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20/07/2019

MA RENCONTRE AVEC BERNARD LOISEAU

1982 - Ma rencontre avec Bernard LOISEAU, cuisinier, par Ranky

BIO EXPRESS

Bernard Loiseau (Photo DR)

PHOTO Marie-Claire.jpgBernard Loiseau est né le 13 janvier 1951. Génie de la gastronomie, travailleur infatigable et doté d'une ambition sans limite il n'a eu cesse de réaliser son rêve : devenir un grand chef de cuisine, sinon le plus grand. D'abord engagé par le chef Claude Berger à Paris, celui-ci, devant les qualités étonnantes de son employé en fait le gérant d'un restaurant "La côte d'Or qu'il vient d'acheter à Saulieu en Bourgogne. Bernard Loiseau après sept années de gérance,contracte de lourdes dettes pour acheter ce restaurant et en faire un haut lieu de la gastronomie mondiale. En 1991 il reçoit 3 étoiles au guide Michelin. Il devient l'un des chefs les plus médiatisés au monde. En 1995 il ouvre une boutique près du restaurant où on trouve des produits du terroir, des vins prestigieux, des livres de cuisine.Des plats cuisinés Bernard Loiseau sont proposés dans les grands magasins et il gère deux autres restaurant à Paris "Tante Louise" et "Tante Marguerite". En 1998 il fonde la société Bernard Loiseau et sera le premier chef à être côté en bourse. Il se suicide d’un coup de fusil de chasse le 24 Février 2003. 

MA RENCONTRE

(Photo DR) 

   BERNARD LOISEAU 5.jpgSaulieu, Bourgogne, il est midi. Je stationne notre caravane sur la place   et me mets en quête de glaçons pour regarnir notre garde-manger. Tous les commerces alentours sont fermés sauf “l’Hôtel de la Côte d’Or” dont la porte est ouverte, comme une invitation. Gravissant les quelques marches, je frappe au carreau. Derrière un comptoir en boiserie rustique, un homme, visage glabre, cheveux rares me lance dans un sourire avenant : - Que puis-je pour vous ? - Beaucoup, monsieur, je suis à la recherche de glace, pour conserver beurre, charcuterie .. .et prendre l’apéro. - Ca fait trois bonnes raisons de chercher, me dit-il. Je vais vous arranger çà. Mais ici, je n’ai plus rien. On casse tout. De passage à Saulieu ? -
-Oui, oui c’est notre caravane que vous voyez. Nous allons à Autun où nous devons donner un spectacle.
- Ah ! vous êtes artiste ?                                                                                       
- Oui, magicien.
- Oh là, là ! quelle merveille ! expliquez-moi, vous allez pouvoir m’aider.
- Avec plaisir, si je peux.
- J’attends vos conseils. Figurez-vous que je viens de signer l’achat de cette maison pour en faire un restaurant à moi. Je collectionne les critiques. Il parait que je vais me planter en changeant la façon d’exploiter les lieux. Qu’en pensez-vous ?
Il s’ensuivit une description détaillée des travaux à accomplir : "Là, on casse la salle, on refait tout, l’accueil aussi, les cuisines seront enfin fonctionnelles. Dans un deuxième temps, je vois une piscine, peut-être un hammam, et le plus beau jardin de la région...".
L’homme semblait évoluer dans un état second. Il s’était levé de son siège et me tenait, d’une voix étonnamment claire et ponctuée, un discours rempli de rêves, de projets, de certitudes. Je me posais intérieurement quelques questions car il était extraordinairement sympathique mais me semblait quelque peu illuminé. Toutefois, je n’avais pas trop de place pour la réflexion car il me noyait dans un flot de paroles entrecoupées de la même interrogation : "Qu’en pensez-vous ?".
- Mais monsieur, je ne suis pas spécialiste, je suis magicien.
- Justement, les magiciens ne sont pas des hommes comme les autres. Vous avez une sensibilité particulière. Vous “savez” les choses. Dites-moi ? Le bonhomme n’était pas, lui non plus comme les autres. Loin s’en fallait. Décidément, il était attachant et plutôt poète, avec le même grain de folie qui m’avait permis de lâcher les trente six métiers “aléatoires” que j’avais déjà pratiqués pour un métier “pas sérieux”: le métier de magicien. J’ai subitement été persuadé que cet homme réussirait, que çà ne pouvait pas être autrement, qu’il deviendrait célèbre et son restaurant aussi, et qu’il serait fréquenté par des artistes.
- Et je donnerai des dîners-spectacles ?
- Non, jamais, surtout pas, et pour une seule et bonne raison. Parce que, ici, l’artiste c’est vous. Ces paroles prononcées en toute franchise semblèrent provoquer un effet quasi-miraculeux. Il porta la main à son visage et me fixa, pensif, intensément
- Je vous confie ma maison trois minutes, me dit-il en descendant les marches du perron. Quand il réapparut il me tendit un sac en plastique rempli de glaçons qu’il avait récupéré je ne sais où. Il me dit sa joie, m’affirma que mes paroles étaient vraiment magiques car il était “regonflé à bloc” et que lorsque nous repasserions par là, nous n’aurions qu’à demander Bernard Loiseau pour que la porte nous soit ouverte toute grande.
Depuis cette époque, avec Blondine, mon épouse et partenaire sur scène, nous stationnions notre camping-car trois ou quatre fois par an devant le restaurant Bernard Loiseau, mais plus jamais nous n’avons cogné à sa porte.  
 
BIBLIOGRAPHIE
BERNARD LOISEAU LIVRE.jpg

 

Livre de Dominique LOISEAU, son épouse.

 

 

 

 

 

 

 

Prochain article : Ma rencontre avec Didier AUDINOT, chercheur de trésors par Jacques Mandorla

 

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