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02/06/2018

MA RENCONTRE AVEC MICHEL SIMON

Ma rencontre  avec Michel SIMON, comédien par Ranky

BIO EXPRESS

MICHEL SIMON (Photo DR)

702899126.jpgMichel Simon est né le 9 avril 1895 à Genève. Il décède le 30 mai 1975 à Bry-sur-Marne. Très jeune il abandonne ses études et “monte” à Paris où il loue une chambre à l’hôtel Renaissance, rue Saint-Martin dans le 10ème arrondissement.

Il exerce de nombreux métiers pour subsister : professeur de boxe, vendeur de briquets à la sauvette, assistant d’un magicien, clown, photographe etc.

Il s’instruit en lisant un nombre phénoménal de livres et deviendra ainsi une encyclopédie vivante de Courteline.
Appelé à l’armée, il passe le plus clair de son temps en prison militaire pour le motif : indiscipline chronique !

En 1915, assistant à une pièce de Georges Pitoëff, il décide sur le champ qu’il sera comédien, ce qu’il deviendra en débutant en 1920 chez... Pitoëff, qu’il quitte au bout d’un an pour se lancer dans le théâtre de Boulevard.
À l’époque du cinéma muet, sa "laideur" fait merveille et il joue de son corps avec une géniale virtuosité. L’avènement du cinéma parlant sera une autre révélation : son timbre de voix et son élocution rajoutent encore à son physique et à son jeu d’acteur incroyables.

MA RENCONTRE

3334902752.jpgDe tous les artistes, Michel Simon est indéniablement celui à qui je voue la plus grande admiration. Manquant assez souvent d’argent pour m’offrir une place de cinéma, alors âgé de treize ou quatorze ans, je réussis à me faire engager les samedis et dimanches comme placier au cinéma Rex de Berck-Plage, à seule fin d’admirer mon idole.

Lorsqu’après le régiment, je “monte” à Paris où je loue un deux pièces minuscule au 17 faubourg Saint-Denis, je suis loin d’imaginer que je rencontrerai l’idole de mon adolescence.
Michel Simon loue une chambre de “dépannage” passage du Prado, exactement en face de chez moi. Une rencontre semble donc fort possible et pas extraordinaire en soi. C’est la suite des événements qui l’est.
Faisant mes courses auprès des innombrables marchands de quatre saisons de la porte Saint-Denis, je reste soudainement tétanisé devant un personnage imposant, habillé d’un long manteau et tenant un sac à provisions bien fatigué. L’homme est parfaitement immobile, comme statufié, et me semble sur le moment mesurer pas loin de deux mètres. C’est Michel Simon.
L’acteur doit ressentir mon émoi et c’est là que l’inexplicable se produit. Pourquoi m’adresse t-il la parole alors qu’il ne me connaît pas ? Pourquoi m’invite-t-il à le suivre jusqu’à un bistrot situé de l’autre côté de la porte Saint-Denis, l’Ecrevisse, où nous nous rendrons ensuite assez souvent ? Pourquoi s’est-il mis en tête de me présenter ses copines prostituées, de me raconter comment il a “fait” le clown à ses débuts ou servi de compère à un prestidigitateur, de me parler de sa collection de montres, de ses séjours en prisons militaires ("comme vous", me disait-il) ? Incroyable ! Il ne savait rien de moi et me parlait des passions qui m’habitent : les clowns, la prestidigitation, la boxe, la lecture, l’horlogerie, les femmes.
Le mystère demeure total.

Mystère encore plus total, voici un des épisodes incroyables qui m'a marqué à vie !

À l'époque, le Front de Libération Nationale (FLN) est un mouvement politique créé en 1954 et revendiquant, par des actes violents, l'indépendance de l'Algérie vis-à-vis de la  France. Adoptant un rôle plus politique le FLN, devenu le parti algérien au pouvoir avec Ben Bella élu Président de la République algérienne, signe en 1962 les accords d'Evian qui mettent fin à la guerre.

Le FLN appelle les Algériens de France à organiser des manifestations contre les mesures édictées par Maurice Papon, préfet de police de Paris. Entre autres mesures, il fait interdire aux Algériens de sortir la nuit. Malgré cette interdiction, une manifestation débute un peu avant 21 heures, se voulant non-violente. La police, soutenue par le Président Charles de Gaulle, la réprime avec une hargne incroyable. Des manifestants sont amenés dans les commissariats et roués de coups. Certains seront jetés dans la Seine et plus de deux cents personnes disparaitront à jamais.

Bref, tout cela pour expliquer l’ambiance particulière qui règne dans notre si beau pays. Michel Simon est révolté par ce débordement de haine et de violence. Et je suis présent lorsqu’il répond à une interview d’un journaliste de radio qui l’écoute parler de la guerre, de son anti-militarisme, du statut d’objecteur de conscience dont nous avions déjà parlé tous les deux, la veille. Cela se passe à l’Ecrevisse, tout au fond de la salle remplie des clients habituels et « des femmes de petite vertu » installées près de notre table. Parmi celles-ci se tient la copine préférée de Michel Simon, une magnifique femme brune, très belle, toute vêtue de noir. Une star, une étoile, une femme lumineuse et dont aujourd’hui, j’ai beau chercher, je suis incapable de me rappeler le prénom. Je me rappelle seulement que pendant quelques secondes, je l’ai vue morte, allongée dans le caniveau, près de la porte du bar l’Ecrevisse. J’ai fait part à Michel Simon de cette image terrible et lui ai simplement dit qu’il ne fallait pas laisser cette dame toute seule, qu'il serait souhaitable que quelqu'un la raccompagne chez elle. Et puis, je suis rentré chez moi.

Deux jours plus tard, dans le journal France Soir, j'ai découvert un article avec une photo montrant une dame, supposée avoir des accointances avec la politique du moment, une dame vêtue de noir, très belle, allongée dans le caniveau, près de la porte du bar l'Ecrevisse,  assassinée !

FILMOGRAPHIE
 69197324_af.jpgMichel Simon tourna dans 118 films. La télévision lui consacra 11 documentaires. Il fut à l’affiche de 31 pièces de théâtre.

 

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Prochain article : Ma rencontre avec le professeur Christian Cabrol, cardiologue par Jacques Mandorla

 

 

 

Commentaires

Sûr que le professeur Molyneux qu’interprétait M. Simon dans ''Drôle de drame'' trouverait cette tragique histoire de la dame en noir bizarre, bizarre.
- Je vous assure mon cher cousin, que vous avez dit bizarre, bizarre.

Écrit par : thierry | 22/04/2018

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Bonjour cher Thierry,
J'apprécie beaucoup vos commentaires. Merci.
Bien cordialement.
François Ranky

Écrit par : RANKY | 26/04/2018

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