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14/10/2017

MA RENCONTRE AVEC BERNARD HEUVELMANS

RENCONTRES EXTRA-ORDINAIRES

Cette série d'articles vous est proposée par les deux créateurs de ce blog Paranormal : Ranky et Jacques Mandorla. Tous deux ont eu la chance, au cours de leur carrière respective, de rencontrer des personnages hors du commun.

Ma rencontre avec Bernard Heuvelmans, cryptozoologue par Jacques Mandorla

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BIO EXPRESS

Bernard Heuvelmans est né en 1916 au Havre, d'un père belge et d'une mère hollandaise. Il est décédé au Vésinet le 22 août 2001, à l'âge de 88 ans. Il a fait ses études à l'Université libre de Bruxelles où il a obtenu, à 23 ans, le titre de docteur ès sciences zoologiques après la soutenance d'une thèse sur l'oryctérope (un fourmilier d'Afrique), dans laquelle il résolvait le mystère de sa dentition, tenue jusqu'alors pour inclassable et incompréhensible.

À partir de 1948, il est irrésistiblement attiré par l'énigme des animaux encore inconnus des scientifiques et dont l'existence repose sur des témoignages individuels, des légendes, des traces,...

En 1955, après plusieurs années de recherches, il publie "Sur la piste des bêtes ignorées", best-seller vendu à plus d'un million d'exemplaires dans ses diverses traductions et devenu un classique car il pose les bases d'une discipline scientifique nouvelle : la cryptozoologie, ou science des animaux cachés.

En 1960, il aide son compatriote et ami Hergé afin de réaliser son album de bandes dessinées "Tintin au Tibet", dans lequel apparaît le Yéti.

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L'ultime image de l'album d'Hergé "Tintin au Tibet" dont Heuvelmans fut le conseiller.

En 1982, des savants fondent à Washington, dans les locaux de la célèbre Smithsonian Institution, l'International Society of Cryptozoology dont Heuvelmans, « père » de cette discipline, a été élu président.

En 1997, à 81 ans, Heuvelmans s'est vu décerner, par l'Université de Hambourg, le Prix Gabriele-Peters de la science fantastique qui le sacre le « Brehm » (le Buffon allemand) du monde animal inconnu.

MA RENCONTRE

J'ai eu la plaisir et la chance de passer un après-midi avec Bernard Heuvelmans, dans sa maison du Vésinet, en banlieue parisienne. Il m'a reçu en présence de son épouse, le peintre animalier Alika Lindbergh. Il avait gentiment accepté que je l'interviewe pour la collection par fascicules de l'encyclopédie du paranormal FACTEUR X, dont j'étais le conseiller éditorial.

Pouvez-vous définir la cryptozoologie, cette nouvelle discipline que vous avez fondée ?

J'ai créé ce terme à la fin des années 1950 à partir de trois racines grecques : cryptos (caché), zoon (animal) et logos (discours). Pour moi, la cryptozoologie, c'est donc la science des animaux cachés, ceux dont l'existence ne repose que sur des preuves testimoniales (fondées sur des témoignages) ou circonstancielles (qui caractérisent la situation), parfois même sur des relevés de traces ou sur des restes présumés, autant de preuves jugées insuffisantes par d'aucuns.

Quand a commencé votre passion pour les animaux mystérieux?

En 1948, j'ai lu dans le Sarurday Evening Post un article dans lequel un chercheur américain, Ivan T. Sanderson, envisageait la survivance sur terre de descendants des dinosaures. J'ai d'abord cru que c'était un article de fiction, mais comme j'avais lu un autre livre de cet auteur sur ses différentes expéditions à la recherche d'animaux mystérieux, j'ai compris que l'article était sérieux. Dès lors, Sanderson, disparu en 1973, est devenu un ami avec lequel j'ai correspondu et échangé des idées pendant plusieurs décennies.

 

Que faut-il entendre par « animaux inconnus de l'Homme » ?

En réalité, très peu d'animaux sont vraiment inconnus de l'Homme. En effet, dans chaque contrée du monde, les indigènes connaissent en général toute la faune qui participe à leur environnement. Ainsi le gorille, dont le monde occidental n'a voulu admettre l'existence qu'en 1847, a toujours porté un nom dans tous les dialectes d'Afrique de l'Ouest et du Centre. D'ailleurs, il avait été décrit avec soin, dès le XVIIe siècle, par l'aventurier anglais Andrew Battell. Même le plus célèbre des fossiles vivants de notre temps, le cœlacanthe, décrit en 1939 par le professeur J. L. B. Smith, n'était pas du tout une découverte pour les pêcheurs des Comores qui le connaissaient pour l'avoir parfois attrapé au bout de leurs lignes. Or, pour la communauté scientifique mondiale, ce poisson à pattes était présumé disparu depuis 65 millions d'années !

Où peut-on avoir la chance de trouver des animaux encore inconnus ?

Mais dans tous les pays du monde ! Pour ma part, j'ai découvert, en France, sur l'île du Levant, une forme de chat tout à fait ignoré ! Les seules régions du globe où puissent vivre des êtres totalement inconnus sont, en fait, celles inhabitées par l'Homme, car inhabitables, voire impossibles à traverser : de rares immensités arides de glace, de rocailles ou de sable, quelques sommets montagneux inviolés et, bien entendu, les profondeurs océaniques. C'est pourquoi ces êtres sont rarement à notre portée.

Que pensez-vous des animaux sur lesquels ne circulent que des rumeurs vagues, des témoignages épars ou de simples légendes ?

Ce sont précisément ceux qui m'intéressent. Vous faites sans doute allusion à ces bêtes mystérieuses dont parlent les médias, non sans une pointe de dérision. Les plus célèbres ont été affublées de noms ridicules comme le « monstre du Loch Ness », « l'abominable homme des neige » ou le Bigfoot (grand pied) en Amérique du Nord. Mais en réalité, ce trio célèbre ne représente pas l'ensemble des bêtes inconnues : en 1986, j'ai dénombré environ 150 formes animales auxquelles doit s'intéresser la cryptozoologie.

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Les principales typologies de "serpents de mer" établies par Heuvelmans à partir de témoignages recueillis dans le monde entier.

Pourquoi a-t-on généralement tendance à qualifier ces bêtes inconnues d'abominables ou de monstres ?

C'est toujours par horreur de l'inconnu que l'Homme cherche à combler les zones d'ombre ou les franches lacunes de sa connaissance sur ces animaux. Nous empruntons généralement certains de leurs traits marquants à la mythologie dans lequel ils s'insèrent le plus commodément : voyez le Dragon, la Licorne, la Sirène, l'Ogre, le Loup-Garou... Ces traits sont parfois, hélas, d'une nature fantastique, voire surnaturelle. Moins nous en savons sur ces animaux - soit parce qu'ils ont été entrevus de manière fugitive du fait qu'ils sont aquatiques, nocturnes ou fouisseurs, soit parce qu'ils hantent des régions inhospitalières où l'Homme ne s'aventure guère, soit surtout parce qu'ils craignent celui-ci et le fuient - plus ils sont appelés à être mythifiés. Il est donc tout à fait naturel de voir ces animaux, peu ou mal connus, considérés comme des _monstres., des créatures d'exception. En fait, ce sont des animaux comme les autres.

Qui sont ces 150 animaux encore ignorés, mais dont l'existence a été signalée ?

Une bonne cinquantaine d'entre eux appartiennent au monde aquatique : baleine archaïque au cou encore délié, gros phoque à long cou ou à crinière léonine, lamantin géant, crocodile marin, anguilles géantes, calmar ou poulpe démesurés... Une centaine d'entre eux appartiennent au monde terrestre : marsupiaux, singes, ours, félins, rhinocéros, oiseaux, reptiles... Cet inventaire est nécessairement approximatif et provisoire. En effet, on découvre sans cesse de nouvelles espèces de taille appréciable. Ainsi, entre 1975 et 1995, on a découvert, entre autres, un pécari géant au Paraguay, un énorme requin inconnu, un gecko colossal en Nouvelle-Zélande et un autre en Iran, une baleine tueuse dans l'Antarctique, une espèce d'éléphant - de race pygmée - jusqu'à présent tenue pour légendaire, une nouvelle antilope au Vietnam, etc. Il ne se passe pas une année sans que l'on fasse des découvertes saisissantes !

Comment obtenir une preuve irréfutable de l'existence d'un animal inconnu ?

On me dit souvent qu'il existe deux types de preuves possibles : soit les photographies, soit la capture d'un spécimen. Mais il faut bien avouer que les photographies constituent des éléments peu fiables car la plupart sont truquées : en effet, vous imaginez bien qu'il est pratiquement impossible d'avoir son objectif braqué au bon endroit et au bon moment sur un animal inconnu ! Pour ce qui est de capturer un spécimen, on se heurte d'abord à un problème éthique : en effet, il n'est pas question pour moi de tuer un animal quel qu'il soit. De plus, je suis convaincu que l'on apprend beaucoup plus de choses en étudiant un animal vivant qu'en travaillant sur un cadavre. À ce titre, je préfère de loin les travaux de la regrettée Diane Fossey à ceux effectués sur des centaines de singes massacrés ou mis en cage. Cette grande scientifique nous a énormément appris sur les gorilles, simplement parce qu'elle vivait avec eux.

Parmi tous les animaux que vous avez étudiés, lequel est votre préféré ?

Mon animal favori, c'est incontestablement le gorille. Il représente à mes yeux la force tranquille, l'innocence, le paradis perdu. Et si l'homme est considéré comme supérieur à l'animal par l'intelligence, je ne suis pas sûr que l'homme moyen soit vraiment plus intelligent que le singe, le chat ou l'éléphant.

Pour conclure, comment voyez-vous l'avenir de la cryptozoologie ?

Tout d'abord, je tiens à préciser que cette discipline de la zoologie ne s'intéresse pas qu'aux « monstres » extraordinaires, mais aussi à des animaux qui n'ont rien de spectaculaire, comme une petite antilope du Liberia ou un oiseau coureur des îles Marquises. Ensuite, on peut affirmer que la cryptozoologie fait partie aujourd'hui de l'establishment scientifique. L'ennui, c'est qu'il existe des chercheurs se prétendant cryptozoologues qui travaillent dans la précipitation : ainsi, certains Américains et Japonais organisent des expéditions bâclées qui se soldent toutes par de graves déconvenues parce qu'ils ne suivent pas ma méthode avec toute la rigueur souhaitable. Cette méthode est pourtant très simple. Ele consiste, avant de se lancer sur la piste d'un animal, à rassembler sur lui toutes les informations possibles, à établir des fiches précises et des tableaux synoptiques, puis à en dresser un portrait-robot physique et comportemental : de quoi se nourrit l'animal, quelles sont ses réactions face à l'homme, etc. Ce n'est qu'après avoir esquissé ce portrait-robot qu'on peut partir en expédition. Et je peux vous assurer que, grâce à cette méthode, vous parviendrez à d'excellents résultats.

 

BIBLIOGRAPHIE

Sur la piste des bêtes ignorées – Éditions Plon – 1955

Le Grand Serpent de mer. Le problème zoologique et sa solution. Histoire des bêtes ignorées de la mer - Éditions Plon - 1965

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L'Homme de Néanderthal est toujours vivant (avec Boris Porchnev) – Éditions Plon - 1974

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Prochain article : Ma rencontre avec Jeanne Moreau, actrice, par Ranky

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Pour en savoir plus sur les 2 auteurs

Ranky en tant que président-fondateur en 1976 du Comité Illusionniste d'Expertise et d'Expérimentation des Phénomènes Paranormaux (CIEEPP) et auteur, entre autres, de "Encyclopédie du mystère" et "Le paranormal de mes yeux vu..." (ces deux ouvrages aux éditions Trajectoire).

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Jacques Mandorla en tant que journaliste d'investigation et auteur, entre autres, de "66 tests pour développer vos capacités paranormales" (éditions Trajectoire), "ABC de la radiesthésie" co-écrit avec Jean-Louis Crozier, "ABC du magnétisme" et "ABC des ondes nocives" (ces trois ouvrages aux éditions Grancher).

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