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29/03/2015

HISTOIRE ET PARANORMAL

Marthe Robin, l’avatar du Christ (1ère partie)

Par Thierry Namur

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L’objet de ce texte n’est pas de relayer des idées religieuses, mais de s’interroger sur la très étrange vie d’une mystique.

 

Un académicien a dit, un jour, au philosophe Jean Guitton que « la personne la plus extraordinaire du XXIe siècle n’était pas le général De Gaulle, mais Marthe Robin ». Elle reste pourtant méconnue du grand public. Comment cette humble drômoise, rétive à toute publicité, a-t-elle attiré, cloîtrée dans sa chambre natale, plus de 100 000 personnes ?

Allongée 50 ans dans le lit de sa chambre, cette fille ne paie pas de mine. Pas de baratin métaphysique avec les visiteurs, pas de soleil dansant dans le ciel, pas d’aura spectaculaire, pas de publicité.  Par contre, une foi inébranlable validée par des textes difficiles, de la fougue, de l’énergie créatrice, et la confiance, sinon de l’église, de proches placés à ses côtés. Des phénomènes spectaculaires l’accompagnent puisqu’elle n’aurait ni mangé (inédie), ni bu, ni dormi pendant 50 ans ! Elle dit être martyrisée par le Diable et vivra la passion du Christ chaque fin de semaine avec les stigmates et la couronne d’épines.  Ces phénomènes spectaculaires font d’elle un avatar du Christ. Mais à tout cela Marthe n’attachait pas d’importance. Elle avait tort, car ce sont d’abord ces manifestations qui éveillent notre curiosité, puis font que l’on écoute le message qui lui tient à cœur.

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Interrogée par Jean Guitton sur les phénomènes surnaturels comme la lévitation, la télépathie… et sur l’anneau, qui apparaît au doigt de certaines stigmatisées, elle répondait : « C’est superficiel. Il faut dépasser tout cela sans faire d’histoires. L’anneau d’or je l’ai vu à mon doigt, je crois, une douzaine de fois. Mais laissez-moi vous dire que s’il est bon de l’avoir, c’est encore mieux de ne pas l’avoir. Ce que vous appelez la vie mystique, elle est en vous aussi bien qu’en moi. Cela consiste à tenter d’être un avec Jésus. Au début j’étais encore dans les images [...] maintenant j’ai outrepassé ces images, je suis dans les attributs de Dieu pour m’enfoncer dans ce que vous appelez l’Essence. J’ai même fait un progrès à l’intérieur de cette Essence. »

 

Quelle est l’œuvre de Marthe Robin ? 

Comment comprendre ses actes et ses textes, en particulier sur la mort de sa mère et les décès d’enfants ? Pourquoi cette acceptation de la souffrance ? A-t-elle réellement fait des prophéties ? On peut aussi se demander si Marthe Robin, qui appelait et annonçait une Nouvelle Pentecôte a réussi dans sa mission.

Elle naît le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure (Drôme) et y décède le 6 février 1981 à 78 ans.

Marthe est totalement dans le cadre de l’Église catholique et son action s’inscrit dans une stricte soumission au clergé. Au début, l’Église, qui n’aime pas le surnaturel, s’en méfie. Marthe Robin s’effacera toujours dans l’obéissance derrière les vœux de l’Église et de son représentant, le père Finet. L'« héroïcité des vertus » de Marthe Robin a été reconnue le 7 novembre 2014 par le pape François et donc

déclarée vénérable, ce qui signifie qu’elle pourrait être déclarée sainte. Son dossier déposé en 1987 et inscrit au Vatican en 1996 est à l’étude (il comporte 17 000 pages !).  

Quatre évêques assistent à son enterrement ! Marthe est une anti-Lilith : ni aventurière, ni rebelle. Ce sont d’abord les apparitions célestes qui la guident. Elle en parle à son curé, le père Faure qui s’en trouvera bien embarrassé. Ensuite, elle agit avec George Finet qu’elle rencontre le 10 février 1936. Georges Finet est un courageux (il le montre lors de la catastrophe de la colline de Fourvière) qui a la tête sur les épaules et les pieds sur terre. Marthe et le père Finet ne sont rien l’un sans l’autre, ils agissent en binôme : « Il (George Finet) ne pourra jamais rien faire sans toi, ni loin de toi.» a dit Jésus à Marthe. « Je ne relate que pour mon père spirituel et sais qu’il saura garder mon cher et grand secret. Écrire pour lui, écrire pour obéir, c’est prier encore.» dit-elle.

Marthe est d’abord une grande malade. Dès un an, elle est atteinte de la typhoïde qui emporte sa sœur. Elle est une fillette pieuse, gaie, serviable, taquine. En décembre 1918, peut-être victime de la grippe espagnole, elle tombe dans le coma, semble se rétablir mais devient partiellement paralysée. En 1926, on lui donne pour la seconde fois l’extrême onction. Les médecins de la vallée se succèdent. On la croit et elle se croit perdue. Mais ni les hémorragies gastriques, ni l’encéphalite léthargique, ne la tuent. Au contraire, elle dit que Sainte Thérèse de Lisieux lui avait confié une mission et qu’elle vivrait.

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Marthe Robin a dit que Sainte Thérèse de Lisieux lui avait confié une mission et qu’elle vivrait sans manger, ni boire, ni dormir pendant 50 ans.

 

L’avatar du Christ

C’est à cette époque qu’elle cesse de s’alimenter, pour toujours, non par choix, mais car elle ne parvient plus à déglutir. Jésus évoque la faim et la soif avec la Samaritaine. Il dit à la foule à Capharnaüm : « Je suis le pain de vie, qui vient à moi n’aura jamais faim, qui croit en moi n’aura jamais soif ». Infirme, Marthe Robin ne quittera plus son lit de la ferme familiale de Châteauneuf-de-Galaure.

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La ferme familiale de Châteauneuf-de-Galaure (Drôme), où a vécu Marthe Robin toute sa vie, reçoit chaque année 40 000 visiteurs !

« Pourtant elle n’a rien fait de mal » dit son papa consterné. Elle s’abandonne à la volonté divine. Jésus dit de la maladie de Lazare : « Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle ».

Ses parents sont croyants mais pas pratiquants. C’est une différence de taille avec Thérèse de Lisieux qui baigne dans un milieu qui favorise et encourage sa vocation.

À 28 ans Jésus, qui avait dit à l’apôtre Jean : « Un homme ne peut rien recevoir si cela ne lui a été donné du Ciel »,  lui propose les stigmates et sa Passion. Marthe avait écrit en 1925 : « J’accepte avec amour tout ce qui me vient de vous : peine, douleur, joie, consolation, sécheresse, abandon, délaissement, mépris, humiliation, travail, souffrance. Tout ce que vous voulez, ô Jésus… ». Elle aura donc tout ! Les plaies des stigmates, et la couronne d’épines, chaque vendredi pendant 50 ans. La solitude aussi.

Cet abandon n’est pas propre à Marthe, mais se retrouve chez nombre de religieux, mystiques ou non. Le père de Foucaud dit dans sa prière : «  Mon Père, je m’abandonne à Toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que Tu fasses de moi, je Te remercie… »

Le 20 mai 1921, Marthe voit Marie lui apparaître : elle en a peur et craint « d’être dupe d’une habile manœuvre. » Elle sera discrète sur ces visites, disant que le Diable qu’elle voit aussi fait profil bas devant Marie. Jésus lui demande en apparition de créer « les foyers de charité et de lumière ».

Si elle ne mange pas ni ne boit, elle communie avec des hosties consacrées. Selon les témoins «  L’hostie volait des mains du prêtre et disparaissait dans la bouche. »  Tout cela laisse perplexe, y compris elle-même et elle souffle : « Dans ces affaires-là, on n’est jamais vraiment sûre…c’est quand Dieu opère ce qu’il fait. Alors Dieu fait tout. » Marthe est une adepte de la verticalité : les choses, les événements, nous sont donnés ou proposés par Dieu et nous les vivons.

En 1939, Marthe demande la permission au père Finet de donner ses yeux. Permission accordée, elle devient malvoyante et ne supporte plus un rai de lumière. C’est aussi cette année-là que Marthe cesse d’écrire. Pour épaissir le mystère, sa vie traverse des drames familiaux : elle perd jeune ses parents et son frère se suicide. Jean-Jacques Antier relate une histoire intrigante. Elle parle à l’âme de sa mère mourante, qu’elle a fait ramener de l’hôpital :« Partez maintenant vers les demeures éternelles… Petite maman entre au Ciel. Ton purgatoire est fini. » Puis elle retombe dans une inconscience qui dure plusieurs mois pour éviter, selon Jean Guitton, « les souffrances purificatrices post mortem » !

Marthe explique : « Le Seigneur m’a demandé de faire le purgatoire de ma maman. Je dois donc immédiatement, pendant 9 mois, subir une augmentation de la peine des sens, et les derniers mois, vivre la peine du dam. » Or madame Robin était décrite comme une femme dévouée, enjouée, accueillante, aimable. Si  une telle femme doit faire un purgatoire, qu’en sera-t-il pour une personne ordinaire ?

 

Supercherie ou maladie ?

Devant une vie aussi incroyable, on peut d’abord dire : ceux qui veulent y croire... qu'ils y croient. Ceux qui n'y croient pas, qu'ils n'y croient pas ! Marthe Robin aurait-elle pu faire tout cela pour de l’argent ? Après tout Ron Hubbard, créateur de l’Église de Scientologie, a dit : « Pour gagner un million de dollars, il suffisait de créer une religion ». Mais Marthe n’a fait ni l’un ni l’autre.

Concernant l’inédie, parmi les explications qui viennent à l’esprit, la première est celle de la supercherie. Elle est cependant difficile à soutenir. Il aurait fallu que Marthe soit alimentée en cachette par le père Georges Finet, le plus proche d’elle. Mais ce dernier voyageait et puis cela correspond peu au personnage. Marthe aurait-elle pu avoir des complices qui la ravitaillaient secrètement et ceci durant 50 ans ? Impossible. Ce secret n’aurait pu durer. Enfin et c’est très important, Marthe a la caution de l’Église et il n’y a pas plus méfiante que cette institution. D’ailleurs aucun des livres qui lui sont consacrés n’évoquent le mensonge. L’idée d’observer Marthe dans une clinique pendant des mois pour que « la preuve de son jeûne soit faite » est abandonnée. Elle aurait dit : « Croyez-vous que cela convaincrait les gens ? »

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Le père Georges Finet, photographié dans le jardin de la ferme des Robin, après avoir rendu visite à Marthe.

L’ingénieur Benjamin Lisan écrit dans la revue « Pseudo sciences » : « Il y a deux objections à l’existence de ce phénomène (l’inédie). Tout d’abord pour vivre, le corps humain doit consommer de l’énergie. Ensuite, depuis le XVIIIe siècle et le savant Lavoisier, on sait qu’au niveau bilan matière et énergie, « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Au niveau du bilan énergétique, si une personne ne reçoit pas de nourriture, il faut bien qu’elle reçoive alors, par un moyen ou un autre, la source d’énergie, apportée normalement par la nourriture ingérée par voie orale. Or on ne connaît pas ce moyen. Et on peut rester sceptique sur l’allégation de l’existence d’une source Deus ex machina - source occulte « venant du ciel ». De plus, tous ces cas allégués d’inédies, sans exception, n’ont jamais été étudiés scientifiquement. D’où un sérieux et légitime scepticisme du monde scientifique face à ces phénomènes ».

Peut-être, la communion portée chaque vendredi, lui donnait-elle cette énergie ?  L’étude médicale de Marthe n’apporte rien. Elle n’a pas été autopsiée et c’est dommage car l’étude post mortem de ce corps qui n’a pas été alimenté durant 50 ans aurait pu être riche d’enseignements. Si l’honnêteté de Marthe et des proches est acceptée, alors on peut étudier la piste de la maladie mentale. Des thèses convaincantes la défendent.

Il est pertinent, pour un médecin spécialisé, de tout expliquer par l’hystérie. L’on peut trouver un fil conducteur et argumenter  que la méningite, l’encéphalite, la typhoïde qui ne l’ont pas épargnée l’ont rendue ainsi.  

 La thèse de l’hystérie a été défendue, entre autres chercheurs, par le docteur Mottet. Il disserte sur une « angoisse d’être en tant que sujet sexué », « d’un complexe de castration » ou d’un « trouble de l’identité sexuelle  dans les tentatives d’identification à la Vierge Marie et à Jésus… ». Si elles paraissent outrancières, ces remarques faites par un médecin ont le mérite d’expliquer rationnellement des faits surnaturels. Elles s’appuient sur des écrits, comme cette prière de Marthe, totalement opaques pour la personne lambda.

« Seigneur mon Dieu, que nourrie chaque jour de votre corps sacré, inondée de votre sang rédempteur, enrichie de votre sainte âme, submergée de votre divinité, je n’aime, je ne désire, je ne cherche, je ne veuille, je ne goûte que vous. Que mon cœur et tout mon être soupirent et ne tendent que vers vous, que je sois toute vôtre et tout occupée de vous seul; que je demeure perpétuellement avec vous, en vous, unie à vous pour être consommée tout entière dans la fournaise ardente de votre divin cœur, filialement unie au cœur immaculé de ma Maman chérie (la vierge Marie) par qui je veux vous glorifier, vous louer, vous servir, vous obéir à jamais. »

Les mystiques, qui sont à 89% des femmes, parlent d’époux quand elles parlent du Christ. Imagine-t-on un paradis où Jésus est entouré de ces femmes vierges qui chantent ses louanges ? C’est absurde, pourtant c’est ce que l’on peut imaginer en les écoutant.

Richard Brasey dans son enquête sur les Anges rebelles décrit une cérémonie pas rare en plein Paris où un sorcier « marie » une jeune femme avec… son ange  gardien.  La dame est ravie mais tout cela défie l’entendement. « Cessez d'opter sans raison valable… pour une spiritualité illusoire en suivant les conseils des religions chrétiennes... Dirigez-vous, au contraire, vers l'unité de votre être. »  répond, non sans raison, Pierre Mabille, dans son livre Thérèse de Lisieux.   

Concernant les manifestations mystiques, des médecins spécialisés penchent pour une maladie mentale. Pour le psychologue et médecin Pierre Janet, « Les sainte Hildegarde, les Marie Chantal, les Catherine Emmerich et bien d'autres, avaient tout simplement des attaques de catalepsie ». Marthe Robin serait simplement une sociopathe sans vocation particulière. Pourtant, on ne peut suivre les médecins comme Jean-Martin Charcot, qui explique toutes « les manifestations extraordinaires : l’inédie,  les attaques diaboliques, les apparitions, les prophéties, par le diagnostic d’hystérie ».

Cependant il est à noter que d’autres médecins ne retiennent pas la thèse de la maladie mentale. Sylvain Tesson dans son livre Bérézina, paru en 2015, se demande comment les soldats napoléoniens, qui vivaient l’impossible, faisaient pour supporter la souffrance ? Il trouve la réponse chez Bloy en pensant qu’ils se fondaient « dans l’âme de Napoléon ». Marte s’est-elle fondue dans l’âme du Christ acceptant tout, comme les soldats de l’Empire ?

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 29 novembre 1812 : le dramatique passage de la rivière Bérézina par les soldats de Napoléon.

 

Marthe dans ses extases voyait la cour céleste et dans l’ordre des apparitions il semble que ce soit Thérèse de Lisieux qui se soit manifestée la première à elle. Par la suite, elle demeurera en relation avec Thérèse de Lisieux qu’elle aime tant. « Je parle souvent avec elle, confie-telle. C’est une grande sœur.  Elle ajoute avec humour : « Oh ! la coquine, elle m’a tout laissé après. » À Marthe d’accomplir le travail de sa complice Thérèse de Lisieux qui écrivait en 1889 :« Je t’aimerai sans mesure et sans loi » et qui voyait en Marie sa « mère Chérie ».

Nombre de paroles et d’écrits de Marthe croisent et paraphrasent presque, ceux d’autres mystiques qui l’ont précédée. Plusieurs dizaines d’auteurs certainement. Comment Marthe a-t-elle procédé ? 

Pierre Mabille a la réponse : il parle de Sainte Thérèse de manière iconoclaste et finalement courageuse, dans un style XXe siècle : « Aux yeux des chrétiens, cette fille est symbole de pureté et d’amour ; aux miens et à tous ceux des hommes qui veulent réfléchir, elle schématise l’ensemble des dégâts que peuvent provoquer, dans l’organisme affaibli d’une jeune fille, l’action cléricale conjointe à la férocité bourgeoise. »

Il faut, qu’on le veuille ou non, accepter que Marthe Robin ait eu une vie surnaturelle. Face à ce constat, on peut comme l’écrit l’illusionniste Ranky, qui étudie la véracité des phénomènes mystérieux, dire que « le paranormal, c’est du normal encore inexpliqué ».  

La mort de Marthe

Marthe Robin meurt seule le 6 février 1981 (un vendredi). Sa mort étonne les membres du foyer, qui commençaient à la croire immortelle. Elle épaissit le mystère et pose des questions.

Récemment, dans son livre « Le mystère décrypté », François de Muizon révélait des détails inattendus. Comme d’habitude le jeudi, le père Finet ferme la porte de sa chambre à clé car Marthe vivait la passion du Christ. Pourquoi à clé ? Il ne fallait pas que Marthe soit vue (par qui ?) pendant son extase. La porte était ouverte le lendemain à 17 heures par le père Finet. En cet hiver 1981, elle tousse à fendre l’âme. Les membres du foyer, qui veillent à côté, entendent de grosses quintes et tout à coup un grand cri et puis plus rien. Les deux membres du foyer n’ont pas la curiosité d’ouvrir la porte et d’assister Marthe.

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Ce n’est que le lendemain qu’on la découvre morte sur le sol. La chambre est en désordre, des chaises sont renversées. Elle est par terre et porte aux pieds des chaussons «  un peu usagés ». Dans la chambre, il y a une bassine contenant du mélaena (du sang issu de digestion) et du papier journal. Rappelons que Marthe est paralysée et n’a pas mangé depuis 50 ans.  Le père Finet prend Marthe froide. Le père médecin Colon qui l’examinera plus tard déclare : «Elle avait une bouche cornée… aucune dent. La survie de Marthe avec un corps aussi atteint est inexplicable. ».

Elle pèse entre 25 et 30 kilos et le père Finet qui la replace dans son lit de misère l’entend dire, bien qu’elle soit morte : « Il m’a tué ». « Il » étant, d’après le père, le Diable. Alors le père et deux membres du foyer vont prier deux heures durant avant de prévenir un docteur et les membres du foyer. Il semble que le père soit stupéfait que Marthe soit morte sans son autorisation et attende qu’elle reprenne vie. Est-elle tombée, attaquée par le Diable, et puis s’est-elle traînée par terre pour, sans succès, remonter sur le lit ? Accorder du crédit à ce déroulement, c’est accepter que le père Finet ait correctement rapporté ce qu’il a entendu. Alors pourquoi Marie ne s’est-elle pas, comme d’habitude, interposée ? Il est bien plus probable qu’harcelée par la souffrance elle soit descendue du lit, soit allée en rampant jusqu’à la bassine mais, affaiblie, soit tombée (le grand cri) et n’ait pas réussi, épuisée, à se replacer.

Mais alors pourquoi les chaussons ? Marthe devait avoir une mobilité malgré ses jambes épaisses comme des « baguettes ». La présence de mélaena dans une cuvette est à signaler, mais n’est pas significatif d’une alimentation. C’est du sang et des glaires.

À SUIVRE

Commentaires

Je connaissais Marthe Robin, mais je n'avais jamais lu d'étude à son sujet. Merci de découvrir toutes ces précisions à vos lecteurs. C'est passionnant. J'attends la suite.
Christiane

Écrit par : Christiane Riedel | 30/03/2015

Marthe Robin était, sans conteste, une grande mystique... Mais le fait qu'elle prétendait voir "le Diable" me laisse extrêmement dubitatif. Aucune des sources auxquelles je me réfère ne reconnaît la réalité de cette mythique entité... C'est une invention de gens ignares et crédules. Marthe Robin était-elle prisonnière des représentations archaïques de son Eglise et interprétait-elle à l'aune de celles-ci certaines manifestations (comme cela a été aussi le cas pour d'autres mystiques chrétiens) d'entités appartenant à ce que l'on appelle, en ésotérisme ou occultisme, le "bas Astral" ? (D'où l'idée des "démons" et des exorcismes associés. Voir, à ce sujet, certains cas de "hantises" comme dans la série documentaire de cas américains de "hantise" intitulée "Phénomène paranormal", que l'on voit sur la chaîne Numéro 23 !)

Écrit par : Alain Moreau | 30/03/2015

Passionnant !!!

Écrit par : vallée | 30/03/2015

Les commentaires sont fermés.