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23/07/2018

MA RENCONTRE AVEC THIERRY PAULIN

Ma rencontre avec Thierry PAULIN, tueur de vieilles dames par Ranky

BIO EXPRESS

Dans le monde hétéroclite de la nuit, la majorité des noctambules ne veulent que s'amuser mais comme partout ailleurs quelques individus se distinguent : on découvre quelques détraqués, des inconscients et des mythomanes, témoin la terrible histoire de ce jeune Antillais. (photo ci-dessous DR)

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MA RENCONTRE

Comme il est traditionnel au cabaret Rocambole, les artistes, après leur prestation, se rendent au bar ou dans les salons discuter avec les clients.

Depuis quelques temps, Blondine est devenue l'interlocutrice préférée d'un garçon, métisse Antillais âgé d'une vingtaine d'années. Il fréquente d'ailleurs le club dès qu'il apprend que nous sommes programmés dans le spectacle. Très élégant, cheveux décolorés par périodes, portant un diamant à l'oreille, bien que revendiquant son homosexualité, il aime se montrer au bar de Livio en compagnie de mon épouse qui, à plusieurs reprises, s'ouvre à moi sur l'aspect inquiétant de ce jeune homme qui, cependant, sera toujours d'une correction parfaite, très gentleman, bref, respectueux des bonnes manières.

Il se disait producteur de spectacles, organisateur de soirées à thèmes, businessman, mais en réalité il avait juste réussi à se faire engager comme serveur au "Paradis Latin". Il s'était aussi produit quelquefois comme artiste transformiste amateur dans quelques clubs homosexuels et notamment à l'Opéra-Night et au Rocambole.

Il faut attendre huit meurtres de femmes âgées dans le 18ème arrondissement de Paris, entre le 5 et le 9 novembre 1984, pour que la police se mette à surveiller le quartier et que les hommes politiques commencent à s'inquiéter de faits qui terrorisent le public. Le mode opératoire est toujours le même. Les victimes sont toutes étouffées soit par un oreiller, un sac en plastique, un torchon, soit battues et torturées avant d'être étranglées, souvent pieds et poings attachés, et cela pour la somme dérisoire de 200 à 400 francs.

Moins de huit jours plus tard, on découvre deux autres cadavres dans la même journée ce qui rajoute à l'affolement des habitants. Les crimes cessent pendant près d'un an, les tueurs s'étant exilés à Toulouse, puis réapparaissent subitement le 20 décembre 1985 par la découverte d'une dame âgée de 91 ans, assassinée. Quinze jours plus tard, une autre personne subit le même sort et, après encore quinze jours, c'est au tour d'une autre encore. Quatre autres crimes allongent encore la liste, dont deux le 12 janvier 1986.

Thierry Paulin ((photo DR)

Scan10055.JPGDes empruntes digitales démontrent alors que le, ou les tueurs, ont opéré dans différents quartiers ce qui fait avancer l'enquête jusqu'à l'arrestation de Thierry Paulin qui avoue 21 crimes dont il sera convaincu pour au moins 19, mais il y en eu probablement plus, et son amant et complice Jean-Thierry Mathurin pour au moins 9. Jean-Thierry Mathurin sera condamné à la prison à perpétuité et libéré après 20 ans d'incarcération.

Thierry Paulin ne fut jamais jugé. Il est mort du sida, en prison, le 17 avril 1989.

Les artistes, les habitués du Rocambole et évidemment mon épouse Blondine, qui n'avait jamais réussi à accepter une sorte de harcèlement plutôt inquiétant bien que surveillé par toute notre équipe pendant des semaines, apprirent avec stupéfaction que le jeune homme Antillais, fêtard et flambeur dans les boîtes de nuit, artiste transformiste amateur à ses moments et imprésario raté, était aussi Thierry Paulin tueur en série de vieilles dames !

Prochain article : ma rencontre avec Coluche, comédien par Jacques Mandorla

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