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29/04/2018

MA RENCONTRE AVEC MAXENCE VAN DER MEERSCH

Ma rencontre avec  MAXENCE VAN DER MEERSCH, écrivain par Ranky

 

BIO EXPRESS

image.jpegL'écrivain Maxence Van der Meersch est né à Roubaix le 4 mai 1907 et est décédé le 14 janvier 1951 au Touquet-Paris-Plage. Il exerce très peu son métier d’avocat et décide de vivre de sa plume, en consacrant son oeuvre à la description de la vie des gens du Nord.

Élève au lycée Gambetta de Tourcoing, il se distingue par un talent d'écriture remarquable.

image-1.jpegEn 1934 il épouse une ouvrière après cinq années de concubinage, Thérèze Denis, qui sera l’unique amour de sa vie et la clef de la compréhension de son oeuvre. De cette union naît une fille qu'ils prénomment Sarah en souvenir de la soeur décédée de Maxence, alors que celui-ci n'avait que quatorze ans.

Prix Goncourt en 1936 pour son livre “L’empreinte du Dieu” et prix de l’Académie française en 1943, il est l’auteur de 15 romans dont “Corps et âme “qui sera traduit en 13 langues.
Cet auteur connaît un énorme succès de son vivant. Il est aujourd’hui injustement oublié.
Son roman intitulé "La maison dans la dune" fut porté au cinéma en 1988 par Michel Mees.

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Un buste en bronze d'après un plâtre de Robert André Missant (peintre et sculpteur) a été inauguré en hommage à Maxence Van Der Meersch en 1989 dans le square de la commune de Wasquehal (Pas-de-Calais)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MA RENCONTRE

Tout jeune adolescent, dans une pâtisserie, je suis mis en présence de l’écrivain Maxence Van der Meersch qui se soigne à Berck. Cette rencontre est auréolée de mystère. En effet, l’immense écrivain, accompagné de son épouse et de sa fille Sarah, sont attablés dans les salons de “l’Impératrice” quand je pénètre dans les lieux, porteur d’un mot destiné à la fille des patrons de la célèbre pâtisserie berckoise. Sans un mot, je me dirige vers Maxence Van der Meersch que je ne connais pas. Je ne l’avais jamais vu auparavant et n’avais jamais entendu parler de cet homme pourtant célèbre. Je me plante devant la table, comme tétanisé, l’enveloppe à la main. Sans un mot non plus, Van der Meersch, qui ne me connaît pas plus, me prend l’enveloppe des mains, au moment même où la fille de la maison apparaît au fond du salon, et la lui remet sans prononcer une seule parole. Je tourne alors les talons et quitte la pâtisserie.

La missive est passée de main en main sans qu’une seule parole soit prononcée de part et d’autre. Peut-être s'agit-il d’un phénomène de divination ou de télépathie. Mystère !
Une autre fois, jeune apprenti horloger, je livre les montres réparées en atelier à la boutique de la rue de la mer. Maxence Van der Meersch est présent, impérial, tenant un discours devant mon patron horloger subjugué. Je me souviens encore de cet homme maigre, nerveux, avec un visage ressemblant au Christ qui nous parlait de sa méfiance envers la médecine et faisait l'éloge du régime végétarien qui le tenait "en bonne forme physique et mentale" et enchaînait avec brio sur son rejet de la société littéraire de la capitale, privilégiant avec une conviction époustouflante la vie admirable des gens du nord de la France. Puis, soudain, il se tait, me regarde pendant de longues secondes. Je pense qu'il se souvient de notre rencontre dans "la pâtisserie de l'Impératrice". Mon patron me présente alors comme son apprenti.

J’ouvre le coffret et renverse son contenu, une quinzaine de montres desquelles j’en extrait deux que je fait glisser sur le comptoir en direction de monsieur Van der Meersch. Chaque montre portant un numéro, il était impossible, sans le cahier correspondant, d’en connaître le propriétaire. Et pourtant, ce sont les deux montres que je venais de poser devant leur propriétaire !
Après le départ de Maxence Van der Meersch, j’étonnerai encore mon patron en lui annonçant : je ne connais pas le nom de ce monsieur, c’est trop compliqué. Mais si je ferme les yeux, je le vois en train d’écrire. Il écrit tout le temps. C’est un écrivain.
Après la mort de cet auteur, je verrai passer entre mes mains plusieurs autres montres qu’il avait laissées à l’horlogerie "Marc Duplessis" pour que nous les réparions.

BIBLIOGRAPHIE

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La Maison dans la dune Éditions Albin Michel 1932

Car ils ne savent ce qu'ils font 1933

Quand les sirènes se taisent 1933

La Fille pauvre roman autobiographique en trois volumes.

Tome I : Le péché du monde 1934 - Tome II : Le Cœur pur, 1948

th-1.jpegTome III : La Compagne (publication posthume en 1955).

 L'Empreinte du dieu (prix Goncourt 1936)

 Invasion 14   1935.

 Maria, fille de Flandre Éditions du Nord

 L’Élu Éditions du Nord

 Pêcheurs d'hommes 1940.

51SZBQ44J6L._AC_US218_.jpgCorps et Âmes roman sur le monde de la médecine, Grand Prix de l'Académie française  en 1943

Autres publications

Masque de chair, roman sur l'homosexualité masculine, paru en 1958 après sa mort

Vie du Curé d'Ars, hagiographie, 1936.

412KRATWBRL._AC_US218_.jpgLa Petite Sainte Thérèse, éditions Albin Michel 1943.

Femmes à l'encan, essai contre la prostitution, éditions Albin Michel.1945

Pourquoi j'ai écrit Corps et âmes, éditions Albin Michel.1956

Filmographie

Son premier roman La Maison dans la dune a été adapté au cinéma à trois reprises.

La_Maison_dans_la_dune.pngPremière version réalisée par Pierre Billon  (1934)

Deuxième version réalisée par Georges Lampin (1952)

Troisième version réalisée par Michel Mees  (1988)

 

 Prochain article : Ma rencontre avec Colette SILVESTRE, tarologue par Jacques Mandorla

 

 

 

 

Commentaires

Pour ceux qui aiment la chanson '' le plat pays'' de Jacques Brel, je recommande la lecture de l’empreinte du Dieu. Même ambiance.
Merci pour ce partage.

Écrit par : TN | 08/03/2018

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