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20/08/2014

HISTOIRE ET PARANORMAL

Ces portes étranges qui s’ouvrent sur le passé (2e partie)

Par Jacques Mandorla

Dans notre précédent article, nous avons étudié le cas célèbre et extraordinaire des visions de deux touristes anglaises dans le parc du château de Versailles en août 1901. Voici d’autres exemples de portes du passé, et même du futur, existant en France !

Rappelons que certains lieux semblent avoir enregistré, à jamais, la mémoire d’événements importants, étonnants ou dramatiques qui resurgissent ensuite, à l’identique, bien des années plus tard. Ces lieux particuliers sont désignés sous le nom de « portes du passé » et mettent souvent en scène des êtres à allure plutôt fantomatique.

L’étrange aventure qu’auraient vécu les deux touristes anglaises Charlotte Moberly et Eleanor Jourdain dans le parc du château de Versailles n’est pas la seule porte du passé dans notre hexagone (voir la première partie de cette article). On en trouve beaucoup d’autres, identifiables parce qu’elles ont vu se dérouler de terribles batailles (les témoins disent entendre des chocs d’armures et d’épées, des cris de guerre et des galops de chevaux !) ou parce qu’on voit apparaître des personnages dans leurs habits d’époque.

Voici quelques exemples, classés par ordre chronologique.

 

Préhistoire

Dans la forêt de Juvigny-sous-Andaine (Orne), il est fréquent que des promeneurs ou chasseurs égarés se retrouvent dans une clairière, attirés par les lueurs de grands feux, visibles de loin : des hommes aux mines patibulaires, vêtus de la façon frustre, principalement de peaux de bêtes, se partagent, au milieu des flammes, un immense banquet pris sur une carcasse animale. Ils vivent dans des huttes, plantées autour de la place commune éclairée par un brasier.

Tous ceux qui ont observé un moment cette scène ont pensé être tombés en pleine préhistoire. Or, il se trouve que la forêt d’Andaine, riche en polissoirs, était, à l'époque de l’Âge du bronze, parsemée de petits villages forestiers.

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Dans la forêt de Juvigny-sous-Andaine, des promeneurs disent apercevoir parfois des hommes de l'époque préhistorique.

An 52 avant J.-C.

À saint-étienne-du-Vigan (haute-Loire), encore aujourd’hui, des témoins affirment entendre régulièrement des cliquetis d’armes, des galops des chevaux et des cris de soldats semblant provenir d’une bataille dans le ciel.

Or, on se situe sur le lieu exact où une tribu gauloise fut massacrée par l’armée romaine en pleine Guerre des Gaules menée par Jules César (52 avant Jésus-Christ).

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À saint-étienne-du-Vigan, des témoins disent entendre les fracas d'une bataille entre Gaulois et Romains.

 An 778

À Urepel (Pyrénées-Atlantiques), des deux côtés de la frontière franco-espagnole, des paysans disent percevoir, à dates régulières, les bruits d’armes, les hennissements des chevaux et les hurlements des combattants de la bataille de Roncevaux qui eut lieu le 15 août 778.

C’est au cours de ce combat que mourut, son épée Durandal à la main, le célèbre comte Roland qui dirigeait l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne.

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À Urepel, des gens sont persuadés d'entendre les cris des combattants de la bataille de Roncevaux au cours de laquelle mourut Roland.

 

An 1364

À Auray (Morbihan) eut lieu, le 29 septembre 1364, une terrible bataille entre deux familles rivales de Bretagne : les Blois et les Montfort.

Depuis, des témoins projetés involontairement en pleine guerre de Cent Ans déclarent voir des chevaliers couverts de sang, armes à la main.

Ces vues du passé seraient la cause d’inexplicables décès par crise cardiaque, constatés chez des paysans de la région, retrouvés raides morts au petit matin, dans les sinistres marécages.

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À Auray, des témoins projetés involontairement en pleine guerre de Cent Ans déclarent voir des chevaliers couverts de sang, armes à la main.

An 1573

À Saint-Martin-Lys (Aude), certaines nuits du 15 août, on entend des cloches tinter, puis des chants liturgiques grégoriens s’élever des ruines de l’ancienne abbaye de Lez, les voix étant renvoyées comme des échos par les vieux pans de murailles.

En 1573, l’abbaye fut prise par des huguenots qui en faisaient le siège. C’était au soir du 15 août. Au cours de la nuit, ils massacrèrent les 200 moines dont les corps mutilés furent retrouvés le surlendemain par des paysans au lieu-dit La Plage. Depuis, les vestiges de l’abbaye semblent franchir les barrières du temps à cette date-anniversaire du 15 août.
À la fin du XIXe siècle, l’ingénieur Ernest Cros, un physicien qui habitait la région, passa une partie d'un 15 août dans les ruines. En bon rationaliste, il émit alors l'hypothèse que le phénomène était dû à des « règles physiques inexpliquées ».

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À Saint-Martin-Lys, on entend des chants liturgiques grégoriens s’élever des ruines de l’ancienne abbaye de Lez.

An 1627

À Saint-Martin-de-Ré, sur l’île du même nom, près du vieux pont, une tentative de débarquement de troupes anglaises fut réduite à néant par un terrible combat avec les forces royales et catholiques de Louis XIII, sous le commandement du Cardinal de Richelieu. Ce fut  un épisode historique de la Guerre de Trente ans. 

Depuis, il est arrivé à des riverains, déambulant sur ce pont, de se retrouver soudainement projetés dans cette année-là. Les manifestations perçues sont uniquement sonores : gémissements de mourants et cris de guerre mille fois répétés, comme « Tue ! Tue ! ».

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À Saint-Martin-de-Ré, des riverains, déambulant sur le vieux pont, se retrouvent soudainement projetés dans la Guerre de Trente ans.

An 1903

À Clamart (aujourd’hui dans le département des Hauts-de-Seine), en février 1903, un gamin nommé Jean-Louis Clartant vit avec sa mère dans une tour avec un pigeonnier, près de la mairie. Une nuit, il aperçoit dans l’embrasure d’une porte un chevalier en armure, âgé d’environ 50 ans, avec de gros sourcils et d’épaisses moustaches. Il affirme voir son épée déchirer de nombreuses mailles du fichu de sa mère ! Celle-ci n’ayant rien vu est persuadée que c’est son fils qui a abîmé son vêtement.

L’affaire connaît un curieux rebondissement en 1970 : une historienne de Clamart, Germaine Deschamps, fait l’étude généalogique des personnes ayant habité la tour. Elle découvre alors qu’un chevalier y avait vécu entre 1426 et 1451 : un certain Guillaume d’Esprée, Grand fauconnier du Roi de France, habillé comme les Gens d’Armes, ce corps d’élite créé en 1440 par Charles VII dit Le Victorieux. Le pigeonnier existait déjà et servait au chevalier à élever des pigeons pour nourrir ses nombreux invités !

En 1972, la mairie de Clamart n'a d'ailleurs pas hésité à faire apposer une plaque pour célébrer cet événement !

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La tour avec pigeonnier située à Clamart, a été le siège d'un étrange phénomène en 1903 !

 

An 1925

À Paris s’est déroulée une étrange histoire de porte du passé. Elle a été racontée par l’écrivain Claude Seignolle dans son livre paru en 1969 et intitulé Invitation au château de l’étrange. Jean Romier, étudiant en médecine âgé de 24 ans, profite d’une belle fin d’après-midi de printemps pour aller réviser ses cours sur l’une des chaises des jardins du Luxembourg.  Il est abordé par un vieil homme à redingote du nom d’Alphonse Berruyer. En fin de conversation, le vieillard propose une invitation pour le jeudi suivant, à un petit concert de musique de chambre, donné dans son appartement de la rue de Vaugirard.

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Claude Seignolle a relaté dans son livre "Invitation au château de l’étrange" l'étonnane histoire arrivée à Jean Romier, étudiant en médecine de 24 ans.

Le jeudi suivant, Jean Romier se rend chez Mr Berruyer. Au cours de cette soirée, il a une longue conversation avec un jeune séminariste passionné de musique. Puis, vers 22 heures, le jeune homme salue ses hôtes un à un et descend le bel escalier de l’immeuble. Il n’a fait que quelques pas dehors, lorsqu’il ressent le désir de fumer une cigarette. Il s’aperçoit alors qu’il a oublié son briquet chez Mr Berruyer.

Il remonte l’escalier et sonne. Personne n’ouvre. À force de tambouriner à la porte, le concierge de l’immeuble, alerté, monte. Il répond à Jean Romier qu'il veut parler à monsieur Berruyer : « Monsieur Berruyer ? Connais pas ! Il y a 20 ans que l’appartement est inoccupé ! ». On se retrouve au commissariat du quartier en présence d’un certain Mr Mauger, propriétaire de l’appartement en question. Le récit du jeune homme, pris pour un cambrioleur, étonne tout le monde. En réalité, Mr Berruyer était un aïeul de Mr Mauger et il a bien occupé l’appartement, mais il était mort depuis plus de 20 ans !

On se décide finalement à ouvrir les portes de l’appartement : les sols sont couverts de poussière. Sur un meuble, une photographie : Jean Romier reconnaît le jeune séminariste avec lequel il avait pris tant de plaisir à discuter ! Mr Mauger lui répond du tac au tac : « Cela m’étonnerait beaucoup que vous ayez pu parler avec lui ce soir : c’était mon grand-oncle et il est mort en Afrique où il était missionnaire ! ». Jean Romier n’en revient pas : « Mais il y a à peine 3 heures, nous étions là, au bord de cette cheminée, à causer en fumant ». Tout en disant cela, il s’approche du tablier de marbre de la vieille cheminée, le bras tendu : là, il voit son briquet… couvert de poussière !

 

An 1951

À Puys (Seine-Maritime), le 4 août 1951, Dorothy et Agnès Norton, deux Anglaises (encore !) en vacances près de Dieppe, disent avoir entendu à 4 heures du matin « des cris, des rafales d’armes à feu, des bruits d’avion, des explosions d’obus » provenant de la plage.

Neuf ans plus tôt, le 19 août 1942, eut lieu à cet endroit l’opération Jubilée, répétition du débarquement de 1944, qui impliqua 3 bataillons canadiens et un commando de la Marine Royale britannique. Le bilan fut terrible : 1 200 morts et 2 500 blessés.

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Faut-il croire aux portes du futur ?

À côté des portes du passé qui projettent des témoins dans de surprenantes batailles historiques, il existerait aussi des portes laissant entrevoir l’avenir.

La plus étonnante serait située à Crussol, près de Saint-Péray, en Ardèche. Et, insigne honneur, elle a été expérimentée par Bonaparte en personne, lequel confia un jour dans les salons des Tuileries son témoignage à une comtesse qui écrira un livre intitulé Mémoires de Madame de Rémusat 1802-1808, retraçant la vie à la Cour au temps de Napoléon Ier.

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Bonaparte confia, un jour, à la comtesse de Rémusat avoir,  jeune sous-lieutenant, pénétré une porte du futur dans les ruines du château de Crussol en Ardèche.

 

En 1786, Bonaparte vient d’être reçu sous-lieutenant. Il n’a que 17 ans et est alors affecté au régiment d’artillerie de La Fère basé à Valence. Un jour de permission, il visite le château en ruines de Crussol, construit au XIIe siècle par un seigneur local nommé Gérald Bastet. Intrigué par une étonnante fenêtre ovale en forme d’œil-de-boeuf, le jeune caporal escalade le mur et se réfugie à l’intérieur de cette ouverture pour méditer.

Des années plus tard, il a affirmé avoir alors vu défiler des images très nettes des futures grandes batailles de sa Campagne d’Italie et d’une grandiose cérémonie de sacre dont il serait le héros et dans laquelle il figurait, tenant entre ses mains un sceptre et une boule représentant le Monde. Puis un violent orage a éclaté au-dessus des ruines, effaçant brusquement toutes ces visions.

Napoléon, très superstitieux, pensait que ce trou de Crussol était l’un de ces yeux ouverts en permanence, dans lesquels peuvent s’entrevoir les grands moments de l’avenir.

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Ruines du château de Crussol : on aperçoit l'oeil-de-boeuf ovale dans lequel Bonaparte s'est installé, voyant alors - dira-t-il - défiler des images très nettes de son avenir.

Commentaires

Encore bravo, pour cette suite !
Duncan Lunan, récemment, a apporté sa contribution aux "chasses nocturnes", et évoqué, dans le deuxième de ses articles, l'intéressant phénomène des "fantômes" d'objets.
Ici : http://www.spookyisles.com/2014/07/ghosts-in-the-landcape-part-1/ et ici : http://www.spookyisles.com/2014/07/ghosts-in-the-landcape-part-2/

Écrit par : Michel Moutet | 21/08/2014

Les mémoires de Madame de Rémusat sont considérés comme fiables, ce récit est haletant et donne envie d'aller voir à Crussol et de regarder dans l’œil. Bonaparte en Égypte aurait aussi eu des visions quand il a passé la nuit dans la grande pyramide de Khéops. Il aurait aussi reçu la visite du petit homme rouge des Tuileries. Merci pour cet article et l'on se dit que les témoins doivent être bien effrayés.

Écrit par : thierry | 25/08/2014

Les commentaires sont fermés.