Mme de Maintenon allégerait son purgatoire où le roi irait après la mort et que, bientôt, il viendrait la rejoindre. Ce en quoi notre désincarné se trompe puisque le roi vivra encore vingt ans. Elle termine en accusant Mme de Montespan de l'avoir empoisonnée et conjure Louis XIV de se tourner vers Dieu.

 

Proposition d’autres pistes

Que voient donc les témoins ? Nos vies laisseraient des traces enregistrées dans un sillon ineffaçable que, dans certaines conditions, des médiums pourraient décoder, comme un diamant sur un disque microsillon.

Hypothèse plus alambiquée mais peu convaincante, Mlles Jourdain et Moberly auraient capté des fragments de souvenirs de Marie-Antoinette ou bien un rêve du jardinier ou d’un homme ayant lu des documents historiques archivés. Pour les principales intéressées, la bonne hypothèse est qu’elles auraient perçu des fragments de souvenirs de Marie-Antoinette.

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Eleanor Jourdain et Annie Moberly, les deux Anglaises qui ont vécu une étrange "aventure" au château de Versailles en 1901.

Léo Talamonti dans son livre « Univers interdit » évoque les êtres humains capables de capter les images et les sons des temps révolus. Dans un chapitre intitulé « Une femme qui explorait le passé », il prend note des facultés psychométriques de la mexicaine Maria Reyes. Sous un protocole qui exclut a priori la triche, Maria Reyes est capable de « voyager dans le passé avec la précision d’un documentaire cinématographique et l’intensité dramatique des événements vécus ». En transe, les yeux bandés, après qu’on lui a posé un objet dans les mains, elle est capable de tracer les circonstances, souvent dramatiques, liées à cet objet. Avec un bouton de manchette de l’empereur Maximilien, pour un temps dirigeant mexicain, elle voit les manifestations grandioses pour fêter son arrivée. Un morceau de lave, et la voilà assistant à une éruption volcanique. Quand, à son réveil, le docteur s’étonne qu’elle puisse « s’agiter autant pour une simple vision », elle répond que « pour moi, ce n’est pas une vision, mais une réalité que je vis ».

Annie Moberly et Eleanor Jourdain ont-elles ce don ? Ont-elles été, comme déjà évoqué, une

tête de lecture de morceaux de passé bloqués dans le parc ? Une conscience créerait et

matérialiserait dans nos trois dimensions des images, semblables à une tapisserie. L’origine

de ces images serait nos pensées, nos souvenirs. Pour les Anglaises, cette mystérieuse entité

aurait fouillé leur cerveau et y aurait trouvé les images de scènes vues le matin sur les

tableaux et dont leur mémoire est repue. Cette entité malicieuse, émettrice de leurres, aurait

brouillé cette mémoire en y ajoutant ses propres images et aurait animé tout cela en tableaux

vivants mais mornes. Cela expliquerait pourquoi les Anglaises assistent à des scènes

différentes. À la lecture de leur ressenti, on a l’impression qu’elles vivent un rêve éveillé. Le

dernier chapitre de leur livre, est intitulé « Une rêverie ». Elles ont matérialisé ce qui s’est

imprimé dans leur cerveau dans la visite du château. Le caractère électrique du jour, relevé

par les services météos de l’époque, est le détonateur. La nature et les qualités de perception

des Miss a fait le reste.

Le passé qui fait irruption dans le présent, sans être fréquent, n’est pas rare. La scène rapportée se passe à Cinq-Mars-la-Pile en Touraine, et s’ajoute au texte du blog Ces portes étranges qui s’ouvrent sur le passé. Dans la revue Le Monde du Mystère et de l'Étrange, la famille M. témoigne d’un saut dans le temps qu’elle aurait fait en vacances. Durant une promenade tard le soir, elle se retrouve tout à coup au milieu d'un étrange cortège qui traverse silencieusement la bourgade. Effrayée, la famille voit « des gens de toutes sortes, en costumes d'autrefois, à pied, à cheval, dans des carrosses. On eût dit une assemblée de figurants sur le lieu de tournage d'un film historique : deux chariots traînés par des chevaux noirs, transportant deux jeunes gens aux mains liées. Des soldats en armes entourent l'attelage. Des hommes frappent sur des tambours voilés de velours noir ». La famille, inquiète, veut rejoindre son hôtel mais « en forçant le passage, je m'aperçois que nous passons à travers la foule sans la toucher, comme si ce n'étaient-là que des ombres ». On ricane quand ils racontent leur histoire et puis un client qui se présente comme ex-Conservateur des Monuments historiques, leur dit qu’ils avaient peut-être revu la dernière promenade du marquis de Cinq-Mars, seigneur de ce village, et de son ami de Thou, juste avant leur décapitation, le 12 septembre 1642, à Lyon.

 

La clé de l’énigme

Le témoignage capital en 1964 de Clémence Ledoux livre, à mon avis, la clé de l’énigme, au moins versaillaise. Au cours d’une visite partagée avec un ami à Versailles, Clémence semble préoccupée, observant partout, à droite, à gauche, comme si elle voyait des choses visibles d’elle seule. Enfin, elle raconte : « J’ai vu, partout dans les jardins, des gens en magnifiques costumes de jadis. Ils étaient tristes. Ils semblaient errer». Ce témoignage ouvre une porte fantastique. Le château serait infesté d’âmes (faute de mieux, appelons-les ainsi) prisonnières de leur mélancolie. Ce ressenti est écrit dans le livre « L'île des morts », une bande dessinée qui porte ce dialogue : « Il m’a été donné de voir le rivage d’un océan crépusculaire et d’entendre les hurlements des morts …d’éprouver les souffrances des âmes écartelées, déchirées puis dispersées dans les vents glacés du néant. J’ai eu le cruel privilège de contempler un horizon que nulle lumière divine ne venait illuminer… ». Ce que les témoins voient à Versailles, ce sont les âmes errantes du purgatoire. Le ressenti maussade, l’indifférence des personnages rencontrés, le côté figé, ce monde à un millimètre de nous pourrait n’être que celui d’âmes en peine qui auraient besoin de lumière et d’amour comme l’écrit Stéphane Allix dans ‘’Le test’’. Peut-on imaginer, nous sommes là dans le fantastique, un exorcisme géant pour soulager leur désespoir ?

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« L’île des morts », tableau d’Arnold Böcklin (1883).

 

Les portes à la lisière des mondes, entre le vivant et le purgatoire, ne s’ouvriraient pas car le

passage n’est pas permis sans mourir. Mais la fenêtre vers l’invisible, en l’occurrence le

purgatoire, est bien présente. Les conditions d’accès par cette conscience joueuse pour

montrer ce monde d’infernale solitude sont inconnues. Cette conscience joueuse possède

t-elle une éthique ? L’effet cumulatif des observations de fantômes a-t-il un impact sur notre société ou sur le château ? Renversons les rôles. Et si ces apparitions ne nous visaient pas nous les humains ? Si l’objectif de ces ressentis étaient dirigés ailleurs, pour ces fameuses âmes du purgatoire ? Nous serions témoins de manifestations dont le sens nous échapperait totalement. Nous les penserions pour nous, mais nous serions sur le chemin d’une tâche qui ne nous est pas destinée. Le saura-t-on jamais…

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Les deux tableaux, peints en 1855, par Louis Boulanger et exposés dans la chapelle de l'église Saint-Roch : à gauche, « Les âmes dans le purgatoire » et à droite, « Les âmes délivrées ».



Source : Jacques Levron, « Versailles, ville royale » (Éditions La Nef de Paris) - 1964.

 

FIN DE L'ARTICLE

 

 

VERSAILLES (1)

Versailles, fenêtre du purgatoire (1ère partie) Par Thierry NAMUR

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Le Trianon et le Parc du château de Versailles, théâtre de nombreux phénomènes

paranormaux.

On peut lire dans la rubrique « Histoire et paranormal » de ce blog, un texte de Jacques

Mandorla titré : Ces portes étranges qui s’ouvrent sur le passé. Cet article retrace, entre

autres, l’expérience fantastique de deux Anglaises à fort tempérament : Eleanor Jourdain et

Annie Moberly. Elles disent avoir vécu une étrange aventure en août 1901 dans le parc du

château de Versailles. L’ambition de ce texte n’est pas de revenir sur le déroulement de la

journée de nos deux médiums. Il est d’évoquer le site de Versailles qui collectionne les

apparitions de personnages costumés puis de formuler, en fin de texte, une ultime hypothèse

(Jacques Mandorla en émet 8), sur ce qu'ont perçu les Anglaises et les autres témoins

d’apparitions au château.

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Eleanor Jourdain et Annie Moberly disent avoir vécu une étrange aventure en août

1901 dans le parc du château de Versailles.

Disons-le d’emblée, au château le sujet des fantômes n’est pas tabou. En plein cœur du hameau de la Reine, la maison du jardinier se visite. À l’intérieur, des panneaux d’informations racontent l’historique du hameau. L’un d’eux évoque l’aventure des Anglaises dans un paragraphe titré "Les fantômes du Trianon".

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Le hameau de la Reine.

C’est avec la parution en 1910 de leur livre "An adventure" que les hantises du Trianon et du château de Versailles ont connu une publicité internationale. Ces deux Anglaises, dont on s’est beaucoup moqué, ont passé une partie de leur vie à chercher des preuves démontrant leur bonne foi. Traumatisées, elles voulaient aussi comprendre quelle Malice les avait poussées dans cette étrange "aventure". Cette Malice, elles l’apprennent lors de leur enquête, était déjà intervenue puisque des rumeurs couraient depuis longtemps sur la présence du fantôme de Marie-Antoinette à Versailles.

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À la lecture de "l’aventure" vécue par les Miss, un constat s’impose d’emblée. Elles étaient bien l’une et l’autre dans le même espace, Versailles, et dans le même temps, le dimanche 10 août 1901. Second constat, bien que côte à côte, elles n’ont pas toujours vu les mêmes choses ! Elles ont d’ailleurs écrit chacune, pour la même expérience, un récit qui diffère sur de nombreux points.

 

Énergies telluriques

Donnons un coup d’éventail pour une présentation brève du site. Un marais, une fosse, voilà

l’endroit où le roi Louis XIV veut faire construire son palais. Aujourd’hui, le lieu est assaini,

fleuri et finalement rien ne se laisse voir de ce que Versailles était avant le château. Son

terrain crayeux, argileux et marneux retient l’eau. Des radiesthésistes estiment que Versailles

serait un site fortement chargé en énergie. Guy Tarade avait repris la dénomination des

Anciens qui appelaient ces forces "Les veines du dragon".

Le château serait alors le théâtre de phénomènes surnaturels car des courants telluriques

parcourant le sol seraient activés par la forte émotivité des visiteurs. Dans ‘’Ces maisons qui

tuent’’, Roger de Lafforest alertait sur l’influence que pouvaient avoir ces résonances. Les

panneaux d’information du hameau de la Reine à Trianon mentionnent précisément une

source, tarie aujourd’hui, d’eau ferrugineuse au pouvoir guérissant ! De cette eau de qualité

on faisait commerce. Des chercheurs se demandent d’ailleurs si ce n’est pas la connaissance

de l'existence de telles particularités qui ont incité Louis XIV à choisir Versailles comme

capitale royale. Pourquoi, en effet, à l’étonnement de tous, le roi de France choisit-il ce lieu

« puant et malsain » pour y construire ces châteaux ? Les historiens nous disent qu’il y a à

cela des raisons politiques : traumatisé par la révolte des nobles lors de la Fronde, le roi veut

cadenasser la cour autour de lui. Autre raison, le désir de s’éloigner de la rebelle Paris qui

les avait, lui et sa famille, obligés à l’exil. Tout cela est recevable mais honnêtement on n’en

sait rien, d’autant que le roi possède tant d’autres châteaux, et ne répond pas à la question

pourquoi ici ?

Avant d’être un site royal, Trianon était un village que Louis XIV fait raser pour construire

ses palais. Le Grand Trianon actuel a été élevé sur un cimetière que l’on a déplacé. À

l’endroit de l’actuelle porte Saint Antoine s’élevait une "chapelle Saint Antoine du

buisson". Alain Baraton, l’auteur du livre "Vices et Versailles", assure qu’à son

emplacement on trouve des molaires en grattant le sol.

En 1557, le village de Versailles compte 3 auberges. L’une s’appelait l’image Notre Dame,

l’autre l’image saint Antoine et la troisième l’écu de France. Deux images et un écu de

France qui prophétisent le destin royal du village.

Le château n’a pas été toujours occupé par les souverains. Il est resté vide après 1789, a été

brièvement habité par l’Empereur Napoléon, a été pillé. Après la bataille de Vélizy en 1870.

Il sert d’hôpital : deux ailes du château et la galerie des glaces sont occupées par les blessés.

Ce qui est ignoré c’est que les rois n’aiment pas Versailles. Les courtisans non plus. Dès

qu’ils le peuvent, les rois le fuient et séjournent dans un palais plus accueillant. Quand Louis

XVI en est chassé en 1789 pour loger aux Tuileries, il n’y reviendra jamais, même

lorsqu’une délégation de Versaillais viendra le supplier d’y retourner.

Si la nature avec ses saisons et sa végétation s’active à Versailles, il n’empêche que le château apparait aujourd’hui asphyxié par les vagues de touristes qui se succèdent et s’affairent. Ses salons bondés et leurs images mythologiques ne respirent plus. Le château est en apnée. D’ailleurs la municipalité tente de détourner les visiteurs vers d’autres thématiques. Le quotidien Le Parisien du 30 septembre 2017 informait qu’un circuit "Les faits divers" à Versailles était proposé aux touristes. Dans cette déferlante, il n’est plus permis aux "fantômes" de se manifester. Ils doivent attendre, s’ils existent, la fermeture des portes pour apparaitre. Il est indispensable, pour sentir le cœur de ce vaste ensemble, d’emprunter les chemins de traverses. Le touriste marche beaucoup à Versailles reliant les châteaux (les Trianon, le hameau et le château des rois) en suivant les allées dont Napoléon voulait retirer toutes les statues et les remplacer par des panoramas en dur de ses batailles !



De nombreux témoignages

Il n’existe qu’une chance infime pour les milliers de touristes de vivre une expérience

paranormale comme les Anglaises. Mais la fréquentation de ce site a un avantage : un lieu

autant photographié ne pouvait pas échapper aux photos d’Ovnis. C’est en visionnant, après

coup, leurs photos que les Ovnis sont généralement détectés avec surprise par les visiteurs.

Déjà, en 1914, un gradé informait un général dans un rapport que la zone était survolée par

un objet lumineux. À cette époque, on ne plaisantait pas car on était en guerre et toute

menace est à prendre en compte. Cet Ovni était « haut, brillant d’une couleur argent et

paraissant sphérique ».

Si, vraiment comme je le pense, Versailles est hanté, alors j’aimerais connaître l’avis de ces

âmes captives sur les œuvres contemporaines de Jeff Koons, Xavier Veilhan et Takashi

Murakami exposées dans le château. Peut-être serait-on surpris. Quant à l’opinion de

Marie-Antoinette sur l’affreuse production d’Anish Kapoor, je crois la deviner.

Alain Baraton est jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand parc du château de Versailles. Le regard qu’il porte sur le château est celui d’un professionnel aux perceptions sensibles. Il connaît bien le château. Il raconte qu’enfant, il ne retient que le mot souffrance de sa première visite au château. Il ressent l’aspect macabre des tableaux de batailles et ne voit, dans les 357 miroirs de la galerie des glaces, que le reflet du fantôme de leur histoire. Il se désespère avec humour de n’avoir jamais assisté à des phénomènes inexplicables et se demande « s’il ne fait pas peur aux fantômes. À Versailles, tout le monde en voit ou en a vu, chaque membre du personnel a sa petite histoire à raconter, et moi rien… Tout y est surnaturel, si bien que ce qui serait paranormal, c’est que le lieu ait l’air normal ». Il écrit encore que Marie-Antoinette s’était, au petit Trianon, fait aménager une chambre noire en papiers bleus et décor floral, pour y invoquer les esprits.

Dans ses souvenirs, Madame Campan raconte qu’au moment où la future Reine entra dans la cour du château un « violent coup de tonnerre ébranla le château et que quatre bougies s’éteignirent successivement et la Reine vit évidemment là un mauvais présage ».

Les visiteurs ne viennent que pour elle, la reine Marie-Antoinette. Aujourd’hui, sa présence

règne toujours sur les lieux. À la lettre ‘’F’’ comme Fantômes de son dictionnaire

"Versailles amoureux", Franck Ferrand raconte l’histoire des Anglaises et y porte du crédit.

Il parle aussi de la curieuse voyance du médium Yaguel Didier vécue dans le théâtre de la

reine. Ils s’y étaient enfermés tous les deux dans l’espoir qu’il se passe quelque chose. Ils

n’ont pas été déçus. Après une forte émotion, la voyante parle : « Elle est là, je sens sa

présence ». Puis elle devine la forme d’un musicien qui pourrait être Grétry. La voyante

parle ensuite comme si elle était Marie-Antoinette elle-même : « Que n’ai-je écouté les voix

de la raison ? Je n’étais que dans les plaisirs… Je devinais des changements, mais je ne

voulais rien voir, rien entendre… ». Le journaliste Frank Ferrand utilisera encore le mot

fantôme à la lettre M de Musique en écrivant : «  À propos de Mozart, je voudrais rappeler

que son fantôme hante un peu les murs de Versailles » (où le musicien a séjourné pendant le

Noël 1763. Décidément, on ne sort pas de ouatée au château).

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C’est avec ce portrait de Marie-Antoinette, peint en 1788 par Adolf Ulrik Wertmüller

(1751-1811), qu’Annie Moberly a reconnu la dessinatrice comme étant la reine.

Mais il arrive, en effet que des visiteurs soient projetés dans une aventure vers nulle part. Quelle ou qui est cette malice, si elle existe, qui agit sans notre aval ni notre désir ? Là est tout le mystère. Y a-t-il un quelconque dessein pour l’Humanité à travers cette expérience ? Mystère toujours. Et quel est l’intérêt pour cette intelligence de proposer des scènes rappelant le XVIIIème siècle ?



Un décor de tapisseries

Dans ce paragraphe, l’expression « décor de tapisserie », employée par les Anglaises pour

évoquer le panorama de leur aventure, va nous servir de fil rouge pour relever les similitudes

et de formuler une hypothèse. Cette hypothèse n’est pas de dire que c’est la vierge Marie qui

apparaît à Versailles. Mais de constater que le décor évoqué permet de créer un lien, par

leurs points communs, entre les deux apparitions dites "mariales" parmi les 19 reconnues

par l’Église et les fantômes du Trianon.

L’une de ces apparitions a eu lieu en 1879 en République d’Irlande, dans le petit village de Knock. Yves Chiron la cite dans son "Enquête sur les apparitions de la Vierge" en la décrivant comme la « contemplation d’un tableau surnaturel mobile ». De quoi s’agit-il ? Deux villageoises rentrent chez elles sous la pluie en fin de journée. Stupéfaites, elles aperçoivent des « images lumineuses» figées sur la façade de l’église. Les deux femmes y reconnaissent la Vierge et d’autres figures bibliques, lévitant entre 30 et 60 cm au-dessus du sol, autour d’un autel où trône un agneau de huit semaines surmonté d’une croix. Elles alertent les villageois qui voient aussi l’apparition. Quelques-uns ne perçoivent rien. De taille moyenne, la dame est vêtue de blanc et porte une couronne d’or et une rose sur le front. Elle semble prier.

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Représentation de l'apparition ayant eu lieu à Knock (Irlande) en 1879.

 

« Saint Jean était habillé comme un évêque en train de prêcher. Il portait une petite mitre

sur la tête », précise Patrick Hill, 14 ans, qui a vu également des anges, que d’autres

ignorent. Aucun message n’accompagne l’apparition silencieuse mais, par la suite, des

guérisons corporelles frappent l’opinion. La première est pour une enfant sourde... ce qui est

cocasse pour une apparition muette. Les témoignages concordent sur la quasi immobilité de

l’image. Ici, avec une dame céleste, nous avons une scène immobile un décor de tapisserie

avec des éléments vus par certains, pas par tous. Yves Chiron écrit que « des commentateurs

ont fait remarquer que le 21 août, le curé de la paroisse venait d’achever une neuvaine de

100 messes en faveur des âmes du purgatoire ». Le révérend Père Hubert disant que

« l’apparition est une représentation de la vision vers laquelle soupirent les âmes du

purgatoire, que nombre d’entre elles avaient atteint grâce aux cent messes offertes

consécutivement. »

Une autre apparition, peu connue, d’une dame couronnée d’or se manifeste le 17 janvier 1871 en France à Pontmain, petit village de la Mayenne : 50 personnes sont présentes mais seules 7 (des enfants) voient quelque chose. Pourquoi l’évoquer plus qu’une autre ? Parce qu’on trouve dans l’église Notre Dame de Versailles une statue de cette Vierge de Pontmain. La représentation de cette Dame est rarissime et il faut que ce soit justement à Versailles qu’elle le soit. Rappelons-nous aussi le nom l’image Notre Dame d’une des 3 auberges versaillaises. L’apparition se déroule en soirée et dure trois heures, sans qu’aucun mot ne soit prononcé, comme à Knock. Cette Dame, que tous ne voient pas, sourit, rit, s’assombrit selon les prières ou les chants qu’on lui propose. C’est là son seul dialogue. Le rare mouvement rapporté est celui des bras.

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Illustration de l'apparition de Pontmain (Mayenne) en 1871.

C’est l’immobilité de ces Images sacrées de Knock et Pontmain (hologrammes ?) qui nous ramènent à l’aspect versaillais. Car les fantômes du Trianon bougent mais dans un, répétons-le, décor de tapisserie. Maintenant, imaginons que les Dames de Knock et Pontmain apparaissent à Versailles. Quelle serait l’interprétation des témoins ? Après tout, les Célestes portent une couronne. Les yeux des témoins verraient-ils l’icône de Versailles Marie-Antoinette ? La différence pourrait être que les Dames de Pontmain et Knock portent le voile (une spécificité des apparitions mariales reconnues), ce qui n’a jamais été rapporté à Versailles. Une autre différence majeure est que le malaise, ressenti à Versailles par les témoins, n’existe pas pour ceux de Knock et Pontmain. La question mérite quand même d’être posée.

À SUIVRE : la seconde partie de "Versailles, fenêtre du purgatoire".

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