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27/11/2018

MA RENCONTRE AVEC JUNIE ASTOR

Ma rencontre extra-ordinaire avec Junie ASTOR, actrice par Ranky

 

BIO EXPRESS

Photo magazine "Mon film"

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Junie Astor, comédienne française, de son vrai nom Rolande Jeanne Risterucci, est née à Marseille le 21 décembre 1911. En 1937 elle est désignée le plus prometteur talent de l'année et en 1937 elle reçoit le prix Suzanne Bianchetti.

Elle tourna dans 55 films sous la direction des plus grands réalisateurs de l’époque : Jacques Deval, Jean Renoir, Henri Decoin, et en compagnie de célèbres acteurs, Fernandel, Raimu, Danielle Darrieux, Claude Dauphin, Jean Marais, Madeleine Sologne, Louis Jouvet, Jean Gabin, etc.

Au théâtre des Ambassadeurs, elle joue dans "Lundi 8 heures" de Georges Kaufman et Edna Ferber. Au théâtre Edouard VII  "Ombre chère" de Jacques Deval.

Elle était l’épouse du réalisateur Bernard Latour avec lequel elle devint productrice de la société Astor films. Elle dirigea deux salles de cinéma sur les grands boulevards parisiens, l’Astor et le Rio-Opéra. Elle repose au cimetière de Bagneux.

 

MA RENCONTRE

23 août 1967. Je n’étais pas peu fier de ma Dauphine bleue, ma première voiture, une quatre vitesses, sportive, nerveuse, rapide, que j’avais hâte de conduire sur route, au cours d’un long trajet afin d’en apprécier toutes les qualités. Cette occasion me fut donnée par Louisette, une copine d’enfance qui envisageait, depuis Roubaix, de se rendre dans la région grenobloise pour affaires. Disposant moi-même de quelques jours, je lui proposai donc de passer par Paris d’où nous pourrions partir dans ma belle auto d’occasion.
Le voyage tint ce qu’il promit. La route du retour s’annonçait aussi agréable. La radio de bord déversait en sourdine ses chansons et nouvelles. Le temps était beau et chaud, les paysages bourguignons magnifiques.
images-3.jpgMais depuis un certain temps, la circulation était légèrement ralentie. La vitesse générale se situait entre 60 et 70 km à l’heure, mais peu importe, la joie était dans l’air.
Avant notre départ de Paris, nous n’avions pas pu voir le dernier film de Junie Astor, cette grande vedette que je tenais en admiration. Nous nous promettions bien, à notre retour, Louisette et moi, de nous rendre à cette séance. Surtout moi... Je connaissais une bonne partie de la filmographie de cette actrice et étais plutôt prolixe sur sa carrière, ses projets, au point que je semblais à certains moments fatiguer ma compagne de route avec mes commentaires.
« Je suis sûr de la rencontrer un jour, répétai-je à diverses reprises. Je ne sais pas pourquoi je dis cela, mais je le sais. »
Le long convoi des véhicules continuait à s’écouler en direction de Paris sur une nationale 6 à trois voies de circulation qui me paraissait bien dangereuse car les véhicules pouvaient doubler dans chaque direction.
Aussi, cela faisait dix minutes que je restais bien sagement derrière un gros camion bâché qui me barrait l’horizon.
Malgré les véhicules qui défilaient dans la circulation d’en face, une 404 Peugeot entreprit de me doubler. Il n’y avait ni cesse ni fin qu’elle puisse prendre ma place derrière le camion. J’entends encore ses coups de klaxon ! Je serrai donc bien sur ma droite et laissai passer cet imprudent.

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L’avant broyé de la Maserati.
Et c’est à ce moment qu’une explosion effroyable retentit, accompagnée d’un nuage étincelant de débris métalliques, comme un feu d’artifice qui monta dans le ciel à au moins 20 mètres sur le côté gauche et au-dessus du camion.
La 404 qui venait de prendre place devant ma Dauphine partit en vrille et disparut dans l’explosion.
Un bolide de course venant de Paris, une Maserati, voulant doubler sa file de voitures, s’était soudainement trouvé derrière une autre voiture qui doublait aussi. La vitesse de la Maserati était telle qu’elle ne pouvait plus ni freiner ni se rabattre. Le chauffeur s’était donc engagé sur la chaussée de gauche au moment précis où un camion surgissait en sens inverse. Le choc était inévitable. Le camion se mit à zigzaguer, naviguant sur toute la route, puis se renversant en travers, laissant échapper une multitude de melons qui éclataient sur le bitume. La scène était hallucinante. Le bruit insoutenable dura des secondes interminables. Je freinais mon véhicule par à-coups, en serrant sur le côté droit. Louisette était tétanisée.
Puis le silence s’installa, lourd, presque irréel. La vision était dantesque. À un moment, plus rien ne bougea. Le cauchemar était fixé, comme une photo.
Alors, on commença à voir des gens sortir des voitures stationnées ou bouger dans des amas de ferraille. Les passagers de la 404 étaient tous grièvement blessés. Le chauffeur du camion errait de point en point, perdu dans un cauchemar.

Des personnes s’agitaient, tentant de secourir des voyageurs. Je les rejoignis et arrivai rapidement près de la Maserati. Tout l’avant du bolide était pulvérisé. Le long moteur était broyé, fumant. Les deux sièges de la décapotable étaient vides. Seule, une chaussure était coincée dans les pédales. Les deux passagers avaient été éjectés à une dizaine de mètres. Je crois me souvenir que l’homme avait une jambe arrachée. Il était mort.
Et puis je vis la passagère, couchée sur le dos, la jupe relevée jusqu’au pubis, une blessure en haut d’une cuisse, et une bosse énorme sur le front comme si, à cet endroit, la tête avait doublé de volume.
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Le camion renversé.


Soudain, je fus perturbé en regardant ce visage, comme s’il s’agissait d’un membre de ma famille, ou d’une amie. Je connaissais cette femme. J’en étais sûr ! Je saisis son poignet pour tâcher de distinguer le pouls... rien ! Je posai mes mains de chaque côté du cou pour détecter un battement cardiaque... rien ! Elle avait été tuée sur le coup. Quelqu’un apporta une couverture et nous recouvrîmes le corps.
Un homme venait d’arriver, équipé d’un appareil photo. Il se mit à prendre des clichés, fébrilement. Je remontai dans ma voiture et parvins à quitter les lieux non sans difficulté. En bas de la côte, nous atteignîmes Sainte-Magnance où nous nous réfugiâmes dans un petit restaurant, incapables de reprendre de suite la route. J’avais en mémoire le visage de cette femme accidentée. Je la connaissais, c’est sûr !

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La 404 accidentée.

Ce n’est que bien des heures plus tard que nous apprîmes l’identité des deux passagers de la voiture de sport : l’homme s’appelait John Simone. Il était importateur des voitures Maserati pour la France et sa compagne, tuée en même temps que lui, en cette après-midi du 22 août 1967, était la célèbre actrice de cinéma de l’époque : Junie Astor.
Une "coïncidence" étrange eut lieu récemment, alors que j’écrivais ces lignes. Le monsieur qui prenait les photos le 22 août 1967 était, à l’époque de l’accident, gérant de la station-service de Sainte-Magnance.
Par un hasard incroyable, plus de quarante ans après l’accident, il mettait en ligne ces photos sur un site Internet consacré aux accidents spectaculaires de la route. C’est ainsi que, par hasard encore, je tombai sur celle-ci, moi dont les accidents de voiture photographiés ne constituent pas vraiment ma passion première.

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Je découvrais alors, ébahi, être le jeune homme que l’on voit, sur la photo ci-dessus, derrière l'épave de la Maserati ! (je suis, de face, au milieu du cliché)

 

FILMOGRAPHIE

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Prochain article : Ma rencontre extra-ordinaire avec Haziel, angéologue Par Jacques Mandorla

 

 

 

 

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