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28/02/2016

COMPRENDRE LE PARANORMAL

LES CHIRURGIENS À MAINS NUES

(2ème partie)

                                                                       Par RANKY



VOICI QUELS SONT LES TRUCAGES
La confiance des guérisseurs philippins en leur propre pouvoir surnaturel est très limité. Ils réalisent leurs interventions dans le seul rapport “malade-chirurgien”, évitant ainsi bien des problèmes.

(Photo DR)

guérisseur,chirurgie,placebo,philippine,médecine psychique,arnaqueLa position couchée du patient le met en état d’infériorité et permet au chirurgien d’user des plus grossières manipulations.

Tous ont des   “charges” dissimulées à différents endroits : sous le rebord d’une cuvette, sous la table, dans une poche, sous une serviette, sous ou dans le coton apporté bien souvent par un assistant complice.

La plupart possèdent à proximité un petit meuble, une commode anodine, où ils peuvent stocker : poches de colorant, boyaux, abats d’animaux qu’ils désirent “matérialiser”.
Souvent frustes, les chirurgiens philippins - et pour cause, puisqu’ils ne possèdent évidemment aucune formation médicale - refusent de donner la moindre explication sur leurs interventions.

Ils affirment le plus simplement du monde que ce sont leurs seules mains qui agissent, indépendamment de toute volonté, et qu’ils ne se souviennent même plus de ce qui s’est passé.

Le plus étonnant reste tout de même que des médecins, des journalistes, des techniciens de la télévision affirment avoir vu des ventres s’ouvrir, des tumeurs disparaître, des métastases changer de place, des lambeaux de chair être extirpés. S’ils sont allés se faire illusionner aux Philippines, ils ne se sont apparemment jamais rendus dans un music-hall voir un magicien faire apparaître des colombes, des chiens, une moto, une automobile ou même faire disparaître un éléphant !
Quelques éléments, que j'ai subtilisés à trois de ces guérisseurs, se sont avérés être, à l’examen, des boyaux de porc ou de poulet. Dans un seul cas, des débris humains ont pu être identifiés : un laboratoire de dissection avait obligeamment fourni les éléments nécessaires à une démonstration pour la presse et la télévision.

JE PARTICIPE A UNE CONFÉRENCE A L’UNIVERSITÉ PARIS VII
guérisseur,chirurgie,placebo,philippine,médecine psychique,arnaqueLe mercredi 25 mai 1977 je  démasque, preuves à l’appui, dans le cadre d’une conférence donnée à l’Université de Paris VII devant une salle de 400 personnes composée d’étudiants, de journalistes, de scientifiques et d’une majorité de médecins, le chirurgien à mains nues français qui prétendait avoir été initié aux Philippines.

Quelque temps plus tard, celui-ci m’adresse une lettre où il avoue n’avoir jamais ouvert un corps ni retiré aucune tumeur, et que les substances, les caillots, le sang qu’il “matérialisait” servaient en fait  à “choquer” le malade de façon à provoquer des réactions pouvant modifier le système métabolique ou endocrinien, et de ce fait, créer une sorte d’effet placébo qui, à mon humble avis de magicien, est certainement plus à sa place entre les mains d’un médecin que dans celles à mains nues d’un guérisseur. 

Avec nos nombreuses années de pratique illusionniste, mes collègues-experts et moi-même, mettons nos connaissances au service des chercheurs dans le domaine Psi ou nous avons démasqué de fieffés margoulins mais où nous avons également reconnu la réalité de phénomènes qui demeurent inexpliqués à ce jour.

Le journal médical TONUS me consacre sa première page.
guérisseur,chirurgie,placebo,philippine,médecine psychique,arnaqueEn ce qui concerne les chirurgiens Philippins à mains nues, le problème est définitivement réglé : si l'effet placébo est bien une réalité, la dématérialisation des tumeurs n’existe pas.

À MÉDITER

Avec nos connaissances particulières, nos interventions sur le terrain (notamment aux Philippines) : NOUS SOMMES DANS LE DOMAINE DE LA RECHERCHE. Et malgré nos preuves, beaucoup persistent à ne pas nous croire !
De nombreuses personnes, sans aucune connaissance en prestidigitation, sans se rendre sur le terrain (ils ne font que lire des articles ou des livres où ils voudraient que ce qu’ils y trouvent existe réellement) SONT DANS LE DOMAINE DE LA CROYANCE. Sans aucune preuve, elles continuent de croire n’importe quoi.
On n’est pas sorti de l’auberge !

TOUT EST EXPLIQUÉ DANS MON LIVRE

L’intégralité du dossier sur le scandale des chirurgiens à mains nues figure dans mon livre : “Le paranormal de mes yeux vu” (éditions Trajectoire)
Vous découvrirez dans cet ouvrage les combines, astuces et tours de passe-passe destinés à abuser les malades consultant ces médecins de la dernière chance.

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Voici quelques extraits de ce livre
DES THÉORIES ABRACADABRANTESQUES

e4dffd303b912a8e07bd964865e271cc.jpg Les chirurgiens à mains nues prétendent opérer sans bistouri, ni aucun matériel médical, mais simplement à l’aide de leurs doigts qu’ils affirment pénétrer le corps des patients pour “dématérialiser” les tumeurs.
Ils extirpent visiblement, par trucages, des lambeaux de chair sanguinolantes, frappant ainsi l’imagination des malades dont certains obtiennent une amélioration par la provocation d’un remaniement hormonal ou par effet placebo.
Des individus de tous acabits, journalistes, cinéastes, conférencier et même des médecins, ont élaboré les théories les plus abracadabrantesques, ajoutant ainsi au trouble de personnes déjà destabilisées par la maladie, fournissant par-ci, de l’espoir, par-là, du désespoir. J’étais révolté d’apprendre la gravité de la situation de certaines personnes qui se rendaient aux Philippines, jetant leurs ultimes espoirs et leurs économies dans ces “médiums” de la dernière chance. Je me souviens particulièrement de cet homme qui venait de perdre son épouse emportée par une terrible maladie et qui avait vendu une partie de son mobilier et sa voiture pour emmener sa fille Laetitia, agée de dix ans, atteinte d’une tumeur au cervelet. Celle-ci décéda quelques semaines après son retour de Manille, laissant un père désorienté que l’on retrouva pendu dans sa maison.

LE TÉMOIGNAGE DU JOURNALISTE JEAN-PIERRE MOREAU

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7a3687d0b3327e8e94962604660096a3.jpg Segundo est maire d’une petite ville. Il dit : “Faire de la politique c’est très dangereux.” A moins qu’il ne soit un peu mafioso. Il m’a pris 500 dollars. Après quinze jours d’opération, je ne sens pas d’amélioration. Il m’explique : “ Il faut prier. La prière guérit à 80%, l’opération à 20%.”

MON COMPTE-RENDU INTÉGRAL
J’enquête aux Philippines
Je décidai donc de me rendre aux Philippines, berceau de ces pratiques médicales plutôt diaboliques, où affluaient sans cesse des avions affrétés pour l’occasion et remplis de malades atteints de sclérose en plaques, de cancer, d’une tumeur au cerveau, ou encore de paralysie.
Débarqué à Manille, je me rends en premier lieu à trois cents kilomètres de là, à Baguio, ville à très forte concentration de guérisseurs. J’envisage un séjour d’une quinzaine de jours environ. Je ne possède aucune adresse, aucun contact, je ne connais pas la langue du pays, le tagalog, et je maîtrise vraiment très mal l’anglais.

Agpaoa (photo DR)
guérisseur,chirurgie,placebo,philippine,médecine psychique,arnaqueLe réceptionniste de l’hôtel où je suis descendu prend rendez-vous sur mes instances avec, dit-il, le plus grand guérisseur du pays, le célèbre Agpaoa. Lui me guérira ! Le lendemain , un taxi m’emmène là où “opère” Tony Agpaoa.
La route traverse un paysage de pauvres petites baraques disséminées, nichées dans la verdure. Mais soudain, le spectacle se modifie et fait place à de magnifiques jardins aux allées encombrées d’énormes voitures américaines. Je découvre le “Diplomat”, un palace dont j’apprends que Tony Agpaoa est le propriétaire. Je réalise alors que mes moyens financiers seront insuffisants pour me faire soigner, ou bien il me faudra prendre d’énormes précautions afin d’éviter la ruine.
Dans une salle, huit personnes attendent silencieusement. Apparemment, ce sont des américains. Chaque consultation ne dure guère plus de dix minutes. Lorsque mon tour arrive, je me retrouve devant un homme bedonnant, très imbu de sa personne, antipathique au possible. En une minute je suis allongé sur une table recouverte d’un drap écru, auprès d’un assistant qui chante des prières, et opéré.
Il me suffit de trois secondes pour découvrir le subterfuge. Je crois comprendre qu’il me faut revenir le lendemain.
L’hôtel luxueux d’Agpaoa domine Baguio. La vue sur la ville est féérique. A l’intérieur du bâtiment, des domestiques en livrée s’affairent. Dans les allées du jardin, des hommes armés patrouillent.
Ce déploiement d’armes, les mines patibulaires des gardes du corps du maître des lieux, m’intriguaient car les philippins sont généralement de tempérament avenant. Quels vices et quelles magouilles cache cette façade prétendument humanitaire !
Je n’ai encore rencontré qu’un seul “chirurgien à mains nues” mais je ne suis plus loin de penser qu’il s’agit en réalité d’un trust énorme, d’un marché folklorique qui vend de l’espoir comme on vend des souvenirs sur les bords de mer, ou des “bondieuseries” à Lourdes. Il y a ceux qui, réussissent comme Agpaoa et quelques autres, et ceux qui, comme par exemple les initiés du “grand maître”, vivent chichement en opérant dans leur cabane misérable.
Dès l’après-midi j’en rencontre quelques-uns, dont Florès, chauffeur de taxi de son état. Celui-ci opère deux fois par semaine sur la table à manger familiale après que toute sa famille, composée de son épouse, de deux autres adultes et au moins huit à dix enfants a pris le repas. Je crois rêver ! Tous ces guérisseurs, tous ces pauvres gens ont reçu le don et dématérialisent à tour de bras contre quelques billets de banque, les abcès, verrues, fistules, tumeurs, pus, cancers de patients, en majorité des blancs. Florès, malgré tout, continue à faire le taxi le reste de la semaine pour l’équivalent de quarante centimes d’euro la course de dix minutes. Une misère !
Mes consultations par autant de guérisseurs, une quarantaine, sans qu’ils connaissent ma qualité d’illusionniste, me permettent aujourd’hui de déclarer que tous ces chirurgiens, sans aucune exception, ont été surpris en flagrant délit de tricherie. La dématérialisation des tumeurs n’existe pas.

CHIRURGIE A MAINS NUES ET TRUCAGES
Voici, en photos, le déroulement d’une séance d’opérations à mains nues que je présentais au moment du scandale afin de tenter leur démystification.
Je devais me soumettre sans cesse aux investigations et aux fouilles de journalistes et médecins, avides de découvrir les trucages. Mais le mystère demeurait chaque fois total.
Je souhaitais faire comprendre à ces personnes, que n’étant pas illusionnistes elles ne pouvait pas détecter les manipulations, ce qui leur interdisait d’ attester la réalité de la chirurgie à mains nues.


716989f9309862c7b79112c826f6df44.jpgUn médecin examine le matériel.

Monsieur “Mangetout”, surnommé ainsi par Philippe Bouvard à cause de ses capacités à digérer toutes sortes d’objets, est mon futur opéré. Il est également fouillé et examiné consciencieusement.

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Mes doigts pénètrent dans la bouche du patient.
Monsieur “Mangetout”, pourtant prévenu, a été choqué par cette intervention. C’est sur cette émotion que les chirurgiens à mains nues fondent leurs espoirs de guérison des malades.

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Deuxième opération sur le même patient. Mes doigts pénètrent profondément dans l’abdomen. La quantité de sang est très importante. Blondine, mon assistante, extirpe une partie de l’intestin à l’aide d’une pince à cornichons.

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L’opération est terminée.Le patient n’a ressenti aucune douleur et il n’y a pas de cicatrice.

 

 

 C’est à partir de la période où j’ai monté un numéro loufoque mettant en scène un chirurgien fou, poitrinaire et bourré de tics, que la démystification commença vraiment à s’affirmer.
J’ai opéré en discothèques, théâtres et cabarets pendant dix-huit années, dans un numéro de “chirurgien fou”. Ce numéro de music-hall sera le détonateur de la création du “Fantastic-Horror-Show” qui sera classé annuellement N°1 des spectacles visuels de discothèque jusqu’en 1990.

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Photos : Ranky- Bernard Thébault- Alain Secrétan- Lise Lesprit. Reproduction interdite sans autorisation.