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01/02/2014

VIENT DE PARAÎTRE

 

billie_cov_gf0-1.jpgUn joli cadeau réservé, en exclusivité, aux abonnés de notre newsletter : en fin de cet article, le texte de la nouvelle "La lignée", extraite du livre de MarieVergès intitulé :

Billie : Nouvelles du paranormal

Avec ce recueil de 9 nouvelles, l’auteure vous entraîne dans le monde de l’étrange et du paranormal en explorant les capacités étonnantes de l’esprit humain dans ses états de conscience modifiée : télépathie, clairvoyance, précognition et psychokinèse.
Des gens ordinaires expérimentent la communication avec l’au-delà, le phénomène des esprits frappeurs, la voyance, la sorcellerie et même leur propre mort.
C’est ainsi que Michael Jackson intervient dans la vie d’une fan et de sa fille. Parviendra-t-il à les réconcilier ?
Vous découvrirez une journaliste se trouvant, bien malgré elle, confrontée à son pire cauchemar, un mainate venant au secours d’un SDF suicidaire, la vie d’une retraitée basculant après l’acquisition d’un canotier ancien, un habitué des rencontres sur Internet faisant la connaissance d’une étrange jeune femme, un couple qui a trouvé la maison de ses rêves, faisant face à un esprit frappeur particulièrement violent…

Comme moi, vous serez emballé par ces récits pleins de mystère, de poésie et d’humour. C’est très bien écrit et je vous garantis que lorsque vous en commencerez la lecture vous ne  pourrez les quitter qu'à la dernière ligne.

                                                                       Ranky


Auteure : Marie Vergès
Editeur : PGCOM Editions
Format : livre broché de 110 pages
Dimensions : 22,86 x 15,24 cm
Date de parution : 31 octobre 2013

ISBN : 978-2-917822-29-6
Prix : 15 euros

Bio-express

Portrait Marie Vergès-def.jpg

Marie Vergès est originaire de Bayonne. Pendant son enfance la lecture lui ouvre la porte d’un monde peuplé de fées, de sorcières et d’animaux magiques. Pendant l’adolescence, passionnée par les phénomènes paranormaux, elle écrit quelques histoires dans un cahier d’écolier. Plus tard, une formation pour écrire des scénarios lui redonne l’envie de jouer avec les mots et d’expérimenter la nouvelle de fiction. Premier succès en 2009 avec “Voyages aux frontières du réel” (Editions PGCOM).
Puis Marie Vergès est lauréate de plusieurs concours. Son imagination a été perfusée essentiellement à la littérature anglo-saxonne et américaine : Les soeurs Brontë, Conan Doyle, Oscar Wilde, Edgar Poe. Marie Vergès aime écrire parce que c’est merveilleux d’inventer un univers, de restituer des images juste en assemblant des mots.
Dans “Billie : nouvelles du paranormal”, un texte est consacré à Michael Jackson : comme des millions de de fans, sa mort l’a touchée et elle avait envie de le faire revivre le temps d’une nouvelle.
On rencontre aussi des animaux dans ses écrits car ils sont importants au quotidien et elle souhaite leur consacrer plus de temps à l’avenir.
Marie Vergès n’a pas fini de nous étonner.

Vous pouvez acheter le livre directement en cliquant sur sur www.pgcomeditions.com

Ou le commander dans votre librairie habituelle en indiquant le titre de l'ouvrage et les éditions PGCOM.

Voir la vidéo de Roland Dargelez. Scénario de Marie Vergès. Durée :1 min 09

youtube/Gn79TyZdtpA

Bonne lecture.

 La Lignée

J’ouvre un œil puis l’autre, je suis entourée de blanc : murs, plafond, lit ; je regarde mes mains enveloppées de pansements immaculés, je touche ma tête bandée elle aussi. Pourquoi je suis à l’hôpital ? Je ne sens aucune douleur, mon cerveau se met en route lentement pour essayer de se souvenir et je tremble devant l’image qu’il a sélectionnée, celle qui me terrifie depuis toujours : un feu énorme ! La forêt qui brûle et une voix qui crie «  Au secours ! ». Ma voix. La porte s’ouvre lentement, Cédric entre, le sourire inquiet, il pose un gros bouquet de roses sur le lit avant de m’embrasser. Il m’explique que j’ai eu beaucoup de chance, les brûlures sont légères. Je vais sans doute sortir dans un ou deux jours. Je suis heureuse de voir mon mari mais je ne peux pas lui raconter ce qui s’est passé. C’est un esprit scientifique, un amoureux des équations mathématiques, totalement hermétique à ce qu’il appelle l’irrationnel. J’étais comme lui quand je suis arrivée dans les Landes, il y a une semaine à peine.

Je relisais un article sur une exposition de sculptures, au téléphone un Monsieur Capdessus, adjoint au maire, me demanda quand je venais à Pomarez pour mon reportage. Je lui dis que c’était une erreur, mais il insistait. Ma rédac chef avait planifié ma première semaine d’août sans m’en parler, en fait je devais remplacer au pied levé un autre collègue qui avait avancé ses dates de congé. Le traître avait glissé mon nom à l’oreille de Valentine, juste après un briefing matinal, il avait réussi à faire passer sa demande pour une attention bienveillante : pour ma chef, cette mission dans les Landes s’apparentait à des vacances, tous frais payés. Vexée qu’on m’expédie dans ce bled de mille cinq cent habitants, j’étais bien décidée à en faire le moins possible. Cédric avait promis de me rejoindre le week-end, il était assez curieux d’assister à une course landaise car ce village était connu pour ses attractions avec les vachettes. Ma petite Corsa millésime 2000 avalait les kilomètres sans broncher, j’avais noté le trajet sur un bout de papier et quittait la D947 pour la D15 qui menait à Pomarez ;  le paysage était une succession de champs de maïs et de prairies avec à l’horizon de petites collines. Tout ce vert m’apaisait et je commençais à apprécier mon incursion en Chalosse. Mes parents m’y avaient emmenée quand j’avais six ans, je n’en avais aucun souvenir. Mon père souhaitait revoir une de ses cousines qui était restée au pays, il avait gardé la nostalgie de son enfance à la campagne mais en parlait peu. Ma mère était une citadine dans l’âme dont l’idée de la nature se résumait à quelques plantations sur le balcon de notre appartement au centre-ville, elle m’avait transmis ce gène et mes vacances étaient remplies de visites aux musées, de sorties au théâtre et au concert, et de shopping intensif.

Je m’arrêtais pour regarder mes notes sur l’emplacement de la maison d’hôtes que j’avais choisie à Pomarez. Elle se trouvait à la sortie du village, la propriétaire m’avait affirmé que je ne pouvais pas la manquer. C’était une ancienne ferme landaise du dix-septième siècle, magnifiquement rénovée d’après la photo du site. Trois chambres seulement, j’avais eu de la chance car un client avait annulé sa réservation au dernier moment. Je vis un petit panneau indiquant « La Borda. Maison d’Hôtes », un chemin de terre menait à la maison. Elle se cachait derrière quelques beaux arbres, je me garai juste devant. Un chien sur trois pattes m’accueillit silencieusement et m’accompagna jusqu’à l’entrée. Personne à la réception, je fis quelques pas vers une porte vitrée et sursautai en entendant un retentissant « Bonjour Madame ».  Derrière moi, une femme brune très maquillée me fixait de ses yeux noirs, un demi- sourire flottant sur ses lèvres minces. Elle me montra ma chambre au premier étage,  pimpante avec ses murs blancs et sa déco turquoise et fuchsia, puis partit brusquement avant que j’ai pu la questionner sur la région. Le soleil baissait à l’horizon et je décidai d’aller visiter le village. J’en fis assez vite le tour, une rue principale et rien de remarquable à admirer, aucun office du tourisme, une église banale, je repérai quand même un restaurant qui affichait en grosses lettres rouges ses spécialités landaises. Une heure plus tard, attablée devant une assiette de confit de canard et une petite bouteille de Tursan je me sentais joyeuse et prête à pardonner à mon collègue sa petite perfidie. J’appelais Cédric après avoir commandé une tourte aux pruneaux mais dus me résoudre à lui laisser un message. A la table d’en face, un gros moustachu me lançait de fréquents coups d’œil, agacée je quittai le restaurant.

L’atmosphère avait fraîchi, je resserrai les pans de ma veste en coton et marchai aussi vite que me le permettaient mes sandales à talons hauts. Je m’étais garée à quelques centaines de mètres, la petite rue était déserte mais une impression de yeux fixés sur moi m’obligea à me retourner, personne ne me suivait. Je me traitais de trouillarde et commençai à chercher les clés de la voiture dans mon sac. Impossible de les trouver ! Elles avaient encore dû tomber dans la doublure du sac que je n’avais pas recousue. Je me retournai de nouveau en sentant le poids d’un regard dans mon dos, il me sembla entrevoir une ombre qui se rencogna sous un porche. Je plissai les yeux et ne voyant rien trottinai jusqu’à la Corsa. Mes mains tremblaient en tâtant la doublure, je finis par saisir le porte-clés et déchirai le reste du tissu dans ma précipitation. Je conduisais prudemment, si je continuais à boire du Tursan, je finirais soit dans un fossé soit parano pour de vrai. En arrivant aux abords de la ferme, je tentai de me rappeler à quelle occasion j’avais eu cette sensation bizarre d’être observée par un homme invisible, c’était très loin dans ma mémoire mais j’étais sûre de l’avoir déjà vécu. Si Cédric était là, nul doute qu’il m’exposerait les dernières théories scientifiques expliquant cette expérience. Le hall était faiblement éclairé par une jolie lampe en céramique verte. J’allais monter l’escalier quand la porte vitrée s’ouvrit sur mon hôtesse.

« Vous avez passé une bonne soirée ? »

Le ton et le sourire qui l’accompagnait étaient un peu ironiques. J’eus le sentiment qu’elle savait ce qui était arrivé. Je hochais la tête sans répondre.

« Le petit déjeuner est servi de 8H à 9H. »

Fatiguée, je me couchai en suivant et ne put lire que deux pages du roman policier recommandé par une amie. Je me réveillai vers  deux heures, l’esprit en alerte, persuadée que quelqu’un était entré dans ma chambre. J’allumai la lampe de chevet et fis le tour de la pièce. Personne. Je pris quelques granules d’un médicament homéopathique et finit par éteindre. Nouveau réveil à quatre heures et demi mais là à cause d’un cauchemar récurrent. Un grand feu, des gens aux yeux hallucinés  mais cette fois je suis sur un bûcher et c’est moi qui brûle ! Je veux hurler mais rien ne sort de mon gosier. J’étais en sueur, j’allai à la salle de bains  me rafraîchir. Ce rêve me semblait si réel que je ne parvins pas à me rendormir. Je lus quelques pages de mon roman puis posai l’i pad sur le lit, fis une recherche sur la signification des rêves sans rien trouver d’intéressant. Je résistai à la tentation de réveiller mon mari à l’aube, il aurait  mis tout ça sur le compte de mon repas trop arrosé, peut être avec raison. On était vendredi, j’avais rendez-vous avec l’adjoint au maire à dix heures, je passai une robe d’été légère et me présentai à huit heures précises dans la salle à manger vide. Mon hôtesse apparut au bout d’une minute, chargée d’un plateau bien garni. Elle portait une djellaba émeraude, ses yeux maquillés à l’orientale me fixaient et je me sentis mal à l’aise.

«  Bien dormi ? »

Cette fois-ci le ton était clairement moqueur. Je feignis la surprise.

«  Oui. Pourquoi, vous avez déjà eu des clients qui se sont plaints ? »

Son sourire s’accentua.

« La majorité des gens passent des nuits tranquilles ici. »

Elle avait bien insisté sur le mot  majorité. Elle commençait à m’énerver avec ses sous-entendus, en plus le manque de sommeil me mettait de mauvaise humeur. Ma voix devint plus sèche.

«  Vous voulez dire qu’il y a des personnes qui dorment mal ? A cause de quoi ? »

« C’est une très vieille maison. Alors certains peuvent percevoir des choses un peu inhabituelles. »

«  Vous parlez de fantômes ? »

A ma surprise, elle s’assit en face de moi et m’annonça à voix basse :

« Certains l’ont vue…C’était la première propriétaire de la maison, elle a été accusée de sorcellerie et brûlée vive. »

Je sursautai et elle hocha la tête, il devait être difficile de mentir à cette femme.

«  Vous aussi, vous avez la faculté de voir au-delà des apparences » fit-elle avec assurance.

«  Elle s’appelait comment ? »

Je regrettai immédiatement d’avoir posé la question.

«  Catherine Dubernet. »

Sa réponse me fit l’effet d’un coup de poing dans l’estomac. Elle s’était déjà levée pour accueillir le couple de touristes allemands  qui venait d’entrer. Dubernet, c’est mon nom de jeune fille et Catherine mon prénom !  Ce devait être une coïncidence, après tout le nom était assez courant dans la région. Et pourtant mon instinct me criait que ce n’en était pas une. La sonnerie de mon portable se déclencha, Cédric m’annonçait qu’il n’arriverait que samedi. Je raccrochais, ruminant le fait que mon mari n’était jamais là quand j’en avais le plus besoin. L’idée de passer une autre nuit seule dans cette maison me faisait peur mais il fallait s’y résoudre, à cette période de fêtes je ne trouverais aucun hébergement dans les environs. Et puis j’étais curieuse de nature et je voulais en savoir plus sur cet homonyme du dix septième siècle. Je me forçai à manger deux toasts, la confiture d’oranges maison était délicieuse et le café corsé. J’avais largement le temps d’aller faire un tour à pied avant mon rendez-vous, histoire de me remettre les idées en place. Derrière la maison, je suivis un sentier qui m’emmena à un bois, l’air se réchauffait déjà et aucune brise n’animait les feuilles des châtaigniers et des chênes ; je me demandai si ce bois faisait partie de la propriété. Je m’arrêtai au pied d’un chêne dans l’espoir d’y trouver un cèpe précoce : il avait plu en début de semaine et la lune était montante. Un bruit léger me fit retourner brusquement, mais j’étais l’unique spécimen humain de ce coin de nature. Ma montre indiquant neuf heures vingt, je me hâtai de rejoindre la ferme.

Mr Capdessus, petit et rondouillard,  me salua avec enthousiasme. Il n’attendit pas mes questions pour faire un brillant exposé sur les fêtes en Chalosse, glorifiant au passage Pomarez, la Mecque des courses landaises et me proposant deux places  pour la course du samedi qui devait réunir les plus célèbres écarteurs de la région. Je déclinai son invitation au vin d’honneur du jour, prétextant l’indispensable prise de photos. En sortant de la mairie, je dégainai mon appareil, mitraillai quelques maisons anciennes, l’extérieur des arènes, une bande de fêtards qui commençaient leurs tournées des bars et la place de l’église. Mon esprit retournait sans cesse vers cette sorcière dont je portais le nom, si je voulais avoir plus d’informations sur elle, un arrêt à la bibliothèque s’imposait. Je revins vers la mairie où l’on me fit savoir que la bibliothèque la plus proche se trouvait à douze kilomètres dans un village à peine plus gros que Pomarez. On me suggéra pour des recherches historiques approfondies, les archives départementales des Landes à Mont de Marsan à cinquante bornes quand même. Ma nuit agitée et la chaleur qui s’intensifiait m’incitèrent à abandonner l’idée, peut être qu’Internet me fournirait des réponses aussi intéressantes. Après un arrêt au supermarché, je trouvai à Donzacq  un endroit tranquille pour pique-niquer, le temps était à l’orage et une grosse mouche tournait obstinément autour de ma barquette de salade, puis ce fut une guêpe suivie de sa congénère tout aussi enthousiaste. Je ne suis pas fan des insectes et me repliai dans la voiture pour finir mon repas. La torpeur m’envahissait,  je basculai mon siège vers l’arrière pour une petite sieste. Le coup de tonnerre me tira de mon rêve, le ciel était encore assez clair, ma montre m’indiqua que j’avais dormi près de trois heures. La bouche sèche et la tête lourde, je tentai de me remémorer le film que mon inconscient m’avait projeté. Une image de prison sordide et une impression de froid intense vinrent en premier, je frissonnai malgré les trente-deux degrés affichés au tableau de bord. Et de nouveau ces flammes, les hurlements de la foule, j’entendais nettement «  Brûle, sorcière ! ». Une douleur vive sur les coups de pieds ; je constatai, effarée, qu’ils étaient rouges. Il fallait  que je me calme. Après réflexion, je réalisai que mes pieds avaient dû prendre un coup de soleil pendant le déjeuner. Je démarrai la voiture, pressée d’aller consulter internet sur ma tablette.

J’avais surfé sur différents sites avant de tomber sur un Pierre Dubernet qui avait mis son arbre généalogique en ligne. C’était un cousin de mon grand-père, tous deux partageaient  bel et bien la même aïeule au destin tragique. Catherine n’avait que vingt-huit ans quand elle avait été exécutée en 1648,  elle avait déjà trois enfants. Elle et son mari étaient de riches paysans, un voisin jaloux l’avait probablement accusée de sorcellerie, il ne faisait pas bon vivre à cette époque de chasse aux sorcières. Pierre Dubernet pensait qu’elle devait être guérisseuse.  Je frissonnai car mon grand-père paternel pratiquait officieusement le magnétisme, c’était un sujet de plaisanterie dans ma famille surtout de la part de ma mère qui n’y avait jamais cru. J’appelai mon père pour avoir plus de détails. Dès que j’eus raccroché, je me remis à cogiter comme une folle : je venais d’apprendre que Papi était un barreur de feu, spécialisé dans la guérison des brûlures, tu parles d’une coïncidence! C’était comme s’il avait gardé dans son ADN le souvenir des souffrances de son ancêtre. Les deux branches de l’arbre de notre famille, la magie noire et la magie blanche. Pauvre Catherine qui ne devait pas être plus sorcière que moi ! Une rafale de vent entra soudain dans la chambre et renversa un vase miniature  sur la commode, il roula lentement et se brisa  sur le parquet de chêne. Je ramassai les petits morceaux de céramique blanche, ennuyée d’avoir à m’excuser auprès de mon hôtesse, après tout l’emplacement de ce bibelot fragile avait été bien mal choisi. Je les mis dans la poubelle de la salle de bains ; en jetant machinalement un coup d’œil au miroir, je réalisai que mon visage était très rouge, assorti à mes dessus de pieds ! J’y appliquai une bonne dose de crème après soleil et sursautai : on frappait à la porte. Celle que je surnommais Cléopâtre me demanda :

«  Vous voulez dîner avec nous ? »

Je m’apprêtai à refuser quand elle s’avança vers la commode, cherchant du regard le vase. Elle se retourna vers moi, semblant attendre une explication. Je bafouillai un peu :

«  Oui, d’accord… A quelle heure ? »

«  Dans une demi-heure. »

Elle alla vers la fenêtre,  l’œil suspicieux,  puis sortit de la chambre. Je poussai un gros soupir de soulagement avant de réaliser que je me comportais comme une gamine apeurée, cela me contraria et je descendis sans enthousiasme.

 Assise entre un allemand grisonnant et une quadragénaire apathique, je me resservis un grand verre de rosé des coteaux de Chalosse, l’ambiance se réchauffait et je ressortis mon anglais scolaire pour communiquer avec mon voisin. Il s’avéra passionné d’architecture, décrivant minutieusement chaque partie de la maison. La propriétaire avait invité deux amies landaises, elles étaient plongées dans une discussion sur la décoration intérieure. La femme de l’allemand essayait, dans un français hésitant, de donner la recette d’un gâteau de sa région à un garçon d’une vingtaine d’année qui s’avéra être le fils de ma voisine. Au dessert nous avions tous sympathisé et ma vie était repeinte en rose bonbon. Tout d’un coup, la moitié de la tablée se leva pour aller faire un tour aux fêtes, les amies de Cléopâtre disparurent dans la cuisine et je restai seule dans la salle à manger. Le battement tranquille de l’horloge comtoise envahit mon cerveau, toute l’excitation du dîner s’était envolée. La perspective angoissante de regagner mon lit m’empêcha toutefois de piquer du nez sur la nappe à fleurs. Le chien de la maison vint vers moi en clopinant, à l’affût des restes du repas mais tout avait été débarrassé. Je lui caressais la tête, le pris sur mes genoux. Et si je l’emmenais dans ma chambre ? L’idée me rassurait déjà. Je le portai jusqu’à l’escalier, décidant de me passer de l’accord de sa propriétaire. J’avais à peine monté trois marches qu’une porte s’ouvrit.

« Il ne doit pas rentrer dans les chambres ! ». Le ton était sans réplique.

Je posai le chien et me retournai. Cléopâtre me regardait, l’œil vaguement amusé.

« Désolée. J’ai juste eu un petit moment de, euh …frayeur. »

Elle continua à me dévisager et son regard s’adoucit.

«  Ne vous inquiétez pas, la nuit sera calme. »

Le chien dans les bras, elle allait repartir dans la cuisine.

«  Je suis sa descendante. Je m’appelle aussi Catherine Dubernet… Dubernet c’est mon nom de jeune fille. »

J’avais la main crispée sur la rampe de l’escalier. Elle fit volte-face, sembla hésiter et me tendit le chien.

«  Juste pour ce soir. Et il ne monte pas sur le lit ! »

Elle ajouta d’un air satisfait :

« Je savais qu’il y avait un lien entre vous. »

Je murmurai un remerciement en prenant le chien. L’horloge de la salle à manger sonna onze fois, martelant chaque montée de marches.

 Je n’arrivai pas à m’endormir malgré la présence de mon gardien à trois pattes allongé près du lit. Je n’avais même pas eu envie de téléphoner à Cédric ; je l’entendais déjà me traiter d’extravagante, son expression favorite lorsque mon comportement heurtait ses principes cartésiens. Je repensais à Cléopâtre qui m’avait affirmé que tout irait bien mais cela n’allégeait pas mon angoisse. Les yeux ouverts dans le noir, je tentai sans succès de vider mon esprit par une mini séance de méditation. Finalement ce furent les ronflements du chien qui m’apaisèrent,  je sombrai dans un demi-sommeil dont j’émergeai rapidement en entendant les grondements de mon petit compagnon, métamorphosé en cerbère. Je me penchai vers lui pour le calmer, mais en vain. Alors que je tâtonnai pour allumer la lampe de chevet, je sentis un souffle froid sur mon visage et restai paralysée par la peur quelques secondes ; le chien ne grognait plus mais il s’était mis à gémir. Dans un sursaut de volonté, ma main atteignit la lampe, la lumière douce ne révéla d’abord rien d’anormal. Mes yeux firent le tour de la pièce, c’est là que je vis le phénomène : un cercle de lumière d’une vingtaine de centimètres de circonférence  qui se déplaçait sur le mur à côté de la commode. Je pinçai ma main pour vérifier que je ne rêvais pas et me levai. Quand je m’approchai du cercle, il se déplaça vers la porte comme s’il était doué de conscience. Bizarrement je n’éprouvais plus aucune peur, je sentais qu’il m’invitait à le suivre pour me révéler quelque chose d’important. J’enfilai en vitesse un peignoir et une paire de mules, le cercle se dessinait maintenant sur la porte. Dès que j’ouvris il se glissa sur les boiseries du couloir, se dirigea vers l’escalier, et descendit le long de la rampe. Sa lumière brillait d’un blanc intense dans la pénombre du hall d’entrée. Je devinai qu’il fallait maintenant sortir de la maison. Une fois dehors, je le vis passer sur les troncs d’arbres et il me guida vers l’arrière de la maison, sur le petit chemin que j’avais emprunté le matin. A l’entrée du bois, il disparut. J’avançais de quelques pas dans un air chaud presque étouffant, une chouette invisible lança son ululement  et je sentis de nouveau le souffle froid sur mes joues, je savais bien que ce n’était pas le vent. Je prononçai plusieurs fois le prénom de mon aïeule, sans le moindre résultat. Un crépitement derrière moi, le pied d’un châtaignier avait pris feu ! En quelques secondes les buissons autour s’enflammèrent et je restai clouée au sol, mes jambes refusant de bouger. L’arbre à ma gauche commença à brûler. Comme dans mes cauchemars, j’étais incapable de crier et qui d’ailleurs m’aurait entendue ? Je chuchotai :

 « Ce n’était pas ta faute Catherine. Tu n’étais pas une sorcière. Tu étais une guérisseuse… Aide-moi, je t’en prie. Je suis ta descendante, ta descendante… »

Et je la vis !  Une forme de femme avec de longs cheveux noirs émergea devant moi près du feu. J’entendis une voix dans ma tête qui me dit de ne pas avoir peur. Le sol bougea sous mes pieds, je criai et sombrai dans la nuit de l’inconscience.

 J’ai appris que je devais la vie à Cléopâtre et à Trois Pattes qui l’avait réveillée et entraînée jusqu’au bois. Avec l’aide du pensionnaire allemand, ils m’avaient ramenée à la Borda ; il paraît que quand ils m’ont trouvée, le feu autour de moi était pratiquement éteint. Il s’était propagé plus loin, et d’après mon hôtesse, m’avait épargnée grâce à une protection occulte. Je sais maintenant qu’elle a raison. Je sais aussi que Catherine ne reviendra plus hanter son ancienne maison. Quant à mon mari à qui j’ai finalement tout raconté, il a élaboré une subtile théorie psycho-scientifique pour expliquer ce qui m’était arrivé, je crois que ça le rassure.  L’été prochain, nous irons aux fêtes de Pomarez rejoindre les amateurs de vachettes landaises, nous séjournerons chez Cléopâtre. Elle s’est mise aux séances de spiritisme, maintenant que sa maison n’a plus de fantômes. Cédric jouera le rôle de l’observateur, quant à moi j’espère rentrer en contact avec mon ancêtre car j’ai quelques questions à lui poser sur mon nouveau don de barreur de feu.

                                                                                    Marie Vergès.

                                                      « Copyright PGCOM Editions 2013.Tous droits réservés. »

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 Le n°2 de "Parasciences mag" vient de paraître

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Pour commander ce numéro de "Parasciences mag" (6,90 €) : voir en fin d'article

Selon Jean-Michel Grandsire, le directeur de la publication : " Le paranormal repose sur deux principaux piliers : les phénomènes étranges, venus d’ailleurs, de l’au-delà, du monde extraterrestre ou de l’invisible et les facultés encore méconnues de l’être vivant. Il est certes passionnant de s’intéresser aux mystères venus de l’extérieur. Mais n’est-il pas urgent et essentiel de remettre l’homme au centre de la réflexion, de  lui rendre sa totale liberté de penser et d’agir ? Vous allez découvrir dans ce numéro quelques chercheurs hors normes. Vous y ferez aussi une plongée dans un passé pas si lointain où les hommes, d’une manière différente, réglaient leurs problème mieux que nous ne le faisons aujourd’hui. Vous découvrirez aussi à quel point nous sommes manipulables, victimes de ce que l’on veut bien nous mettre dans la tête. En route pour une plongée au fond mystère le plus passionnant qui soit : celui de l’être humain ".

 

Sommaire de ce numéro

Le nouveau visage de la transcommunication

Rencontre avec l’IFRES (par Jean-Michel Grandsire)

 Un groupe de spirites capte de nombreux visages au cours de passionnantes expériences de TCI.

 

Le prince des médiums : Daniel Douglas Home (par Joachim Bouflet)

Un des grands spécialistes des miracles se penche sur le paranormal…

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Dossier : tous manipulés

La liste de Chomsky - La terrifiante expérience de Milgram

Le linguiste américain Chomsky a exposé, sous forme de liste, les lois de la manipulation des masses… Le scientifique Milgram, dans une expérience terrifiante, a de son côté montré à quel point nous sommes tous de potentiels bourreaux.

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Ufologie : un lent processus d’aliénation (par Jean Sider)

L’ufologue Jean Sider en est convaincu, preuves à l’appui : l’intelligence sous-jacente au phénomène Ovni nous manipule de manière éhontée…

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Shield project : l’énigme des Chemtrails (par Fabrice Bonvin)

Le climat n’échappe pas à la règle de la manipulation…

 

Sur les traces de Pim van Lommel (par Jean-Jacques Charbonier)

Un étudiant en médecine va consacrer sa thèse aux Expériences de Mort Imminente… La science s’ouvre au spirituel. Enfin !

 

Regards croisés sur les « crop circles » (par Pierre Beake et Jean-Michel Grandsire)

Cinq spécialistes rendent leur verdict !

 

« Crop lover »(par Janet Ossebaard, spécialiste hollandaise des « crop circles)

La fin d’une enquête sur un sujet passionnant et controversé : les cercles de culture. Les principaux chercheurs livrent leurs conclusions.

 

Des images pieuses sur des pétales de roses

Le phénomène est surprenant, mais les faits sont là : des représentations de Jésus, de la Vierge et autres images pieuses se retrouvent imprimées sur des pétales de rose !

 

Les Chrétiens d’Orient sont persécutés (par Jean-Michel Grandsire)

Les Occidentaux restent insensibles aux souffrances des Chrétiens d’Orient, victimes de printemps arabes cauchemardesques. Soutenons-les ! Parasciences mag se mobilise pour leur défense.

 

Diminuer les impôts : nous en rêvons, nos ancêtres l’ont fait ! (par Jean-Michel Grandsire)

Lors de leur convocation, les Etats généraux sont parvenus à faire ce dont les députés de nos modernes partis politiques sont incapables : faire baisser les impôts. Exemples historiques à l’appui, voyons une autre démocratie en action.

 

Comment commander ce numéro de "Parasciences mag" (6,90 €)

Soit directement sur le site :

http://jmgeditions.fr/index.php?id_product=289&contro...

 

Soit dans un point de vente de la liste classée par code postal sur :

http://www.parasciences.net/IMG/pdf/liste_des_pts_de_vent...

 

 

 

 

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